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12/02/2013

Le gouvernement de J-M. Ayrault asphyxie les collectivités locales pour aider les entreprises

Début février, le ministère des Finances a proposé au Premier ministre Jean-Marc Ayrault de doubler le montant des économies sur les dotations de l'Etat aux collectivités locales pour les porter à 1,5 milliards d'euros en 2014 ainsi qu'en 2015. Le Comité des Finances Locales (CFL) avait été informé à l'automne dernier que les dotations de l'Etat à destination des collectivités locales seraient gelées en 2013, puis diminué de 750 M€ en 2014 et en 2015, conduisant ainsi à une baisse de 2,250 milliards d'euros. Mais alors que cette proposition, très contestée par les associations de collectivités locales, n'a pas encore été transcrite en loi de finance rectificative, c'est désormais une baisse de 4,5 milliards que l'Etat s'apprête à imposer aux Communes, aux Communautés de Communes, aux Départements et aux Régions.

Le budget annuel de toutes les collectivités locales est d'environ 220 milliards d'euros, et la contribution de l'Etat est de 100 milliards d'euros. L'économie envisagée par le Gouvernement n'est donc pas anodine !

Mais on ne peut évoquer ces chiffres sans occulter le contexte. Car, pour verser un Crédit d'Impôt de Compétitivité des Entreprises (CICE) de 20 milliards d'euros, l'Etat s'est engagé à faire 10 milliards d'euros d'économies dans son propre budget. Et comme cet engagement est difficile à concrétiser, le Gouvernement balance la "patate chaude" aux collectivités locale ...

C'est là une idiotie totale. Quand l'Etat réduit de 4,5 milliards d'euros les dotations versées aux collectivités locales, il les empêche de recruter (la masse salariale des collectivités locales est d'environ 50% de leur budget de fonctionnement), mais aussi d'investir ! C'est par l'autofinancement net que les collectivités locales peuvent construire des établissements scolaires, des équipements sportifs, des établissements de santé, etc. Mais les 20 milliards de cadeau aux entreprises, quelle garantie avons-nous qu'ils se traduiront par de la création d'emploi ?

Une commune comme Paulhan a par exemple quatre gros projets d'investissements en 2013, avec le groupe scolaire (2 M€), l'entrée Nord côté Clermont (800 K€), un plateau multisport aux HLM (26 K€) et la rénovation de la place du jeu de ballon (150 K€). Tout cela contribue à l'activité des entreprises locales, et c'est vital !  

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City Stade de Paulhan

Je rappelle (cf. note de novembre 2012) que le remplacement de la taxe professionnelle (TP) par la contribution économique territoriale (CET) a allégé les charges des entreprises de 7 milliards d'euros par an. Et n'oublions pas non plus la "réduction Fillion", c'est à dire l'exonération de charges patronales sur les bas salaires qui fait économiser chaque année 22 milliards d'euros aux entreprises. Et après tous ces "cadeaux", comment évolue la courbe du chômage ? Toujours à la hausse ! Ces cadeaux ne sont donc pas réinvestis, ils vont plutôt, au mieux renflouer les trésoreries de quelques entreprises exsangues et au pire abonder les dividendes des actionnaires.

Jean-Marc Ayrault doit rendre son arbitrage dans les prochains jours, mais l'orientation fixée par son Gouvernement reste la même, très sociale-libérale.


Un communiqué officiel des Ministres Moscovici, Cahuzac, Lebranchu et Escoffier vient confirmer l'information ce mardi 12 février.

03/02/2013

L'homme, animal jouisseur inassouvi dans un Monde si laid ...

Rien de nouveau à dire que l’homme est un animal singulier, et comme l’écrit Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro : « Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, madame, il n'y a que cela qui nous distingue des autres bêtes ». Car là où la plupart des animaux de la création agissent en fonction de besoins physiologiques, l’homme y ajoute la recherche du plaisir. Et cela va au-delà de ses cinq sens qui sont des récepteurs de plaisir (ou de douleur), le pouvoir, l'ostentation et la possession sont quelques autres sources du plaisir humain (cf. pyramide de Maslow).

Le bouddhisme accorde d'ailleurs une place importante au plaisir, car sa quête incessante serait à l'origine de tous nos malheurs ; ceux qui en jouissent craignent d'en être privés un jour et ceux qui en sont privés envient les jouisseurs. Ce sont donc des sentiments de satisfaction et de frustration qui s'affrontent, la satisfaction pouvant conduire à une attitude auto-protectrice égoïste et la frustration s'accompagnant parfois de violences extrêmes. Les morales religieuses ne sont pas aussi explicites que le bouddhisme, mais elles condamnent toutes le plaisir (i.e. péché).

Or, cet atavisme permanent chez l’homme, qui favorise les sociétés de consommation, du spectacle et donc de ségrégation sociale, se perpétue dans un Monde globalement sinistré. La pauvreté, la souffrance, les injustices, la faim, la corruption et la privation de liberté sont quelques-uns des maux qui rendent le Monde si laid. Et il ne faut pas aller en Erythrée ou en Corée du Nord pour assombrir le tableau, des banlieues pauvres de certaines grandes villes françaises, avec des taux de chômage trois fois plus élevés que la moyenne nationale, sont à moins d'une heure des quartiers chics des centres villes.

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Cette dualité se retrouve aussi dans le discours politique. Le plus facile et le plus rentable sur le plan électoral est bien évidemment de « vendre du plaisir ». C’est le sempiternel slogan d’une « American way of life » qui écarte sans complexe toute exigence de frugalité, de solidarité ou de responsabilité. Et c’est aussi l’expression Romaine « panem et circences » que l’on retrouve derrière les programmes de nombreux politiques.

D’autres politiques ne se contentent pas d’adapter les discours aux circonstances, avec ce savant mélange de compassion, d'optimisme et d'hypocrisie … Certains, plus rares, tiennent des discours qui éveillent les consciences pour espérer changer de paradigme. Martin Luther King, Jean Jaurès, Gandhi, Aung San Suu Kyi et Nelson Mandela sont quelques-unes de ces personnalités qui permettent d'alimenter la flamme. Et de façon générale, les formations politiques ainsi que les associations qui aspirent à l’alter-mondialisme restent très minoritaires.

A noter que le salafisme est une voie qu'empruntent de plus en plus de peuples pour répondre aux urgences sociales, le djihadisme en étant l'expression la plus visible actuellement. Et c'est ce qui me fait répondre au Président Hollande que ce n'est pas le terrorisme qu'il faut combattre, mais plutôt les causes des exactions commises par les islamistes.

Et c'est donc un questionnement qui se pose quotidiennement dans ma propre action politique. Tout projet majeur se place entre les deux mâchoires de cet étau, avec d'un côté la nécessité de satisfaire le désir des citoyens de se faire plaisir, et de l'autre la nécessité de rendre la société plus juste, plus solidaire et plus enthousiasmante. Certains seront plus clientélistes et d'autres seront résolument contestataires, j'ai choisi d'être ni l'un ni l'autre et de privilégier l'intérêt général.

02/02/2013

L'emploi à tout prix, ça suffit !

L'actualité illustre une fois de plus ce dogme selon lequel la création ou le maintien des emplois prime sur toute autre chose.

Localement sur Gignac, c'est l'entreprise Contralco qui se sépare de 150 employés (intérimaires ou en contrat à durée déterminée) suite à l'annonce du Ministre de l'Intérieur de ne pas imposer la présence des éthylotests dans les véhicules. Contralco avait recruté ces 150 employés au cours des 12 derniers mois parce que le gouvernement précédent justifiait une diminution des accidents de la route liés à l'alcoolémie des conducteurs par la présence de ces éthylotests. Certains avaient critiqué à l'époque le travail de lobbying de Contralco, mais en réalité cette mesure était plus commerciale que sécuritaire.

Mais c'est la réaction du député Patrick Vignal qui est surprenante (cf. Midi Libre). Et le parlementaire Héraultais d'affirmer : "Le message du président de la République François Hollande, c'est 1 l'emploi, 2 l'emploi, 3 l'emploi. Manuel Valls aurait dû s'interroger sur les conséquences de sa décision. On ne peut pas prendre des décisions qui vont à l'encontre de cette priorité". Cela justifie-t-il d'imposer à 40 millions d'automobilistes et de routiers la possession de deux éthylotests, d'imposer aux forces de l'ordre de verbaliser les contrevenants et de créer ainsi une mesure de prévention routière exclusivement destinée à faire travailler quelques entreprises de ce secteur ?

Et Monsieur Vignal ne doit pas être loin de justifier l'exploitation des gaz de schiste pour dynamiser l'activité économique de l'Hérault. Et pourquoi pas une centrale nucléaire, une raffinerie, ... ?

A Amiens, le Groupe Goodyear (qui contient aussi Dunlop) vient d'annoncer la fermeture de son site où la CGT refuse depuis des années d'accepter des clauses sociales de compétitivité. A côté, l'usine Dunlop a accepté en 2007 de passer aux 4x8. Cela consiste à faire tourner 4 équipes selon le rythme suivant : 2 jours du matin, 2 jours de l'après-midi, 2 jours de nuit et 2 jours de repos avant de recommencer. Ce cycle tourne toute l’année, week-end et jours fériés inclus. L’équivalent hebdomadaire de ce cycle est de 42 heures par semaine pour des postes de 8h, et de 44,6 heures pour des postes de 8h30.

En contrepartie, l'usine Dunlop bénéficie d'un plan d'investissement de 50 millions d'euros pour moderniser le site et donc gagner des parts de marché sur les pneus de tourisme. Du côté de Goodyear, la position de la CGT à Amiens-Nord s'est enfermée au fil des années dans une opposition ferme vis-à-vis de la direction du groupe, conduisant à la fermeture du site et laissant près de 2000 salariés sur le carreau.

Mais quand on regarde ce cycle des 4x8, on se rend compte immédiatement qu'il entraîne un mode de vie complètement asocial. Plus de notion de journée ou de week-end qui rythme pourtant la vie de notre société, juste des "ouvriers-machines" qui sont employés aux horaires qui conviennent à la compétitivité du groupe Goodyear.

On rétorquera que le groupe Goodyear est en grande difficulté, qu'il ne verse plus de dividende à ses actionnaires depuis des années, et c'est donc aux salariés de faire des efforts pour maintenir leur emploi. Ca me rappelle le livre de Zola, "Germinal" ... L'état de notre société regresse au point de revenir à ce qu'il était à la fin du 19ème siècle.

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Avec Contralco et Goodyear, chacun à son échelle, voilà deux exemples du dogme de l'emploi à tout prix. Les patrons ne sont pas en cause, leur fonction étant naturellement de faire du profit, mais ce sont les politiques qui ne sont pas au rendez-vous. Ils doivent arrêter de nourrir de faux espoirs dans des secteurs en déclin, et le secteur de l'automobile en Europe n'aura plus jamais l'activité qu'il avait dans la seconde partie du 20ème siècle quand l'acquisition d'une première voiture par foyer était la règle.

Il faut donc anticiper les secteurs de demain, ceux que la recherche scientifique a déjà révélés et pour lesquels il faut intensifier la formation. Mais dans des secteurs de l'énergie, de la médecine, de l'éco-construction, des nano-technologies, de l'informatique, de l'eau, ... les emplois nécessitent de la qualification. La formation est donc une condition nécessaire pour créer de l'emploi, et il faut tout faire pour ne pas laisser des demandeurs d'emploi sans qualification. C'est ce modèle social des Etats du Nord de l'Europe, qui privilégie la formation tout au long de la vie, dont nous devons nous inspirer.

Le RSA et toutes les mesures qui s'identifient à une politique de l'assistanat ne devraient jamais durer. C'est comme les Restos du Coeur que Coluche ne pensait certainement pas voir perdurer, mais qui aujourd'hui s'étendent au logement et à l'insertion par l'emploi. Plus notre société maintiendra de personnes dans la non-qualification et plus nous connaîtrons des tensions sociales, voire des violences.

L'orientation prise par le gouvernement de François Hollande en faveur de l'éducation, avec le recrutement de 60.000 enseignants en 5 ans, va dans la bonne direction. Mais la formation initiale, très généraliste, n'y suffira pas. L'adéquation entre les besoins économiques à anticiper et les qualifications de la population active devrait être la priorité du gouvernement. Or, qui connaît Monsieur Thierry Repentin, actuel ministre délégué à la formation professionnelle et à l'apprentissage ? Il n'a par ailleurs aucune compétence particulière dans ce domaine (cf. biographie), son parcours politique étant plutôt ciblé sur le logement. Mais la très médiathique Nadine Morano qui occupait ce ministère jusqu'à l'an dernier a-t-elle fait quelque chose ?

Je reste donc sur mes dinosaures modernes qui s'éteignent les uns après les autres, laissant des salariés anéantis, et avec des femmes et des hommes politiques qui ne pensent qu'à leur prochaine élection ...