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14/05/2011

La sécurité routière en question ...

Un cycliste de 20 ans a succombé en fin de semaine à un accident de la route à Ceyras (il aurait heurté le véhicule qu'il doublait et aurait alors été percuté par le véhicule qui arrivait en face) ; les deux-roues constituent le quart de la mortalité routière alors qu'ils ne sont que 2% des véhicules en circulation sur nos routes et dans nos rues. Ce dramatique accident illustre le décalage entre la réalité de l'insécurité routière et les mesures que vient d'annoncer le gouvernement pour lutter contre la mortalité routière.

Mais nous y sommes désormais habitués avec Sarkozy : "un fait divers, une émotion, une loi". Oui, les chiffres des accidents de la route ne sont pas bons pour ce premier trimestre 2011, mais le diagnostic donne-t-il lieu aux bonnes réponses ? On le sait, les deux-roues, les jeunes conducteurs et l'alcool sont quelques uns des principaux facteurs accidentogènes. Mais combien de contrôles sont effectués contre le bridage des scooters ? Combien de contrôles d'alcoolémie sont effectués ? Et la sensibilisation sur les conséquences d'un accident de la route est-elle suffisante ?

Alors multiplier les radars, retirer les panneaux signalant les radars fixes et interdire les avertisseurs de radar sont des mesures montées en épingle dans les média ; les associations qui luttent contre la violence routière s'opposent sur les plateaux de télévision aux automobilistes (via leurs avocats ou leurs associations). Ça fait du buzz et le Président de la République passe pour un homme politique courageux. Mais les trois mesures évoquées précédemment réduiront-elles par exemple le nombre d'accidents des deux roues (plus d'un millier de mort par an) ? Et si la vitesse constitue le principal facteur d'accidentologie contre lequel l'Etat veut lutter, alors pourquoi ne pas imposer aux constructeurs de brider les véhicules ?

Je tiens par contre à souligner les efforts engagés par les collectivités locales. Quand le Département aménage les routes ou quand les communes placent des plateaux ralentisseurs sur les axes principaux, les collectivités contribuent à améliorer les infrastructures routières et participent à la lutte contre les accidents de la route. Privilégier les transports en commun, c'est aussi un vecteur d'amélioration à promouvoir, surtout pour les jeunes qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture ou leur scooter pour sortir entre copains.

N'agir qu'au travers du volet répressif est totalement inefficace dans la lutte contre les violences routières, mais peut-être pas pour les caisses de l'Etat. En tous cas, c'est par cette conclusion que la majorité de nos concitoyens évaluent les dernières mesures du comité interministériel sur la sécurité routière réuni au pied levé dans le courant de la semaine.