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13/12/2017

L'Auto de Noël du Clermontais, opération de communication qui ne laissera aucune trace dans le tissu économique local ...

Le soutien public au développement économique d'un territoire, ça doit nécessairement partir d'une vision de moyen terme. Quelles filières soutenir ? Quelles orientations ? Quels objectifs mesurables ? Etc. En l'occurrence, je ressasse souvent que la création d'emplois doit être l'un de ces objectifs majeurs sur le Cœur d'Hérault. Or, sur le Clermontais, tout ne se focalise que sur la Salamane, et avec le minimum que ne sache faire un EPCI, à savoir de commercialiser du foncier. Et la CCC vend des lots sur la Salamane, sans cohérence d'ensemble.

Or, ce focus sur les zones d'activité économique détourne les décideurs locaux des équilibres urbains ; les cœurs de ville se vident, et des commerces ferment, avec des emplois supprimés que l'on ne retrouvera pas dans les galeries marchandes en périphérie urbaine, ni en qualité et ni en quantité. Cela concerne malheureusement toute la France.

Mais ce défaut de réflexion stratégique peut-il se satisfaire d'une opération low-cost comme cette « Auto de Noël » financée par la Communauté de communes du Clermontais ? La CCC a attribué 15 000 € aux associations de commerçants Clermont Plein Cœur et l'ACA2P de Paulhan pour lancer une tombola de Noël (chaque commerçant qui vend un ticket 2 € garde 1 €) ; et à la clé pour un heureux gagnant une Opel Corsa Enjoy.

Tombola_Noel_2017_web.jpg

Quel beau message politique que d'offrir une voiture, en même temps que le Clermontais est engagé dans l'élaboration d'un Plan Climat Air-Energie de Territoire (PCAET), c'est à dire de réduire les gaz à effet de serre et de consommer autrement. Parallèlement, le vice-président à l'environnement exhume de temps en temps l'Agenda 21 local du Clermontais, celui-ci ayant pris depuis le début de l'année 2017 un tournant très ambitieux de « territoire en transition », ...

Clermontais_Territoire_en_Transition.jpg

mais en voiture ... de Noël :=(

Avec 15 000 €, la CCC aurait pu demander aux deux associations de commerçants de proposer des lots plus nombreux et destinés à faire découvrir des services ou des magasins du Clermontais (restaurant, épicerie, cave, librairie, bijouterie, ...). Et pour tous les commerçants, c'était une opportunité pour gagner des clients et pour rentrer un peu d'argent ... Par exemple avec 60 bons d'achats de 250 € par gagnant, on peut, en cette période de fêtes, faire un bon repas entre amis au restaurant, s'acheter de bons livres, offrir un bijou, etc. Et tout ça au cœur de nos villes.

La politique locale du commerce est une compétence obligatoire des EPCI depuis la loi NOTRe du 7 août 2015 et la question a été débattue en commission des moyens généraux du 29 novembre. Il en est ressorti que l'intérêt communautaire s'attache à soutenir les associations de commerçants pour mettre en œuvre des actions de rayonnement communautaire, à accompagner les initiatives visant à fédérer les commerçants, les artisans et les prestataires de service du territoire, à se concerter avec les associations de commerçants sur l'équilibre commercial du territoire, à définir et mettre en œuvre la politique de soutien à la modernisation des commerces, à gérer les implantations commerciales dans les parcs d'activités et à gérer la signalétique commerciales sur ces zones. Le cadre proposé il y a plusieurs mois par l'exécutif communautaire était de flécher vers le commerce de cœur de ville une part des recettes fiscales des zones d'activités, à l'image du FISAC.

Gageons que cette « Auto de Noël » n'était pas la meilleure idée de 2017 pour favoriser le commerce local, mais il ne faut pas tomber dans une « politique de guichet » et je fais le voeu que 2018 s'ouvre sur une « politique de projets ».

11/12/2017

Un SMUR sur le Coeur d'Hérault en 2018, et une solution transitoire d'ici l'été 2018 pour proroger l'UMUPS > Restons mobilisés !

L'Association pour de véritables urgences au Centre Hospitalier de Lodève se bat depuis maintenant deux ans pour qu'aux déserts médicaux qui gagnent nos territoires ruraux ne s'ajoute pas la fracture vitale des soins d'urgence. Nous savons qu'être à plus d'une demi-heure d'un service d'urgence réduit fortement les chances de survie suite à un AVC, à un malaise cardiaque, à un empoisonnement, une embolie pulmonaire, etc.

Jusqu'en 2008, il y avait à Lodève un service d'urgence à la clinique Saint-Pierre. Mais un opérateur privé ne fait jamais dans la philanthropie et le Groupe OC Santé avait bien plus à gagner sur Montpellier. Depuis, les élus locaux faisaient le siège des instances publiques pour obtenir le retour d'un service d'urgence à Lodève. Et si l'autorisation avaient été donnée en 2012 pour que le CAPS de Lodève prenne enfin ce statut-là, l'ARS revenait sur cet accord en 2015.

Image associée

Depuis, le Syndicat de développement [SYDEL] du Pays Cœur d'Hérault, au travers de sa commission Santé présidée par le Dr. Guy Lassalvy a conventionné en 2013 avec l'ARS pour mettre en place une Unité Mobile d'Urgence et de Permanence des Soins (UMUPS). Cette structure sans aucune existence juridique est constituée d'un médecin urgentiste et d'un pompier, dotés d'un véhicule d'intervention, et qui interviennent sur appel du Centre 15 depuis l'hôpital local de Clermont-l'Hérault. En 2016, le temps moyen d'intervention de l'UMUPS était de 17', avec une position centrale à Clermont-l'Hérault qui permet d'être à Pézenas, à Gignac ou à Lodève en 15'. L'UMUPS a procédé à 1680 interventions en 2016, alors que l'ARS d'Occitanie finance des SMUR à 500 interventions par an.

L'UMUPS était une expérimentation pour la période initiale 2013-2015, et reconduite pour une ultime période 2016-2017 ; elle ne devait plus exister au delà du 31 décembre, et nous faire revenir 4 ans en arrière avec le Centre 15 qui fait intervenir le SAMU de Montpellier ou de Béziers pour des urgences vitales en Cœur d'Hérault. Soit une durée moyenne par route de 45', sauf à faire intervenir l'hélicoptère de la sécurité civile (Dragon34).

Depuis deux ans, l'Association pour de véritables urgences au Centre Hospitalier de Lodève a informé la population, a fait signer des pétitions (plus de 5 000 signatures), a fait délibérer la Communauté de communes ainsi que 15 mairies du Lodévois-Larzac. Les représentants de l'association ont rencontré la sous-préfète de Lodève, le président du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) de l'est Hérault et du sud Aveyron, les représentants de l'ARS d'Occitanie, le président de la Commission Santé du Pays Cœur d'Hérault, le député de la 4ème circonscription de l'Hérault.

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Et le 22 novembre à Toulouse, à l'occasion de la CSOS (Commission Spécialisée de l’Offre de Soins), sa directrice Madame Levrier a confirmé qu'une antenne SMUR succèdera à l'UMUPS en 2018. Mais il faut pour cela attendre l'approbation du Programme Régional de Santé (PRS2) autour du mois de mai 2018, et madame Levrier a précisé qu'une solution transitoire serait mise en place en attendant.

Ne doutons pas que des besoins semblables existent sur bien d'autres territoires en Occitanie, mais on n'a rien sans rien et il faut mobiliser et sonner aux portes pour sortir du lot. C'est ce que nous faisons depuis deux ans, et c'est ce qu'il faut continuer à faire. C'est cette même CSOS qui avait donné son accord pour un service d'urgence à Lodève en 2012, et d'avoir laissé gérer cette affaire par des institutionnels ne suffit pas. Il faut rester vigilants, mobiliser et participer aux espaces de décision.

Alors la question nous a été posée par la presse (cf. conférence de presse du 6 décembre avec la Marseillaise, Midi Libre, Radio Lodève et France Bleu Hérault), à savoir si ce SMUR devait être rattaché à l'hôpital de Lodève ou à celui  de Clermont-l'Hérault. En réalité, notre souci en matière d'urgence mobile n'est pas tant le port d'attache, mais plutôt la capacité à se projeter sur tout le territoire du Cœur d'Hérault en un minimum de temps.

Et puis ce SMUR n'est qu'un épisode dans la construction d'une offre de soins plus efficiente sur le territoire du Cœur d'Hérault. A ce titre, il me faut souligner le remarquable travail de diagnostic réalisé par la Commission Santé du Pays Cœur d'Hérault, à la suite duquel des ateliers ont été mis en place pour formaliser des politiques de santé qui feront l'objet de conventions avec l'ARS d'Occitanie dans le cadre de son futur PRS2. C'est un travail peu médiatisé, mais il est essentiel ; comme le fut il y a cinq ans l'expérimentation de l'UMUPS.

H_Lodeve_1.jpgLodève a une place privilégiée dans ce dispositif. L'hôpital de Lodève et la clinique du Souffle offrent 136 lits pour de la médecine générale, des soins de longue durée (SLD) et des soins de suite et de réadaptation (SSR). Et il ne faut pas hésiter à parler ici de Pôle Hospitalier, avec des spécialistes qui viennent de l'hôpital de Millau (dans le cadre du GHT), un CAPS qui propose des consultations en secteur 1 pour 9 spécialistes sur 13 (c'est à dire sans dépassement d'honoraire), et avec le tiers-payant qui se généralise (il est déjà en place pour l'imagerie médicale).

H_Lodeve_2.jpgL'hôpital de Lodève a une histoire certainement aussi vieille que sa cathédrale, mais il a surtout un avenir. Il y a par exemple 900 naissances par an sur le Cœur d'Hérault, et l'INSEE mise sur plus d'un millier par an d'ici 2040. Et nous sommes-là déjà bien au-deçà du seuil de 300 accouchements par an pour disposer d'un service de maternité. Il faut donc continuer à équiper le Pôle Hospitalier de Lodève, pour demain avoir un véritable service d'urgence avec un plateau technique et une salle de réveil avec des urgentistes 24H/24.

La télé-médecine est aussi une piste de progrès ; elle permettra de consulter en ligne pour des pathologies bénignes, via des plateformes de télémédecine distantes, et sur le terrain les médecins pourront alors libérer du temps et se spécialiser pour répondre à des besoins auxquels la télé-médecine ne sait pas répondre ; par exemple des interventions d'urgences, des permanences en EPHAD ou des accouchements.

La Marseillaise du 07 12 2017 >

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       Midi Libre du 11 12 2017 >

  Logo_Midi_Libre.jpg

10/12/2017

Environnement : L’État sous Macron ne donne pas les gages espérés par Hulot ... mais faut-il être fataliste ?

J'ai récemment été interrogé par la presse (Midi Libre et la Marseillaise) à propos de la reprise d'activité sur la carrière de marbre rouge sur le mont Vissou. Il s'agit d'une exploitation qui existe depuis près d'un siècle, mais qui s'est interrompue en 2004 à cause de difficultés financières de l'exploitant.

Nous connaissons tous ce territoire, et ces paysages magnifiques qui surplombent les communes de Mourèze et de Cabrières, et c'est d'ailleurs le Pic de Vissou dont il s'agit et que l'on voit à l'horizon depuis des dizaines de kilomètres. Mais pour prendre position sur l'exploitation d'une carrière sur ce site patrimonial, je me suis appuyé sur le rapport de la DREAL, c'est à dire de l'Autorité Environnementale. Les impacts du projet sur les habitats naturels (faune et flore), sur les paysages ainsi que sur les nuisances vis à vis des riverains sont formellement identifiés ; ils sont souvent faibles, mais ils nécessitent de la part de l'exploitant des mesures compensatoires.

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Et c'est là où s'apprécie le rôle précieux que remplissent les services de l’État en région. Il s'agit ici de la DREAL, mais toutes les agences et toutes les directions décentralisées ont un rôle d'analyse et de contrôle qui doit être renforcé ! Car qui ira contrôler que l'exploitant à qui l'Autorité Environnementale a donné un avis favorable se conforme scrupuleusement à ses recommandations ?

J'ai suivi aussi l'enquête publique sur la création d'un parc photovoltaïque de près de 8 ha sur la commune de Gignac, sur des terrains en bord d'Hérault constitués de parcelles en friche dans l'emprise globale d'une ancienne carrière. Là encore, l'Autorité Environnementale a délivré un avis plutôt favorable, mais elle souligne que l'étude d'impact réalisée par l'exploitant nécessite d'être complétée pour se conformer aux contenus réglementaires attendus, essentiellement pour moi à propos de l'analyse du milieu naturel, de la faune et de la flore.

Les fonctionnaires des directions décentralisées de l’État (DREAL, DDTM, ...), mais aussi des agences comme l'ONEMA ou les Agences de l'Eau sont des professionnels très attachés à leurs missions. Sauf qu'année après année les budgets du ministère de l'écologie fondent comme la banquise ...

Bon, je laisse à Nicolas Hulot le temps long qui est nécessaire pour inverser la tendance, et après des décennies de prédation de la Terre, mais il faut qu'il marque des points ... Les rapports, c'est nécessaire, mais sans les contrôles et les sanctions pouvant s'imposer aux exploitants ce n'est que du papier :=(