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28/10/2017

Y a-t-il encore un pilote dans le navire Coeur d'Hérault ?

Le Cœur d'Hérault est l'un de ces territoires périphériques qui se développe derrière le « premier de cordée », à savoir ici la métropole de Montpellier, autre version du « ruissellement » ... Et les acteurs politiques et économiques du territoire se contentent d'un tel contexte, évaluant les interactions avec cette métropole. Certains la redoutent, prédatrice de nos terres agricoles pour loger des salariés qui font le trajet chaque jour, et d'autres la courtisent pour développer des activités économiques secondaires ; de plus en plus d'artisans s'installent en Cœur d'Hérault (où les prix du foncier et les coûts de fonctionnement sont attractifs) pour aller sur des chantiers sur la métropole.

Le secteur du tourisme stimule bien quelques programmes locaux, le Cœur d'Hérault disposant de trois grands sites classés (ou en cours de l'être), mais les collectivités locales se limitent à gérer des offices du tourisme ; aucune réflexion n'est engagée pour soutenir telle filière, tel secteur ou telle activité. Les professionnels de la restauration, de l'hébergement, du commerce de cœur de village, des loisirs de pleine nature, ...  sont accompagnés quand ils sollicitent par exemple les services de la Maison des Entreprises du Cœur d'Hérault, mais les décideurs locaux n'ont pas de stratégie prospective.

Or, le développement économique n'est pas qu'une fin en soi. Il peut l'être pour les entrepreneurs, mais les acteurs politiques doivent surtout l'orienter sur des axes qui coïncident avec le marché du travail. A l'été 2017, le taux de chômage sur le Cœur d'Hérault s'établit à 13%. Il y avait 8 785 demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi dans les catégories A, B et C à fin août 2017 ; c'est +5,2% sur un an. Il faut y ajouter 150 demandeurs d'emploi en catégorie D (-5,1% sur un an pour des personnes sans emploi et qui ne sont pas immédiatement disponibles, non tenues d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi parce que en formation, en maladie, etc.), et 1 033 en catégorie E (-6,1% sur un an pour des personnes pourvues d'un emploi et non tenues d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi, comme celles en emploi aidé). Il y avait à fin juin 4 799 demandeurs d'emploi indemnisés. Par ailleurs, la catégorie C enregistre une hausse de +15% sur une année, avec 1 875 demandeurs d'emploi à fin août 2017, +1,9% pour la catégorie A (5 691 demandeurs d'emploi), +7,8% pour la catégorie B (1 219 demandeurs d'emploi inscrits) ; des emplois à temps partiel, de courte durée qui sont synonymes de précarisation.

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L'INSEE, la DARES et Pôle emploi publient des études statistiques très détaillées sur le marché de l'emploi par bassin de vie ; cela va bien au-delà des chiffres distillés par les médias tous les mois ou tous les trimestres, et j'invite à lire les documents téléchargeables en bas de note.

Qu'y apprend-on par exemple pour notre territoire du Cœur d'Hérault ? Par exemple que 1 905 demandeurs d'emploi (22%) recherchent un emploi dans les métiers des services à la personne et aux collectivités, que 1 247 demandeurs d'emploi (14%) recherchent eux dans les métiers du commerce, de la vente et de la grande distribution. De l'autre côté, les services à la personne et aux collectivités sont aussi en tête des offres d'emploi proposées sur 12 mois, mais avec 326 offres d'emploi (17% des 1 878 offres totales). Le commerce, la vente et la grande distribution sont aussi sur le podium des propositions d'emploi avec 276 offres sur 12 mois (15%). Les filières pourvoyeuses d'emplois sont donc bien identifiées par les demandeurs d'emploi, mais ils ont été 9 263 à s'inscrire à Pôle emploi sur les 12 derniers mois quand les employeurs ne proposaient que 1 878 emplois sur la même période. Or, notre territoire connait une croissance démographique continue, et la population active ne cesse de croître.

La création d'emplois doit être la boussole de tous les acteurs politiques, sociaux et économiques du Cœur d'Hérault ; oui, je me limite aux acteurs du territoire lui-même parce qu'il ne faut compter que sur nous-mêmes. Pour créer des emplois, il faut plus d'employeurs parce que les entreprises du territoire ont peu d'employés ; les secteurs de l'agriculture, de la construction, du commerce, de la restauration, des services, ... riment ici avec TPE, PME, professions libérales et auto-entrepreneurs.

Les décideurs politiques ont pourtant plusieurs cordes à leurs arcs. Ils peuvent déjà favoriser telle ou telle filière professionnelle pour répondre au mieux au profil des demandeurs d'emploi. Et puis ils peuvent porter des structures de formation professionnelle ou d'apprentissage qui répondent au mieux aux secteurs qui peuvent créer de la richesse sur le territoire. Mais il faut auparavant faire un travail d'analyse et de prospective, dans une logique de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences).

Nous avons par exemple sur le Cœur d'Hérault des besoins en matière de développement des énergies renouvelables et de construction de bâtiments à énergie positive. De même sur les marchés de travaux et de service sur la thématique de l'eau, les intercommunalités prenant des compétences dans ce domaine et pouvant ainsi orienter leurs commandes publiques.

Et c'était exactement la mission confiée jusqu'à présent au Plan Local pour l'Insertion et l'Emploi (PLIE) du Pays Cœur d'Hérault, et plus particulièrement à sa Maison de l'Emploi. Je regrette que des élus aient jugé qu'il fallait « reconnaître quand quelque chose ne marche pas et arrêter de financer à fonds perdus un dispositif qui ne donne pas satisfaction », sans se remettre en cause soi-même. Les intercommunalités du Cœur d'Hérault vont donc se lancer dans une concurrence aveugle, déroulant le tapis rouge à tous les faiseurs de promesses ...

Nous retrouvons ici aussi ce concept des « premiers de cordée », avec des villes-centres qui vont s'ouvrir aux zones commerciales et aux lotisseurs de tout poil, privilégiant une croissance hyper-localisée au détriment du développement harmonieux de tout le territoire du Cœur d'Hérault. Faut-il s'y résigner ?


Statistiques et indicateurs pour le marché du travail sur le bassin d'emploi de Lodève à fin aoput 2017 (publication de Pôle emploi Occitanie).   picto_pdf.jpg
Portrait de territoire - Bassin d'emploi de Lodève (publication de Pôle emploi Occitanie de septembre 2017)   picto_pdf.jpg
Protocole d'accord 2012-2015 du Plan Local pour l'Insertion et l'Emploi (PLIE) du Pays Coeur d'Hérault   picto_pdf.jpg

13/10/2017

Les offres de médecine à distance sont à l'aube d'une révolution dans la santé au quotidien, essentiellement dans les territoires ruraux

Les déserts médicaux sont une source inépuisable de promesses, d'investissements, de plans et de déclarations politiques toujours très engageantes, mais force est de constater que les cabinets médicaux dans nos villages ne désemplissent pas et que le remplacement des médecins qui partent à la retraite est redouté par tous les élus locaux et bien évidemment par leurs patients. Par exemple sur le Cœur d'Hérault, l'offre de soins, en médecine générale comme en médecine spécialisée, n'augmente pas au même rythme que la population. Par ailleurs, les médecins intègrent une part de plus en plus importante d'écoute sociale dans leurs consultations ; et certains médecins refusent désormais de nouveaux patients.

Le Premier ministre Édouard Philippe et sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn, inauguraient aujourd'hui une maison de santé dans la Haute-Vienne, occasion donnée pour ... ne rien annoncer d'extraordinaire. Il faut qu'il y ait « plus de médecins », mais sans stratégie incitative particulière, et la « télémédecine » comme pis-aller.

En rentrant d'une réunion sur la santé à Gignac hier soir, la radio a diffusé un spot de publicité pour un service de télémédecine promu par une mutuelle complémentaire. Et il y a là un terreau d'une étonnante fertilité pour la e-Santé. Les compagnies d'assurance et les mutuelles ont d'ailleurs bien appréhendé les enjeux économiques, les premières qui pourront ajouter à leur offre de complémentaire santé l'accès à un médecin sur simple appel téléphonique vont remporter le jackpot ! Le journal l'Opinion y consacre un article fort intéressant : « Les complémentaires santé investissent le marché de la e-santé ».

Alors de quoi s'agit-il en réalité ? médecindirect est l'une de ces plateformes déjà opérationnelle de consultation à distance. Plus besoin d'attendre 2 à 3 heures dans un cabinet médical parce que le petit à de la fièvre ou parce qu'il a des boutons, un simple appel téléphonique suffira désormais. Et à la fin de cette télé consultation, le médecin vous envoie une ordonnance à imprimer pour aller à la pharmacie. De nouvelles applications sur Smartphone ne manqueront pas de se développer pour faciliter l'échange avec le médecin (température, rythme cardiaque, photos, ...).

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Des sociétés engagent des recherches et proposent déjà des prototypes de kit ou de box avec tous les équipements (tensiomètre, stéthoscope connecté, ...) qui pourront donner au médecin à distance toutes les indications dont il a besoin. En parallèle, celui-ci pourra consulter sur le site Web du laboratoire les résultats d'une analyse de sang ou sur le site d'un radiologue les images de votre organisme.

A Marseille, la société Procramé développe des bornes-laboratoires, d'abord pour le marché maritime, et ensuite pour les déserts médicaux terrestres. Une telle borne pourrait demain être installée dans une salle de la mairie du village, avec une connexion très haut débit à Internet, et les patients pourront alors bénéficier d'une consultation médicale pointue.

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Nul doute que d'ici quelques années, l'acte de consultation médicale aura été profondément transformé. Pour gagner du temps le plus souvent, et pour s'épargner des déplacements difficiles dans les territoires ruraux, il est prévisible que la e-Santé prenne un essor considérable. Et pour cela, l'accès au très haut débit pour la téléphonie mobile comme pour Internet est un facteur décisif ; les collectivités territoriales s'y engagent, les plus rurales y voyant là un axe de désenclavement.

Alors, dans ce concert d'espoirs et de progrès, je vois un bémol, c'est notre hyper dépendance à ... l'électricité. Tout cet édifice moderne ne fonctionne bien que s'il y a de l'électricité et que les équipements intermédiaires (relais téléphoniques, relais numériques terrestres, ...) fonctionnent eux aussi. Nous avons vu les conséquences d'un ouragan sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, privant leurs habitants d'eau, d'électricité, d'alimentation, etc. Alors imaginons que demain la télé médecine devienne pratique courante pour se faire soigner, et que par conséquent les médecins aient déserté les campagnes pour se concentrer sur des territoires plus attractifs comme les métropoles, qui soignerait les habitants de territoires coupés du monde suite à une catastrophe climatique ou technologique ?

A ce bémol près, je pense surtout que les médecins qui resteront sur des territoires ruraux auront plus de temps pour se former, pour prendre des missions de soins d'urgence et aussi pour avoir une vraie vie privée. Bref, la technologie peut nous faire progresser socialement, mais il faut conserver et entretenir un écosystème médical sur le terrain.

11/09/2017

Lavagnac, le Syndicat du Bas Languedoc gagne un droit de pomper 1400 M3/jour dans l'Hérault

J'ai déjà lu de nombreux rapports de commissaires-enquêteurs, mais celui-ci est assez extraordinaire. Déjà, le commissaire-enquêteur n'a de cesse que de corriger les dossiers que les porteurs du projet de golf, et celui inhérent d'irrigation lui ont apporté. On y lit souvent des « sans doute ... » émailler son rapport. Et au final, après la reprise d'une quantité significative d'avis négatifs, notre commissaire-enquêteur émet un avis ... FAVORABLE !!!

Alors c'est un « projet privé », mais les questions sanitaires sont ... « publiques ». Et puis les données sur le débit de l'Hérault ou sur les pompages divers sont toujours donnés ... à l'année ! Et toujours en moyenne. Alors qu'il serait intéressant d'avoir une photographie de la situation entre le 15 juillet et le 15 août. C'est la période où déjà nous consommons le plus d'eau, à la maison et dans les champs, et la période où il y en a le moins dans l'Hérault. C'est cela qu'aurait dû faire le commissaire-enquêteur, une évaluation en période critique.

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C'est un peu comme pour la catastrophe qui touche les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy. Si nous nous contentions de cartes postales et d'évaluations en moyenne annuelle du climat des Antilles, et c'est l'attitude de l’État dans le cas présent, alors « tout va bien madame la Marquise » ;-)

Le rapport du commissaire-enquêteur (fichier PDF de 400 ko) : rapportCE-captageLavagnac.pdf

L'épisode suivant revient à la Commission Locale de l'Eau (CLE) du Bassin du Fleuve Hérault qui doit produire d'ici la fin de cette année son Plan de Partage de la Ressource en Eau (PPRE). N'oublions pas que l'avis négatif de la CLE en juillet 2010 contre le projet de Golf à Lavagnac avait été écarté d'un revers de main par le préfet de l'Hérault de l'époque =:(

Je suis intimement convaincu que le projet du « Domaine du Petit Versailles » porté par le groupe France Pierre n'est plus qu'un écran de fumée, avec son président Antonio de Sousa qui essaie de sortir des écrans radar. Par contre, bénéficier à Montagnac d'une autorisation de prélèvement d'eau potable est pour le Syndicat du Bas Languedoc une carte maîtresse dans la répartition des usages de l'eau qui va devenir de plus en plus critique dans les années à venir.