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03/06/2018

Fonction publique, ne poussons pas le bouchon trop loin ...

C'est à l'occasion du débat sur le premier point de l'ordre du jour de la commission des moyens généraux de la CCC, le 23 mai, à savoir la convention de gestion avec le Département de l'Hérault pour le Salagou, que la question de la base nautique a suscité des échanges nourris. Ce débat avait déjà été esquissé début 2017 lorsque la CCC a pris la compétence Activités de Pleine Nature (APN) ; il s'agit du devenir de la base nautique qui contribue largement à l'attractivité du Salagou.

Comment se pose ce débat ? La base de plein air du Salagou est une association dont l'équipe permanente se compose de quatre personnes et qui est totalement autonome pour définir sa stratégie de développement, ses investissements, ses recrutements saisonniers, ses tarifs, etc. Actuellement, l'association bénéficie d'une subvention de fonctionnement de la part de la commune de Clermont-l'Hérault (20 500 € en 2014, 18 000 € en 2015).

Ce que propose le président Lacroix, mais le débat en commission était « totalement gratuit » pour lui, c'est que pour que la Communauté de communes exerce le mieux possible cette compétence des activités de pleine nature, il faudrait intégrer l'association dans le giron de la CCC. Cela signifie que le personnel de l'association deviendrait du personnel intercommunal, et que toute la gestion de la base nautique relèverait de la CCC. Les élus présents en commission ont évoqué les lourdeurs inhérentes à une gestion publique (une régie de recette pour percevoir des paiements, des délibérations en assemblée pour voter des tarifs, un régime indemnitaire (RIFSEEP) très administratif, le code des marchés publics pour investir, etc. Ce à quoi le président Lacroix oppose le poids d'un EPCI pour porter plus efficacement le développement des activités nautiques sur le Salagou.

Sauf qu'à y regarder de plus près, les autres EPCI qui ont des bases nautiques sur leur territoire (Pays de l'Or, Agglo de Sète, Agglo Hérault Méditerranée, ...) ne gèrent pas eux-mêmes ces activités. Une délégation de service public (DSP) semble être le dispositif le plus approprié, la CCC pouvant confier à l'association la gestion de la base nautique avec une convention d'objectifs appropriée. Regardons par exemple ce que nous coûte chaque année le centre aquatique (1,36 M€ de subvention d'équilibre en 2017), alors qu'une DSP aurait permis de mieux maîtriser ce budget annexe ...

Et puis le contexte national ne cesse de pointer du doigt les soi-disant gabegies des collectivités locales. La gestion inflationniste des ressources humaines est un  angle d'attaque couru, le gouvernement impose un plafond +1,2% dans l'augmentation annuelle du budget de fonctionnement, le statut de la fonction publique est sur le grill, etc. Alors est-il opportun d'alimenter la polémique ?

Les_Municipaux_Au_Salagou.jpg

C'est important que ce débat ne soit pas réservé qu'à un cénacle d'élus, et qu'au contraire il nous interpelle toutes et tous comme citoyens.

30/05/2018

CCC - Vente des établissements Salasc et subventions 2018, c'est non ! Enfin, pour moi ...

Ce mercredi 30 mai en Conseil communautaire du Clermontais, je me suis abstenu sur deux points de l'ordre du jour, le premier concernait le Programme Régional de Santé Occitanie 2018-2022 et le second la charte forestière du territoire du Cœur d'Hérault. Pourquoi m'être abstenu alors que ce sont des projets pour lesquels j'avais voté pour au Syndicat de Développement (SYDEL) du Pays Cœur d'Hérault ? Et bien parce que voilà des dossiers très importants pour l'avenir de notre territoire, mais sur lesquels la Communauté de communes du Clermontais se contente simplement d'un bref exposé en assemblée et d'un vote de godillots. On ne peut pas souhaiter le maintien de la maison médicale de garde, la transformation de l'UMUPS en SMUR et le développement d'offres de soin conformes aux besoins spécifiques du Clermontais, et ne pas passer plus de deux minutes sur le PRS et sur les futurs avenants du Contrat local de santé du Cœur d'Hérault ... On ne peut pas promouvoir un agenda 21 local sur le Clermontais et ne pas consacrer plus de deux minutes en assemblée au potentiel du bois pour l'énergie, pour la construction ou pour le stockage du carbone ...

J'ai voté contre la vente des établissements Salasc au groupe Première Pierre pour seulement 400 k€, alors qu'en 2009 la CCC y avait investi 840 511 €. La délibération du 29 avril 2009 portait sur une transaction de 830 k€, mais l'opération n°146 du budget général y ajoutait d'autres frais annexes pour atteindre 840 k€. Or, d'une part cette vente à perte n'est pas un acte de bonne gestion patrimoniale, et d'autre part vendre un bâtiment en plein cœur de Clermont-l'Hérault à 115 € le mètre-carré c'est bradé. Comme le rappelait Christian Bilhac, lorsque l'actuel siège de la Communauté de communes à été acquis, les services communautaires n'occupaient que l'étage du bâtiment principal. Désormais, il faut pousser les murs ... Cette vente du bâtiment Salasc est donc une erreur.

J'ai aussi voté contre l'attribution des subventions aux associations, parce que comme l'indiquait Alain Blanquer « elles ne rencontrent plus l'intérêt communautaire ». Il pointait surtout les Nuits du vin, où le volet festif l'emporte largement sur la promotion de la viticulture. Par exemple à Paulhan où la Nuit du vin était organisée par l'Association des viticulteurs depuis plus de 10 ans, en partenariat avec Clochers et Terroirs, cette année elle est organisée par le Comité des fêtes ... Marie Passieux faisait d'ailleurs remarquer que sur Clermont-l'Hérault l'aide n'était que de 1 000 € pour faire une véritable promotion du vin, alors que dans les autres communes où le volet festif est plus marqué la CCC attribuait 3 000 € ; la différence pour faire la fête. Nous avions eu ce débat en commission des affaires générales de la CCC le 23 mai, et devant les réticences des élus le président Lacroix se disait prêt à suspendre ces subventions-là. Mais tout le monde s'est accordé sur un consensus, à savoir de fixer des règles plus rigoureuses pour l'année prochaine ... Sauf, comme le précisait Christian Bilhac, que le même constat avait été fait l'an dernier et que nous avions reçu les mêmes remarques de la tribune :=(

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Denis Mallet avait fait ce même constat en début de mandat, et il avait tenté d'y mettre un peu plus de cohérence avec les compétences de la Communauté de communes ; avec par exemple des appels à projets pour que les associations s'inscrivent véritablement dans l'intérêt communautaire. Et de guerre lasse, il avait laissé tomber ; il n'avait pas été suivi par l'exécutif communautaire.

Le tableau des subventions accordées depuis 2014 (cf. tableau en version PDF) évoque plus des rentes annuelles que des aides conjoncturelles. A noter en 2018 un changement dans les aides pour les festivals, la Communauté de communes a inscrit 30 k€ dans son budget pour que le théâtre Le Sillon accompagne les quatre principales manifestations du Clermontais à Mourèze, Villeneuvette et Paulhan, sur la base d'un cahier des charges très exigeant ; mais en contre-partie le théâtre apporte un soutien technique ainsi qu'une aide à la programmation. Et il est simplement dommage que ce progrès soit plombé par des aides nouvelles pour des fêtes locales à Canet, Nébian et Paulhan.

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22:58 Publié dans CCC | Lien permanent | Commentaires (1)

29/04/2018

Développement économique en Coeur d'Hérault, à qui doit-il profiter ?

Le développement économique local est dans toutes les bouches et fait couler beaucoup d'encre, mais de quoi parle-t-on réellement ? Pour les entrepreneurs eux-mêmes, au travers de leurs structures représentatives (associations, syndicats patronaux, chambres consulaires, ...), il s'agit de voir des projets se créer, se développer et s'inscrire dans la durée. La remise annuelle des prix de la Très Petite Entreprise (TPE) sur le Cœur d'Hérault fait écho à l'enthousiasme des porteurs de projet, et les outils mis en place par la Maison de l'économie du Cœur d'Hérault contribuent à leurs réussites. C'est la facette positive souvent médiatisée du développement économique local, et il est naturel que chacun(e) s'en félicite.

Pour les collectivités locales, leurs établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et leurs syndicats mixtes, le développement économique local se décline de façon plus hétérogène, et essentiellement sous l'angle du foncier d'entreprises. Le feuilleton de la Salamane en témoigne sur le Clermontais, dans un EPCI qui a en réalité mis tous ses œufs dans un seul panier. Nos voisins de la Vallée de l'Hérault ont eux neuf parcs d'activité sur Aniane, Gignac, Montarnaud, le Pouget, Saint-André-de-Sangonis et Saint-Pargoire. Le Lodévois-Larzac dispose de six parcs d'activité sur Le Bosc, Le Caylar, Lodève et Soubès, plus un hôtel d'entreprises intercommunal à Soubès. Mais les élus locaux sont obnubilés par ce volet foncier, et ils en oublient le volet social.

Pôle emploi comble cette lacune car cette agence de l’État publie régulièrement des documents sur le marché du travail et sur les besoins en main d’œuvre des entreprises du bassin d'emploi de Lodève (et qui épouse le territoire du Cœur d'Hérault). Les derniers indicateurs publiés sur le marché du travail indiquent qu'à fin décembre 2017 il y avait 8 959 demandeurs d'emploi sur ce bassin d'emploi (cf. document en version PDF). Et les besoins en main d’œuvre exprimés par les entrepreneur du bassin d'emploi de Lodève pour 2018 est évalué à 2 710 intentions d'embauche (cf. document en version PDF). Il ne faut pas être très calé en arithmétique pour constater en un coup d’œil que le tissu économique du territoire est très loin de satisfaire les attentes des demandeurs d'emploi. Et les Rendez-vous de l'emploi qu'organisent les EPCI, pôle emploi et le Pays Cœur d'Hérault sont des gouttes d'eau dans un océan d'incertitudes professionnelles ...

PCH_Affiche-RDV-Emploi-mars-2018.jpg    Fly_rdv_2017-Fév-CCC.jpg

La première réponse la plus efficace, et elle n'est jamais évoquée, c'est de permettre à celles et ceux qui recherchent un emploi d'aller en trouver un là où il y en a ; car la mobilité au sein de la population active est un réel problème en France. Et il faut déjà donner envie d'avoir envie, c'est à dire de présenter les aspects les plus positifs de cette mobilité, tout en donnant les moyens pour qu'elle devienne réalité. Cela peut aller d'un projet Erasmus pour étudier une année en Europe à des moyens de transport plus denses pour rejoindre Béziers ou Montpellier.

La seconde réponse, que les EPCI tentent "maladroitement" de mettre en œuvre, c'est de faciliter la création d'entreprises. En effet, cela ne peut pas se limiter à proposer du foncier ; il doit inévitablement y avoir en amont des études prospectives qui prennent en compte les spécificités de notre territoire. Et là, c'est la page blanche :=(

Qu'indiquent les documents de pôle emploi ? Par exemple que l'emploi saisonnier représente 56% des recrutements prévus pour 2018, ou encore que l'agriculture correspond à un tiers des projets de recrutement, et cela sans difficulté remarquable de recrutement. En même temps, les métiers recherchés par les demandeurs d'emploi collent assez bien aux métiers recherchés par les employeurs : services à la personne et à la collectivité, commerce et vente, BTP, hôtellerie et restauration, etc. L'apprentissage et le formation professionnelle sont déficitaires sur le Cœur d'Hérault, et il y là une nécessité à le faire entendre par la Région et par l’État !

Autre indication, 64% des personnes inscrites à pôle emploi sur ce bassin d'emploi sont indemnisés ; ces 5 414 personnes sont à rapprocher des 5 789 inscrits en catégorie A. Pour les 3 170 inscrits en catégories B et C, leur accroissement est de +12;3% sur un an pour la catégorie B et +16% pour la C. Ce sont des personnes qui "travaillent un peu" et qui recherchent un emploi mieux adapté à leur situation (financière, familiale, patrimoniale, professionnelle, ...). Il y a derrière ces chiffres des révélateurs de paupérisation, et donc d'autres priorités sociales pour les collectivités locales.

Créer et pérenniser des emplois devrait être LA priorité de tous les acteurs économiques d'un territoire, et plus encore celui des élus locaux et des services de l’État. Car il est déjà loin ce temps où un commissariat général du Plan (CGP) définissait tous les cinq ans la planification économique du pays. Né au lendemain de la seconde guerre mondiale pour reconstruire la France, cette institution a disparu sous cet intitulé-là en 2006, et on la retrouve aujourd'hui avec une autre vocation moins intérieure, sous le label de France Stratégie. Mais les collectivités locales sont désormais face à une immense responsabilité, et l’État les place plus en concurrence les unes envers les autres qu'il ne leur fournit des outils stratégiques. Et c'est donc une mutation profonde de la classe politique locale qui permettra de prendre ce challenge socio-économique à bras le corps, à l'échelle de chacun des territoires.