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20/04/2013

L'agriculture reste un sujet d'études sur le Coeur d'Hérault ...

Plusieurs bonnes nouvelles sont arrivées ces dernières semaines, les collectivités territoriales donnant un bon coup d'accélérateur au développement des filières agricoles. La première, et je l'évoquais dans une précédente note, c'est le prêt à taux zéro mis en place par Thau Initiative, un dispositif qui permet à des agriculteurs de reprendre une exploitation ou de s'équiper, avec un prêt sur 5 ans qui fait aussi effet levier auprès des autres financeurs.

La seconde information (cf. Midi Libre) vient de l'Agglomération Hérault-Méditérannée qui propose à côté de Pézenas un îlot foncier de 14 hectares où pourra se développer un hameau agricole. Les agriculteurs pourront bâtir, à côté de leurs parcelles de fruits et légumes, des bâtiments pour le stockage, la transformation et le conditionnement de produits destinés à des circuits courts.

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Enfin, c'est le Conseil général qui amène la cerise sur le gâteau avec le projet Agrilocal ; c'est une plate-forme Internet départementale de mise en relation directe entre producteurs et acheteurs publics (lycées, collèges, écoles, maisons de retraite, hôpitaux, ...). Les collectivités locales et les établissements publics sont soumis à un code des marchés publics qui les obligent à mettre en concurrence leurs fournisseurs dès le premier euro dépensé ; cette plate-forme Agrilocal offrira des fonctions de commande publique en ligne, ce qui facilitera énormément le travail des responsables de marchés publics et qui donnera un accès plus facile aux marchés publics pour des professionnels qui n'ont vraiment pas le temps de répondre à un appel d'offres.

Alors que faisons-nous sur le Coeur d'Hérault pour agir ? D'abord des études ... Hier après-midi, en réunion du comité syndical du Pays Coeur d'Hérault, et dans le cadre du SCOT, les délégués ont par exemple adopté une délibération pour une étude complémentaire sur les problématiques et sur le foncier agricole. En parallèle, la mise à jour de la charte de développement du Pays donne lieu à des travaux complémentaires sur l'agriculture. Beaucoup d'études, mais la filière ne bénéficie d'aucun soutien concret pour se développer ... Alors que la plaine de l'Hérault comme les massifs du Lodévois sont propices aux activités de maraîchage, d'élevage, d'arboriculture et céréalières.

Il est très frustrant de constater un tel immobilisme, alors que les anciens ont été si audacieux. Le canal de Gignac a été construit à la fin du 19ème siècle pour irriguer 3.000 ha de terres agricoles ; et avec les moyens techniques et les financements de l'époque !

Canal_Gignac_fin_19eme.JPG

Au milieu du 20ème siècle, c'est le barrage du Salagou qui permettait de créer un réservoir de 125 millions de mètres cube d'eau destinés initialement à irriguer les terres agricoles en aval le long de l'Hérault.

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Aujourd'hui, il semble que nous n'ayons plus aucune ambition collective sur le Coeur d'Hérault. En dehors d'attirer de nouvelles populations et des touristes, profitant ainsi d'une situation géographique et patrimoniale exceptionnelle, aucun projet structurant pour les générations futures n'est envisagé :=(

12/04/2013

Prêt à taux zéro pour s'installer en agriculture, cette initiative des collectivités du bassin de Thau est excellente

Le quotidien l'Hérault du jour, dans son édition du 12 avril, dévoile un dispositif innovant et ambitieux pris par les collectivités locales du bassin de Thau (Thau Agglomération et Communauté de Communes du Nord du Bassin de Thau), et aidé par le Conseil général et par des partenaires financiers, pour aider financièrement des personnes qui veulent s'installer en agriculture. Au travers d'Initative Thau, une plate-forme d'initiatives locales, les porteurs de projets agricoles pourront bénéficier d'un prêt à taux zéro d'une durée de 5 ans et pour un montant allant de 5.000 € à 20.000 €.

L'expérience d'Initiative Thau témoigne que des projets correctement accompagnés sont pérennes, mais aussi que la qualité de cet accompagnement rassure les financeurs privés. Un porteur de projet peut ainsi obtenir un prêt de 5 à 6 fois plus élevé, parce que son dossier a été approuvé par un comité d'experts.

Pour les collectivités locales et leurs partenaires, c'est un fond d'environ 100.000 € qu'il faut mobiliser en 2013. Leur situation budgétaire n'est pourtant pas propice à ce genre de défi, mais c'est une initiative que je salue. Et il faut la répliquer le plus possible sur les autres territoires de la région, je pense en particulier au Clermontais et au Coeur d'Hérault dont le potentiel agricole est laissé en jachère.

La France a depuis longtemps cultivé un développement fondé sur la consommation des ménages et des entreprises, à l'inverse de l'Allemagne qui se développe au travers de ses outils de production. L'agriculture, surtout quand elle est en circuit court, avance sur ses deux jambes, la production et la consommation, et il faut donc aider ces deux facettes de l'économie agricole.

Personnellement, je souhaite porter un projet de développement de zones d'activités agricoles, à l'instar des ZAE où s'installent les commerces et les artisans. L'agriculture est un volet économique que nos communautés de communes négligent trop souvent, alors qu'un quart des entreprises du Coeur d'Hérault sont des établissements agricoles (avec ou sans salarié).

En tous cas, et dans un climat de sinistrose, ce genre d'info met du baume au coeur ;-)

10/04/2013

Le Coeur d'Hérault doit changer de braquet !

A l'instar d'Hadj Madani dont les propos étaient rapportés dans les colonnes du Midi Libre de mardi 9 avril, il m'apparaît aussi que le Coeur d'Hérault est en panne. Le premier adjoint au Maire de Lodève compte sur une fusion des trois communautés de communes (Lodévois/Larzac, Vallée de l'Hérault et Clermontais) pour disposer d'une structure efficiente ; il a totalement raison et je m'en suis déjà expliqué sur mon blog. Surtout qu'avec l'évolution du mode de scrutin des communautés de communes (fléché en 2014 et certainement au suffrage universel direct en 2020), une même intercommunalité pour les 77 communes du Coeur d'Hérault serait en lien direct avec les préoccupations de ses 73.300 habitants.

Aujourd'hui, un Pays s'ajoute à trois communautés de communes, mais il faut aussi compter sur de nombreux syndicats mixtes. En réunissant le tout sous un même toit, le Coeur d'Hérault ferait d'importantes économies de fonctionnement ! Mais la dispersion des structures éloigne surtout les habitants des mandats qu'exercent leurs élus, et les élus eux-mêmes sont pris dans une spirale chronophage qui ne leur permet plus d'informer et de faire de la pédagogie. La réforme des rythmes scolaires en témoigne, mais c'était aussi le cas pour les réformes de la fiscalité locale ou pour l'impact du Grenelle de l'environnement sur le code de l'urbanisme.

L'autre point de vue sur lequel je rejoins Hadj Madani, c'est la nécessaire participation de la société civile dans les équipes municipales. Il faut sortir des clivages politiciens pour s'attacher à entendre et à répondre aux besoins de nos concitoyens. La classe politique s'est totalement disqualifiée depuis quelques années, au travers des affaires, et nous avons besoin de revenir à une relation de proximité sincère et vraie. Or, les élus locaux que je côtoie sont dévoués, ils ne comptent pas leur temps et ils ne cherchent pas une carrière en politique ; ils viennent d'ailleurs bien souvent du milieu associatif où l'on retrouve le même état d'esprit.

A Lodève comme à Paulhan, et dans toutes les communes du Coeur d'Hérault, les habitants sont attachés à leur territoire, ses paysages, son patrimoine et à ses activités. Le retour à l'emploi, la création ou la rénovation de logements, la solidarité envers les plus fragiles, les questions de mobilité et la qualité de vie sont des préoccupations largement partagées, mais il manque des espaces de projets. Les politiques publiques engagées par les grosses communes du territoire et par les principales intercommunalités sont bancales et elles subissent l'éparpillement des responsabilités. Si je prends le cas de la formation professionnelle, il est clair qu'elle n'est pas en phase avec le potentiel de développement économique du Coeur d'Hérault. Combien d'établissements de formation en hôtellerie, en tourisme, en agriculture ou dans les métiers des services à la personne ?

Quand nous regardons vers Montpellier, et demain nous aurons la métropole de Montpellier, toute l'aire urbaine de Montpellier semble se développer de façon cohérente. Il y a des pépinières d'entreprises ou des parcs d'activités répartis sur tout le territoire, le tramway accroît chaque année le maillage des communes membres, des équipements tels que des médiathèques, des crêches ou des piscines se développent de façon homogène. Je ne dis pas que c'est l'idéal et ça tiraille sur bien des sujets, je pense par exemple à l'usine de méthanisation ou à la délégation de service public pour l'eau potable, mais les habitants de l'agglomération de Montpellier sont depuis 35 ans dans une dynamique de projets qui se perpétue.

Je ne crois pas moi non plus dans la femme ou dans l'homme providentiel qui sortira le Coeur d'Hérault de sa létargie, ni même dans telle grosse commune qui serait une locomotive pour toutes les autres, je préfère miser sur des compétences, sur des ressources et sur des mobilisations en réseau. Au travers des nombreuses associations que je rencontre sur le Coeur d'Hérault, et la mobilisation contre la Salamane m'en a révélé de nombreuses, je sais qu'il y a un potentiel énorme ; l'association de configuration du Pays Coeur d'Hérault qui a produit la charte de Pays il y a 10 ans en était un embryon. Mais il faut recréer du lien et faire vivre ce réseau à construire.

Et puis nous devons surtout penser le territoire du Coeur d'Hérault au travers de sa capacité de résilience. Les infrastructures routières, le potentiel ferroviaire et l'espace agricole sont quelques-uns des atouts à mobiliser. Je serai donc un peu moins à l'heure du bilan que mon collègue de Lodève, mais surtout dans une logique de projets partagés.