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27/10/2011

Chine-Europe > Carte de fidélité !

Quand on passe à la caisse du supermarché, la caissière demande systématiquement "vous avez la carte de fidélité ?". Cette carte de fidélité qui permet à la grande distribution de captiver sa clientèle en lui accordant des cadeaux ou des échéanciers de crédit pour les gros achats.

Eh bien la Chine procède du même mécanisme avec son gros client Européen ; elle met quelques milliards d'euros dans le fond européen de solidarité financière (FESF) de façon à s'assurer que le marche des 500 millions d'européens lui restera acquis. La Chine ne nous propose pas autre chose qu'une méga-carte de fidélité.

Et notre ami Montebourg aura alors bien du mal demain à imposer aux Chinois des barrières de protection économique contre les produits qui font fie des critères sociaux et environnementaux ...

22/10/2011

Une Europe fédérale pour sortir de la nasse ?

L'évidence saute aux yeux de chacun, le modèle dominant qui fonde l'économie mondiale depuis une cinquantaine d'années a vécu. Un demi-siècle de croissance économique dans le cadre d'une mondialisation galopante échoue sur les écueils de la crise financière et économique qui a débuté en 2008.

Mais en réalité, qu'est-ce qui a échoué ? Certains diront sans hésiter que c'est le capitalisme qui a échoué, et qu'il est temps de changer de modèle en le fondant sur la coopération, sur la solidarité et sur la responsabilité vis à vis des générations futures.

Mais le capitalisme est-il incompatible avec de tels objectifs ? Je ne le crois pas ... Chacun peut investir son capital, financier ou corporel, dans des activités équitables. Et certains le font !

Par contre, la financiarisation de l'économie est un fléau qu'il faut combattre. Les dettes des Etats, des entreprises et des particuliers sont des chimères qui alimentent sans aucun scrupule quelques fortunes mondiales. La monnaie a perdu son rôle premier qui est d'être un lien entre ceux qui vendent et ceux qui achètent. Et les masses monétaires  aujourd'hui en circulation n'ont aucune commune mesure avec la réalité des biens, des produits et des services qui s'échangent ou qui se stockent.

Le libéralisme et le consumérisme sont fondés sur le crédit facile. Le marché était réputé pouvoir s'auto-réguler. Mais au final les nations et les institutions trans-nationales se sont révélées impuissantes à anticiper puis à corriger la dérive.

Dans ce cadre là, la construction européenne a joué comme un accélérateur, conduisant les Etats et les économies nationales droit dans le mur. Et derrière les valeurs qui animent plusieurs centaines de millions d'européens, les chefs d'état et de gouvernement sont devenus les pantins de l'OMC et du FMI. Certains ont parfois été leurs complices ...

Est-il raisonnable que la BCE prête aux banques qui prêtent aux Etats et que la même BCE rachète les dettes de certains Etats quand ils sont au  bout du rouleau ? Et qui gagne à tous les coups dans ce drôle de jeu de bonneteau ? Les banques et le milieu de la finance qui spéculent sans vergogne sur la détresse des Etats !

Devoir changer de modèle économique est une évidennce, mais seuls quelques partis politiques apportent des réponses. Le Front de Gauche et le Front National sont d'ailleurs en phase pour promouvoir un retour aux mécanismes d'il y a une trentaine d'année, avec la souverraineté nationale comme leitmotiv commun. Etrangement, les partis de gouvernement ne proposent pas de changer de cap. A gauche, on propose d'augmenter les recettes de l'Etat ; et à droite on propose de réduire le train de vie de l'Etat. Bref, le PS comme l'UMP continuent de croire dans la mondialisation en y ajoutant quelques modalités de régulation. Est-il bien responsable de laisser les uns exploiter politiquement les effets de la crise et de laisser les autres nous faire croire que tout ira mieux en resserant quelques boulons ?

Le premier élément pour construire une réponse adaptée, c'est que l'Europe est le  cadre le mieux adapté ; chaque Etat ne pourra pas imposer seul un autre modèle.

La monnaie et la finance étant les facteurs clés de la crise, et donc les ressorts d'une autre construction économique, c'est à la Banque Centrale Européenne (BCE) d'être garante de la stabilité économique. La BCE doit pouvoir prêter aux Etats membres, en direct et sans intérêt. Evidemment, cela nécessite que les économies des Etats membres soient contraintes à certaines règles communes.

Je termine cette note en même temps que je prends connaissance des positions de Dany Cohn-Bendit sur l'urgence d'un sursaut fédéral en Europe (Cf. liens ci-après).

Tribune dans "Libération" du groupe Spinelli (Cohn-Bendit) :
http://www.liberation.fr/economie/01012366874-un-sursaut-...
 
Entretien sur "rue 89" de Daniel Cohn-Bendit :
http://www.rue89.com/2011/10/22/daniel-cohn-bendit-il-fau...

Ses conclusions sont recevables, mais il manque un bref mea culpa sur quelques épisodes de la construction européenne. Un détour sur WikiStrike donnera le change :
http://wikistrike.over-blog.com/article-quand-la-bce-rach...

19/10/2011

Les champignons de Paris ... de Pologne !

Avec un peu de poésie, on peut estimer que le rayon des fruits et légumes de nos grandes surfaces sont une éternelle invitation au voyage, mais le clin d'oeil s'arrête là. Les orgines Pérou, Afrique du sud, Kenya, ... sont autant de tonnes de CO2 dispersées dans l'atmosphère. Evidemment, on accepte les fruits et légumes qui ne se cultivent pas à proximité, mais quand ces importations concurrencent directement des productions locales alors ça devient inacceptable;

Et comme j'avais dénoncé par le passé les asperges du Pérou vendues chez Hyper U à Clermont l'Hérault, je ne pouvais rester insensibles aux champigons de Paris vendus au Carrefour Contact de Paulhan. Car ils viennent de Pologne (cf. photo ci-dessous).

relocalisation,démondialisation

 Il y avait quelques centaines de producteurs de champigons de Paris il y a 20 ans, ils ne sont plus qu'une trentaine aujourd'hui à exploiter des champignonnières en France. Les productions françaises sont vendues deux fois plus cher, et les producteurs ne peuvent rivaliser avec les coûts sociaux appliqués dans les pays de l'est.

La démondialisation d'Arnaud Montebourg n'est rien d'autre qu'une relocalisation de notre économie. Et chacun, même en remplissant son caddie, peut avoir une démarche politique dans ses gestes quotidiens. Oui, le pouvoir d'achat des ménages est un frein à cette attitude de consommation quasi militante, mais chaque paquet de champignon de Paris de Pologne acheté accentue le risque de fermer une champignonnière en France. Et on alimente alors la spirale des délocalisations qui font décliner l'économie nationale.