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23/02/2013

Clermontais, une situation socio-économique préoccupante !

La Maison de l'Emploi du Coeur d'Hérault présentait jeudi 21 février au centre aquatique de Clermont l'Hérault les analyses de cinq années d'observation du territoire Coeur d'Hérault. Devant un public d'élus communautaires et d'agents des services sociaux du territoire (mission locale, pôle emploi, ...), la chargée de mission de la Maison de l'Emploi, Mme Jeanjacques, a enchaîné une cinquantaine de graphiques et tableaux.

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La population du Coeur d'Hérault connaît une croissance constante de +2,6% par an, soit 15.000 nouveaux habitants entre 1999 et 2009, mais c'est une croissance 4 fois plus forte qu'à l'échelle nationale ; c'est le Clermontais qui voit sa population augmenter le plus (+33% en 10 ans). La population du Coeur d'Hérault est plus jeune que dans le reste de la France et même de l'Hérault, elle compte moins d'actifs en emploi mais plus de chômeurs, d'inactifs et de retraités.

Il y a 9.838 entreprises dans le Coeur d'Hérault au 1er janvier 2013, mais le territoire est marqué par une forte proportion de très petites entreprises (TPE) : agriculteurs, commerçants, artisans, auto-entrepreneurs, etc. 21% de ces établissements professionnels n'ont pas de salarié et près de 90% ont moins de 10 salariés. Seuls 36 entreprises du Coeur d'Hérault comptent plus de 50 salariés.

Les principaux secteurs d'activité sont l'agriculture (26,2%), le commerce (12,9%), la construction (11,3%), le reste se répartit entre les activités sociales, la culture, le tourisme, le service, etc. Mais il y a une énorme distorsion entre les offres d'emploi proposées sur le territoire et les métiers recherchés par les demandeurs d'emploi. Par exemple, il y avait 218 personnes inscrites à Pôle Emploi dans les métiers du secrétariat en septembre 2012 pour seulement 10 offres d'emploi. Idem dans les métiers de l'enfance avec 335 demandeurs d'emploi dans ce secteur et 13 offres d'emploi.

Il y a avait 13,7% de chômeurs sur le Coeur d'Hérault en 2009 (et 14,2% sur le Clermontais), mais la hausse a été très forte depuis 2008 et le Coeur d'Hérault comptait 6.729 personnes inscrites à Pôle Emploi au 30 septembre 2012 (il y en avait 4764 en mars 2009). Les chômeurs de plus de 50 ans sont toujours plus nombreux (autour de +20% par an).

D'autres indicateurs illustrent la dégration du contexte socio-économique. 56,9% des foyers fiscaux du Coeur d'Hérault (et 58,4% pour le Clermontais) ne sont pas imposables, contre 45,7% en France et 51,4% dans l'Hérault. 64,8% des ménages ont des revenus salariaux ou de professions non salariés (et 62,1% dans le Clermontais) contre 69,2% en France et 64,9% dans l'Hérault ; les autres perçoivent une retraite, des allocations ou des rentes.

11.856 personnes (16,7% de la population) vivent en dessous du seuil de bas revenu (982 €) ; c'est 18,5% sur le Clermontais. Ce nombre a nettement augmenté depuis deux ans ; +7% sur le Coeur d'Hérault, +10,1% sur le Clermontais et +3,8% dans l'Hérault.

La dépendance financiaire aux allocations sociales (RSA, AAH, ASI, ASPA, ASV, ...) est elle-aussi préoccupante. 8,5% des personnes vivant en dessous du seuil de bas revenu sur le Clermontais dépendent à plus de 75% des prestations sociales ; et cela touche 32,1% des enfants de moins de 6 ans !

La balle est désormais dans le camp des acteurs économiques et politiques, les seconds devant offrir aux premiers les conditions de leur implantation et de leur développement. Et on ne peut plus se contenter de positions simplement opportunistes. Avec des milliers de demandeurs d'emploi très peu qualifiés ou mal qualifiés (au regard des secteurs d'emploi sur le territoire), il est urgent de structurer des filières d'emploi avec de la formation et des aides à l'installation. Avec sa situation géographique et ses grands sites naturels, le tourisme est par exemple un secteur dans lequel notre territoire n'investit pas assez. L'agriculture doit aussi donner lieu à plus d'initiatives.

D'autres thématiques sociales n'ont pas été évoquées en détail jeudi soir : le logement, la formation des jeunes, l'accès aux soins, les transports en commun, etc. Or, il est clair qu'une partie importante de la population risque de complètement décrocher.

Mais la multiplicité des centres de décision politiques n'aide pas à en sortir. Car on ne sait plus très bien, entre la Commune, la Communauté de communes et le Pays qui décide de quoi. A l'inverse de Montpellier par exemple, où ce sont la ville de Montpellier et l'Agglomération de Montpellier qui portent les politiques publiques favorisant le développement économique. En Coeur d'Hérault, chaque bourg centre et chaque intercommunalité voudrait faire mieux que son voisin, mais sans vraiment y réussir.

Le changement, ça doit réellement être maintenant. J'espère que les débats et que les propositions en vue des élections de 2014 prendront en considération ce contexte local, en tous cas j'y contribuerai.

20:19 Publié dans CCC, Economie | Lien permanent | Commentaires (1)

20/02/2013

Développons de nouvelles activités plutôt que de soutenir des entreprises de façon articicielle

Des élus du Coeur d'Hérault distribuaient hier des éthylotests devant la Préfecture de l'Hérault ; ils manifestaient ainsi leur soutien à l'entreprise Contralco de Gignac qui voit son activité mise à mal par la décision de Manuel Valls de ne pas rendre obligatoire la possession d'éthylotests dans sa voiture. La société qui avait profité de la directive du précédent Ministre de l'Intérieur se voit ainsi obligée de réduire ses effectifs qui passent de 310 à 84 salariés.

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Mais ce soutien d'élus du Coeur d'Hérault est-il pertinent ? C'est la même démarche que celle d'Arnaud Montebourg chez Pétroplus, chez Arcelor Mittal à Florange ou chez PSA à Aulnay. Il faut éviter la casse, il faut mettre en place des "amortisseurs sociaux", mais il faut surtout trouver des alternatives économiques pérennes.

Mais je reprends le cas de Contralco ...

Bon, personne n'était dupe sous Sarkozy que cet éthylotest obligatoire était une mesure inefficace. Et il est heureux que Manuel Valls ait mis fin à cette fable. La lutte contre la délinquance routière liée à l'alcool passe avant tout par la prévention et par la répression. Et on imagine mal une personne fortement alcoolisée souffler dans un éthylotest avant de prendre la route ... Si cette personne a bu en sachant qu'elle allait conduire, c'est qu'elle est imperméable à tout message de prévention. D'où l'utilité de multiplier les contrôles routiers aux endroits et aux heures où circulent des conducteurs alcoolisés.

ethylotest,contralco,coeur d'hérault,gignac

Par contre, le Préfet de l'Hérault dans ses orientations contre l'insécurité routière a évoqué un amendement de la loi LOPPSI2 imposant la pose d'éthylotest antidémarrage. Et avec la clé une expérimentation intéressante dans notre département ; cela consiste à obliger les personnes déjà contrôlées en état alcoolémique grâve au volant à s'équiper d'un anti-démarreur couplé à un éthylotest électronique. Plutôt que d'avoir à payer une amende, la peine serait d'équiper sa voiture d'un tel dispositif. L'idée est intéressante car elle cible les conducteurs à risque, qu'elle dissuade efficacement la conduite en état d'ivresse et qu'elle offre aux industriels de ce secteur une perspective de développement.

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Et c'est là où les élus devraient se mobiliser, car Contralco distribue aussi des éthylotests électroniques. Si malheureusement son produit phare qu'est l'éthylotest à usage unique se vend moins bien que prévu, alors il faut aider Contralco à faire de la recherche et à développer son offre commerciale sur ces anti-démarreurs. L'entreprise Contralco a un savoir-faire industriel dans ce domaine, il faut donc en profiter pour conquérir ce marché.

La manifestation de quelques élus du Coeur d'Hérault est compréhensible, elle apporte un soutien aux salariés en danger de perdre leur emploi, mais elle devrait être plus prospective. Les entreprises doivent faire de la R&D (le crédit d'impôt recherche est destiné à cela), elles doivent investir (la Banque Publique d'Investissement vient d'être créée pour ça) et elles doivent saisir toutes les opportunités pour diversifier leurs marchés. Maintenir une activité industrielle avec des incitations de l'Etat, comme la prime à la casse dans l'automobile ou l'obligation de posséder un éthylotest dans toutes les voitures, c'est créer artificiellement un besoin, ça n'a qu'un temps et l'issue n'en est que plus difficile.

17/02/2013

Un graphique prouve-t-il à lui seul une théorie ?

Dans une note qu'il publie sur le site de l'Institut des Libertés, l'économiste Charles Gaves démontre que la devise européenne est l'unique et seule cause de l'effondrement de la production industrielle au sein de la zone Euro.

croissance industrielle,charles gaves

Mais si nous observons des graphiques étendus à des pays extérieurs à la zone Euro, les mêmes tendances s'observent indépendamment de l'Euro (source indexmundi.com).

croissance industrielle,charles gaves

croissance industrielle,charles gaves

Les causes possibles d'une baisse de la production industrielle dans les pays occidentaux sont multiples. Il y a tout d'abord la mondialisation qui voit les sites industriels déménager vers des pays à bas coûts salariaux. Il y a aussi la baisse de la consommation ; l'exemple de la consommation des produits pétrochimiques (du carburant aux engrais) en témoigne :

croissance industrielle,charles gaves

Mais pour revenir à l'article de M. Gaves, il y a effectivement un réel problème de l'Euro. Les mécanismes économiques nationaux qu'il décrit démontrent simplement que la zone Euro ne peut pas en rester au statu quo. Ou bien nous allons vers une plus grande intégration budgétaire, fiscale et sociale entre les 17 Etats membres, ou bien nous revenons à la situation d'avant 2002.

En tous cas, il faut se méfier des démonstrations graphiques dont on tire des plans sur la comète.