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10/04/2018

La Salamane, un marqueur politique qui fossilise le Clermontais

Il y a un an ou deux, je ne me souviens plus, il s'agissait de renouveler le label Agenda 21 local de la Communauté de communes du Clermontais. Mais comme ce label n'est plus porté par le ministère de l'environnement et des solidarités, l'exécutif intercommunal a décidé de devenir un « territoire en transition ». Ouah, un territoire en transition, le projet de Rob Hopkins auquel adhèrent désormais plus d'un millier de villes dans plus d'une quarantaine de pays ... Trop cool ...

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Bon, faut se pincer un peu et revenir sur Terre ; c'est juste un discours, une posture de circonstance, de la communication dite « institutionnelle ». La réalité est bien moins angélique, et elle se résume en un seul mot : SALAMANE. Depuis 2009 que le Président Cazorla a offert 70 hectares de terres agricoles à Système U, ses successeurs ne savent pas y déroger, comme une forme d'atavisme.

Le Clermontais dispose d'au moins trois leviers de développement liés à son histoire, à ses habitants, à ses paysages et aux infrastructures que le traversent : le tourisme, l'agriculture et le commerce. Mais alors que ces trois leviers sont des sources de production de richesses, de développement humain et d'emplois, la CCC ne s'est toujours intéressée qu'à un seul de ces leviers, le commerce. Et au lieu de s'appuyer sur un réseau de communes ayant déjà des centre-villes bien dotés en commerces, la CCC s'entête à développer des zones commerciales en périphérie de bourgs-centres.

Quand, en 2009, Alain Cazorla présentait son projet de ZAC de la Salamane en assemblée communautaire, je lui ai dit chiche, mais créez en parallèle une zone d'activité alternative avec des producteurs locaux afin de laisser les citoyens choisir leurs sources de consommation. Et j'ajoutais même que la Salamane pourrait être reliée à l'ancienne voie de chemin de fer qui passe non loin, reliant Clermont-l'Hérault à Paulhan, et au-delà à Pézenas, Sète et Montpellier. Cela fait maintenant 9 ans que je répète les mêmes messages, mais cela fait toujours 9 ans que les élus communautaires ne voient dans la Salamane qu'une source de recettes fiscales ; ce que j'appelle la stratégie spéculative de l'aménagement du territoire.

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Je publie cette note à quelques jours d'une rencontre importante pour le Président Lacroix, un rendez-vous avec les services de l’État, et le Préfet lui-même, sur le site de la Salamane. Dans quel objectif ? Persuader le directeur de la DDTM34 qu'il fait obstruction à l'intérêt général (... de quelques édiles). Alors, précipitamment, la CCC va délibérer ce mercredi pour financer une ligne d'Hérault Transport à partir du 1er juin. Cette ligne sera en service le matin avec trois rotations entre 9h30 et 12h sur le circuit Bézerac <> Espace Camile Claudel <> École Jules Verne <> Fontenay <> Place des Martyrs <> Lacombe <> Gare routière <> Jules Milhau <> Tanes Basses <> Salamane <> Rond- Point de l'Europe <> Centre aquatique <> Descartes <> Collège du Salagou <> Avenue de Montpellier <> Rond-point de l'Europe <> Centre aquatique <> Hôpital <> Gare routière <> Lacombe <> Jules Milhau <> Tannes Basses <> Salamane <> Gare routière <> Place des Martyrs <> Bézerac. Et la CCC mettra près de 40 k€ TTC par an pour financer cette navette.

Tiens, la CCC a-t-elle une compétence particulière en matière de transports en commun ? Bon, disons que c'est pour l'aménagement de l'espace ... Mais alors, pourquoi pas une navette qui ferait le tour du Salagou de mai à septembre ? Et pourquoi pas une navette pour désenclaver les communes rurales du sud ? Comme d'habitude, c'est une décision purement conjoncturelle et même ... assez opportuniste :=(

Mais comme je le disais en début de note, je ne suis pas farouchement hostile au développement commercial sur ce triangle d'or autour de la sortie 57 de l'A75, le triangle Clermont-Canet-Brignac, mais que l'exécutif intercommunal donne enfin des gages aux autres leviers du développement économique. Je ne m'étendrai pas ici sur le Salagou et sur le développement touristique, car je veux insister sur le développement agricole. Qu'on dit les élus du Clermontais en juillet dernier aux jeunes agriculteurs qui venaient récolter du blé sur une parcelle non commercialisée de la Salamane ? Qu'ils seraient conviés à la rentrée de septembre aux premiers travaux d'une commission Agriculture qui allait se mettre en place ... enfin ... qui allait se mettre en place ... mais pas forcément en septembre 2017  :=(

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Pour ma part, dans le cadre de la révision du PLU de Paulhan, je plaide pour que la commune développe une zone d'activités agricoles sur la ZAC de Vareilhes, au Sud de la commune. Voila un secteur IVAUd du PLU, sur un peu plus de 11 hectares, dont 7,3 hectares sont la propriété de la CCC ; elle a acheté ces terres agricoles pour un peu plus de 420 k€ en 2008. Mais sans aucun projet d'aménagement porté par la CCC, ce secteur a toutes les chances de redevenir une zone agricole protégée. Comment peut-on faire l'impasse sur une telle opportunité, sur la porte Sud du Pays Cœur d'Hérault, avec une sortie A58 de l'A75 qui est inexploitée ? Une zone d'activité agricole, c'est la possibilité d'aménager un hameau agricole, de proposer aux exploitants des bâtiments pour stocker, pour transformer et vendre leurs produits. Avec la Région, il doit aussi être possible de conventionner pour installer un CFA dans les métiers de l'agriculture et de l'alimentation. Une maison de producteurs locaux, là en bord d'A75, permettrait aussi de promouvoir les produits d'exploitants agricoles sur un rayon de quelques dizaines de kilomètres. Un Drive fermier est aussi opportun pour être la vitrine des circuits courts.

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Le seul espoir pour ces types d'aménagement, c'est l'élaboration du SCoT du Cœur d'Hérault pour y graver dans le marbre ces axes de développement. Mais les élus du Clermontais voient le SCoT comme un ennemi, un machin qui va leur imposer des aménagement dont ils n'auraient pas la souveraineté territoriale.

« If we wait for the governments, it'll be too little, too late; if we act as individuals, it'll be too little; but if we act as communities, it might just be enough, just in time » - Rob Hopkins

24/01/2018

La France n'arrive toujours pas à définir sa stratégie agricole pour le 21ème siècle

L’Europe envisage de réduire les zones agricoles défavorisées bénéficiant des aides communautaires, c'est à dire des communes où les conditions pour le maintien ou pour le développement d'exploitations agricoles sont jugées difficiles à cause de la configuration du territoire. Et cela fait déjà plusieurs années que l'Europe souhaite réviser la carte des zones agricoles défavorisées qui donnent droit à des indemnités compensatoires de handicaps naturels (ICHN) ; les communes classées en zone montagne ne sont pas dans le périmètre de cette révision. Pour les exploitations concernées, l'aide tourne autour de 10 000 € par an.

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En Cœur d'Hérault par exemple, les communes du Lodévois-Larzac sont presque toutes classées en zone Montagne. Par contre, sur le Clermontais, des communes classées en zone défavorisée simple (ZDS) sont menacées de perdre ces aides européennes (Cabrières, Liausson, Lieuran-Cabrières, Mérifons, Mourèze, Péret, Salasc, Valmascle et Villeneuvette).

Sollicité par l'Union Européenne depuis 2016, c'est le gouvernement qui a publié en décembre dernier de nouvelles cartes de zonage qui ont aussitôt fait réagir les filières agricoles. La France doit rendre sa copie à Bruxelles d'ici mars 2018. Les agriculteurs de la région Occitanie, fortement mobilisés, ont organisé une manifestation ce mercredi 24 janvier à Montauban (autour d'un millier de participants). Pour l'Hérault, les nouvelles données de zonage ne semblent pas encore avoir été publiées.

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Pour l'élevage, les exploitations doivent avoir au moins 3 hectares de surfaces fourragères ou céréales auto-consommées pour bénéficier de l'aide ICHN-animal. Autour du Salagou où de jeunes exploitants tentent de relancer le pastoralisme, ce serait un message bien négatif que le gouvernement leur adresserait en les retirant des zonages actuels. Idem pour l'ICHN-végétal quand nos collectivités locales promeuvent les circuits courts ...

Rappelons quand même que le gouvernement avait annoncé à l'été 2017 un transfert des aides européennes du 1er vers le 2nd pilier de la PAC. Le 1er pilier de la Pac, consacré notamment aux aides à l'hectare, est réservé presque exclusivement aux céréaliers. Le 2nd pilier est consacré aux petites exploitations de zones défavorisées, à l'installation des jeunes agriculteurs et au développement du bio. Or, la révision de la carte des zones défavorisées simples s'en prend au second pilier, et les messages successifs envoyés par le ministère de l'agriculture génèrent de l'incompréhension et de la colère.

28/12/2017

2018, ne nous laissons pas dicter des comportements d'achat qui accélèreraient le délitement de notre pacte social !

La fréquentation des grandes surfaces en ces périodes de fêtes, et donc de frénésie d'achats, témoigne d'un attrait croissant pour les bornes de paiement autonomes, sans personnel de caisse. Ce qui est proposé aux clients est un service plus rapide pour passer quelques sacs de courses ... Mais alors que les agents de caisse représentent un quart des dépenses en personnels pour la grande distribution, leur remplacement par de nouvelles technologies est évidemment un horizon qui permettra de distribuer plus de dividendes aux actionnaires.

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Les grandes surfaces font des économies substantielles en laissant à leurs clients le soin de prendre la place d'un agent de caisse, or chacun aura remarqué qu'aucun rabais n'est appliqué sur le ticket final. Et c'est là un mécanisme systématique dans la vente ou dans le service dématérialisé, on nous vend de la liberté ou des gains de temps sous couvert de réduire les effectifs de l'entreprise sans que cela ne se répercute sur la facture du client. Que vous preniez un billet de train depuis votre application Smartphone ou au guichet de la SNCF, le prix est le même. Même auprès de sa banque où nous réalisons en ligne les opérations effectuées par le passé par du personnel de banque (commande de chéquier, virement, édition d'un relevé bancaire, ...), et bien les frais des services bancaires n'ont pas baissé pour autant.

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Concernant la distribution alimentaire, en grande surface comme en supérette, les paiements sans personnel en caisse font l'objet de recherches, d'expérimentations et mêmes de déploiements opérationnels. La puce RFID est sur les rangs pour remplacer le code-barres, et là c'est une lecture radio automatique de tout un charriot de courses au passage d'une borne où le client n'aura plus qu'à payer par carte. De tels dispositifs voient le jour dans des pays moins développés et en forte croissance, comme la Chine, car ils sont plus faciles à mettre en place en partant de rien. En France, cette inflation d'automatisation se heurte à l'opposition des syndicats.

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Le remplacement de personnels par des machines conduit en premier lieu à mettre toujours plus de personnes au chômage, et par effet de bord cela réduit les cotisations de l'employeur et des salariés à la Sécurité Sociale.  Dans un système équilibré et solidaire, le législateur devrait imposer à une entreprise qui remplace des employés par des machines de continuer à verser le même montant de cotisations sociales à la Sécu, avec comme politique sociale complémentaire de verser des indemnités à celles et ceux qui sont en dehors de l'emploi.

super-u.jpgNos comportements d'achat ont aujourd'hui plus de poids que nos bulletins de vote ; c'est regrettable, mais c'est comme ça.

Et si nous ne voulons pas devenir des citoyens-consommateurs soumis aux délires d'entrepreneurs de la grande distribution, préférant que nos voisins, que nos amis, que nos parents et que nos petits-enfants aient un emploi qui subvienne à tous leurs besoins, alors nous pouvons le décider. Voilà une décision très simple à prendre pour 2018 ; fuir toutes ces bornes sans agent, et ne pas céder aux sirènes d'un consumérisme sans limite.

Dans leurs cartons, ces leaders de la distribution alimentaire prévoient déjà des magasins sans aucun personnel. On y entrera avec une application Smartphone pour s'identifier. Et puis la même application Smartphone va scanner tous les codes-barres pour constituer un panier virtuel ; une simple pesée du vrai panier suffira pour contrôler la concordance des deux. Demain, c'est la puce RFID qui effectuera automatiquement le calcul du prix total du panier ... Et ces magasins seront ouverts 24H/24 et 365J/an, pour des besoins que nous n'avons pas aujourd'hui, mais que la publicité nous apprendra à rendre indispensables.

Une revendication responsable est d'exiger du gouvernement et du Parlement de penser l'automatisation de nos actes d'achat (en ligne, en magasin, en drive, ...) dans un équilibre social pérenne. Toute innovation technologique qui profite aux entreprises tout en réduisant la masse salariale doit être compensée auprès de la Sécu. Et pour les entreprises nouvelles qui se créent sur un modèle dématérialisé, il faut évaluer la perte pour la Sécu et imposer une compensation. Tant que cette revendication ne sera pas entendue puis prise en compte dans les projets de loi de finance, du budget de l’État comme de la Sécurité Sociale, alors opposons-nous à ces innovations dans nos comportements d'achat. De toutes façons ce modèle n'a pas d'avenir car le pouvoir d'achat de la majorité des français ne leur permettra bientôt plus de faire des achats ...

23:11 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1)