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13/07/2018

Eau en Coeur d'Hérault : peut mieux faire ;-)

Les assemblées d'élus sont des théâtres d'ombres, les acteurs et le scénario ne donnent que les projections très formelles de décisions et de travaux qui se passent en arrière-plan, et très loin. La quasi totalité des élus est alors comme dans la Caverne de Platon (cf. Livre VII de La République), enchaînés face à un mur sur lequel ils ne perçoivent des évènements extérieurs que les ombres et les échos. Et tout comme dans cette célèbre allégorie, il arrive que parfois un(e) élu(e) veuille s'en échapper ; or, le pire n'est pas tant de se confronter au réel, car sa connaissance du monde extérieur est souvent le motif de cette excavernation, mais c'est d'être entendu(e) et cru(e) par ses congénères.

A noter que de la grotte de Lascaux jusqu'au tableau de Guernica, les hommes peignaient la réalité qu'ils voyaient ; ils se contentent désormais de croire en ce qu'on leur montre des réalités qu'ils sont autorisés à voir ... Mais qu'est-ce que l'histoire en retiendra, excepté une exceptionnelle vacuité intellectuelle ?

Je fais cette introduction pour évoquer l'assemblée des délégués du Syndicat de Développement du Pays Cœur d'Hérault de ce vendredi 13 juillet, et à propos du premier point de l'ordre du jour pour désigner un(e) représentant à la Commission Locale de l'Eau (CLE) du fleuve Hérault ; c'était Marie-Christine Bousquet qui représentait jusqu'à présent le SYDEL. Et par un mélange d'approche grégaire et d'usages courtois, c'est à la collectivité d'appartenance de la sortante qu'il revient de lui désigner un successeur. Inutile d'intervenir en séance pour évoquer les missions de la CLE, la place que nous y occupons et les enjeux sur l'eau, de façon à introduire un appel à candidatures sérieux, la décision est forcément prise à l'avance. Et quand un(e) président(e) de séance annonce à son assemblée qu'il(elle) propose telle personne, le vote n'en devient plus qu'une formalité de bienséance. Et c'est donc Frédéric Roig qui a été désigné pour représenter le SYDEL à la CLE.

Coeur d'Hérault, SYDEL, CLE, SMBFH, GEMAPIL'an dernier, alors que les réunions publiques s'enchaînaient à propos de l'enquête publique sur les prélèvements d'eau par le [futur] parc-hôtel et de luxueuses résidences du Golf de Lavagnac, j'avais proposé à ce même Conseil syndical que nous mettions en place un Observatoire de l'eau pour le territoire du Cœur d'Hérault. En effet, la question de l'eau est souvent abordée au niveau communal (dans le petit cycle de l'eau), ou alors à l'échelle de tout un bassin versant (dans le grand cycle de l'eau). Or, les intercommunalités prennent de plus en plus de compétences en ce domaine, et l'échelle intercommunale se révèle la plus pertinente pour gérer l'eau. Des compétences "adduction d'eau potable" aux "eaux usées" en passant par la "gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI)", les citoyens et leurs élus à ces échelles intercommunales doivent nécessairement collaborer étroitement à leurs bonnes mises en œuvre, sans oublier qu'elles pèsent dans les charges des ménages et des entreprises locales.

Coeur d'Hérault, SYDEL, CLE, SMBFH, GEMAPISur le territoire du Cœur d'Hérault, il y a 14 personnes qui siègent à la CLE (sur un total de 48 pour les deux collèges qui les concernent). Or, et à ma connaissance, jamais ces 14 impétrants n'ont pris une initiative commune sur notre territoire pour informer les usagers de l'eau, pour les sensibiliser à ses enjeux, pour les concerter sur les orientations stratégiques, etc. Je reviens sur Lavagnac pour évoquer le fait que le président du Syndicat Mixte du Bassin du Fleuve Hérault (SMBFH), Christophe Morgo, avait suspendu l'avenir [en eau] de ce projet à l'élaboration du Programme de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE) du fleuve Hérault ; ce document directeur devait sortir en décembre 2017 ... Alors il est peut-être sorti, mais dans une discrétion absolue. Il n'y a déjà rien sur le site Web du SMBFH, et je n'en ai plus jamais entendu parler.

Les 14 représentants du Cœur d'Hérault à la Commission Locale de l'Eau du Fleuve Hérault, et à divers titre :

Syndicat de développement du Pays Coeur d'Hérault Frédéric ROIG
Communauté de communes du Lodévois-Larzac Joëlle GOUDAL
Syndicat mixe de gestion du Salagou Bernard GOUJON
Ville de Lodève Pierre LEDUC
Communauté de communes du Clermontais Christian RIGAUD
Conseil départemental de l'Hérault Marie PASSIEUX
Ville de Clermont-l'Hérault Marc DUBOIS
Communauté de communes de la Vallée de l'Hérault Agnès CONSTANT
SIVOM des eaux de la Vallée de l'Hérault Jacky GALABRUN
Région Occitanie Béatrice NEGRIER
Conseil départemental de l'Hérault Jean-François SOTO
Ville de Gignac Olivier SERVEL
ASA du canal de Gignac Jean-Claude BLANC
Régie d'électricité de Gignac Jean-François SOTO

Alors sans tomber dans la paranoïa, mais quand même, je précise que je suis interdit d'instance sur l'eau par la commune de Paulhan et par la Communauté de communes du Clermontais ; totalement blacklisté de toute structure et même de toute réunion où on parle d'eau. Et quand je sors de ma caverne en assemblée communautaire pour intervenir sur l'eau (qui est un sujet que nous aurons de plus en plus à l'ordre du jour), on me précise que tout cela a déjà été discuté au sein des commissions ad hoc ... Circulez y'a rien à voir ;-)

L'eau, sujet tabou ? On s'y baigne, on la boit, on arrose, ... mais derrière le robinet ou sous le ruisseau il y a une ressource de plus en plus critique, autant pour sa quantité que pour sa qualité, et on ne peut pas réduite la participation citoyenne à la facture d'eau ou aux arrêtés préfectoraux en période de sécheresse.

Or nous avons quand même là 14 personnes qui pourraient être des acteurs-relais, entre d'un côté les structures de gestion et leurs techniciens, et de l'autre tous les usagers de l'eau que nous sommes d'ailleurs tou(te)s. Aussi je renouvelle ma proposition de créer un Observatoire de l'Eau sur le Cœur d'Hérault, et je sais que nombre des personnes citées ici y sont sensibles. Après, ce n'est qu'une question de transparence démocratique et de goût pour la concertation citoyenne. Et comme le disait ma grand-mère, « on ne fera pas boire un âne qui n'a pas soif ».

07/07/2018

Vignobles & Découvertes : derrière le label un territoire dynamique en mal de gouvernance

vignoblesdecouvertes.pngJ'ai participé le lundi 4 juin à Saint-Pargoire aux rencontres du label Vignobles & Découvertes. Ce label permet de promouvoir notre viticulture en y associant les professionnels du tourisme que sont les hébergeurs et les restaurateurs.
Obtenu en 2016, avec 80 professionnels adhérents, ce label doit être renouvelé au terme de ses 3 ans. Aujourd'hui, ce sont 115 professionnels qui adhèrent à ce label dans une synergie oenotouristique qui réunit vignerons, hébergeurs et restaurateurs.

Au Château Rieutort ce 4 juin, il y avait près de 80 professionnels venant de tout le territoire du Cœur d'Hérault ; et c'est réjouissant de constater qu'à travers eux, c'est un territoire qui a tout son sens. Qu'ils soient du Clermontais, du Lodévois ou de la Vallée de l'Hérault, ce sont des acteurs économiques qui travaillent déjà très étroitement entre eux, au travers de leurs structures professionnelles. Néanmoins, ils aspirent à encore plus de collaborations actives.

Le mot « identité » a été l'un des plus prononcés lors de cette matinée d'échanges, avec le témoignage de nos voisins du Pays Haut Languedoc & Vignoble, mais aussi avec des participants pour qui l'identité d'un territoire rompt avec cette mondialisation uniformisante dans laquelle personne ne veut plus sombrer. Le Pays Cœur d'Hérault a d'ailleurs ouvert un nouveau site Web qui valorise cette identité territoriale, qui met en valeur tous ses atouts et qui  relaie tous les évènements qui permettent de fidéliser un public qui vient de toute la France, et de toute l'Europe.

Logo_Languedoc_Coeur_Herault.jpg

Mais je voulais aussi revenir sur l'intervention de Claude Carceller, maire de Montpeyroux et vice-président de la Communauté de communes de la Vallée de l'Hérault, qui a plaidé pour que les offices de tourisme des trois intercommunalités du Cœur d'Hérault n'en fasse plus qu'un. En effet, à ce pays Cœur d'Hérault, qui dispose avec ses trois grands sites (Cirque de navacelles, Saint-Guilhem-le-Désert et les gorges de l'Hérault, le lac du Salagou et le cirque de Mourèze) d'un atout unique en France, il manque un outil de promotion plus efficace. D'ailleurs, autant pour les professionnels présents cette unité territoriale est évidente, autant elle reste très lointaine dans la tête des élus locaux.

Et il en va de même pour la culture ! Nous avions une délibération en Conseil communautaire du Clermontais ce mercredi 4 juillet, pour une demande de subvention sur les "Parcours culturels en Cœur d'Hérault (cf. point n°20 en format PDF) ; et même si le "Cœur d'Hérault" abonde dans le texte, cela demeure une grille de lecture très Clermontaise de ces parcours culturels. Or, alors que ce samedi est inauguré le musée Fleury à Lodève, le territoire du Cœur d'Hérault n'a pas de gouvernance culturelle. Et Denis Mallet s'en est exprimé plus d'une fois au sein de nos assemblées locales ...

Logo_Effichronic.jpgJe rajoute que j'assistais ce vendredi 6 juillet à Gignac à la présentation du projet de recherche européen Effichronic (un programme d'éducation à la santé sur cinq pays), et qui réunissait une vingtaine de personnes du secteur médico-social du Cœur d'Hérault. Et là encore je suis étonné que sur un territoire où les acteurs de terrain sont le reflet d'un réel bassin de vie, de près de 80 000 habitants, les structures administratives restent faibles. Alors que nous avons un contrat local de santé avec l'ARS, que sous l'impulsion de Guy Lassalvy et avec le travail remarquable (et de nombreuses fois soulignées ce vendredi soir) de Lauriane Cottel, chargé de mission Santé au SYDEL, des projets majeurs sont portés, presque dans l'ombre, nous aurions besoin d'un outil de gouvernance sur notre territoire où la précarité est significative, aggravée par des problèmes de mobilité en milieu rural.

Les services de l’État et les collectivités territoriales sont en soutien, mais ont abandonné toute prérogative opérationnelle. Alors il est difficile d'envisager de but en blanc une fusion des trois EPCI du Cœur d'Hérault, mais il est urgent de créer des structures ad hoc, thématique par thématique. Cela existe déjà depuis longtemps avec le Syndicat Centre Hérault pour nos déchets ménagers, et plus récemment avec le GECOH qui coordonne les EHPAD du Cœur d'Hérault.

01/06/2018

Notre Coeur d'Hérault Numérique ;-)

Trois mois après la signature officielle de la convention qui lie le Département de l'Hérault à l'entreprise COVAGE pour une délégation de service public (DSP) de 25 ans, tous les héraultais qui résident en dehors de la zone d'initiative privée (autour de Montpellier, Sète et Béziers) peuvent savoir quand, d'ici 2022, leur domicile verra la fibre optique arriver à leur porte > http://numerique.herault.fr/

Rech_Adresse_Deploiement.jpg

Mais ce qui intéresse les acteurs locaux (élus, entrepreneurs, citoyens, associations, ...), c'est d'avoir une vision plus globale à l'échelle d'un territoire du rythme de ce déploiement. Parce que de voir arriver la fibre optique en 2018 ou en 2022, ça ne se gère pas de la même façon ... D'ailleurs les premiers servis vont en quelque sorte "essuyer les plâtres", quand les derniers n'auront plus "qu'à se brancher". En effet, l'arrivée de l'infrastructure à sa porte ne signifie pas qu'il y a des opérateurs prêts à proposer des offres concurrentielles, et il faudra bien un an ou deux pour disposer d'offres commerciales comparables à celles que l'on trouve en zone urbaine.

Sur le Cœur d'Hérault, le déploiement est assez hétérogène ; les 77 communes du territoire seront déployées par vagues sectorielles, mais sans que les communes les plus grosses soient les premières à être raccordées. C'est assez équilibré.

Déploiement_Herault_Numerique.jpg

La méthodologie pour constituer cette carte a été de saisir l'adresse postale de chacune des 77 mairies dans l'interface Web d'Hérault-Numérique (cf. tableau détaillé) ; excepté pour Celles, où les Vailhés sont plus habités que le secteur de la mairie, et pour Clermont-l'Hérault où l'interface ne semble pas connaître de place de la Victoire. Attention, l'année de déploiement attribuée à une commune ne vaut que pour le lieu de sa mairie, et il est fort possible que des bâtiments excentrés soient desservis plus tôt ou plus tard ; la commune d'Aumelas doit en être un bon exemple. D'où la nécessité d'aller sur l'interface Web pour le vérifier.

Aujourd'hui, un citoyen, ou même un maire a très peu de moyens d'actions pour tirer le meilleur parti de ce déploiement, d'où l'intérêt majeur d'appréhender la question à l'échelle intercommunale. Ainsi, pour avoir l'offre la plus diversifiée de la part des opérateurs, il faut que les négociations soient appuyées par les responsables économiques de nos intercommunalités (vice-présidents en charge du développement économique, chargés de mission économie, ...). Et il en est de même pour les usages. Nous constatons comme le numérique modifie nos comportements de consommateurs, consommateurs de biens comme de services, et là il y a de l'information à faire auprès des publics. Je pense par exemple à la télémédecine, où demain nous nous ferons ausculter par une webcam et l'ordonnance du médecin sera directement transmise à notre pharmacien ; le médecin, lui, sera à Montpellier ou sur une île des Antilles ;-)

Et puis il y a aussi le numérique comme atout de développement économique. Un cabinet d'architectes, une start-up de chercheurs, une structure artistique, ... pourront résider dans des communes très rurales, mais seront à un clic du monde entier pour leurs activités professionnelles. Le tourisme en sera aussi un grand bénéficiaire. Le marché immobilier y gagnera aussi et des bâtiments au passé industriel notoire pourraient y retrouver une seconde vie ; je pense par exemple aux caves coopératives.

D'ici 2022, il y aura 2020 et les élections locales ; une étape-clé pour que ce réseau de fibre optique ne reste pas qu'une simple infrastructure technologique, mais qu'il devienne un atout majeur pour le développement du Cœur d'Hérault.