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15/09/2011

Payer collectivement pour le locataire indélicat ?

Pour illustrer le problème de la dette grecque, les commentateurs économiques nous ressassent sans cesse cette histoire du locataire qui ne paye pas son loyer. Et de demander à la cantonade s'il serait normal que tous les autres locataires payent pour lui ...

Imaginons effectivement un locataire dont la situation financière est fortement dégradée, et qu'il ne s'acquitte plus de ses loyers. Mais en même temps, ce locataire indélicat achète à sa voisine du dessus les confitures, les soupes et les plats cuisinés que ses parents confectionnent à la campagne. Que ce locataire aide sa vieille voisine à aller faire ses courses. Que quelques voisins viennent régulièrement chez lui pour passer un bon moment. Que la femme de ce locataire tant décrié garde en fin d'après-midi quelques enfants de l'immeuble après l'école, et que notre locataire bricoleur dépanne ses voisins pour quelques travaux intérieurs (même au black).

Bref, ce voisin qui ne paye pas son loyer se révèle sous d'autres angles que le seul argent. Il y a du lien social et de la solidarité, et cela compte plus que tout !

Et il en est de même pour la Grèce. Les allemands comme les français aimaient bien les grecs quand ils achetaient des sous-marins et des avions de chasse, et avec des obligations garanties par les banques françaises et allemandes. Si la Grèce devait abandonner la zone euro, cela constituerait pour ses voisins européens une baisse de leur balance commerciale.

Cessons donc de n'avoir les yeux fixés que sur les cours de la bourse et abordons le projet européen avec une autre grille de lecture, plus sociale, plus solidaire et plus exemplaire pour le reste du monde.

07/09/2011

La France aveuglée par la Grèce !

L'Assemblée Nationale a voté aujourd'hui une aide de 15 milliards d'euros à l'Etat Grec, en même temps que les députés votaient 12 milliards d'austérité pour l'économie nationale. Certains diront que la France fait là un geste de fraternité pour sauver la Grèce (en comparaison de l'Allemagne), et par la même la zone Euro, mais tous les économistes et tous les observateurs politiques savent que la Grèce ne remboursera jamais sa dette.

Même les banques françaises détiennent des obligations d'Etat grecques (5 milliards pour la BNP et 2,5 milliards pour la Société Générales), et elles s'apprêtent à revendre ces obligations à perte (-20%) dans le cadre du second programme de soutien adopté le 21 juillet par les dirigeants de la zone Euro. La Grèce sera bientôt en état d'insolvablité, et tout le monde continue de remplir un puit sans fond ...

Aujourd'hui, la dette des états est un frein à l'activité économique puisque ces états vont devoir augmenter les prélèvements sur leur richesse nationale tout réduisant leurs dépenses. Madame Lagarde tient désormais un autre discours à Washington de celui qu'elle tenait à Bercy, elle craint une contraction de l'économie mondiale que le FMI traduit déjà dans des estimations à la baisse de la croissance mondiale.

Il est urgent que la question de la dette des états soit mise à l'ordre du jour d'un prochain G20 et l'annulation partielle ou totale de cette dette soit à l'ordre du jour. La dette mondiale des états est de 46.000 milliards de dollars (c'était en 2010), mais cette somme abyssale est pour une grande partie tout à fait virtuelle. Alors, faut-il encore vivre longtemps avec un tel boulet qui pénalise le développement humain ?

21:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

28/08/2011

Un graphique pour mieux comprendre ...

La recherche de Kadhafi, le blanchiment de DSK, l'ouragan Irène, le duel Aubry-Hollande et quelques autres évènements sportifs éclipsent totalement la situation économique hexagonale et mondiale qui a pourtant affolé les marchés financiers cet été. Et le CAC40 perdait 1% vendredi soir dans la plus grande indifférence ...

Mais ne nous y trompons pas, notre déficit public chronique qui accroit la dette nationale sera au coeur des débats pour les présidentielles et les légilatives de 2012. Et si la question n'est pas abordée très sérieusement, alors le pouvoir qui sera élu en 2012 nous pressera comme des citrons avec la légitimité du scrutin présidentiel.

Ci-dessous deux graphiques qui indiquent (en valeur puis en pourcentage du PIB), l'usage que l'Etat et les administrations publiques font de la richesse nationale (cliquer sur le graphique pour l'afficher) :

 

L'Etat, les collectivités locales et les organismes publics et sociaux ponctionnent environ 50% de la richesse nationale produite chaque année. En gros, pour une perspective de 2.000 milliards d'euros de richesse nationale qui sera produite en 2011, il y en aura autour de 1.000 milliards qui ira dans les caisses des administrations publiques au travers des impôts, des taxes et des cotisations.

La répartition des prélèvements sur les différentes strates de personnes physiques (les ménages) et morales (les entreprises) est un sujet de débat en lui-même. Or, s'il peut introduire plus d'équité et plus de justice sociale, cette enveloppe d'un demi PIB annuel semble invariant. Mais cela conditionne très fortement le budget de l'Etat et des administrations publiques (cf. l'année 2009 en décroissance).

Par ailleurs, si on ne veut pas nous priver des services publics indispensables à notre développement (éducation, santé, recherche, sécurité, justice, social, ...), alors il faut optimiser les dépenses et favoriser une croissance partagée de notre économie. Un rapport de l'administration fiscale indique que 52 milliards de niches fiscales n'ont aucune efficacité économique, il serait alors urgent de s'y pencher. De même, il y a des dépenses qui mériteraient d'être mutualisées à l'échelle européenne avec un véritable budget européen (tout comme les USA ont un budget fédéral et un budget pour chacun des 51 États).

En tous cas, voilà les données du problème. Reste à regarder les solutions qui vont nous être proposées ...