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24/06/2012

Quelle alternative au béton en Coeur d'Hérault ?

Maintenant que la plate-forme logistique du groupe Système U sort de terre et qu'elle s'offre à nos yeux, j'entends de plus en plus de gens me dire que "c'est moche" ... Il y a les vignes, et puis au loin cet immense bâtiment qui tranche dans le paysage, mais aussi dans l'histoire de ce territoire.

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Cette note me permet de faire le lien avec la précédente sur la "croissance économique durable". Oui, la Salamane incarne bien ce modèle pour lequel la nature n'est qu'une ressource dans la main de l'homme. Le ruban bitumeux d'une autoroute, des camions et des plates-formes logistiques, est-ce là le seul projet de société que l'on puisse transmettre à nos enfants ?

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Mercredi prochain, le Conseil Communautaire votera la vente d'une parcelle de 2,5 ha de la ZAC de la Salamane à la société SOCAH de Clermont l'Hérault pour y implanter un entrepôt. Ce type d'activité semble être la seule perspective qui soit portée par la Communauté de Communes ; c'est déprimant !

Mais à quelques kilomètres de là, au lieu-dit Cambous au bord de la Lergue entre Brignac et St-André de Sangonis, une agricultrice installée depuis le début de l'année organisait ce week-end une journée portes ouvertes pour faire découvrir son exploitation et ses produits bio. Elsa a acheté cette parcelle de 2 ha, dont elle n'exploite aujourd'hui qu'un demi hectare ; elle vend ses produits sur site le vendredi après-midi.

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Ce projet est-il meilleur que celui de la Salamane ? Ca dépend selon quels critères, mais pourquoi rendre ces deux projets antagonistes ? Pourquoi les communes, les communautés de communes et le Pays Coeur d'Hérault ne s'engagent-ils pas résolument dans un soutien opérationnel de l'agriculture ? Que ce soit sur le volet foncier, sur l'accompagnement commercial ou encore sur le financement des structures d'aide à l'installation, cette filière agricole doit être promue fortement.

12/06/2012

La logistique d'Intermarché se réorganise sans se soucier des politiques publiques locales en faveur de l'activité économique

Midi Libre nous informe cette semaine (cf. article) que le Groupe Intermarché va réorganiser l'implantation de ses entrepôts logistiques. Cela touche 10.000 salariés pour une quarantaine de plate-formes logistiques à l'échelle nationale, et dans notre région les entrepôs de Pézenas et de Narbonne devraient voir leur activité transférée.

C'est dire combien les dirigeants de ces entreprises de la grande distribution se moquent de l'impact de leurs stratégies internes sur l'activité économique des bassins d'emploi sur lesquels ils s'implantent. Mais cela démontre aussi l'aveuglement des pouvoirs publics et des collectivités locales qui continuent à leur dérouler le tapis rouge dans des visions à très très court terme.

Et je ne peux donc pas oublier la ZAC de la Salamane où Système U réalise là une opération foncière et financière qui répond à un business-plan programmé pour quelques années ; mais rien ne dit que dans 5, 10, 15 ou 20 ans ils ne réorganiserons pas leur activité en abandonnant leur plate-forme de la Salamane.

Or, quand on regarde ce qui constituent les principaux axes de développement économique sur le Coeur d'Hérault, à savoir l'agriculture, le tourisme, l'artisanat et les activités de service, et bien il faut investir au maximum pour les dynamiser. Si on veut créer de l'emploi pérenne et si on veut que la richesse produite localement serve notre territoire, alors il faut se focaliser sur la formation, sur le soutien à la création (et à la reprise) d'activité et sur l'économie verte (énergies renouvelables, isolation des logements, transports, ...).

Aujourd'hui, les collectivités locales du Coeur d'Hérault ne sont pas suffisamment concentrées sur ces enjeux. Ainsi, la démarche SCoT lancée par le Pays Coeur d'Hérault se met lentement en place, et sans le Lodévois-Larzac. Mais des élections locales auront lieu au printemps 2014, voilà une excellente opportunité à saisir pour faire des propositions responsables.

31/05/2012

Le Clermontais mise sur la médiation scolaire pour la transmission de valeurs humanistes et non violentes. Et si on essayait le sport ou le théâtre ?

La communauté de communes organisait ce mercredi au cinéma Alain Resnais à Clermont l'Hérault une projection de films documentaires sur l'enfance, suivie d'un débat et de la remise des diplômes aux médiateurs scolaires de l'école primaire de Canet.

Les deux courts-métrages présentés relataient la place des enfants dans des situations de détresse ("L'ordre des choses", de Rémy Talamet) ou de conflits mineurs (témoignages recueillis par le CISPD sur la médiation scolaire sur le Clermontais). A 9 ou 10 ans, un enfant doit s'éveiller à la vie, et cela passe par le jeu, par l'école, par le sport, par la famille, etc. Qu'à cet âge un enfant se préoccupe d'un parent handicapé ou qu'il gère les petits conflits à l'école n'est pas naturel ; cela peut lui apporter une maturité précoce, voire même trop précoce, mais cela peut aussi le rendre vulnérable dans une société extra-scolaire qui n'aurait pas adopté les mêmes codes.

Et le débat a permis de pointer les limites de cet exercice de médiation scolaire, essentiellement quand ces enfants entrent au collège. Certains ex-médiateurs ont acquis une assurance qui les rend plus dominateurs, et d'autres ex-médiateurs sont désarmés quand la gestion non violente des conflits se heurte à des adolescents très turbulents.

Alors que l'ancienne principale du Collège du Salagou était opposée à la médiation au sein de son établissement, son remplaçant en a accepté l'idée et cela démarre cette année avec les 6èmes. Pascale Anterrieu, la coordinatrice du CISPD, a bien précisé que le Clermontais était un cas exceptionnel de médiation scolaire. Si partout ailleurs cela se fait à l'échelle d'un établissement scolaire, et avec d'excellents résultats, seule la Communauté de Communes du Clermontais porte l'ambition de généraliser la médiation scolaire à tous les établissements de son territoire intercommunal.

Il faudra certainement un recul de plusieurs années pour établir le diagnostic de cette démarche. Et si elle est louable sur le fond, il faut rester vigilants sur l'impact qu'elle peut avoir sur les enfants. Les enfants et les parents qui ont témoigné dans le film documentaire évoquent le changement de comportement de l'enfant qui se responsabilise, qui formalise, qui communique et qui apprend ainsi à devenir citoyen. Mais faut-il un brassard ou un diplôme de médiateur pour cela ?

Le sport est une activité qui transmet des valeurs de respect, de partage, de non violence, de tolérance et d'équité. Je regrette que la Communauté de Communes ne porte pas un projet qui valorise mieux le rôle du sport dans l'éveil de l'enfant. Et pourtant, la Communauté de Communes s'invesit beaucoup dans ce domaine auprès des scolaires.

Le théâtre, le chant, la danse et de nombreuses disciplines artistiques permettent aux enfants de "jouer des rôles", et ainsi de s'ouvrir à d'autres interactions sociales. Je regrette là aussi que les acteurs locaux (élus, associations, parents, enseignants, institutionnels, ...) ne puissent pas offrir de telles perspectives aux enfants des écoles.

Avec la médiation scolaire, j'estime que nous collons notre organisation d'adultes à un monde d'enfants qui aspirent à plus d'insouciance. Une formation de 15 heures, un planning de rotation des médiateurs, des rapports, un permis à points, un brassard, un diplôme, ... On y ajoute un contrat de travail et une fiche de paye, et ils passent directement au statut de salarié dans une entreprise qui se satisfera d'un tel sens des responsabilités ;-)

Or, il faut aussi apprendre aux enfants à se confronter, à lutter et à gérer des rapports de force. La compétition sportive peut leur en donner l'occasion, et les animateurs de clubs sportifs savent très bien faire passer ces messages. Quant au théâtre, il conduit à la dérision, à la critique et c'est un exutoire idéal pour s'indigner ou pour résister autrement que par la violence.

00:33 Publié dans CCC, Education | Lien permanent | Commentaires (0)