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02/05/2015

En Clermontais, le slogan « du pain et des jeux » est toujours d'actualité

Sous l'empire romain, c'est effectivement le slogan « panem et circenses » qui permettait de gouverner dans une vision court-termiste de satisfactions populaires. En gros, il était plus simple et plus efficace de répondre aux attentes présentes du peuple, à savoir de manger et de se divertir, plutôt que de s'occuper de son avenir.

Alors quelle similitude avec l'actualité du Clermontais ? Juste une info publiée dans les colonnes de Midi Libre sur l'ouverture aux Tanes Basses d'un complexe de football en salle dans les anciens locaux de la SOCAH récemment délocalisée à la Salamane.

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Il est très bien qu'un commerçant s'installe et que son entreprise réussisse, mais je regrette simplement que la création d'emplois ne soit plus l'un des moteurs du développement et de l'exploitation de ces zones d'activité économique. La SOCAH déménage à la Salamane sans y créer d'emploi et ses anciens locaux sont repris par un commerce qui n'en créée aucun ... Or, la Salamane a bien été créée pour générer 600 emplois nouveaux ! L'ex Maire-Président du Clermontais Alain Cazorla s'en faisait largement l'écho dans la presse locale à l'automne 2009, mais simplement après avoir regardé au fond d'une boule de cristal ;-)

Le nouveau Président du Clermontais reste sur les pas de son prédécesseur, sans savoir où le mènera son cheminement, et sa seule réponse à des élus communautaires inquiets de la dérive financière de la Communauté, c'est que « avec la Salamane nous sommes assis sur une mine d'or ». Il faut creuser un peu et les pépites vont sortir de terre ... C'est toute l'histoire du rêve américain concentré sur 70 hectares de terres agricoles. Et c'est pour cela que j'avais qualifié début mars le budget 2015 de « budget de rentier », puis qu'en avril une hausse de la fiscalité est venue au secours de chercheurs d'or en manque de veine.

Plus sérieusement, nous sommes dans une région qui va se voir affecter 449 millions d'euros d'ici 2020 au titre du Contrat de Plan État-Région (CPER). Le 16ème programme européen d'aides au développement économique (FEDER+FSE+IEJ+FEAMP) apportera 437 millions d'euros au Languedoc-Roussillon d'ici 2020, et la Région candidate au FEADER 2014-2020 pour 611 millions d'euros. C'est dans le cadre d'une grande région de 13 départements que ces aides seront attribuées aux deux anciennes régions, mais Midi-Pyrénées se voit attribuer 2,4 milliards d'euros contre 1,5 Md€ pour le Languedoc-Roussillon. Et l'urgence pour notre intercommunalité, c'est de rentrer dans les critères d'éligibilité de ces aides pour que notre tissu économique puisse en profiter. Avec une moyenne de 543 € par habitant pour tout le Languedoc-Roussillon, le potentiel pour le Clermontais et pour ses 26.000 habitants est quand même de 14 millions d'euros !

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Le chemin est donc bien balisé, nous connaissons les règles et nous avons une estimation des aides possibles ; la responsabilité des élus est donc de promouvoir toutes les filières qui par ce biais-là peuvent créer de la richesse et surtout des emplois. Nous disposons pour cela de nombreuses données sur le marché de l'emploi local, mais aussi des outils comme la Maison de l'emploi, le PLIE ou la Maison de l'économie qui peuvent accompagner les élus dans leurs prises de décisions.

Alors, en attendant qu'il fleurisse de l'or sur la plaine de la Salamane, engageons sans délai une prospective économique qui exploite aux mieux les ressources à notre portée.

Les dessous cachés de la fusion des régions

Longtemps la polémique sur la fusion des régions a porté sur les périmètres, sur les compétences, sur les ambitions économiques ou tout simplement sur le nom des futures régions, mais il se dévoile à présent des conséquences administratives plus conséquentes.

Oui, les deux régions de Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon ne feront plus qu'un au 1er janvier 2016. Le Conseil des ministres a choisi la capitale régionale provisoire ; ce sera Toulouse. Un rapide micro-trottoir montre que les citoyens des deux régions ne sont pas surpris, car au travers de son industrie aéronautique l'actuelle préfecture de Haute-Garonne fait figure de locomotive.

Mais derrière cette vitrine, se cache une administration qui sera profondément bouleversée. Dans l'administration territoriale, c'est environ un millier d'agents du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon qui devraient partir pour Toulouse. Et du côté des services de l’État, ce sont environ deux mille agents qui devraient partir aussi.

Des signaux forts ont été donnés par le gouvernement ces derniers jours. Ainsi, le Préfet coordinateur de la future région n'est autre que le Préfet de la région Midi-Pyrénées. Et il en est de même pour la Direction de l'Agence Régionale de Santé (ARS), pour le Rectorat, pour Pôle Emploi et pour la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) ; dans tous ces cas, c'est le patron de la structure toulousaine qui prend en charge la fusion de ses services avec ceux du Languedoc-Roussillon.

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Cette migration vers l'ouest aura-t-elle un impact dans le quotidien des citoyens du Languedoc-Roussillon ?

Sur le seul plan des transferts administratifs, on peut penser que non. De toutes façons, il est évident que tout ne pourra pas s'exécuter depuis Toulouse. Il y aura nécessairement une présence des services de la Région et de la Préfecture de région dans les départements. Il faut aussi noter que la Région est surtout l'interlocuteur des entreprises et des collectivités locales, plus rarement celui du grand public.

Par contre, sur le plan de la dynamique économique, il faut s'inquiéter de ce nouveau jacobinisme. L'aire urbaine de Toulouse a déjà aspiré tout le potentiel économique de l'actuelle région Midi-Pyrénées. En dehors de Montauban, le réseau des villes de cette région végète ; Tarbes, Auch, Cahors, Rodez ou Castres alimentent peu souvent l'actualité économique. Alors Toulouse aspirera-t-elle aussi la vitalité des villes du Languedoc-Roussillon ?

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La configuration est différente dans notre région. En effet, nos grandes villes qui se situent en bordure du littoral méditerranéen rivalisent déjà avec Montpellier ; Perpignan, Narbonne, Béziers et Nîmes sont des poids-lourds qui entraînent tout un département. Et en passant de la compétition à l'émulation, la région Languedoc-Roussillon disposerait d'énormément d'atouts pour devenir un pôle majeur de développement économique.

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Néanmoins, il y a des actions actuellement en cours qui vont peser dans un rééquilibrage entre les deux régions. Il en va ainsi du Contrat de Plan État-Région (CPER). Au titre de la programmation 2015-2020, Midi-Pyrénées se verra attribuer 654 millions d'euros (soit 220 euros par habitant) et Languedoc-Roussillon recevra 449 millions d'euros (soit 163 euros par habitant). Le montant du CPER est calculé à partir d'indicateurs démographiques, sociaux et économiques, dans une logique de péréquation entre régions riches et pauvres, entre régions peu ou très peuplées. Mais la logique de péréquation qui prévalait dans les CPER précédents s'estompe au profit d'une logique de projets, et le nouveau CPER accompagne les régions qui investissent dans l'innovation, dans la mobilité, dans la transition énergétique, etc.

Pour les aides européennes qui s'inscrivent dans le 16ème programme 2014-2020, la Région Midi-Pyrénées va percevoir 460 millions d'euros contre 424 millions d'euros pour le Languedoc-Roussillon. Il s'agit-là des aides du FEDER, du FSE et de l'IEJ, mais le Languedoc-Roussillon reçoit aussi 12 millions d'euros du FEAMP (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche) et les deux régions sont candidates pour le FEADER qui accompagne l'économie agricole et le développement rural ; le dossier de candidature de Midi-Pyrénées sollicite une aide de 1 307 millions d'euros quand celui du Languedoc-Roussillon 611 millions d'euros.

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En additionnant ces deux outils, le CPER et les aides européennes, la région Midi-Pyrénées se voit attribuer un milliard d'euros de plus que le Languedoc-Roussillon, et il s'agit d'aides affectées ; c'est à dire que les 2,4 Md€ de Midi-Pyrénées (815 euros par habitant) et les 1,4 Md€ du Languedoc-Roussillon (543 euros par habitant) ne rentreront jamais dans un pot commun. Les politiques économiques qui seront engagées par la future assemblée régionale seront donc contraintes par ces financements publics externes.

Quant à la future assemblée régionale, elle sera composée de 75 élus du Languedoc-Roussillon et de 83 élus de Midi-Pyrénées. Et en tenant compte de la plus forte représentation du Front National dans les sections départementales du Languedoc-Roussillon, cela affaiblira plus encore une dynamique "septimanienne" dans le futur Conseil Régional. Aussi, la seule stratégie possible est celle de la transparence et de l'intelligence politique. Angélisme ???

C'est en tous cas ce que fera le futur groupe écologiste dans cette nouvelle région. Les élus écolos de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon partagent le même projet politique de transition écologique de nos territoires, et nous saurons exploiter tous les atouts de chaque bassin de vie pour assurer la prospérité de nos concitoyens. Et sans idolâtrer une hausse du PIB, cet indicateur que le capitalisme mondialisé a sanctuarisé au détriment de tous les autres indicateurs de développement humain.

22/04/2015

Prospérité sans croissance, est-ce antinomique ?

Le terme « décroissance » étant négativement perçu, les partisans d'un autre modèle de développement soutenable, c'est à dire qui laisse aux générations futures une planète qui leur garantisse la jouissance de la même qualité de vie que celle qui est idéalisée aujourd'hui, voila le terme de « prospérité sans croissance ». Mais quand on interroge les écologistes sur ce que révèle ce terme, les réponses sont peu satisfaisantes.

Cécile Duflot a utilisé ce terme dans une interview au journal Le Monde le 31 mars ; les médias ont retenu que « le logiciel de Manuel Valls est périmé », mais la député écologiste de Paris précise : « Je lui ai dit (à François Hollande) ce que je répète sans cesse. Nous avons besoin d’un changement de modèle pour trouver le chemin d’une prospérité sans croissance ». La secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse s'exprimait dans la même veine, toujours dans les colonnes du journal Le Monde le 21 avril : « Je repose toujours la même question : si la croissance ne vient jamais, que fait-on ? Notre question est de savoir comment on crée de la prospérité sans croissance ». Mais interrogée par Le Monde sur  « Comment fait-on de la prospérité sans croissance », Emmanuelle Cosse se contente de : « On crée des politiques d’investissement qui permettent de créer de l’activité et aussi des emplois ». Entre nous, ça ne casse pas trois pattes à un canard ;-)

« Qui aime bien châtie bien », alors je me permets de reprendre ces deux responsables d'Europe Écologie Les Verts, mais si la question était posée à François Hollande, à Manuel Valls, à Nicolas Sarkozy ou même à Marine Le Pen, je pense sincèrement que nous aurions de longs silences, ou alors des incantations au Green Washing.

Alors sommes-nous fatalement assujettis à ces expressions telle que « développement durable », le « buen vivir » d’Amérique du sud, ou encore la « sobriété heureuse » de Pierre Rabhi qui expriment une intention sans contenus intelligibles ? Il y a un économiste britannique, enseignant et chercheur qui se consacre à cet idéal de prospérité sans croissance, c'est Tim Jackson, et il y a consacré une étude en 2009 dont les contenus réactualisés font l'objet d'un ouvrage « Prospérité sans croissance - La transition vers une économie durable ». Je vous invite à suivre le lien précédent, on y trouve bien des réponses.

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Dans une société consumériste comme la notre, la prospérité est indissociable de l'acte d'achat ; et elle se mesure à la quantité de biens et de services que l'on peut consommer, et voire même que l'on peut accumuler. Sauf que ce modèle-là n'est pas viable ! Alors qu'il y a tant d'autres besoins qui prospèrent sans que nous en fassions des atouts explicites ; je pense à la durée de vie, à la santé, aux connaissances, à la liberté, à l'information, etc. Ce qu'il faut essayer de proscrire, c'est l'idée d'accroître une possession éphémère ; il faut par contre accroître ce qui fait notre qualité de vie tant que cela ne prive pas nos enfants de vivre aussi bien que nous.

Il est urgent que les responsables politiques prennent la mesure de cet enjeu planétaire et qu'ils mettent leurs politiques publiques en conformité avec l'exigence de soutenabilité de notre développement. De nos communes aux régions qui voient leurs missions s'écologiser au travers de la loi NOTRe, il y a des domaines où les élus peuvent agir sans délai : la mobilité, l'efficacité énergétique des logements, la qualité alimentaire et les circuits courts, l'économie sociale et solidaire, les énergies renouvelables, l'offre de services médicaux ou encore le sport, la culture et les loisirs qui n'ont pas qu'une dimension ludique.

Sans cette nécessaire sensibilisation sur le très long terme des citoyens et des élus, le reste est dérisoire.