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07/07/2018

Vignobles & Découvertes : derrière le label un territoire dynamique en mal de gouvernance

vignoblesdecouvertes.pngJ'ai participé le lundi 4 juin à Saint-Pargoire aux rencontres du label Vignobles & Découvertes. Ce label permet de promouvoir notre viticulture en y associant les professionnels du tourisme que sont les hébergeurs et les restaurateurs.
Obtenu en 2016, avec 80 professionnels adhérents, ce label doit être renouvelé au terme de ses 3 ans. Aujourd'hui, ce sont 115 professionnels qui adhèrent à ce label dans une synergie oenotouristique qui réunit vignerons, hébergeurs et restaurateurs.

Au Château Rieutort ce 4 juin, il y avait près de 80 professionnels venant de tout le territoire du Cœur d'Hérault ; et c'est réjouissant de constater qu'à travers eux, c'est un territoire qui a tout son sens. Qu'ils soient du Clermontais, du Lodévois ou de la Vallée de l'Hérault, ce sont des acteurs économiques qui travaillent déjà très étroitement entre eux, au travers de leurs structures professionnelles. Néanmoins, ils aspirent à encore plus de collaborations actives.

Le mot « identité » a été l'un des plus prononcés lors de cette matinée d'échanges, avec le témoignage de nos voisins du Pays Haut Languedoc & Vignoble, mais aussi avec des participants pour qui l'identité d'un territoire rompt avec cette mondialisation uniformisante dans laquelle personne ne veut plus sombrer. Le Pays Cœur d'Hérault a d'ailleurs ouvert un nouveau site Web qui valorise cette identité territoriale, qui met en valeur tous ses atouts et qui  relaie tous les évènements qui permettent de fidéliser un public qui vient de toute la France, et de toute l'Europe.

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Mais je voulais aussi revenir sur l'intervention de Claude Carceller, maire de Montpeyroux et vice-président de la Communauté de communes de la Vallée de l'Hérault, qui a plaidé pour que les offices de tourisme des trois intercommunalités du Cœur d'Hérault n'en fasse plus qu'un. En effet, à ce pays Cœur d'Hérault, qui dispose avec ses trois grands sites (Cirque de navacelles, Saint-Guilhem-le-Désert et les gorges de l'Hérault, le lac du Salagou et le cirque de Mourèze) d'un atout unique en France, il manque un outil de promotion plus efficace. D'ailleurs, autant pour les professionnels présents cette unité territoriale est évidente, autant elle reste très lointaine dans la tête des élus locaux.

Et il en va de même pour la culture ! Nous avions une délibération en Conseil communautaire du Clermontais ce mercredi 4 juillet, pour une demande de subvention sur les "Parcours culturels en Cœur d'Hérault (cf. point n°20 en format PDF) ; et même si le "Cœur d'Hérault" abonde dans le texte, cela demeure une grille de lecture très Clermontaise de ces parcours culturels. Or, alors que ce samedi est inauguré le musée Fleury à Lodève, le territoire du Cœur d'Hérault n'a pas de gouvernance culturelle. Et Denis Mallet s'en est exprimé plus d'une fois au sein de nos assemblées locales ...

Logo_Effichronic.jpgJe rajoute que j'assistais ce vendredi 6 juillet à Gignac à la présentation du projet de recherche européen Effichronic (un programme d'éducation à la santé sur cinq pays), et qui réunissait une vingtaine de personnes du secteur médico-social du Cœur d'Hérault. Et là encore je suis étonné que sur un territoire où les acteurs de terrain sont le reflet d'un réel bassin de vie, de près de 80 000 habitants, les structures administratives restent faibles. Alors que nous avons un contrat local de santé avec l'ARS, que sous l'impulsion de Guy Lassalvy et avec le travail remarquable (et de nombreuses fois soulignées ce vendredi soir) de Lauriane Cottel, chargé de mission Santé au SYDEL, des projets majeurs sont portés, presque dans l'ombre, nous aurions besoin d'un outil de gouvernance sur notre territoire où la précarité est significative, aggravée par des problèmes de mobilité en milieu rural.

Les services de l’État et les collectivités territoriales sont en soutien, mais ont abandonné toute prérogative opérationnelle. Alors il est difficile d'envisager de but en blanc une fusion des trois EPCI du Cœur d'Hérault, mais il est urgent de créer des structures ad hoc, thématique par thématique. Cela existe déjà depuis longtemps avec le Syndicat Centre Hérault pour nos déchets ménagers, et plus récemment avec le GECOH qui coordonne les EHPAD du Cœur d'Hérault.

01/06/2018

Notre Coeur d'Hérault Numérique ;-)

Trois mois après la signature officielle de la convention qui lie le Département de l'Hérault à l'entreprise COVAGE pour une délégation de service public (DSP) de 25 ans, tous les héraultais qui résident en dehors de la zone d'initiative privée (autour de Montpellier, Sète et Béziers) peuvent savoir quand, d'ici 2022, leur domicile verra la fibre optique arriver à leur porte > http://numerique.herault.fr/

Rech_Adresse_Deploiement.jpg

Mais ce qui intéresse les acteurs locaux (élus, entrepreneurs, citoyens, associations, ...), c'est d'avoir une vision plus globale à l'échelle d'un territoire du rythme de ce déploiement. Parce que de voir arriver la fibre optique en 2018 ou en 2022, ça ne se gère pas de la même façon ... D'ailleurs les premiers servis vont en quelque sorte "essuyer les plâtres", quand les derniers n'auront plus "qu'à se brancher". En effet, l'arrivée de l'infrastructure à sa porte ne signifie pas qu'il y a des opérateurs prêts à proposer des offres concurrentielles, et il faudra bien un an ou deux pour disposer d'offres commerciales comparables à celles que l'on trouve en zone urbaine.

Sur le Cœur d'Hérault, le déploiement est assez hétérogène ; les 77 communes du territoire seront déployées par vagues sectorielles, mais sans que les communes les plus grosses soient les premières à être raccordées. C'est assez équilibré.

Déploiement_Herault_Numerique.jpg

La méthodologie pour constituer cette carte a été de saisir l'adresse postale de chacune des 77 mairies dans l'interface Web d'Hérault-Numérique (cf. tableau détaillé) ; excepté pour Celles, où les Vailhés sont plus habités que le secteur de la mairie, et pour Clermont-l'Hérault où l'interface ne semble pas connaître de place de la Victoire. Attention, l'année de déploiement attribuée à une commune ne vaut que pour le lieu de sa mairie, et il est fort possible que des bâtiments excentrés soient desservis plus tôt ou plus tard ; la commune d'Aumelas doit en être un bon exemple. D'où la nécessité d'aller sur l'interface Web pour le vérifier.

Aujourd'hui, un citoyen, ou même un maire a très peu de moyens d'actions pour tirer le meilleur parti de ce déploiement, d'où l'intérêt majeur d'appréhender la question à l'échelle intercommunale. Ainsi, pour avoir l'offre la plus diversifiée de la part des opérateurs, il faut que les négociations soient appuyées par les responsables économiques de nos intercommunalités (vice-présidents en charge du développement économique, chargés de mission économie, ...). Et il en est de même pour les usages. Nous constatons comme le numérique modifie nos comportements de consommateurs, consommateurs de biens comme de services, et là il y a de l'information à faire auprès des publics. Je pense par exemple à la télémédecine, où demain nous nous ferons ausculter par une webcam et l'ordonnance du médecin sera directement transmise à notre pharmacien ; le médecin, lui, sera à Montpellier ou sur une île des Antilles ;-)

Et puis il y a aussi le numérique comme atout de développement économique. Un cabinet d'architectes, une start-up de chercheurs, une structure artistique, ... pourront résider dans des communes très rurales, mais seront à un clic du monde entier pour leurs activités professionnelles. Le tourisme en sera aussi un grand bénéficiaire. Le marché immobilier y gagnera aussi et des bâtiments au passé industriel notoire pourraient y retrouver une seconde vie ; je pense par exemple aux caves coopératives.

D'ici 2022, il y aura 2020 et les élections locales ; une étape-clé pour que ce réseau de fibre optique ne reste pas qu'une simple infrastructure technologique, mais qu'il devienne un atout majeur pour le développement du Cœur d'Hérault.

10/05/2018

Emplois et métiers de demain, quels sont-ils vraiment ?

Toute la classe politique aux affaires et tous les économistes partisans d'un ordolibéralisme décomplexé nous l'assènent jour après jour, les emplois et les métiers d'aujourd'hui, confrontés aux nouvelles technologies, vont disparaître pour donner lieu à d'autres métiers et emplois. Ainsi, une vingtaine d'experts du domaine numérique (universitaires et professionnels), réunis il y a un an par Dell et l'Institut pour le Futur afin d'anticiper les nombreux changements à prévoir pour le monde de l'entreprise et du travail, ont produit une étude à la suite de leurs analyses ; ils y indiquent que « 85% des emplois en 2030 n'existent même pas encore aujourd'hui ».  Par ailleurs, d'autres études américains et françaises diffusent largement que 65% des écoliers d’aujourd’hui exerceront des métiers qui n’existent pas encore ...

Ce qui est certain, avéré et mesuré par toutes les agences qui suivent le marché de l'emploi, c'est que ces nouvelles technologies (automatique, robotisation, intelligence artificielle, ...) réduisent de 90% le coût du travail, quand la délocalisation le réduit déjà de 75% (selon un article du Figaro). Les entreprises vont donc continuer à supprimer ces emplois traditionnels, disons même historiques, pour passer au tout numérique. Et ce n'est pas un phénomène nouveau ; en 1968 était inauguré le premier distributeur automatique de billets rue Auber à Paris, puis les guichets automatiques se sont généralisés depuis une trentaine d'années se substituant totalement aux métiers d'une agence bancaire (retrait et dépôt d'argent liquide, relevés de compte, édition de RIB, dépôt de chèques, ...).

DAB_Auber_1967_SMC.jpg

La liste de tous les emplois de « l'ancien monde » que le numérique a supprimé serait interminable, et elle ne cesse de s'allonger. Déjà, le commerce en ligne met à mal les géants de la grande distribution ainsi que les commerces de centre-ville, car les boutiques en ligne apportent d'énormes avantages (ouverture 24H/24, tous les modèles ou produits visibles en un clic de souris, des conseils d'utilisation et des vidéos de démonstration à foison, ...), et sans qu'à l'évidence il n'y ait d'inconvénient pour le consommateur. Demain par exemple, il n'y aurait plus de chauffeur de taxi dans les grandes métropoles, mais simplement des véhicules autonomes sans chauffeur.  Mais ce que l'on pourrait considérer comme un vecteur d'émancipation accentue l'individualisme et il met en danger à moyen terme notre système social. Alors quels emplois et quels métiers seront proposés à la population active du « nouveau monde » ?

Mahjoubi_Penicaud_10knum.jpgDébut avril, Mounir Mahjoubi (secrétaire d'État chargé du Numérique) et Muriel Pénicaud (ministre du Travail) lançaient le programme 10 000 formations dans le numérique (10KNUM). Un million de jeunes et un million de demandeurs d'emploi sont concernés, alors que le numérique ne propose aujourd'hui que 80 000 emplois. Mais comme l'indique cet article du Monde, les métiers de demain restent à inventer, même s'il évoque quelques exemples qui suscitent plus l'amusement que l'engouement : « murateur, data-miner, nomadeur, numéropathe, conseiller en productivité, désorganisateur d’entreprise, spéculateur en monnaie alternative, imprimeur 3D, designer d’habitat virtuel, créateur d’énergie, génomicien, codeur, éclairagiste LiFi, installeur domotique, Web rédacteur, ... ». Il s'avère aussi que les filières économiques de demain peuvent se révéler très éphémères ; en témoigne le marché de la cigarette électronique qui s'essouffle déjà après avoir fait preuve d'innovation technique, de créativité marchande et de couverture commerciale expansive.

Il est donc assez paradoxal que le gouvernement souhaite orienter le parcours scolaire des jeunes vers l'emploi alors que la majorité de ces emplois ne sont pas encore connus ... Il ne faudrait donc plus leur apprendre à exercer un métier ou à occuper un emploi, mais bien leur apprendre à en changer plusieurs fois au cours de leur vie active ; cela plaide d'ailleurs pour donner plus de moyen à l'enseignement, ainsi qu'à l'enseignement supérieur ...

Personnellement, je pense qu'il faut réinvestir les métiers courants indispensables à la vie en société tout en réduisant le temps de travail et en instaurant le revenu universel. Collectivement, notre pays crée des richesses très inégalement redistribuées, et attribuer à chaque enfant et à chaque adulte un revenu de base qui s'ajouterait aux autres revenus (du travail, du patrimoine, de l'épargne, ...) est une révolution sociale qui va inévitablement s'imposer pour éviter le chaos social. Alors cessons de croire aux promesses infantilisantes de nos dirigeants (politiques et économiques) pour faire des choix plus responsables.