Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

23/07/2017

Urgences en Coeur d'Hérault, demeurons exigeants !

Je suis membre de l'association pour de véritables urgences au Centre Hospitalier de Lodève, et nos délégations multiplient les rencontres pour faire prévaloir la précarité des territoires ruraux des Causses du Larzac vis à vis des urgences médicales. Je suis aussi élu local sur le Cœur d'Hérault, et je mesure comment nos assemblées demeurent impuissantes, voire même distantes de ces questions prioritaires ...

Le 7 juillet en Conseil syndical du Pays Cœur d'Hérault, c'est le président Louis Villaret qui présentait le rapport d'activité 2016 du Syndicat de développement du Pays ; le Contrat Local de Santé (CLS) signé en 2013 avec l'ARS (Agence Régionale de Santé) a été passé en vitesse, à trop grande vitesse. Ce jeudi soir à Paulhan, en Conseil municipal, c'est Christine Ricard, maire-adjointe, qui présentait la motion de soutien à l'UMUPS (Unité Mobile d'Urgence et de Permanence des Soins) basée à l'hôpital local de Clermont-l'Hérault depuis 4 ans. Oui, cette UMUPS a été une belle expérience, et elle compte 1417 sorties en 2016 pour un délai d'intervention moyen de 17 minutes pour l'ensemble du Cœur d'Hérault (mais en allant rarement au Nord du Bosc). L'UMUPS, c'est un fourgon de premiers secours des pompiers avec au volant un pompier et à son bord un médecin correspondant du SAMU. Il y a 4 ans, quand cette expérience a été lancée, à l'initiative des docteurs Guy Lassalvy et Laurent Garcin, ils étaient une douzaine de médecins urgentistes à se relayer ; aujourd'hui, ils ne sont plus que trois et l'UMUPS est donc en sérieuse remise en cause, surtout que son agrément par l'ARS arrive en fin de vie. Alors on peut faire l'autruche, comme au Syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault, ou se contenter de relayer des histoires périmées, comme en Conseil municipal de Paulhan ce 20 juillet, mais il manque évidemment une réflexion collective, citoyenne et élargie afin de nous doter d'une photographie sincère des besoins réels en matière d'urgence médicale.

Le 26 juin dernier, une délégation de notre association a rencontré la sous-préfère de Lodève, Magali Caumon. Et ce 21 juillet, une autre délégation de l'association a rencontre le président du Groupement Hospitalier Territorial (GHT) Sud-Aveyron Est-Hérault, Thomas Le Ludec (qui est aussi le directeur général du CHRU de Montpellier). Nous avons rencontré-là deux hauts fonctionnaires, et j'en retiens au préalable le fait qu'ils placent l'intérêt général et le service public aux premiers rangs ; j'avoue que c'est réconfortant dans un environnement politique qui vire plutôt au délitement.

Magali CAUMON.jpg    Thomas Le Ludec.jpg

De l'une comme de l'autre, je retiens aussi l'importance qu'ils accordent aux structures existantes et leur invitation à ne pas les affaiblir ; qu'il s'agisse du CAPS à Lodève ou de la MMG à Clermont-l'Hérault. Et tous les deux ont conforté mon approche territoriale du problème, la sous-préfète insistant pour que les solutions à mettre en œuvre soient le fruit d'un accord global de tous les élus du Cœur d'Hérault. En effet, nous avons trois intercommunalités en Cœur d'Hérault qui voient chacune midi à sa porte : le Lodévois-Larzac porte une motion de soutien aux urgences de Lodève, votée en communauté de communes et dans la majorité des communes membres, le Clermontais porte une motion de soutien à son UMUPS, votée en communauté de communes et dans la plupart des communes membres, pendant que la Vallée de l'Hérault ... regarde ailleurs.

Une nouvelle délégation de l'association rencontrera l'ARS (Agence Régionale de la Santé) le 22 août. Notre priorité sera de réclamer que l'UMUPS de Clermont-l'Hérault soit pérennisée en SMUR (Service Mobile d'Urgence et de Réanimation). C'est un dispositif qui tourne sur une moyenne de 5,5 médecins urgentistes, mais qui dispose surtout d'un véhicule depuis lequel il est déjà possible d'établir des diagnostics et de prodiguer des soins d'urgence ou de réanimation. Dans son diagnostic régional préalable au programme régional de santé 2017-2021, 3665 héraultais résident à plus de 30' d'un service d'urgence, d'un SMUR ou d'un médecin correspondant du SAMU. Si pour l'Hérault cela revient à 0,3% de la population, alors que c'est 2,2% pour l'ensemble de l'Occitanie, il ne faut pas oublier que les accidents les plus graves arrivent dans des endroits isolés (sur une autoroute comme l'A75, au bord du Salagou, dans les vallées de la Vis ou de la Buèges, ...). Ce nombre statistique sur le domicile des habitants d'Occitanie est donc un parti pris peu conforme à la réalité des urgences médicales, sans oublier les cas plus catastrophiques.

L'hélicoptère vient immédiatement dans la bouche de nos interlocuteurs quand on évoque les situations d'urgences dans des territoires très éloignés des axes routiers, mais aujourd'hui l'ARS refuse que l'hélicoptère Bell 429 du SAMU de Montpellier fasse des sorties de nuit, alors que cet appareil qui a été livré le 1er novembre 2015 est capable de voler en pilotage automatique ou aux instruments (cf. missions héliportées du SAMU de Montpellier).

C'est au 1er janvier 2018 que le Programme Régional de Santé (PRS2) d'Occitanie succèdera aux PRS1 des anciennes régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Le PRS met en œuvre des moyens médicaux pour répondre à des besoins, mais essentiellement dans la médecine du quotidien ; et c'est en connaissant mieux les pathologies qui prédominent ici et là que le PRS peut déployer des spécialistes et des moyens techniques dans les bassins de vie concernés. Par contre, l'accident est imprévisible, et ses conséquences peuvent toucher un individu sur un massif difficilement accessible comme tous les passagers d'un autocar sous un tunnel de l'A75 ; et c'est là où le maillage de plateaux techniques, avec des moyens d'imagerie adaptés, doit être le plus dense possible

D'ici la fin de l'été, l'association sera en mesure de publier une synthèse de ces rencontres, avec un socle de propositions correspondantes.

07/07/2017

Le Coeur d'Hérault, territoire anti-macronite ?

Alors qu'une macronite aigüe est en train de s'abattre sur la France, avec des conséquences sociales qui devraient faire honte à tous ces marcheurs subjugués par leur gourou (j'ai hésité entre décervelés et excités), je suis de plus en plus convaincu que c'est à partir de nos territoires que nous saurons recréer du progrès social. Pas en augmentant le SMIC, le point d'indice des fonctionnaires  ou les aides familiales, mais en créant d'autres outils de « mieux social ». La coopération de salariés ou les collaborations en réseau d'entrepreneurs, les monnaies locales, le partage, ... sont des pistes à explorer. Et sur le Cœur d'Hérault, le secteur de l'économie sociale et solidaire n'est pas visible ; il y a des acteurs de l'ESS sur ce territoire, mais ils ne sont pas suffisamment relayés par les collectivités locales.

Le Cœur d'Hérault pâtit d'un autre problème, c'est qu'il est composé de trois établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui voient chacun midi à leur porte. Ils sont néanmoins réunis dans un syndicat de développement (le SYDEL du Pays Cœur d'Hérault), mais celui-ci est un géant aux pieds d'argile. Le Pays est par exemple l'interlocuteur de l'Agence Régionale de Santé (ARS) pour la mise en œuvre de son Contrat Local de Santé (CLS), mais les communes et les EPCI sont seuls opérationnels. Il est ainsi l'interlocuteur privilégié de la Région Occitanie / Pyrénée-Méditérannée, mais les maîtrises d'ouvrage pour la mise en place d'outils de développement économique reviennent aux EPCI.

Et c'est frustrant d'ailleurs de constater des intentions, voire même des réalisations ambitieuses du Pays (SCOT, PCAET, CLS, Contrat de ruralité, Coordination des aides européennes, ...), sans pour autant pouvoir être plus efficaces. Nos deux voisins que sont la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup et la Métropole Montpellier Méditerranée ont une unique assemblée délibérante, des commissions, des services et des moyens totalement dédiés aux politiques adoptées ; le Pays Cœur d'Hérault à côté semble vouloir concourir en avançant sur trois pieds, mais sans système nerveux central qui coordonne son cheminement :=(

BassinsdevieOccitanieCoeurHerault.jpgC'est d'ailleurs décevant de constater que dans l'Assemblée des territoires que la Région Occitanie/PM a mis en place en 2017, avec 73 bassins de vie (chacun disposant de deux sièges), le Cœur d'Hérault s'y retrouve avec deux composantes, à savoir le Lodévois et un improbable Val d'Hérault ... A côté de ça, le Montpelliérain englobe la Métropole de Montpellier avec le Grand Pic Saint-Loup et le Pays de l'Or. Vis à vis de la Région, mais aussi en terme de visibilité politique, le Cœur d'Hérault y gagnerait à plus d'unité ...

Je ne veux pas non plus tomber dans le défaitisme ou le procès d'intention, car le SYDEL du Pays Cœur d'Hérault a toujours été innovant ; je citais précédemment son Contrat Local de Santé, mais c'est le Cœur d'Hérault qui a lancé en 2003 le Prix de la TPE (Très Petite Entreprise), et l'initiative s'étend désormais à tout l'Hérault et à ses départements voisins, la CCI étant devenue depuis un partenaire-clé. La Maison des Entreprises du Cœur d'Hérault, située à Saint-André-de-Sangonis, porte un autre projet structurant pour l'économie locale, c'est la pépinière d'entreprises.

Le Conseil syndical du Pays Cœur d'Hérault délibérait ce 07 juillet sur le plan de financement de cette structure. Pour 2017, son budget a été adopté pour le montant de 175 749 €, les recettes venant de la Région, de l'Union européenne (FSE) et du SYDEL, c'est à dire de nos impôts (et taxes). Si on regarde ce placement d'argent public sous le prisme de la seule création d'emplois, le bilan est moyen ; les entreprises accompagnées par la pépinière créent en moyenne 15 emplois par an. Une analyse de premier abord pourrait conclure qu'un budget équivalent à 1000 €/emploi/mois pourrait être mieux réparti et ainsi contribuer à créer plus d'emplois. Mais la pépinière n'est pas un levier d'aide à l'emploi, elle permet surtout de pérenniser les entreprises, c'est à dire les aider à s'installer et à se développer. C'est un mécanisme qui s'oppose par exemple au CICE (Crédit d'impôt compétitivité-emploi), ce type d'outil aidant les entreprises à l'aveugle. Et pour le territoire, il ne faut pas mesurer les retombées uniquement en terme d'emplois créés, car ces entreprises vont payer de la fiscalité (CVAE, CFE, TF, TEOM, ...) qui bénéficient aux collectivités locales du territoire.

L'ingénierie économique est une discipline peut promue en France ; nos dirigeants ont été biberonnés à la planification économique (cf. Commissariat général du Plan créé par Jean Monnet en 1945), alors que les pays anglo-saxons ont toujours privilégié le contrat à la loi. Mais à l'échelle de territoires comme le notre, le Cœur d'Hérault, il est crucial d'investir dans un Observatoire économique, de s'associer les contributions des chercheurs, de s'appuyer sur les expériences d'autres territoires, et même au delà des frontières de l'hexagone, d'être à l'écoute des nouvelles formes d'activité économique (Coworking, Factory Labs, ...), de négocier avec la Région pour créer des filières de formation professionnelle adaptées aux exigences locales, etc. C'est le modèle des « Territoires en transition » qui doit nous inspirer ; des territoires chacun plus résilient, mais qui mis en réseau constituent un ensemble plus pérenne sur les axes économiques, sociaux et environnementaux.

10/06/2017

A l'aune de son futur PLU, Paulhan peut retrouver la centralité attractive et créatrice de richesses [de son passé], ou simplement vouloir ressembler à ses voisins ; je choisis la première option !

Je profite de cette pause électorale d'un week-end, déjà pour profiter d'un temps ensoleillé à la campagne, mais aussi pour reprendre mes notes d'un intérêt plus local. Et ce sont les échos, repris ici et là sur des projets d'aménagement de la ZAC de Vareilhes à Paulhan qui m'incitent à réagir.

Déjà, qu'est-ce que cette ZAC de Vareilhes ? Dans l'actuel Plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Paulhan, c'est une zone étiquetée IVAUd d'une superficie de 11,2 hectares, dont un peu plus de 2 hectares pour un bassin de rétention au bord du ruisseau de Vareilhes. Les zones IVAU sont destinées aux activités économiques, commerciales et de service de la commune. La zone IVAUa correspond à l'emprise foncière de l'entreprise Irrifrance. La zone IVAUb est le premier lot désormais totalement commercialisé de la ZAC de la Barthe. La zone IVAUc est l'extension de la ZAC de la Barthe, où se situent les enseignes Carrefour Contact et Point S, et pour laquelle la Communauté de communes du Clermontais (CCC) a décidé de ne plus faire d'aménagement public au-delà du ruisseau du Méric, c'est à dire sur environ 4 hectares. Ces deux zones IVAUb et IVAUc correspondent à la ZAC de la Barthe, qui faisait l'objet d'un budget annexe de la Communauté de communes du Clermontais, budget maintenant clôturé. Enfin, toujours dans le giron de la communauté de communes du Clermontais qui dispose de la compétence exclusive d'aménagement économique, la zone IVAUd contient pour un peu moins de 8 hectares la ZAC de Vareilhes.

Paulhan_Zones_IVAU.jpg

D'un strict point de vue urbanistique, cette zone IVAUd a désormais repris une vocation agricole ou naturelle. En effet, la loi ALUR prévoit que 9 ans après la validation du PLU, les zones à aménager qui n'ont fait l'objet d'aucun projet et d'aucun dépôt de demande d'urbanisme redeviennent agricoles, car elles constituent en réalité des réserves foncières excédentaires pour la collectivité. Aussi, tout projet nouveau d'aménagement de cette zone, et pour toute ou partie de sa surface, devra faire l'objet d'une révision du PLU de la commune. Sauf si ce développement a une vocation agricole compatible avec le futur règlement de la zone A.

D'un point de vue financier, les 8 hectares de la ZAC appartiennent à la Communauté de communes qui dispose de ce que l'on appelle un "budget de stock" pour une zone d'activité ; le stock étant évalué en 2017 à 473.861 €.

Budget_2017_ZAC_Vareilhes.jpg

Et l'assemblée communautaire a approuvé les commentaires suivants lors du vote de ce budget annexe :

Commentaires_Budget_2017_ZAC_Vareilhes.jpg

D'un point de vue financier, la CCC a effectivement intérêt à commercialiser cette réserve foncière, mais elle a aussi la ZAC de la Salamane qui n'arrive pas à se remplir, ZAC pour laquelle la CCC a engagé d'énormes travaux d'aménagement qui se rajoutent à l'acquisition du foncier. Je rappelle qu'après 2009, la CCC avait racheté ces terres agricoles à ... 10 € le mètre-carré ! La ZAC de la Salamane fait 70 hectares, avec 50 hectares cessibles et dont 20 hectares ont déjà été acquis par Système U. Alors la CCC va-t-elle investir dans des aménagement coûteux quand elle n'a pas encore rentabilisé ceux de la Salamane, et qu'elle vient cette année de renoncer à aménager les 4 hectares restants de la ZAC de la Barthe, préférant céder ces opérations d'aménagement à des privés ?

Et puis la commune de Paulhan a prescrit la révision de son PLU en parallèle de l'élaboration du SCoT du Pays Cœur d'Hérault ; je mets ces deux démarches sur un même plan car c'est en étant dès à présent cohérents sur les deux tableaux que nous avons le plus de chances de voir nos projets de développement aboutir.

Pour Paulhan, le Plan d'Aménagement et de Développement Durable (PADD) a été présenté à la population en réunion publique le 12 janvier 2017, puis il a fait l'objet d'un débat en Conseil municipal. Ce PADD reflète le projet politique de la commune et tous les documents du PLU (OAP, règlement, cartes de zonages, emplacements réservés, servitudes, gestion des risques, annexes sanitaires, ...) devront lui être totalement conformes. De ce PADD tel qu'il a été présenté aux Paulhanais, j'en retiens deux images qui s'intègrent à cette note.

La première est le Périmètre Actuellement Urbanisé (PAU) qui ceinture l'ensemble des parcelles qui ont déjà fait l'objet de constructions. Au sein de ce périmètre, nous estimons que la population peut encore croître jusqu'à 4800 habitants d'ici 2030, en densifiant l'habitat et en remplissant les "dents creuses". Et pour atteindre l'objectif maximal de 5000 habitants à l'horizon 2030, 3,9 hectares d'extensions urbaines sont à prévoir au-delà de ce PAU ; les quotas de 20 logements et de 50 habitants à l'hectare ont été fixés pour ces extensions urbaines. Les secteurs envisagés pour ces extensions urbaines se situent entre la route d'Aspiran et le chemin de la source, entre le cimetière et la route de Clermont-l'Hérault, et sur la route d'Usclas-d'Hérault. Aucune extension urbaine ne sera inscrite dans le futur PLU de Paulhan au-delà de ce PAU et de ces extensions urbaines-là.

PAU_12_01_2017.jpg

L'autre image concerne l'axe 3 du PADD, à savoir « préserver et développer les conditions d'une activité dynamique et porteuse d'emploi ». Et pour cela, le PADD a pointé des secteurs d'activités commerciales et de service, des secteurs d'activités industrielles et artisanales, des secteurs d'activité agricole et de transformation, ainsi qu'un secteur particulier, justement sur cette IVAUd qui englobe la ZAC de Vareilhes, et qui veut développer les activités en lien avec l'agriculture et l'irrigation, avec des lieux de stockage, de vente, d'enseignement, etc. Cet espace-là se doit être une vitrine des activités agricoles du secteur Sud de la CCC, et il doit permettre de requalifier l'entrée de ville Sud. Pour cela, des partenariats sont à contracter avec la CCC, le Pays Cœur d'Hérault mais aussi avec la Région.

PAU_12_01_2017_bis.jpg

Nos paysages, les activités agricoles et la préservation de la biodiversité font l'objet d'une thématique commune dans les travaux d'élaboration du SCoT du Cœur d'Hérault. Le secteur de Paulhan est caractéristique de paysages, de potentiels agricoles et d'une biodiversité qui peuvent s'inscrire dans le SCoT afin de le spécialiser sur ces thématiques-là. Ainsi identifié par tous nos partenaires, la commune de Paulhan disposerait alors de moyens confortés pour se développer et pour créer des emplois. Notre position en entrée/sortie d'autoroute est un avantage considérable, non exploité à ce jour.

Aussi, d'appendre que l'Association des commerçants, des artisans et des agriculteurs de Paulhan (ACAAP) sollicite la CCC pour aménager la ZAC de Vareilhes afin d'y installer des commerçants de Paulhan, c'est déjà incompatible avec tous les éléments que je viens de décrire, mais c'est aussi une vision rabougrie du développement communal. Paulhan doit-elle avoir sa « petite Salamane » ? Artificialiser des sols pour une piste bitumée de cours de camion-école ou pour des essais de motos Ducati, c'est combien d'emplois créés et quelle attractivité forte pour Paulhan au bord de l'A75 en Cœur d'Hérault ?

Pour des collectivités, le développement économique revêt deux aspects, d'une part la fiscalité qui rentre dans leurs budgets, et d'autre part les emplois générés. Pour la fiscalité des activités économiques, c'est la CCC qui les perçoit, que l'établissement soit à Paulhan, à Canet ou à Clermont l'Hérault. Et cela pose d'ailleurs des problèmes pour certaines communes qui doivent assumer les contraintes liées aux activités économiques, et en l'occurrence sur leurs voiries, sans percevoir le moindre euro de contribution. Aussi, pour une commune, le développement économique doit s'appréhender sous l'angle de l'emploi ; combien de ses habitants pourront travailler sur la commune ? Et dans une période de chômage élevé sur notre territoire, c'est ce qui doit être privilégié par les décideurs politiques. Le constat fait sur la Salamane doit servir d'exemple, car si cette ZAC génère déjà 1 M€ de fiscalité, elle n'a quasiment pas créé d'emploi, alors qu'Alain Cazorla qui avait porté ce projet nous promettait 400 à 500 créations nettes d'emplois :=(