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14/08/2015

Mettons fin au dogme de la croissance économique !

Notre ministre des Finances, Michel Sapin, est venu nous apporter aujourd'hui un rayon d'optimisme dans une perspective économique mondiale des plus moroses. En effet, l'INSEE a publié les chiffres de la croissance du PIB pour ce second trimestre 2015, et cela semble conforter notre ministre dans la voie qu'il suit depuis 3 ans pour créer de la richesse et de l'emploi en France. Le CICE et le pacte de stabilité voient ici leurs effets ...

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Pour un écologiste, cet indicateur économique qui est un totem mondial, auquel la terre entière voue un culte sans faille, est à rapprocher de la prédation humaine sur les ressources de notre planète. Hier, le 13 août représentait la date approximative à laquelle notre consommation de ressources naturelles dépasse la capacité annuelle de la planète à les renouveler. En 2003, cette date était le 22 Septembre et en 1993, c'était le 21 octobre.… Cette échéance qui arrive chaque année de plus en plus tôt est un très mauvais signe ; il nous faudrait une seconde planète Terre pour reproduire les ressources naturelles que nous consommons et pour absorber le CO2 que nous émettons !

Si je plaide pour que la croissance économique ne soit plus un dogme, mais que nous soyons plus sobres, plus frugaux et surtout plus résilients, et ceci dans une démarche collective partagée qui se fixe des jalons à moyen terme, force est de constater que l'économie se contracte d'elle même.

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Les graphiques ci-dessus illustrent la décroissance régulière de la croissance du PIB. Ils ne signifient pas que l'activité économique décroît, mais simplement qu'elle croît de moins en moins. Or, en même temps, la population augmente, notre espérance de vie augmente et notre consommation globale reste le premier moteur de l'économie nationale.

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Il est évident que si les Français consommaient moins, mais mieux, alors les ressorts de l'économie française seraient à revoir complètement. Un exemple d'actualité sur la consommation, celui de la viande de porc. Un article de l'Obs du 30 juillet dernier portait sur l'élevage bio, l'éleveur interviewé vend sa viande de porc à 3,40 € le kg alors que les éleveurs conventionnels tentent de survivre à un prix inférieur à 1,40 € le kg. Pour gagner plus, cet éleveur a fait le choix il y a vingt ans de la qualité plutôt que de la quantité. Et il a fait le bon choix, la consommation de viande bio ayant augmenté de 10% en un an. Il ne roule pas sur l'or, mais il vit d'un métier qui est aussi sa passion.

S'orienter vers un tel modèle de développement économique nécessite que les acteurs économiques et politiques locaux fassent des choix audacieux, alors que notre jacobinisme nous place historiquement sous la dépendance de Paris. Et c'est d'ailleurs l'un de mes combats en Cœur d'Hérault, et qui rencontre malheureusement que peu d'échos au sein de la classe politique locale, celui d'engager des projets qui créent localement de la richesse et de l'emploi.

L'activité économique mondiale se contracte ; la Chine et les USA affichent des taux de croissance de leur PIB qui devraient alerter tous les décideurs mondiaux, bien en deçà de leurs meilleurs jours et donnant ainsi la tendance pour tous les pays de la planète. Nous avons la chance en France de ne pas manquer de ressources naturelles, et nous bénéficions aussi d'équipements publics, d'infrastructures et d'une organisation administrative locale qui sont des atouts majeurs dans la cinquième puissance économique mondiale (ex æquo désormais ou juste derrière le Royaume Uni qui a inclut dans le calcul du PIB la vente de drogue et la prostitution ; les activités illicites représentent 0,5 % du PIB outre-Manche, presque autant que l'agriculture). Engageons-nous donc sur la voie du développement économique local, ainsi que sur la résilience de nos territoires ruraux dans un monde qui verra de plus en plus se développer les tensions, les migrations et les conflits.

Enfin, je reviens brièvement sur le sieur Sapin qui est un étrange ministre des Finances. Il assurait ainsi sur les ondes de France Inter fin juin, à propos de la crise grecque, qu'au sein du FMI ce sont des pays comme le Brésil et l'Argentine qui avaient réclamé de Madame Lagarde plus d’intransigeance vis à vis de la Grèce. Ceci pour témoigner que la France restait l'un des rares « partenaires » d’Athènes. C'est le Monde diplomatique du 1er juillet qui dément la fourberie de Sapin ; les plus hautes autorités au Brésil et en Argentine ont démenti ces déclarations, ajoutant qu'elles s'étaient très tôt solidarisées de la Grèce soumise aux injonctions de la troïka. A la retraite la promotion Voltaire !

01/08/2015

Le Clermontais économique, un oxymore ?

C'est le 31 juillet que la Communauté de communes du Clermontais (CCC) a mis en ligne sur son site Web une lettre d'information économique : L'info économique du Clermontais - n°1 de juillet 2015. C'est un premier numéro, mais il n'est pas indiqué la périodicité de cette publication ... tous les 31 juillet ? Ça a au moins l'avantage de passer totalement inaperçu dans la torpeur de l'été, mais au moins le job est fait ;-)

Info_Eco_CCC.pngOui, cette publication est décevante, mais pouvait-il en être autrement ? La communication devient de plus en plus la pochette surprise de politiques publiques improbables, et le Clermontais cache mal ici la vacuité de son action économique. Dans son édito, le Président Lacroix avance que cet outil de communication « affirme sa volonté de travailler en concertation avec les chefs d’entreprises, les commerçants, les artisans, les agriculteurs locaux... et en toute transparence ».

Ça fait un peu penser à Manuel Valls lors de l'université d'été du Medef en août 2014, affirmant « Moi, j'aime l'entreprise », et avec en sous-entendu « que puis-je faire pour vous ? ». Et c'est le sens que prend cette fameuse charte de développement économique qui n'est uniquement destinée qu'aux commerçants de Clermont l'Hérault avec qui il faut composer pour remplir la Salamane. Quelle charte ? Elle a été très brièvement présentée aux élus communautaires en commission "aménagement, environnement et développement durable" le 1er avril 2015, dans un ordre du jour bien rempli, et puis c'est tout ... J'avais demandé ce jour-là que nous recevions au moins une copie de cette charte, histoire de ne pas finir plus idiots, mais elle doit être classifiée "Secret Défense" car sa diffusion reste très discrète. Il est d'ailleurs étonnant de lire "A la une" de cette communication du 31 juillet que « A ce jour, les signataires de cette charte sont la Communauté de communes du Clermontais par la voix de son Président et de ses Vice-présidents, MM Brun et Ruiz ainsi que les associations de commerçants (Clermont à Plein Cœur, Zone vivante Tanes Basses Salamane et l’Association des commerçants et artisans de Paulhan) et les partenaires dans le domaine de l’emploi : Cap Emploi et la Mission Local Jeunes du Cœur d’Hérault ». Disons donc que cette charte est avant tout un engagement politique personnel du Président Lacroix qui n'engage en rien son assemblée communautaire.

Autre point faible de la politique économique du Clermontais, que cette communication illustre d'ailleurs très bien, c'est l'absence de synergie avec le Pays Cœur d'Hérault, voire même avec nos deux communautés voisines du Cœur d'Hérault. Le service de développement économique du Clermontais se concentre sur une seule chargée de mission, alors qu'il faudrait mettre en avant tous les partenaires qui sont à nos côtés : l'agence économique du Cœur d'Hérault, la maison de l'emploi du Cœur d'Hérault, le PLIE Cœur d'Hérault, la pépinière d'entreprises du Pays Cœur d'Hérault, la bourse immobilière et foncière du Pays Cœur d'Hérault, la plateforme d'initiative locale (PFIL), l'ARIAC, etc. Mais cela vaut aussi pour les déchets, pour la culture, pour le logement, pour le tourisme, ... nos trois intercos ne savent pas travailler ensemble.

Ma réaction à cette publication provient du fait que le développement économique, il faut d'abord s'en occuper avant d'en parler. Or, que fait par exemple le Clermontais en matière agricole ? Quelles aides ? Que faisons-nous pour le tourisme ? Rien ! Des offices de tourisme ne promeuvent que ce qui existe, alors que nous devrions d'abord nous préoccuper de développer l'offre touristique (hôtels, campings, restaurants, circuits touristiques, guides, offres de loisir, un patrimoine valorisé, festivals, ...). Idem pour l'artisanat et le commerce de proximité qui sont le premier employeur de France. Subventionner la rénovation du patrimoine bâti est par exemple un moyen de donner de l'activité aux artisans locaux, mais la Communauté a décidé cette année de supprimer l'aide aux particuliers pour rénover leur façade et de ramener de 50.000 à 40.000 € l'aide aux communes pour rénover leurs bâtiments publics (pour la durée du mandat). Je regrette aussi que nous n’avancions plus du tout sur le programme local de l'habitat (PLH), totalement stoppé depuis deux ans, alors qu'un programme de construction de logements porté politiquement par des assemblées communautaires permettrait à des entrepreneurs locaux d'investir et d'embaucher. Il en est de même pour le désintérêt de la CCC pour l'aménagement de l'habitat existant. Alors que nos voisins de la Vallée de l'Hérault inscrivent à leur budget 21.235 € par an jusqu'en 2017 (sur 105.000 € au total en y ajoutant les concours de l'ANAH et du Département de l'Hérault) pour un programme de rénovation de l'habitant ancien (ou indigne ou nécessitant des travaux de rénovation thermique), dans le cadre d'un programme d'intérêt général (PIG) ambitieux (cf. aides proposées), et que le Lodévois-Larzac s'engage dans la même démarche, le Clermontais ne fait rien dans le domaine de la rénovation de l'habitat, au détriment des bailleurs, des propriétaires occupants et des entrepreneurs locaux.

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Quant à la logistique, secteur pour lequel la Communauté semble découvrir 4 ans après la création de la ZAC de la Salamane qu'il y a peut-être là une filière génératrice de richesses, il faudrait aussi investir dans la formation professionnelle sur notre territoire. D'accord pour participer à des salons et à des rencontres pour développer la logistique, mais à condition que ça permette de donner de l'emploi à des chômeurs du Clermontais. Ne renouvelons pas le mauvais coup de Système U qui a fait appel à ses salariés de Vendargue pour occuper les emplois à la Salamane, au prétexte que nos demandeurs d'emploi sur le Clermontais n'avaient pas « la culture de la logistique ».

Enfin, une lettre d'information économique pourrait afficher un tableau de bord de l'activité économique locale (solde des créations/fermetures d'entreprises, nombre de demandeurs d'emploi, population vivant sous le seuil de pauvreté, nombre de touristes ayant passé X jours sur le Clermontais, nombre de chantiers privés et publics, nombre de jeunes diplômés ou formés sur le territoire, ...). Nous savons que ces chiffres ne sont pas bons aujourd'hui, et il n'est pas question de les rendre plus positifs en un coup de baguette magique, mais il est indispensable de démontrer comment les politiques publiques engagées améliorent la situation socio-économique sur le Clermontais.

Et que l'on cesse de mettre en avant un « Projet de territoire » derrière l'Agenda 21 local du Clermontais ! Un projet de territoire, et on peut prendre par exemple celui du Pays Cœur d'Hérault signé en décembre 2013 au Caylar (mais le Pays Cœur d'Hérault n'en parle plus du tout, aucune trace sur son site Web qui reste planté sur l'ancien projet 2008-2013). C'est cette démarche là qui fixe des orientations stratégiques dans les grandes compétences de l'EPCI (petite enfance, jeunesse, culture, sport et loisirs, développement économique, offices de tourisme, gestion des déchets, accueil des gens du voyage, entretien des berges des rivières, assainissement non collectif, ...). Là, l'Agenda 21 se contente de préciser dans quelles contraintes de telles politiques pourraient être engagées, et essentiellement des contraintes environnementales. N'oublions pas que les Agendas 21 sont nés au sommet de la Terre à Rio en 1992 ; ce sont des plans d'actions pour le 21ème siècle ayant pour but la mise en place d'un développement durable, qui garantit à chaque être humain, bien être et dignité, tout en préservant la planète pour les générations futures.

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19/07/2015

Varoufakis, Iglesias et peut-être ... Montebourg ?

Arnaud Montebourg est habile pour occuper les creux de l'actualité politique, et son rendez-vous annuel de Frangy-en-Bresse pour sa fête de la rose aura en 2015 un retentissement plus fort que celui de 2014, où sa « cuvée du redressement » avait pourtant précipité son départ de Bercy. Ce 23 août, Arnaud Montebourg a invité Yanis Varoufakis à participer à ce rendez-vous estival des socialistes de Saône-et-Loire, et il revendique d'y faire « œuvre de pédagogie ».

Montebourg et Varoufakis ont (au moins) un point commun, ils sont chacun l'avant-dernier ministre de l'économie de leur pays, la France et la Grèce. Ils ne sont jamais croisés comme ministres lors de sommets européens, car Yanis Varoufakis est arrivé au pouvoir avec Syriza en janvier 2015, six mois après qu'Arnaud Montebourg ait quitté Bercy. Et au registre des "blagues du Président", François Hollande a plaisanté sur Varoufakis en disant qu'il avait été « le ministre du redressement productif du gouvernement Tsipras ».

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En faisant du trublion grec son invité d'honneur à Frangy-en-Bresse, le trublion hexagonal agace les socialistes solfériniens. Il va encore cette année déplaire au Président Hollande en faisant de la position européenne de Varoufakis la réponse pour relancer une construction européenne moribonde, alors que le Président français va passer l'été à raconter que le couple franco-allemand suffit à lui seul pour poursuivre cette construction. Et Hollande va même plus loin dans une récente interview au JDD en indiquant que la France est prête à participer « à une organisation renforcée » de la zone euro et à constituer, « avec les pays qui en décideront, une avant-garde ».

Mais si François Hollande est perçu par le peuple grec comme leur meilleur porte-parole au sein du Conseil de l'Europe, son bilan perçu par les Français est toujours aussi négatif. Il gagne 5 points de bonnes opinions dans la dernière enquête d'opinion de BVA, effectuée auprès d'un échantillon de 1058 personnes les 15 et 16 juillet, mais il demeure le Président de la République le plus mal coté depuis 30 ans.

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Et les critiques sur l'issue du dernier sommet européen qui a mis la Grèce à genou font florès, chez les économistes mondiaux comme chez les politiques. A noter parmi eux la tribune de DSK destinée à « ses amis allemands » ; il trouve mortifère l'attitude actuelle de l'Allemagne, de ses satellites et de la France de vouloir bâtir une zone d'excellence européenne, car elle ne pèsera plus à moyen terme dans la géopolitique des grands blocs continentaux.

Mais le sort qui est fait à la Grèce prend encore plus de sens quand on apprend que la valorisation boursière de Google a gagné 65,1 milliards de dollars pour la seule journée de vendredi dernier. Voilà une société qui bat un record de valorisation boursière en une journée, et ces 60,1 milliards d'euros sont à comparer aux sommes identiques qui asphyxient aujourd'hui 11 millions de grecs. Il y a d'un côté des chiffres qui ne veulent plus rien dire, et de l'autre des situations humaines qui semblent ne pas intéresser les chefs d’État et de gouvernement :=(

Alors faut-il avoir peur de donner une plus grande audience à des leaders d'opinion d'une gauche alternative, plus progressiste, plus humaniste et plus solidaire, comme le sont Yanis Varoufakis, Pablo Iglesias et Arnaud Montebourg ? Faut-il avoir peur que des gouvernements rompent avec l'ordo-libéralisme allemand ? Oui, il y a un risque de dislocation de l'Europe si l'orchestre est invité à jouer plusieurs partitions en même temps, mais le progrès est impossible sans pluralité et sans imagination.