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14/09/2012

Gaz de schiste, Montebourg est un précieux ridicule ...

Le ministre du redressement productif est tombé cet été sur le livre de Jeremy Rifkin, "La troisième révolution industrielle" ; ou alors l'un de ses collaborateurs lui a laissé une note sur le bouquin et sur la théorie portée par cet économiste américain. Et depuis sa tribune de Frangy-en-Bresse jusqu'aux plateaux de télévision, le ministre de la démondialisation était devenu le Don Quichotte de la 3ème révolution industrielle qui est fondée sur le développement des énergies renouvelables à l'ère d'Internet.

Et presque en même temps, jusqu'à sa déclaration de ce jour lors de la conférence environnementale, le ministre Montebourg affirme que le débat sur les gaz de schiste ne fait que commencer, qu'il ne faut rien s'interdire ... Cette posture est justement celle que décrie Jeremy Rifkin dans son ouvrage, celle des responsables politiques et économiques qui restent attachés à la seconde révolution industrielle du début du 20ème siècle.

Quelle triste fin pour ce Tartuffe qui est en place depuis seulement 4 mois et qui enchaîne les dossiers comme l'avocat qu'il est. Son art oratoire lui permet d'argumenter, de passer du plaidoyer au réquisitoire au grè des circonstances. Mais l'économie française n'a pas besoin d'un avocat ou d'un procureur, elle a besoin d'hommes d'Etat qui oeuvrent pour le présent autant que pour les générations futures.

Gaz de schiste : énergie fossile pour une économie fossilisée

La question des gaz de schiste, pour laquelle 74% des français interrogés par l'IFOP se disent opposés à son exploitation, est au coeur du bras de fer qui oppose les socialistes et les écologistes.

Le premier volet par lequel on peut aborder cette question concerne l'aspect purement environnemental. Et là, ils ne sont pas légion à défendre la fracturation hydraulique ainsi que le recours aux énergies fossiles pour assurer un peu plus d'indépendance énergétique. Pour exploiter ces gisements qui font de la France le pays au plus fort potentiel en Europe (avec la Pologne), les techniques employées sont dévastatrices pour l'environnement. Par ailleurs, l'eau potable est une ressource de plus en plus précieuse ; l'agriculture en capte une grande partie, mais faut-il la détourner pour extraire du gaz de schiste ?

L'autre volet cible la société du 21ème siècle ; se construira-t-elle, comme au 20ème siècle, sur les énergies fossiles ? Le réchauffement climatique qui menace notre biosphère à moyen terme n'a-t-il pas déjà donné suffisamment de signaux d'alerte ? Oui, les USA ont créés des centaines de milliers d'emplois grâce aux gaz de schiste, mais l'Allemagne et de nombreux pays Européens pourvoient des milliers d'emplois via les énergies renouvelables ...

Les actuels promoteurs des gaz de schiste ne souffriront jamais des conséquences de son exploitation, ils seront nombreux à se domicilier en Suisse ou en Belgique pour échapper au fisc. Mais tous ceux qui sont attachés à leur territoire, à leurs paysages ainsi qu'à la qualité de la vie ne pèsent pas bien lourd face aux compagnies pétrolière$.

La conférence environnementale qui débute aujourd'hui débouchera-t-elle sur une position claire du Gouvernement ou bien sera-t-il confié à une commission théodule le soin de prolonger le suspense ? En tous cas, il faut se mobiliser massivement contre ces gaz de schiste.

06/09/2012

Le théorème de Chérèque

François Chérèque, secrétaire national de la CFDT, a ennoncé ces derniers jours un théorème pour renforcer la compétitivité des entreprises. J'en rappelle ci-aprés l'ennoncé :
 -10% de cotisation patronale
+ 7% de hausse de salaire
          (qui compense +7 % de hausse de CSG)

= 3% de gain de compétitivité

En complément, il faut préciser que 80% des recettes de la CSG provient des revenus d'activité, le reste provient des revenus du patrimoine et des revenus financiers. Le solde négatif de 3% sur les salaires sera donc compensé par l'augmentation de la CSG sur ces autres revenus touchés par la CSG.

Je ne rentre pas ici dans le débat qui oppose les centrales syndicales pour savoir si le coût du travail est l'une des principales causes de l'échec des entreprises françaises dans leur conquête de nouveaux marchés. Et en fonction des secteurs, ce gain de 3% peut servir à baisser les prix de vente, à investir ou encore à augmenter les salaires.

Mais autant j'étais opposé à la TVA sociale, autant ce transfert du financement de notre système de santé vers la CSG me séduit. A la différence de la TVA dont il est très difficile d'anticiper les recettes, on sait qu'un point de CSG génère environ 10 milliards d'euros de recettes. C'est donc là un outil qui ouvre de nombreuses perspectives, et surtout en faisant peser ces contributions à notre système social sur des revenus qui jusqu'à présent y échappaient.

Evidemment, c'est la réforme de la fiscalité directe proposée par François Hollande (lors de sa campagne pour l'élection présidentielle) qui devrait enfin nous donner un nouveau cadre fiscal plus pérenne et plus juste. Fusionner l'impôt sur le revenu avec la CSG, passer au prélèvement à la source, supprimer quelques niches fiscales, imposer les citoyens dès le premier euro gagné et définir une progressivité sans tabou, voilà le projet dont le gouvernement Ayrault doit accoucher sans trop tarder ...