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09/06/2017

La Confédération Paysanne de l'Hérault interpelle les candidats sur le revenu des agriculteurs, sur les soutiens à l'élevage et sur le loup

Ma campagne électorale pour les législatives dans la 4ème circonscription de l'Hérault s'est achevée ce midi à Saint-Maurice-de-Navacelles. La Confédération Paysanne de l'Hérault avait invité les candidats à venir échanger sur l'élevage ; nous n'étions que trois présents, Jean-François ELIAOU (LREM), Étienne Hayem (LFI) et moi-même pour EELV.

l-eleveuse-avec-une-partie-du-troupeau_1951720_667x333.JPGLes organisateurs de cette rencontre à la ferme de la Barre étaient Dominique Voillaume (éleveuse en ovin viande), Thierry Arcier (viticulteur et porte-parole), Émilie Dequiedt (éleveuse de brebis-lait à Avène), Jean-Émile Sanchez (éleveur de porcs plein air et bovins allaitants à La Salvetat sur Agout) et Amandine Mallants (éleveuse d'anesse-lait à St Maurice de Navacelles).

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Trois points ont structuré nos échanges ; le premier étant celui du revenu agricole. Les paysans vendent à perte, et ils sont la seule profession à ne pas pouvoir afficher leurs coûts de revient et à vendre en deçà de leurs coûts réels. Le montant a été maintes fois utilisé ces derniers mois par les candidats en campagne, un tiers des agriculteurs gagnent moins de 354 € par mois, et les deux-tiers sont en dessous de 600 € par mois. L'agriculture paysanne est petit à petit poussée à la marginalisation, financièrement asphyxiée, l'économie agro-alimentaire ne laissant plus de place qu'aux très gros exploitants, que l'on peut même qualifier d'industriels de l'agriculture (cf. fermes de mille vaches). La situation des paysans s'est dégradée depuis 25 ans, depuis que la mondialisation impose ses règles du jeu (cf. Accord de Marrakech en 1994 qui clôture le cycle de négociations du GATT démarré en 1986 en Uruguay). A titre d'exemple, le prix du lait en France est aligné sur le prix de la Nouvelle-Zélande, c'est à dire par le prix plancher des marchés mondialisés !

La Confédération paysanne interpelle les candidats pour qu'ils fassent inscrire dans la prochaine session parlementaire une loi pour un droit au revenu agricole. Et pour cela, ils préconisent de réduire, voire de supprimer le premier pilier de la PAC sur les aides à la production, afin d'abonder le second pilier sur les aides au changement de pratiques ; ce ne serait donc plus ceux qui produisent le plus qui seraient aidés, mais ceux qui produisent au mieux. Cela permettra de garantir la qualité de nos aliments, de privilégier les circuits courts, de permettre aux paysans de fixer eux-mêmes le prix de leurs produits, et en même temps d'entretenir tous nos écosystèmes. Les brebis, les chèvres et les agneaux ont longtemps entretenu les milieux ouverts où ils pâturaient, désormais ce sont les forestiers-sapeurs qui entretiennent garrigues et espaces boisés.

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Le second point a porté sur le soutien des collectivités locales, du Département et de la Région, c'est à dire des élus locaux. Et là, j'ai développé les outils qui étaient à notre disposition localement, comme l'abattoir de Pézenas où je siège comme élu du Clermontais. Une récente enquête de satisfaction réalisée entre le 3 avril et le 1er juin révèle que 40% des éleveurs qui y font abattre leur bêtes sont très satisfaits, et 58% sont satisfaits. Par contre, ils ne sont qu'un tiers à connaître les services annexes offerts par l'abattoir (code barre sur produits de découpe, dispositif de surgélation, location de remorque frigorifique, ...). Nos hôtes de ce midi à la ferme de la Barre plaidaient pour un autre service complémentaire, c'est l'abattage mobile ; cela évite le stress des animaux déplacés vivants en bétaillère, la location d'un véhicule frigorifique pour le retour et les kilomètres avalés.

Un autre outil est le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), le Grand Pic Saint-Loup et le Cœur d'Hérault étant tous deux en cours d'élaboration de ce document d'urbanisme majeur pour le développement de nos territoires. Avec le Conseil de développement du Pays Coeur d'Hérault, les filières agricoles disposent là d'un relais à exploiter pour que le Pays inscrive dans son SCoT les orientations favorables au développement agricole (accès au foncier, zones d'activités agricole, logement agricole, espaces de transformation et de vente, ...).

Autre outil que j'ai développé ce midi, c'est la commande publique. Les collectivités territoriales ont besoin d'aliments de qualité pour les cuisines de leurs établissements scolaires, avec des objectifs d'aliments bio qui peinent à trouver des producteurs locaux ; les fraises bio viennent d'Italie et les petits-pois bio viennent du Kenya. Les collectivités, mais c'est le cas aussi pour les familles, sont prêtes à privilégier la qualité et le goût à la quantité

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Et c'est sur le loup que nos échanges se sont achevés, car il pose de réels problème de sécurité, et qu'il précarise les éleveurs qui sont désarmés face au dogmatisme des services de l’État. Le loup autrefois familier des montagnes occupe désormais nos campagnes, et comme il n'est ni chassé ni braconné il n'a même plus peur des hommes. Dans un pays voisin comme le Portugal, la seule présence des hommes protège les troupeaux.

Dans le cas des chiens errants, les éleveurs retrouvent rapidement les propriétaires qui indemnisent les dégâts occasionnés par leurs chiens. Pour le loup, c'est l’État qui est responsable, et il se fait tirer l'oreille pour indemniser correctement les éleveurs et surtout pour écarter le risque. Il y a moins de 400 loups à l'état sauvage en France, et il est donc légitime qu'il soit protégé, mais son habitat doit absolument être situé à l'écart des zones d'élevage.

Après, il faut éviter de tomber dans l'obsession du loup dans tous les débats sur l'élevage, car c'est un problème qui vient bien après celui du revenu agricole ; le loup et ses attaques fragilise encore plus les exploitants, mais justement parce qu'elles sont déjà sur la corde raide.

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Je tiens à remercier Dominique Voillaume pour son accueil, car notre échange de fond s'est poursuivi par un tajine d'agneau, accompagné d'un vin rosé d'aramon (de Saint-Pargoire) et de fromages locaux. Si je suis élu député le 18 juin, je mettrai en œuvre les engagements que la Confédération Paysanne nous a soumis (cf. document ci-après). Dans tous les cas, comme élu local du Cœur d'Hérault siégeant au Syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault et au Syndicat de la filière viande de l'Hérault, je proposerai des mesures locales pour aider les éleveurs. Nous avons un levier exceptionnel à exploiter avec le tourisme, et par exemple les restaurateurs sont de formidables ambassadeurs de nos vins, de nos viandes, de nos fruits et légumes, de nos fromages, ... et nous devons en tant qu'élus porter cette spirale vertueuse.


Les propositions de la Conf. pour développer une agriculture durable et paysanne sur nos territoires   picto_pdf.jpg
Mes engagements comme député écologiste de l'Hérault   picto_pdf.jpg
Loups ou élevage ?  Le plaidoyer de la Confédération Paysanne   picto_pdf.jpg

06/06/2017

Une campagne qui se fait de plus en plus sur le Web, et cela permet de toucher plus de monde sur des thématiques mieux ciblées

Les formes de campagne électorale évoluent, Mélenchon et Macron l'ont très bien illustré lors de la présidentielle, et le candidat à l'élection législative que je suis s'y adapte. Si je vais sur les marchés rencontrer des citoyens, ce n'est pas pour leur tendre un tract qui ne sera pas lu, mais pour échanger ; la diffusion des idées se fait de plus en plus sur le Web et sur les réseaux sociaux. J'ai aussi renoncé aux réunions publiques, où seuls ne viennent que les militants et les électeurs qui avaient de toutes façons déjà décidé de voter pour vous ... Par contre, les associations et les collectifs profitent de cette élection pour interroger les candidats à la députation, et c''est une opportunité que nous n'avions pas par le passé de toucher un très large éventail de publics.

Des_terres_pas_d_hypers.jpg

L'une de ces associations (et l'ordre d'apparition n'a pas d'importance) est « Des Terres, pas d'Hypers ! ». Leur courrier était direct et la question de la préservation (moi je préfère parler de reconquête) des terres agricoles est au cœur de mes combats locaux et nationaux. Sur 8 candidats sollicités sur la 34-04, nous n'avons été que deux à répondre ; sur la 34-05 où je suis élu local à Paulhan, un seul des 7 candidats sollicités à répondu. Je vous invite à lire les réponses des candidats, mais il est tout aussi important de pointer celles et ceux qui n'ont pas répondu ... Je le disais plus haut, la leçon de l'élection présidentielle est justement que les électeurs veulent d'autres rapports avec leurs élus que de serrer des mains sur les marchés et boire un verre à la fin d'une réunion. Il est temps d'aborder les questions de fond, sans tabou !

La lettre de l'association aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Les deux réponses sur la 34-04             >    picto_pdf.jpg
L'unique réponse sur la 34-05               >    picto_pdf.jpg

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Une autre sollicitation est venue du comité des usagers du Bassin de Thau du cycle de l'eau. Dans son courrier, le comité demande aux candidats s'ils sont d'accords ou non pour porter leur projet de révision constitutionnelle sur le droit à l'eau. Autant je suis en phase sur les motivations de cette démarche, autant je trouve que leur issue est radicale ; car nous ne manquons pas d'alternatives pour arriver au même résultat. Sur les 44 candidats des trois circonscriptions qui bordent le bassin de Thau (34-04, 34-07 et 34-08), le comité n'a réussi à n'en contacter que 23, et seulement 11 réponses ont été retournées.

Comme pour les terres agricoles, les élus locaux ont entre leurs mains tous les outils pour maîtriser l'impact environnemental du développement de leurs communes, et en passer par une révision de la Constitution pour que les collectivités locales agissent de façon responsable dans l'intérêt général, c'est un peu trop radical à mon goût. J'ai apprécié que le comité juge mon courrier de réponse comme ... encourageant ;-)

La lettre du comité aux candidats     >    picto_pdf.jpg
Les réponses des candidats             >    picto_pdf.jpg

Collectif Oxygene 

Dans le même objectif de protéger les terres agricoles, c'est le Collectif Oxygène qui a contacté tous les candidats des circonscriptions du Nord de Montpellier (en réalité 42 sur 53 car le Collectif ne dispose pas de l'adresse mail ou d'un moyen de contacter tout le monde) ; les circonscriptions concernées sont la 34-02, la 34-03 et la 34-04.

Le Collectif met sur son site Web les réponses des candidats au fur et à mesure de leur arrivée ; je ne suis donc pas en mesure d'en publier la synthèse et je ne peux donc que mettre en ligne que ma propre réponse.

La lettre du Collectif aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Ma réponse                                      >    picto_pdf.jpg

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Autre registre de revendications citoyennes, les rayonnements électromagnétiques ; et c'est le Collectif Antennes Relais Montbazin qui m'a adressé ses questions. Je n'ai pas trouvé sur ce site ou ailleurs la démarche suivie par le Collectif ; quels candidats ont été contactés et où leurs réponses peuvent être lues, mais je ne doute pas que nous saurons tout cela d'ici dimanche.

La lettre du Collectif aux candidats  >    picto_pdf.jpg
Ma réponse                                      >    picto_pdf.jpg

J'ai encore d'autres questionnaires sous le coude, comme celui pour la campagne « 15 propositions pour une France solidaire dans le monde » à l'initiative de ActionAid France-Peuples Solidaires, de CCFD-Terres Solidaire, d'Oxfam France et du Secours catholique-Caritas France.

Mais ces structures que j'appellerai des « corps intermédiaires citoyens » invitent aussi les candidats à venir les rencontrer ; c'est ce que je vais par exemple cette semaine auprès de la Confédération Paysanne.

Cette façon de questionner des candidats et de publier leurs réponses est un exercice démocratique nouveau dans notre paysage politique, tant les candidats étaient habitués à asséner leurs certitudes, même quand ça ne répond pas du tout aux attentes de leurs concitoyens. Et pour des candidats qui veulent exercer un mandat électif, n'y a-t-il pas meilleure entrée en matière que de se prêter à ces sollicitations ? Car cela préfigure aussi la façon dont les candidats vont rendre compte de leur mandat au fil de l'eau ...

10/05/2017

Services d'urgence et permanence des soins, Guy Lassalvy et Jean-Claude Lacroix se veulent être au centre du Coeur d'Hérault ...

La séance du Conseil communautaire du Clermontais a débuté ce mercredi 10 mai par une intervention de Guy Lassalvy, du docteur Laurent Garcin et de la directrice de l'hôpital local de Clermont l'Hérault, madame Florence Fries. L'objet de cette intervention était d'informer les élus et de les mobiliser pour les aider à structurer et à pérenniser l'unité médicale d'urgence et de permanence de soins (UMUPS) créée en mars 2013 à Clermont-l'Hérault. A l'époque, un Contrat local de santé était signé par le Pays Cœur d'Hérault et l'Agence Régionale de Santé (ARS) ; l'UMUPS était et reste toujours une expérience exemplaire en France.

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Ce Contrat local de santé signé pour trois ans prenait fin au début de l'année 2016. Il avait ensuite été prorogé pour deux ans, mais Guy Lassalvy (Président de la commission « Santé » du Pays Cœur d’Hérault nous informait ce soir que cela fait quatre mois que l'ARS est aux abonnés absents ; le docteur Garcin était lui aussi en attente de réponses. Ils craignent tous deux que l'ARS qui a déménagé à Toulouse cesse de soutenir ce projet, d'où leur présence ce soir pour que l'assemblée communautaire adopte une motion de soutien, et puis que les communes en fassent de même.

Je suis intervenu pour dire que les propos entendus à la tribune étaient les mêmes que ceux entendus à Lodève à l'occasion d'autres réunions. La directrice de l'hôpital de Clermont l'Hérault expliquait que l'UMUPS et que la maison médicale de garde étaient des composants d'un véritable écosystème des soins, attractif pour les professionnels de santé ; les mêmes arguments sont portés à Lodève. Alors qu'en 2012 l'ARS avait autorisé le Centre d’Accueil et de Permanence des Soins (CAPS) de l'hôpital de Lodève de devenir un véritable service d'urgence, l'agence revenait sur sa décision en septembre 2015. Le Groupement Hospitalier Territorial (GHT) de l'Aveyron et du Nord Hérault impose par ailleurs une organisation des offres de soins qui prive le Lodévois de structure d'urgence. 

Et ce que j'ai reproché à Guy Lassalvy, qui préside pourtant la commission Santé du Pays Cœur d'Hérault, c'était de ne pas présenter sa motion au Syndicat de développement du Pays, mais à la seule Communauté de communes du Clermontais. Guy Lassalvy attend des élus du Clermontais qu'ils se mobilisent, mais ceux du Lodévois sont mobilisés eux-aussi, la Communauté de communes du Lodévois-Larzac et de nombreuses communes de ce territoire ont délibéré dans ce sens (cf. délibération de la CC du Lodévois-Larzac).

manif sante 05 2017-1.JPG

Un collectif pour des urgences hospitalières à Lodève s'est constitué ces derniers mois, il informe et mobilise les citoyens du Lodévois, et son objet est bien légitime. L'un de ses représentants, Thierry Bousquel, est d'ailleurs venu à la réunion du Conseil de développement du Pays Cœur d'Hérault, le 6 mai à Lodève, pour justement étendre la question des urgences à l'ensemble du territoire du Coeur d'Hérault. Ce soir, Guy Lassalvy expliquait que Clermont l'Hérault était en position centrale, l'UMUPS pouvant très vite transférer des cas graves sur les urgences de Pézenas ou de Montpellier. Mais si quelqu'un a un accident à Saint-Privat, à Sorbs ou à Romiguières combien de temps mettra l'UMUPS pour se rendre sur place et ensuite pour rejoindre Montpellier ou Pézenas ?

Guy Lassalvy a indiqué que l'hôpital de Lodève ne serait jamais en capacité de traiter une urgence comme un infarctus, une pancréatique ou même une fracture osseuse. Je lui ai opposé qu'il fallait s'en donner les moyens, mais il a répondu qu'il fallait « cesser de rêver à l'impossible ». Et le docteur Garcin d'insister sur l'obligation d'économie de moyens. Nos collègues du Lodévois qui délibèrent pour des urgences à Lodève seraient-ils des ânes ?

Au final, le président Jean-Claude Lacroix a demandé à tous les conseillers communautaires s'ils étaient d'accord pour voter la motion ... motion dont le texte n'avait pas été rédigé et qui le serait donc ultérieurement dans l'esprit des propos de Guy Lassalvy. Et il n'a même pas procédé au décompte des pour, des contre et des abstentions.

C'est véritablement indigent de procéder ainsi, autant sur la forme que sur le fond. Sur la forme, cette intervention en ouverture de séance ne permettait pas un débat sérieux, et en gros on demandait aux élus du Clermontais de se mobiliser pour un projet Clermontais. Sur le fond, la question ne peut pas être étudiée qu'à l'échelle de notre intercommunalité ; un vrai travail de concertation et de proposition avec tous les acteurs locaux de santé, avec les citoyens et avec les agences de l’État est un préalable à toute décision.

Les trois intercommunalités du Coeur d'Hérault, le Clermontais, la Vallée de l'Hérault et le Lodévois-Larzac sont en constante concurrence, chacune voulant tirer la couverture à soi. Cela vaut pour le développement économique, pour le tourisme, pour la mobilité, ... mais aussi pour la santé ; et là c'est irresponsable !