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28/06/2012

Communauté de Communes : Hausse des impôts locaux à prévoir en 2013.

Aux informations relatives à l'ordre du jour du Conseil Communautaire de ce mercredi 27 juin à Cabrières, le Président de la Communauté a éclairé les délégués sur deux questions qui lui ont été posées (car autrement nous n'en saurions toujours rien ;-).

La première question de Christian Bilhac portait sur un courrier adressé par Alain Cazorla à tous les maires de la Communauté pour leur annoncer la suppression du service de police rurale. Comme l'un des deux gardes-champêtres a demandé un congé bonifié et qu'il est plutôt onéreux de le remplacer, le Président Cazorla a préféré reléguer le second garde-champêtre au service des déchets ménagers. Les maires des communes rurales ont vivement réagi hier soir, car ces garde-champêtre intercommunaux étaient là pour faire appliquer les arrêtés des élus, mais aussi par exemple pour dresser des procès-verbaux de conformité en matière d'urbanisme. Autour du Salagou, cette police rurale était assermentée pour verbaliser les délits (véhicules à moteur, stationnements, camping sauvage, ...). Et quand Christian Bilhac a proposé au Président de solliciter le Centre de Gestion pour effectuer un recrutement, ce dernier a rétorqué que même le Centre de Gestion avait un coût.

C'est moi qui ait posé la seconde question sur la piscine de Clermont l'Hérault dont nous n'entendions plus du tout parler depuis deux ou trois réunions de l'assemblée communautaire. Et Alain Cazorla nous a informé qu'il avait décidé de fermer définitivement la piscine de Clermont l'Hérault. Il a expliqué que l'ouverture pour deux mois de cet équipement coûtait 120 000 euros, et que la proximité sur Clermont l'Hérault du Centre Aquatique lui permettait de faire cette économie.

Mais c'est autour du FPIC (*) que cette session de l'assemblée communautaire a mis en évidence les conflits d'intérêts entre les communes et l'intercommuanlité. Voilà en effet qu'au détour d'une loi de finances votée à l'Assemblée Nationale en décembre 2011, c'est une recette nouvelle de plus de 129 000 euros qui arrive dans le budget de la communauté. Mais la loi de finance prévoit qu'en droit commun cette dotation soit répartie entre la communauté de communes et ses communes membres. Seule façon d'y déroger, présenter un scénario dérogatoire voté à l'unanimité. Or, les communes ont aussi besoin de cet argent et elles ne voyaient pas toutes d'un bon oeil être délestée du reversement de droit. Alain Cazorla a donc fait travailler ses services pour que soit présenté en séance un "Projet Jeunes" destiné aux ados de 12 à 16 ans, et qui coûe exactement 129 000 euros ;-)

Il n'était même pas nécessaire que le projet soit présenté car de nombreux délégués de Canet, de Péret et Paulhan avaient déjà annoncé qu'ils voteraient contre. Et ça n'a pas raté, quelques mains levées en contre ont vite convaincu le Président Cazorla de renoncer à son hold-up communautaire.

Ces quelques épisodes de la séances de Cabrières révèlent la fragilité des finances de la Communauté. Derrière des investissements colossaux (Salamane, Estagnol, Centre Aquatique) qui endettent les futures générations, ce sont les habitants actuels du Clermontais qui payent la facture. Et Christian Bilhac a ennoncé hier en séance le détail des feuilles d'impôts locaux où la colonne "Intercommunalité" prend le dessus sur la colonne "Commune", mais sans la contre-partie attendue. Et d'ici à ce que l'an prochain Alain Cazorla fasse voter une augmentation des impôts ... je n'en serai pas surpris.

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(*) Fond national de Péréquation des ressources Intercommunale et Communales : mécanisme national au travers duquel les collectivités locales les plus riches abondent un fond qui est reversé aux collectivités les moins riches.

14:02 Publié dans CCC | Lien permanent | Commentaires (1)

24/06/2012

Quelle alternative au béton en Coeur d'Hérault ?

Maintenant que la plate-forme logistique du groupe Système U sort de terre et qu'elle s'offre à nos yeux, j'entends de plus en plus de gens me dire que "c'est moche" ... Il y a les vignes, et puis au loin cet immense bâtiment qui tranche dans le paysage, mais aussi dans l'histoire de ce territoire.

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Cette note me permet de faire le lien avec la précédente sur la "croissance économique durable". Oui, la Salamane incarne bien ce modèle pour lequel la nature n'est qu'une ressource dans la main de l'homme. Le ruban bitumeux d'une autoroute, des camions et des plates-formes logistiques, est-ce là le seul projet de société que l'on puisse transmettre à nos enfants ?

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Mercredi prochain, le Conseil Communautaire votera la vente d'une parcelle de 2,5 ha de la ZAC de la Salamane à la société SOCAH de Clermont l'Hérault pour y implanter un entrepôt. Ce type d'activité semble être la seule perspective qui soit portée par la Communauté de Communes ; c'est déprimant !

Mais à quelques kilomètres de là, au lieu-dit Cambous au bord de la Lergue entre Brignac et St-André de Sangonis, une agricultrice installée depuis le début de l'année organisait ce week-end une journée portes ouvertes pour faire découvrir son exploitation et ses produits bio. Elsa a acheté cette parcelle de 2 ha, dont elle n'exploite aujourd'hui qu'un demi hectare ; elle vend ses produits sur site le vendredi après-midi.

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Ce projet est-il meilleur que celui de la Salamane ? Ca dépend selon quels critères, mais pourquoi rendre ces deux projets antagonistes ? Pourquoi les communes, les communautés de communes et le Pays Coeur d'Hérault ne s'engagent-ils pas résolument dans un soutien opérationnel de l'agriculture ? Que ce soit sur le volet foncier, sur l'accompagnement commercial ou encore sur le financement des structures d'aide à l'installation, cette filière agricole doit être promue fortement.

12/06/2012

La logistique d'Intermarché se réorganise sans se soucier des politiques publiques locales en faveur de l'activité économique

Midi Libre nous informe cette semaine (cf. article) que le Groupe Intermarché va réorganiser l'implantation de ses entrepôts logistiques. Cela touche 10.000 salariés pour une quarantaine de plate-formes logistiques à l'échelle nationale, et dans notre région les entrepôs de Pézenas et de Narbonne devraient voir leur activité transférée.

C'est dire combien les dirigeants de ces entreprises de la grande distribution se moquent de l'impact de leurs stratégies internes sur l'activité économique des bassins d'emploi sur lesquels ils s'implantent. Mais cela démontre aussi l'aveuglement des pouvoirs publics et des collectivités locales qui continuent à leur dérouler le tapis rouge dans des visions à très très court terme.

Et je ne peux donc pas oublier la ZAC de la Salamane où Système U réalise là une opération foncière et financière qui répond à un business-plan programmé pour quelques années ; mais rien ne dit que dans 5, 10, 15 ou 20 ans ils ne réorganiserons pas leur activité en abandonnant leur plate-forme de la Salamane.

Or, quand on regarde ce qui constituent les principaux axes de développement économique sur le Coeur d'Hérault, à savoir l'agriculture, le tourisme, l'artisanat et les activités de service, et bien il faut investir au maximum pour les dynamiser. Si on veut créer de l'emploi pérenne et si on veut que la richesse produite localement serve notre territoire, alors il faut se focaliser sur la formation, sur le soutien à la création (et à la reprise) d'activité et sur l'économie verte (énergies renouvelables, isolation des logements, transports, ...).

Aujourd'hui, les collectivités locales du Coeur d'Hérault ne sont pas suffisamment concentrées sur ces enjeux. Ainsi, la démarche SCoT lancée par le Pays Coeur d'Hérault se met lentement en place, et sans le Lodévois-Larzac. Mais des élections locales auront lieu au printemps 2014, voilà une excellente opportunité à saisir pour faire des propositions responsables.