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28/07/2018

Station Leclerc à la Salamane, intérêt général ou intérêt particulier pour une enseigne ?

Le président Lacroix avait annoncé mercredi 25 juillet en Conseil communautaire que l'aire de service de la Salamane n'ouvrirait qu'après le week-end, mais l'enseigne Leclerc n'allait pas laisser passer le défilé des juillettistes et des aoûtiens sur le bitume de l'A75 sans ouvrir sa station service ... et même sans raccordement au réseau électrique, un groupe électrogène suffit pour l'affichage des prix et le fonctionnement des pompes.

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Mais quand même, il faut souligner l’aberration de mettre une telle aire de service sur la Salamane. Premier constat, il n'y a là avec ces aires de stationnement, ces pompes et ces box de lavage automatisés aucun emploi sur site ! Je rappelle que l'une des priorités qui donne à ce projet de ZAC son caractère d'intérêt général pour lequel une déclaration d'utilité publique (DUP) a été arrêtée par le sous-préfet de Lodève en 2012, c'est de : « réduire le fort taux de chômage que connait le territoire communautaire, la création de la ZAC de la Salamane contribuera à la création de nouveaux emplois ». Alors le décompte des créations d'emploi a déjà été fait pour les autres implantations d'entreprises sur la Salamane, mais là c'est le zéro pointé !

Et c'est un hectare de terres agricoles recouvert de bitume ... D'ailleurs, les recettes fiscales sur cette implantation-là ne vont pas être mirobolantes pour le territoire ; aucun bâtiment et un siège social ailleurs que sur le Clermontais :=(

Je note par ailleurs que si la personne publique et l'enseigne Leclerc ont pensé à une aire de covoiturage et à un parking payant pour les camions, il n'y a aucune borne de rechargement pour véhicule électrique. Il est loin le temps où l'assemblée communautaire, en septembre 2011, fixait comme l'une des priorités d'intérêt général : « respecter le développement durable puisque la création de richesses économiques sur place permettra d’une part, de limiter les déplacements professionnels des travailleurs et les émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation de la voiture, conformément aux Grenelle I et II, et, d’autre part, d’améliorer la situation des habitants en matière d’emploi et de revenu ». C'est une phrase devenue célèbre de Charles Pasqua : "les promesses des hommes politiques n'engagent que ceux qui les reçoivent", mais c'est ce type de fonctionnement qui décrédibilise la politique en général.

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26/07/2018

Conseil municipal de Paulhan, la culture divise l'assemblée municipale

Quinze points étaient à l'ordre du jour du Conseil municipal de Paulhan ce 26 juillet, un point a été retiré à notre demande (concernant l'adhésion à Hérault Ingénierie qui mérite un peu de recul vis à vis des compétences de la commune et des prestations dispensées par ce service public administratif), et le point n°15 a suscité un débat ... intéressant. Et qui nous a conduit à nous abstenir tous les quatre, Aleksandra Djurovic, José Roig, Fabienne Heredia et moi-même.

Ce dernier point de l'ordre du jour portait sur la convention d'objectifs « Compagnonnage des festivals d'été 2018 » avec la Communauté de communes du Clermontais pour l'édition 2018 de l'Alhambra Festi de Paulhan (cf. convention en copie PDF). Le premier grief de notre groupe est que la commission Culture de la commune se soit vue dépossédée de la programmation de cet évènement, au profit du Théâtre du Sillon et de son conseil d'exploitation. Et puis il s'y est ajouté le coût. A l'époque où l'Alhambra Festi s'appelait les Récré'atrales, le budget d'une édition tournait autour de 3 500 €. Puis ces dernières années, l'Alhambra Festi coûtait autour de 5 000 €. Et là, le budget pour deux jours de festival (au lieu de trois auparavant) triple pour atteindre 14 340 € !

Premier argument du maire, le directeur du Théâtre le Sillon, Fabien Bergès, aurait trouvé au festival d'Avignon des compagnies pouvant se produire sur les festivals du Clermontais. C'est donc une source d'auto-réjouissance pour le maire Claude Valéro, et pour son adjointe à la culture, Christine Ricard, le festival de Paulhan aura cette année un petit goût d'Avignon. Il y a le Festival « Aniane en Scènes » les mêmes jours, et il faut sortir du lot ...

Le second argument du maire est purement comptable. La Communauté de communes apporte 7 340 € à ce budget et le maire venait de faire passer juste avant une demande de subvention auprès de la Région pour la compagnie « les chiennes nationales » dont le cachet est de 2 000 €, ce qui fait qu'au final le reste à charge pour la commune revient autour de 5 000 €, à peu près comme par le passé. C'est bien ce qu'on appelle ne pas voir plus loin que le bout de son nez, car cet argent qui vient de la Communauté de communes comme de la Région, c'est de l'argent public, ça vient de nos impôts ou des taxes que l'on nous prélève, et il convient d'en être tout autant économe qu'avec le budget municipal.

Et puis la convention qui nous était présentée n'avait que des engagements de moyens, et aucune obligation de résultat. Les articles de la convention évoquent des objectifs à atteindre puis à évaluer, mais ils ne sont pas écrits ... Alors s'agit-il du rayonnement de la commune, de la participation des spectateurs, de la sensibilisation des plus jeunes, d'une pérennisation au travers d'une association locale ... Pas de réponse de l'exécutif, mais notre maire (qui est aussi vice-président à la Culture de la Communauté de communes) s'est trouvé des excuses : une adjointe à la mairie totalement absorbée par le projet de la bibliothèque, une collaboratrice à la Communauté de communes partie en congé maternité, etc. Et puis Claude Valéro se met dans les pas de Denis Mallet, dont il ne faudrait retenir que son projet Paratge pour se convaincre du bien fondè de cette convention. Désolé monsieur le maire, mais un projet global de territoire (cf. schéma de développement culturel du Clermontais 2017-2020) voté en assemblée communautaire le 14 décembre 2016, cela doit se décliner festival par festival, action par action ; il faut le faire vivre.

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Alors la conseillère municipale de proposition Valérie Lotte a raison de ne pas se satisfaire que d'un comptage de participants, jugeant que de croiser le sourire des personnes présentes est déjà en soi un bel objectif qualitatif. Or, en juillet 2013, la dernière soirée des Récré'atrales était un spectacle de danse hip-hop, animée par la Cie C2, avec des jeunes de tout le territoire autour de Paulhan, et il y avait là dans les tribunes du parking de la mairie environ 200 personnes qui avaient la banane, les jeunes, leurs parents et les spectateurs. On peut réussir avec quelques bouts de chandelles, et un budget avignonesque n'est pas une garantie de satisfaction collective.

Ah si, à ce prix-là le maire de Paulh'an nous affirmait que l'affiche de l'Alhambra Festi 2018 n'avait rien à voir avec celle de 2017 ...

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19/07/2018

La Salamane sous haute tension ...

La ligne haute tension de 225 kV qui longe la zone d'activité de la Salamane avait été l'un des arguments des opposants du projet à partir de 2009, mais c'est un facteur de risque que ni le commissaire-enquêteur ni les services de l’État n'a rendu rédhibitoire.

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Depuis cette époque, la ligne haute tension n'était revenue qu'une fois dans l'actualité communautaire, lorsque qu'il s'est agit, en mars 2013, de vendre à l'entreprise Normand un délaissé de terrain au prix de 1 € HT le mètre-carré, justement pour cause de « servitude électromagnétique du poteau n°2 de la ligne haute tension Fouscaïs de 225 KV qui la rend totalement inconstructible ». Ci-joint la délibération en format PDF.

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Il apparaît sur la photographie aérienne ci-dessus que les entreprises SOCAH et Normand sont à quelques dizaines de mètres de cette ligne haute tension, mais il en est tout autrement pour le lot n°11 que cette ligne survole :

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Alors la France se caractérise par un parti-pris très favorable à l'énergie électrique, d'origine hydraulique et surtout nucléaire, et elle possède le réseau électrique haute tension le plus important d'Europe. A écouter RTE, le gestionnaire national du Réseau de Transport de l’Électricité, il n'y a aucun risque à vivre ou à évoluer à proximité d'une ligne haute tension ; les normes seraient là pour le dire ...

Il n'en reste pas moins que de plus en plus de recherches scientifiques établissent un lien de causalité entre une exposition soutenue aux champs électromagnétiques induits par ces lignes, ainsi qu'aux ondes de basse  fréquence qu'elles émettent, avec des pathologies lourdes comme le cancer (surtout des leucémies), mais aussi des troubles du sommeil, de la mémoire et de l'audition, ainsi que des états dépressifs. Aucun laboratoire ou centre de recherche public n'a jamais été mandaté pour produire une étude sérieuse, et c'est donc le principe de précaution qui doit s'appliquer ; quand on ne connait pas les conséquences d'un procédé industriel, alors on évite de le mettre en œuvre ou de s'y exposer.

Alors on commence à trouver ici et là des préfets courageux qui n'hésitent pas à publier des contraintes, par exemple sur la constructibilité des parcelles survolées, ou encore pour les animaux d'élevage, mais il manque encore une directive gouvernementale et sanitaire claire et nette sur cette question-là. Et si cette note de Rte qui indique des prescriptions réglementaires et des préconisations techniques inviterait presque à l'insouciance, elle précise par exemple que "Sous les lignes aériennes, nous recommandons d’éviter l’aménagement de zones destinées à des chargements, déchargements de matériels ou de matériaux. Si la circulation ou l’utilisation d’engins de levage ou de grande hauteur doit se faire sous les lignes aériennes, nous demandons l’installation d’une signalisation permanente rappelant leur présence".

Concernant les entreprises qui sont installées sur la Salamane à proximité de cette ligne haute tension, voire pour celles qui demain seront sous la ligne, il est essentiel d'informer tous les employés et tous les visiteurs de la présence de cette ligne, et à partir de là c'est à chacun d'apprécier les risques encourus. Certains préconisent de s'éloigner de 1 mètre pour 1 000 volts ; avec une ligne de 225 kV, il faudrait s'éloigner de 200 mètres (cf. note de 2011 sur ce blog très critique sur les lignes haute tension).

Le lot n°11 a fait l'objet de compromis de vente de la CCC avec les entreprises Tamroch (pour des activités de chaudronnerie industrielle), mais aussi Baldare TP et Astruc Matériaux pour de la revalorisation de déchets de bois, d'agrégats ou d'inertes de chantier ... J'espère qu'elles avaient fait une visite sur site avant de signer.

A partir de 2009, le collectif Salamane avait pointé les risques sanitaires liés à la proximité de cette ligne haute tension à 225 kV. C'est désormais à chaque acquéreur et à chaque visiteur des lots concernés de se faire une religion ...