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09/12/2017

ZAC de la Salamane

Les années 2009 à 2011 ont été marquées à la Communauté de communes par le projet de ZAC à la Salamane. Je ne reviendrais pas sur tous les évènements qui ont jalonnés ces années-là, mais la ZAC est là et il n'est pas inutile d'en tirer un bilan ... Ce n'est pas le premier, et ce ne sera pas le dernier !

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Dans une précédente note du 3 mars 2011, où le projet n'était encore que « la ZAC de Système U, ... et on verrait après pour la suite », je publiais la délibération de la CCC du 03 mars donnant le bilan de la concertation publique pour cette ZAC. Et il n'est pas possible de proposer un bilan d'étape sans reprendre les objectifs poursuivis dans ce projet (cf. délibération du 30 septembre 2009).

Derrière la phrase très générale de « développement de nouvelles activités, favorisation de l’emploi et  maintien d’une cohésion sociale sur l’ensemble du territoire », j'en retiens ici deux objectifs. Le premier était de « créer un secteur innovant et performant d'accueil d'entreprises ». Car à l'époque la CCC parlait d'entreprises, laissant la partie commerciale à la ZAC des Tanes Basses de l'autre côté de l'A75. Et dans les premiers temps la CCC comptait sur Système U qui avait promis en 2009 de faire venir des partenaires de la filière logistique, dans le modèle allemand des entreprises en cluster. Mais « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent » (dixit Charles Pasqua) ...

Alors depuis le début du mandat de Jean-Claude Lacroix, la ZAC de la Salamane est devenu le nouvel eldorado commercial du Clermontais ; nous ne comptons plus les délibérations et les projets pour implanter des restaurants, des services de traiteurs, des garages et autres galeries marchandes ... Dernièrement, Jean-Claude Lacroix annonçait aux élus communautaires que ses services accompagnaient un porteur de projet pour déposer un dossier auprès de la Commission Départementale d'Aménagement Commercial. Je suis un lecteur épisodique du site Web de la CDAC, et quel ne fut pas mon étonnement de voir que le dernier dossier déposé, et qui concerne Clermont-l'Hérault, porte sur la construction d'un magasin DARTY aux Tanes Basses ...

Le second objectif qu'Alain Cazorla répétait à volonté, et que l'on retrouve dans le bilan de la concertation de mars 2011, c'est que cette ZAC devait créer de 500 à 600 emplois ! Et sur un territoire où le taux de chômage dépasse sans faillir les 15%, ce ne serait pas du luxe que cet investissement de 17 millions d'euros profite à tout le monde ...

D'ailleurs, que fait concrètement la Communauté de communes du Clermontais pour créer de l'emploi ? Je vous laisse le choix du libellé de la réponse, mais nous serons d'accord sur le fond. Pire, que fait-elle pour les entreprises ? Car la CCC perçoit la fiscalité des entreprises (CVAE, CFE, IFER, TASCOM, ...), mais sur quoi investit-elle en retour ?

Je me souviens d'une délibération du 22 mai 2013 par laquelle la CCC votait une convention avec Hérault Télécom (le délégataire du Département pour le déploiement de la fibre optique), pour équiper les ZAC de la Salamane et des Tanes Basses de fourreaux de fibre optique. Les travaux devaient être réalisés par la CCC, et le partenaire Hérault Télécom devait les exploiter pour apporter le très haut débit aux entreprises installées sur le site. Mais allez visiter aujourd'hui une entreprise de la Salamane (bon, elles se comptent sur les doigt d'une main), et vous constaterez qu'il y a loin de la coupe aux lèvres ...

Une zone d'activité économique, c'est un écosystème qu'il faut nourrir et qu'il faut faire vivre. Or, les élus de la CCC n'y voient malheureusement qu'une source de recettes fiscales, et à court terme le remboursement des emprunts qui courent. J'invite à relire cet article de Midi Libre du 26 novembre 2015 (déjà deux ans) : « Clermont-l'Hérault : les projets commerciaux fleurissent à la Salamane ». Un véritable conte de fées cette ZAC, mais faudrait redescendre sur terre de temps en temps ...

Or, le président Lacroix l'a assuré à ses élus, la ZAC de la Salamane est déjà [virtuellement] commercialisée à hauteur de 80%, et il est temps maintenant de trouver d'autres communes du territoire pour y développer des opérations ... commerciales. Eh oui, commerciales parce que le mot entreprise n'est pas trop dans le vocabulaire. Alors on parle maintenant d'ouvrir 12 ha de zones commerciales à Paulhan sur la Barthe, après que la CCC ait clôturé cette ZAC où il restait encore 4 ha à commercialiser. Le PLU de Paulhan ne le permet pas, ouf !

C'est quand la fin du film ? Remboursez !!!!!!

14:02 Publié dans CCC, Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

09/11/2017

Lauréats du Coeur d'Hérault pour le 15ème prix de la TPE, deux entrepreneurs de Clermont-l'Hérault justement récompensés

C'est dans les locaux de la Communauté de communes du Lodévois que le territoire du Coeur d'Hérault désignait ses lauréats pour la 15ème édition du prix de la TPE (très petite entreprise). Ce prix est d'ailleurs né en Cœur d'Hérault, sous l'impulsion de la Maison des Entreprises du Cœur d'Hérault, et très rapidement l'idée s'est répandue aux territoires voisins.

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Suite à une sélection « passionnante » parmi des entrepreneurs « passionnés », comme l'indiquait Jacques Bauclair, douze entreprises étaient nominées ce soir. Parmi elles, trois devaient être désignées pour participer à la finale départementale le 8 décembre au Corum à Montpellier.

L'entreprise NINO ROBOTICS (Clermont-l'Hérault) a obtenu le prix « Être », l'entreprise METAL SOUNDS (Saint-André-de-Sangonis) a obtenue le prix « Faire », et l'entreprise ROLLER DANCE (Clermont-l'Hérault) a obtenu le prix « Piloter ». Ce sont les trois entreprises du Cœur d'Hérault qui iront en finale. Et pour ne pas rester sur ce podium-là, le « Coup de cœur » du jury a été attribué à l'entreprise LAURENT MADAILLE REALISATIONS (Bédarieux).

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Les deux lauréats de Clermont-l'Hérault représentent deux beaux projets, innovants, fédérateurs, risqués et qui donnent au Clermontais une image plus enthousiasmante que ces zones d'activités en périphérie des bourgs-centres ou que des cœurs de village qui se vident.

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Mais il ne faudrait pas s'arrêter à une cérémonie annuelle, aussi plaisante soit-elle. Je l'ai déjà demandé en Conseil syndical du Pays Cœur d'Hérault, nous avons 15 ans de recul pour voir ce que sont devenus tous les nominés et tous les lauréats du prix de la TPE. Les outils que proposent la Maison des Entreprises (incubateur, pépinière, couveuse, formation, ...) ont-ils aidés ces entreprises ? Et y a-t-il des améliorations à apporter pour garantir la pérennité de ces entreprises ? Mais le Conseil syndical ne dispose pas des moyens (et des ressources financières) pour réaliser une telle analyse. C'est dommage ... Une politique économique qui n'est pas évaluée régulièrement ne permet pas de savoir si les investissements publics sont fructueux, s'il faut les réorienter, s'il faut abandonner tel outil pour renforcer un autre.

Donc à ce stade, il faut surtout dire merci à ces entrepreneurs pour avoir choisi notre territoire, et puis croiser les doigts pour qu'ils développent leur activité et qu'ils fassent des petits ;-)

28/10/2017

Y a-t-il encore un pilote dans le navire Coeur d'Hérault ?

Le Cœur d'Hérault est l'un de ces territoires périphériques qui se développe derrière le « premier de cordée », à savoir ici la métropole de Montpellier, autre version du « ruissellement » ... Et les acteurs politiques et économiques du territoire se contentent d'un tel contexte, évaluant les interactions avec cette métropole. Certains la redoutent, prédatrice de nos terres agricoles pour loger des salariés qui font le trajet chaque jour, et d'autres la courtisent pour développer des activités économiques secondaires ; de plus en plus d'artisans s'installent en Cœur d'Hérault (où les prix du foncier et les coûts de fonctionnement sont attractifs) pour aller sur des chantiers sur la métropole.

Le secteur du tourisme stimule bien quelques programmes locaux, le Cœur d'Hérault disposant de trois grands sites classés (ou en cours de l'être), mais les collectivités locales se limitent à gérer des offices du tourisme ; aucune réflexion n'est engagée pour soutenir telle filière, tel secteur ou telle activité. Les professionnels de la restauration, de l'hébergement, du commerce de cœur de village, des loisirs de pleine nature, ...  sont accompagnés quand ils sollicitent par exemple les services de la Maison des Entreprises du Cœur d'Hérault, mais les décideurs locaux n'ont pas de stratégie prospective.

Or, le développement économique n'est pas qu'une fin en soi. Il peut l'être pour les entrepreneurs, mais les acteurs politiques doivent surtout l'orienter sur des axes qui coïncident avec le marché du travail. A l'été 2017, le taux de chômage sur le Cœur d'Hérault s'établit à 13%. Il y avait 8 785 demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi dans les catégories A, B et C à fin août 2017 ; c'est +5,2% sur un an. Il faut y ajouter 150 demandeurs d'emploi en catégorie D (-5,1% sur un an pour des personnes sans emploi et qui ne sont pas immédiatement disponibles, non tenues d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi parce que en formation, en maladie, etc.), et 1 033 en catégorie E (-6,1% sur un an pour des personnes pourvues d'un emploi et non tenues d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi, comme celles en emploi aidé). Il y avait à fin juin 4 799 demandeurs d'emploi indemnisés. Par ailleurs, la catégorie C enregistre une hausse de +15% sur une année, avec 1 875 demandeurs d'emploi à fin août 2017, +1,9% pour la catégorie A (5 691 demandeurs d'emploi), +7,8% pour la catégorie B (1 219 demandeurs d'emploi inscrits) ; des emplois à temps partiel, de courte durée qui sont synonymes de précarisation.

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L'INSEE, la DARES et Pôle emploi publient des études statistiques très détaillées sur le marché de l'emploi par bassin de vie ; cela va bien au-delà des chiffres distillés par les médias tous les mois ou tous les trimestres, et j'invite à lire les documents téléchargeables en bas de note.

Qu'y apprend-on par exemple pour notre territoire du Cœur d'Hérault ? Par exemple que 1 905 demandeurs d'emploi (22%) recherchent un emploi dans les métiers des services à la personne et aux collectivités, que 1 247 demandeurs d'emploi (14%) recherchent eux dans les métiers du commerce, de la vente et de la grande distribution. De l'autre côté, les services à la personne et aux collectivités sont aussi en tête des offres d'emploi proposées sur 12 mois, mais avec 326 offres d'emploi (17% des 1 878 offres totales). Le commerce, la vente et la grande distribution sont aussi sur le podium des propositions d'emploi avec 276 offres sur 12 mois (15%). Les filières pourvoyeuses d'emplois sont donc bien identifiées par les demandeurs d'emploi, mais ils ont été 9 263 à s'inscrire à Pôle emploi sur les 12 derniers mois quand les employeurs ne proposaient que 1 878 emplois sur la même période. Or, notre territoire connait une croissance démographique continue, et la population active ne cesse de croître.

La création d'emplois doit être la boussole de tous les acteurs politiques, sociaux et économiques du Cœur d'Hérault ; oui, je me limite aux acteurs du territoire lui-même parce qu'il ne faut compter que sur nous-mêmes. Pour créer des emplois, il faut plus d'employeurs parce que les entreprises du territoire ont peu d'employés ; les secteurs de l'agriculture, de la construction, du commerce, de la restauration, des services, ... riment ici avec TPE, PME, professions libérales et auto-entrepreneurs.

Les décideurs politiques ont pourtant plusieurs cordes à leurs arcs. Ils peuvent déjà favoriser telle ou telle filière professionnelle pour répondre au mieux au profil des demandeurs d'emploi. Et puis ils peuvent porter des structures de formation professionnelle ou d'apprentissage qui répondent au mieux aux secteurs qui peuvent créer de la richesse sur le territoire. Mais il faut auparavant faire un travail d'analyse et de prospective, dans une logique de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences).

Nous avons par exemple sur le Cœur d'Hérault des besoins en matière de développement des énergies renouvelables et de construction de bâtiments à énergie positive. De même sur les marchés de travaux et de service sur la thématique de l'eau, les intercommunalités prenant des compétences dans ce domaine et pouvant ainsi orienter leurs commandes publiques.

Et c'était exactement la mission confiée jusqu'à présent au Plan Local pour l'Insertion et l'Emploi (PLIE) du Pays Cœur d'Hérault, et plus particulièrement à sa Maison de l'Emploi. Je regrette que des élus aient jugé qu'il fallait « reconnaître quand quelque chose ne marche pas et arrêter de financer à fonds perdus un dispositif qui ne donne pas satisfaction », sans se remettre en cause soi-même. Les intercommunalités du Cœur d'Hérault vont donc se lancer dans une concurrence aveugle, déroulant le tapis rouge à tous les faiseurs de promesses ...

Nous retrouvons ici aussi ce concept des « premiers de cordée », avec des villes-centres qui vont s'ouvrir aux zones commerciales et aux lotisseurs de tout poil, privilégiant une croissance hyper-localisée au détriment du développement harmonieux de tout le territoire du Cœur d'Hérault. Faut-il s'y résigner ?


Statistiques et indicateurs pour le marché du travail sur le bassin d'emploi de Lodève à fin aoput 2017 (publication de Pôle emploi Occitanie).   picto_pdf.jpg
Portrait de territoire - Bassin d'emploi de Lodève (publication de Pôle emploi Occitanie de septembre 2017)   picto_pdf.jpg
Protocole d'accord 2012-2015 du Plan Local pour l'Insertion et l'Emploi (PLIE) du Pays Coeur d'Hérault   picto_pdf.jpg