Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

31/05/2012

Le Clermontais mise sur la médiation scolaire pour la transmission de valeurs humanistes et non violentes. Et si on essayait le sport ou le théâtre ?

La communauté de communes organisait ce mercredi au cinéma Alain Resnais à Clermont l'Hérault une projection de films documentaires sur l'enfance, suivie d'un débat et de la remise des diplômes aux médiateurs scolaires de l'école primaire de Canet.

Les deux courts-métrages présentés relataient la place des enfants dans des situations de détresse ("L'ordre des choses", de Rémy Talamet) ou de conflits mineurs (témoignages recueillis par le CISPD sur la médiation scolaire sur le Clermontais). A 9 ou 10 ans, un enfant doit s'éveiller à la vie, et cela passe par le jeu, par l'école, par le sport, par la famille, etc. Qu'à cet âge un enfant se préoccupe d'un parent handicapé ou qu'il gère les petits conflits à l'école n'est pas naturel ; cela peut lui apporter une maturité précoce, voire même trop précoce, mais cela peut aussi le rendre vulnérable dans une société extra-scolaire qui n'aurait pas adopté les mêmes codes.

Et le débat a permis de pointer les limites de cet exercice de médiation scolaire, essentiellement quand ces enfants entrent au collège. Certains ex-médiateurs ont acquis une assurance qui les rend plus dominateurs, et d'autres ex-médiateurs sont désarmés quand la gestion non violente des conflits se heurte à des adolescents très turbulents.

Alors que l'ancienne principale du Collège du Salagou était opposée à la médiation au sein de son établissement, son remplaçant en a accepté l'idée et cela démarre cette année avec les 6èmes. Pascale Anterrieu, la coordinatrice du CISPD, a bien précisé que le Clermontais était un cas exceptionnel de médiation scolaire. Si partout ailleurs cela se fait à l'échelle d'un établissement scolaire, et avec d'excellents résultats, seule la Communauté de Communes du Clermontais porte l'ambition de généraliser la médiation scolaire à tous les établissements de son territoire intercommunal.

Il faudra certainement un recul de plusieurs années pour établir le diagnostic de cette démarche. Et si elle est louable sur le fond, il faut rester vigilants sur l'impact qu'elle peut avoir sur les enfants. Les enfants et les parents qui ont témoigné dans le film documentaire évoquent le changement de comportement de l'enfant qui se responsabilise, qui formalise, qui communique et qui apprend ainsi à devenir citoyen. Mais faut-il un brassard ou un diplôme de médiateur pour cela ?

Le sport est une activité qui transmet des valeurs de respect, de partage, de non violence, de tolérance et d'équité. Je regrette que la Communauté de Communes ne porte pas un projet qui valorise mieux le rôle du sport dans l'éveil de l'enfant. Et pourtant, la Communauté de Communes s'invesit beaucoup dans ce domaine auprès des scolaires.

Le théâtre, le chant, la danse et de nombreuses disciplines artistiques permettent aux enfants de "jouer des rôles", et ainsi de s'ouvrir à d'autres interactions sociales. Je regrette là aussi que les acteurs locaux (élus, associations, parents, enseignants, institutionnels, ...) ne puissent pas offrir de telles perspectives aux enfants des écoles.

Avec la médiation scolaire, j'estime que nous collons notre organisation d'adultes à un monde d'enfants qui aspirent à plus d'insouciance. Une formation de 15 heures, un planning de rotation des médiateurs, des rapports, un permis à points, un brassard, un diplôme, ... On y ajoute un contrat de travail et une fiche de paye, et ils passent directement au statut de salarié dans une entreprise qui se satisfera d'un tel sens des responsabilités ;-)

Or, il faut aussi apprendre aux enfants à se confronter, à lutter et à gérer des rapports de force. La compétition sportive peut leur en donner l'occasion, et les animateurs de clubs sportifs savent très bien faire passer ces messages. Quant au théâtre, il conduit à la dérision, à la critique et c'est un exutoire idéal pour s'indigner ou pour résister autrement que par la violence.

00:33 Publié dans CCC, Education | Lien permanent | Commentaires (0)

26/05/2012

Un pavillon bleu sur le Salagou, bravo à la commune de Clermont l'Hérault !

Je l'ai évoqué ici sur mon blog il y a deux ans et je l'ai abordé sur sein du Syndicat de Gestion du Salagou où je siège, le lac du Salagou disposait de tous les critères pour obtenir un label Pavillon bleu ; je me félicite donc que le dossier déposé par la commune de Clermont l'Hérault ait abouti.

Ce Pavillon bleu est avant tout le témoignage de la qualité environnementale du site et il rend hommage à tous ceux qui oeuvrent au quotidien pour que le lac du Salagou conserve ses caractéristiques qui en font un site classé et attractif. Et sur le plan touristique, ce label va bénéficier à un secteur économique très dynamique en Coeur d'Hérault.

Il reste désormais à toutes les communes du Salagou de déposer un dossier, car ce label ne peut pas être attribué à un site dans son ensemble.

07/04/2012

Salamane : Cazorla et Papin n'auraient-ils pas mis la charrue avant les boeufs ?

Alors que engins de chantier ne cessent de creuser, d'aplanir ou de niveler la plaine de la Salamane dans tous les sens, prédisant ainsi l'imminence d'une activité commerciale autour de la plate-forme logistique de Système U, il reste néanmoins des opérations moins spectaculaires mais tout aussi essentielles à engager.

Une première opération qui figure dans l'ordre du jour des dernières séances des conseils municipaux de Brignac et de Clermont l'Hérault, c'est l'aménagement routier entre le giratoire de l'A75 et l'entrée de Brignac ; une concertation publique est prévue avec les services du Département. Il est certain que les deux giratoires de l'A75 vont nécessiter des aménagements, surtout celui qui est du côté de la Salamane. Et c'est toute la gestion du trafic sur la RD2 qui est posée ... Le Conseil général fera-t-il tous les aménagements engendrés par la ZAC ? Il y a un giratoire à créer à la croix blanche (limite entre les deux communes de Canet et de Clermont l'Hérault), il y a un élargissement de la chaussée à réaliser et il faut en même temps respecter les exigences paysagères inscrites dans le projet de ZAC.

Autre opération importante, c'est l'adduction en eau potable de la ZAC de la Salamane. La communauté de communes a délibéré en février pour prendre la maîtrise d'ouvrage des travaux d'accroissement du réseau (création d'un réservoir de 750 m3 sur Clermont l'Hérault, réalisation d'une conduite d'alimentation de ce nouveau réservoir à partir du refoulement du Mas de Mare à Brignac, reconfiguration du réseau de distribution). La communauté finance ces travaux, mais les ouvrages ainsi créés seront rétrocédés au SEPAC (Syndicat d'Eau Potable et d'Assainissement Collectif) des communes de Clermont l'Hérault, de Nébian et de Villeneuvette. Au titre de la loi sur l'eau, une enquête publique est ouverte du 16 avril au 21 mai 2012.

On s'aperçoit, au travers de ces opérations connexes à la réalisation de la ZAC de la Salamane, qu'il y a une absence totale de vision à moyen et long terme sur le développement urbain de ce territoire. On pompe de l'eau ici, on étale du bitume à côté ... mais ça conduit où ? Un périmètre de SCOT (Schéma de Cohérence et d'Organsiation Territoriale) a été arrêté sur les territoires des communautés de communes du Clermontais et de la Vallée de l'Hérault, mais ce SCOT ne sera pas rendu opposable avant 2 ou 3 ans ! D'ici là, le Coeur d'Hérault aura été investi par des projets urbains incompatibles avec un développement durable du territoire.

11:01 Publié dans CCC, Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0)