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15/09/2017

Retour du jour de carence pour les fonctionnaires, Macron n'échappe pas à la méthode « Président pour les nuls »

C'est en 1928 que naissent vraiment les premières lois sociales en France, avec un volet « Risque-maladie » qui formalise la cotisation des salariés et des employeurs, à 50/50, ainsi que les prestations garanties. Pour les arrêts maladie, l'alinéa 9 de l'article 4 indique : « Les indemnités prévues au présent article sont dues à partir de la date du début de la maladie ou du traitement de prévention qui est celle de la première constatation médicale et pendant une période de six mois ». L’indemnité journalière minimale était égale à 20% de la moyenne générale des salaires de base ayant donné lieu à cotisation l'année précédente.

Lois_Assurances_Sociales_1928_1930.jpg

Et puis c'est au Conseil National de la Résistance (CNR) que nous devons le socle de notre système actuel de sécurité sociale. C'est l'ordonnance n° 45-2454 du 19 octobre 1945 qui fixe le régime des assurances sociales applicable aux assurés des professions non agricoles ; et je cite ici son article 26 précisant que : « L’indemnité journalière prévue à l’article 22 est accordée à partir du quatrième jour qui suit le point de départ de l’incapacité de travail et au maximum pendant six mois. Elle est due pour chaque jour ouvrable ou non ».

Je n'ai aucune explication sur les motifs qui ont conduit les membres du CNR, puis les législateurs à introduire ce délai de carence ... Était-ce pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui, c'est à dire de faire quelques économies et en même temps de dissuader les salariés de prendre des ... « arrêts de confort » ? Si quelqu'un peut apporter une explication, alors je suis preneur. Parce que sur le fond, et pour reprendre la démarche de justice sociale sous-jacente à la création de la sécurité sociale, est-il normal de pénaliser deux fois un(e) salarié(e) en arrêt maladie ? Car être malade est déjà pénible, mais il s'y ajoute en plus qu'il y a des actions du quotidien que l'on ne peut pas réaliser, comme d'aller chercher les enfants à l'école, payer des médicaments ou des soins complémentaires, faire les courses ou encore aller à des cours de danse, de musique, de théâtre, de judo, ... pour lesquels la cotisation a déjà été payée. C'est simplement pour exprimer que de ne pas être payé(e) pendant 3 jours est une injustice.

Salaire_en_moins.jpg

Alors le débat sur le jour de carence est un hochet que nos gouvernants agitent pour occuper la plèbe, pointant le régime plus favorable des fonctionnaires et multipliant les enquêtes d'opinion favorables à plus d'équité. Mais alors, pourquoi ne pas supprimer les 3 jours de carence pour les salariés du privé ? Et j'informe celles et ceux qui aiment nous comparer à l'Allemagne qu'il n'y a pas de délai de carence chez nos voisins d'Outre-Rhin, ni aux Pays-Bas, au Luxembourg et dans quelques autres pays d'Europe.

Autre chiffre intéressant, les salariés français sont champions du surprésentéisme. Kesaco ? C'est le fait d'aller travailler avec son rhume, sa gastro ou tout autre maladie où nous serions mieux au chaud au fond du lit ; c'est du « présentéisme contre l'avis médical ». Selon une étude de 2016 de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, la France fait partie des pays où le temps de surprésentéisme est le plus élevé. Près de 48 % des Français vont travailler au moins une fois dans l’année alors qu’ils sont malades. La moyenne européenne est en deçà, avec environ 40 % de surprésentéisme.

Étudions plus sérieusement la question, et peut-être pourrions-nous suspecter la « complaisance des médecins ». Parce que l'arrêt-maladie est signé par un médecin, c'est à dire un professionnel qui engage sa responsabilité, celle-ci étant soumise au contrôle des médecins de la sécurité sociale. Et si nous grattions encore un peu, celles et ceux qui contribuent à faire augmenter l'absentéisme moyen des français n'ont-ils pas d'autres causes de souffrance ... au travail ?

Je ne suis pas étonné que Macron nous fasse du Sarko sur cette question-là, mais comme pour toutes les mesures qu'il prend depuis son élection, il ne fait que « bouger des curseurs ». Il n'y a, et il n'y aura aucune réforme de tout son quinquennat, juste un tableau de bord avec une multitude de petits leviers, qu'il faut lever ou baisser un peu, comme l'on fait tous ses prédécesseurs.

11/09/2017

Lavagnac, le Syndicat du Bas Languedoc gagne un droit de pomper 1400 M3/jour dans l'Hérault

J'ai déjà lu de nombreux rapports de commissaires-enquêteurs, mais celui-ci est assez extraordinaire. Déjà, le commissaire-enquêteur n'a de cesse que de corriger les dossiers que les porteurs du projet de golf, et celui inhérent d'irrigation lui ont apporté. On y lit souvent des « sans doute ... » émailler son rapport. Et au final, après la reprise d'une quantité significative d'avis négatifs, notre commissaire-enquêteur émet un avis ... FAVORABLE !!!

Alors c'est un « projet privé », mais les questions sanitaires sont ... « publiques ». Et puis les données sur le débit de l'Hérault ou sur les pompages divers sont toujours donnés ... à l'année ! Et toujours en moyenne. Alors qu'il serait intéressant d'avoir une photographie de la situation entre le 15 juillet et le 15 août. C'est la période où déjà nous consommons le plus d'eau, à la maison et dans les champs, et la période où il y en a le moins dans l'Hérault. C'est cela qu'aurait dû faire le commissaire-enquêteur, une évaluation en période critique.

Rivièreasec.jpg

C'est un peu comme pour la catastrophe qui touche les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy. Si nous nous contentions de cartes postales et d'évaluations en moyenne annuelle du climat des Antilles, et c'est l'attitude de l’État dans le cas présent, alors « tout va bien madame la Marquise » ;-)

Le rapport du commissaire-enquêteur (fichier PDF de 400 ko) : rapportCE-captageLavagnac.pdf

L'épisode suivant revient à la Commission Locale de l'Eau (CLE) du Bassin du Fleuve Hérault qui doit produire d'ici la fin de cette année son Plan de Partage de la Ressource en Eau (PPRE). N'oublions pas que l'avis négatif de la CLE en juillet 2010 contre le projet de Golf à Lavagnac avait été écarté d'un revers de main par le préfet de l'Hérault de l'époque =:(

Je suis intimement convaincu que le projet du « Domaine du Petit Versailles » porté par le groupe France Pierre n'est plus qu'un écran de fumée, avec son président Antonio de Sousa qui essaie de sortir des écrans radar. Par contre, bénéficier à Montagnac d'une autorisation de prélèvement d'eau potable est pour le Syndicat du Bas Languedoc une carte maîtresse dans la répartition des usages de l'eau qui va devenir de plus en plus critique dans les années à venir.

02/09/2017

Bilan de mi-mandat, le maire de Paulhan n'a pas d'autres actions à présenter que celles de ... son prédécesseur :=(

Dans l'édition de Midi Libre du 30 août (cliquer sur l'image ci-dessous pour l'agrandir), Claude Valéro a présenté son bilan de mi-mandat. C'est là un exercice classique pour un maire, mais encore faut-il avoir de la matière ... et savoir « rendre à César ce qui appartient à César ».

ML_30_08_2017_Bilan_Valero_Mi_Mandat.jpg

Si dans le domaine de la sécurité les engagement de campagne ont bien été tenus (caméras et renforcement de la police municipale), j'ai été surpris de lire comme engagements tenus les « animations à la piscine », « la mise à disposition de la salle des jeunes aux associations », des « conférences à thème » et des « rencontres intergénérationnelles à l’EHPAD » ; tout cela se faisait déjà au mandat précédent de Bernard Soto. Quant au maintien des « bébés lecteurs », nous n’en trouvons aucune communication sur le site Web de la bibliothèque Jeanne Grizard, et pour cause, l’association porteuse de cette action phare, l’association « Boulevard de la Liberté », a cessé de fonctionner en 2015.

Sur les équipements publics, l’achat de la gare avait été voté et financé en mars 2014 après que la Communauté de communes ait renoncé à faire cette acquisition, mais qu’elle a pourtant faite pour la gare de Clermont-l’Hérault. Par contre, c'est le projet de « logements sociaux » à la gare qui est toujours dans les limbes alors qu'il conditionne la subvention de 50% de l'achat du bâtiment par le Conseil départemental. De même le maire s’attribue la paternité de la « maison médicale Saint-Sébastien » alors qu’elle est le fruit d’un long travail de la précédente équipe municipale, et avec l'investissement de Monsieur Patrick Perez.

vue_nord_ouest_2.jpg

Pour la construction de la seconde tranche du groupe scolaire (les financements et les délibérations avaient été votés au précédent mandat), mais le maire de Paulhan a suspendu ces investissements pour y inclure un restaurant scolaire. Sauf que la Communauté de communes aurait dû faire cet investissement, et que là c'est la commune qui le réalise à ses frais (subventions de dotation rurale DETR déduites). Avoir des « relations apaisées » avec l'intercommunalité signifie ici que Paulhan est écartée des investissements intercommunaux. Car le Clermontais investit pour la petite enfance à Ceyras ou à Clermont-l'Hérault, pour le tourisme à Mourèze, etc. Et à Paulhan, l'intercommunalité a fermé l'office de tourisme ainsi que la déchetterie :=(

A mi-mandat en 2011, le PLU avait déjà été révisé trois fois pour permettre la réalisation de projets significatifs, et dont les inaugurations ont jalonné le mandat de Bernard Soto (d'ailleurs, il n'y a eu aucune inauguration à Paulhan depuis 3 ans). A noter d’ailleurs que la révision générale du PLU prescrite le 9 juillet 2015 est au point mort, ... deux ans plus tard !

Je n'aurai pas publié cette notre si le maire s'était contenté de décliner sincèrement son bilan de mi-mandat, et même de reconnaître que la tâche est plus compliquée qu'il ne l'avait prévu en se présentant au suffrage des Paulhanais. Mais je pense que tous nos administrés qui auront lu cet article ne sont pas naïfs ...