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07/07/2018

Conseil municipal du 31 mai - Nous avons voté contre l'aire de remplissage pour les viticulteurs

Alors pour être précis sur la forme, ce n'est pas contre cette aire de remplissage que nous avons voté, mais contre la demande de subvention à déposer auprès du Conseil départemental de l'Hérault. Il s'agit d'installer une potence de remplissage des pulvérisateurs des viticulteurs, une potence conforme à la réglementation (celle qui est aujourd'hui gérer par l'association des vignerons de Paulhan n'est plus aux normes), et une potence placée à côté des nouveaux ateliers municipaux. Le prix de cette potence est évalué à environ 15 k€ TTC.

Mais sur le fond, c'est bien contre cette potence de remplissage que nous avons exprimé notre désapprobation. En premier lieu, alors que notre commune a mis en place un Défi Pesticides depuis 2006 et que notre captage d'eau potable est inscrit dans les 500 captages prioritaires du Grenelle de l'environnement, car les traces de simazine et d'atrazine demeurent supérieures aux taux de qualité sanitaire autorisés, et donc que la commune a mis en place une station de filtrage de l'eau brute par des charbons actifs depuis 2012, l'urgence est moins à remplir les citernes qu'à correctement nettoyer les équipements. La règlementation interdit à un agriculteur de sortir de son champ ou de sa vigne avec des produits résiduels dans ses équipements de pulvérisation, ce qui nécessite qu'il rince ses appareils à l'eau claire en la pulvérisant sur son exploitation. Sauf que lorsqu'un exploitant a passé la journée dans son tracteur à traiter ses plantations, passer une heure de plus pour des rinçages à l'eau n'est presque jamais réalisé.

Cf. article de La Marseillaise du 23 mars 2018.

Il s'y ajoute que l'efficacité des appareils laisse à désirer. J'ai participé le 28 juin en soirée à un atelier organisé par la Communauté de communes, et en l'occurrence par Lucie Moreau, justement pour étudier avec un technicien de la chambre d'agriculture l'efficacité des pulvérisateurs ; et cela s'est illustré au début de la nuit par la pulvérisation de fluorescéine sur les vignes d'Olivier Bernardi, le maire d'Aspiran. Et en fonction du type d'appareil utilisé, les traces de fluorescéine sur les feuilles et sur les grappes varient considérablement.

Et ce n'est donc pas une simple potence de remplissage que nous avons revendiqué pour Paulhan en Conseil municipal, mais plutôt une aire sécurisée de remplissage et de rinçage. Sur la commune de Puisserguier, où Laure-Emmanuelle Lecoq a été recrutée après avoir travaillé à Paulhan sur notre captage, une telle aire sécurisée a été inaugurée en octobre 2015 ; l'investissement a été de 564 680 €, et un reste à charge de 20% pour la commune (cf. article de Midi Libre pour son inauguration).

ARRS_Puisserguier.jpg

Plus récemment, et sur le territoire de la Communauté de communes, c'est Cabrières qui a réalisé le tour d'opération financier pour réaliser son aire de remplissage et de lavage. Les prix ont commencé à se normaliser et la commune de Cabrières boucle un budget de 265 k€, avec des aides du Conseil départemental (13 k€), de l'Agence de l'Eau (176 k€) et de l'Europe (16 k€ de FEADER). Le reste à charge pour la commune et pour les viticulteurs est de 60 k€.

En Conseil municipal, le maire Claude Valero nous a expliqué qu'il se contentait de répondre à la demande de l'association des vignerons de Paulhan, qui ne demande pas plus qu'une simple aire de remplissage. Ce à quoi Christian Ballester, conseiller municipal et viticulteur, a rétorqué qu'oralement la mairie a toujours refusé de s'engager sur un autre équipement ...

Sauf, et c'est le propos que j'ai tenu en séance, qu'un maire n'a pas à simplement faire ce qu'on lui  demande, mais bien d'aller plus loin, de se projeter dans le temps et de considérer tous les enjeux. La qualité de l'eau brute à Paulhan est préoccupante, et le Défi Pesticides a été abandonné depuis le début de ce mandat. Et le projet d'Aménagement Foncier Agricole et Forestier (AFAF) mis en place au précédent mandat avec le Conseil départemental est à l'arrêt.

Je ne peux pas résumer cette note à la célèbre phrase de Pierre Mendès France « Gouverner c'est choisir » sans la remettre dans le contexte de son discours de juin 1953 :

« Or, c'est ma conviction que les principaux problèmes français doivent être considérés comme un tout, que leur solution est une. [...] La cause fondamentale des maux qui accablent le pays, c'est la multiplicité et le poids des tâches qu'il entend assumer à la fois : reconstruction, modernisation et équi­pement, développement des pays d'outre-mer, amélioration du niveau de vie et réformes sociales, exportations, guerre en Indochine, grande et puissante armée en Europe, etc. Or, l'événement a confirmé ce que la réflexion permettait de prévoir : on ne peut pas tout faire à la fois. Gouverner, c'est choisir, si difficiles que soient les choix. »

Subventions aux associations de Paulhan et du Clermontais

Cette note sera un "trois en un", c'est à dire qu'elle me permet de revenir sur trois délibérations, l'une au conseil municipal de Paulhan et deux autre en Conseil communautaire du Clermontais.

Commençons avec Paulhan où le 31 mai nous délibérions pour attribuer 31 505 euros à une trentaine d'associations de la commune (cf. délibération en format PDF). J'avais déjà rédigé une note sur ce thème le 2 juin, mais je souhaitais donner ici les explications sur mon vote. Je me suis abstenu, comme lors de la commission des finances du 17 mai, car sans vouloir m'opposer à un dispositif en œuvre depuis des années, j'ai exprimé le souhait de changer de processus d'attribution de ces aides. J'ai apprécié que quatre élus qui ont un engagement dans une association ne prennent pas part au vote (Fabienne Heredia / ESP Tambourin, José Roig / Paulh'en Vie, Aleksandra Djurovic / Foyer rural et Christian Ballester / Vignerons de Paulhan).

Je me suis également abstenu ce mercredi 4 juillet en Conseil communautaire sur des subventions attribuées à des associations « pour l'organisation d'animations en faveur des centres-villes ». Et le rapport mis à la disposition des conseillers communautaires ne comportait rien de plus qu'un tableau succinct :

Nom de l'association Montant de la subvention
Canet Animation 34 1 500 €
Association des Commerçants, Artisans et Agriculteurs de Paulhan (ACA2P) 12 500 €
Association Clermont Plein Cœur 15 000 €

Et la phrase classique « il convient d'en délibérer ». J'avais souligné lors du vote sur l'ordre du jour que ce Conseil communautaire n'avait été précédé d'aucune commission thématique permettant de débattre de ces délibérations, et le président Jean-Claude Lacroix a donc proposé que ces débats aient lieu en séance.

Ces associations n'avaient jamais obtenu de subventions par le passé, et en tous cas pas dans ce cadre-là. Canet Animations 34 a obtenu sa première subvention de la CCC cette année, 2 500 € pour organiser la fête des vendanges. Quant à l'ACA2P, sa dernière subvention pour la Foire des couleurs de Paulhan date de 2015 (avec une aide de 3 000 €). Et comme pour les aides accordées par la CCC le 30 mai pour les Nuits du vin, attribuées sous la généreuse appellation de « développement agricole », c'est souvent leur caractère festif qui est promu.

J'ai proposé, comme cela se fait depuis cette année pour les festivals de Mourèze, de Paulhan et de Villeneuvette, que ces animations en faveur des centres-villes soient encadrées par un cahier des charges imposé par la CCC ; la réponse du président Lacroix est que ce sera à mettre en place pour l'an prochain. Ça en devient un véritable hymne à la procrastination :=(

Mais pour cette année 2018, les explications du président Lacroix sur les animations qui seraient ainsi financées par la CCC n'étaient pas très claires. Pour Paulhan, il s'agit de la Foire des Couleurs et les Marchés de producteurs locaux. Pour Clermont-l'Hérault, il y a la Foire au Touailles et ... en fait le maire de Clermont-l'Hérault n'aurait pas encore proposé d'autre projet. Quand à Canet, je n'ai pas retenu de quoi il s'agissait, mais Canet Animations 34 a déjà tout un été de festivités (cf. agenda de l'été 2018).

Foire_Couleurs_Paulhan_2018.pngAlors que mes amis et concitoyens de Paulhan ne voient pas en mon abstention à ce vote de subvention une hostilité quelconque à la Foire des couleurs ou à l'ACA2P, son association organisatrice. C'est un évènement qui assure un rayonnement notoire à notre commune, mais cela ne doit pas nous empêcher d'associer les bons outils aux nécessités de ces animations locales.

Les élus qui siègent au Conseil communautaire y viennent encore trop avec un raisonnement municipal, c'est à dire avec un attachement au lien social et au bien vivre au village. Or, la Communauté de communes a une vocation économique majeure, et il est important que chaque euro investit aille bien au développement économique, c'est à dire aux commerçants, aux artisans, aux entrepreneurs et aux agriculteurs de notre territoire.

En m'abstenant, sur ces votes à la mairie comme en Conseil communautaire, et surtout en apportant des explications, je ne manifeste pas une opposition, mais je marque une aspiration à être plus efficaces, plus conformes avec les prérogatives de chacune de ces collectivités locales.

Vignobles & Découvertes : derrière le label un territoire dynamique en mal de gouvernance

vignoblesdecouvertes.pngJ'ai participé le lundi 4 juin à Saint-Pargoire aux rencontres du label Vignobles & Découvertes. Ce label permet de promouvoir notre viticulture en y associant les professionnels du tourisme que sont les hébergeurs et les restaurateurs.
Obtenu en 2016, avec 80 professionnels adhérents, ce label doit être renouvelé au terme de ses 3 ans. Aujourd'hui, ce sont 115 professionnels qui adhèrent à ce label dans une synergie oenotouristique qui réunit vignerons, hébergeurs et restaurateurs.

Au Château Rieutort ce 4 juin, il y avait près de 80 professionnels venant de tout le territoire du Cœur d'Hérault ; et c'est réjouissant de constater qu'à travers eux, c'est un territoire qui a tout son sens. Qu'ils soient du Clermontais, du Lodévois ou de la Vallée de l'Hérault, ce sont des acteurs économiques qui travaillent déjà très étroitement entre eux, au travers de leurs structures professionnelles. Néanmoins, ils aspirent à encore plus de collaborations actives.

Le mot « identité » a été l'un des plus prononcés lors de cette matinée d'échanges, avec le témoignage de nos voisins du Pays Haut Languedoc & Vignoble, mais aussi avec des participants pour qui l'identité d'un territoire rompt avec cette mondialisation uniformisante dans laquelle personne ne veut plus sombrer. Le Pays Cœur d'Hérault a d'ailleurs ouvert un nouveau site Web qui valorise cette identité territoriale, qui met en valeur tous ses atouts et qui  relaie tous les évènements qui permettent de fidéliser un public qui vient de toute la France, et de toute l'Europe.

Logo_Languedoc_Coeur_Herault.jpg

Mais je voulais aussi revenir sur l'intervention de Claude Carceller, maire de Montpeyroux et vice-président de la Communauté de communes de la Vallée de l'Hérault, qui a plaidé pour que les offices de tourisme des trois intercommunalités du Cœur d'Hérault n'en fasse plus qu'un. En effet, à ce pays Cœur d'Hérault, qui dispose avec ses trois grands sites (Cirque de navacelles, Saint-Guilhem-le-Désert et les gorges de l'Hérault, le lac du Salagou et le cirque de Mourèze) d'un atout unique en France, il manque un outil de promotion plus efficace. D'ailleurs, autant pour les professionnels présents cette unité territoriale est évidente, autant elle reste très lointaine dans la tête des élus locaux.

Et il en va de même pour la culture ! Nous avions une délibération en Conseil communautaire du Clermontais ce mercredi 4 juillet, pour une demande de subvention sur les "Parcours culturels en Cœur d'Hérault (cf. point n°20 en format PDF) ; et même si le "Cœur d'Hérault" abonde dans le texte, cela demeure une grille de lecture très Clermontaise de ces parcours culturels. Or, alors que ce samedi est inauguré le musée Fleury à Lodève, le territoire du Cœur d'Hérault n'a pas de gouvernance culturelle. Et Denis Mallet s'en est exprimé plus d'une fois au sein de nos assemblées locales ...

Logo_Effichronic.jpgJe rajoute que j'assistais ce vendredi 6 juillet à Gignac à la présentation du projet de recherche européen Effichronic (un programme d'éducation à la santé sur cinq pays), et qui réunissait une vingtaine de personnes du secteur médico-social du Cœur d'Hérault. Et là encore je suis étonné que sur un territoire où les acteurs de terrain sont le reflet d'un réel bassin de vie, de près de 80 000 habitants, les structures administratives restent faibles. Alors que nous avons un contrat local de santé avec l'ARS, que sous l'impulsion de Guy Lassalvy et avec le travail remarquable (et de nombreuses fois soulignées ce vendredi soir) de Lauriane Cottel, chargé de mission Santé au SYDEL, des projets majeurs sont portés, presque dans l'ombre, nous aurions besoin d'un outil de gouvernance sur notre territoire où la précarité est significative, aggravée par des problèmes de mobilité en milieu rural.

Les services de l’État et les collectivités territoriales sont en soutien, mais ont abandonné toute prérogative opérationnelle. Alors il est difficile d'envisager de but en blanc une fusion des trois EPCI du Cœur d'Hérault, mais il est urgent de créer des structures ad hoc, thématique par thématique. Cela existe déjà depuis longtemps avec le Syndicat Centre Hérault pour nos déchets ménagers, et plus récemment avec le GECOH qui coordonne les EHPAD du Cœur d'Hérault.