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02/02/2017

Salamane, les aménagements à la peine ...

Le 07 mai 2014, je publiais ici une note révélant qu'un aménagement commercial à la Salamane faisait l'objet d'une demande d'autorisation auprès de la commission départementale d'aménagement commercial (CDAC). A l'époque, cette commission ne s'est jamais réunie (j'en faisais état dans une autre note du 12 juillet 2014), et l'autorisation de construction a donc été accordée de façon tacite. Peu de temps après, l'association "Clermont à Plein Cœur", épaulée par le maire de Clermont-l'Hérault Salvador Ruiz, déposait un recours auprès de la commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) ; celle-ci s'est rendue aux arguments des détracteurs du projet et a refusé la création de cet ensemble commercial le 23 octobre 2014.

A l'époque, ce projet de 9 896 m2 était porté par un consortium composé des sociétés SCI Castellum de Clermont et Delpra. La CNAC a justifié son refus par les faits que cet aménagement commercial de l'autre côté de l'A75 était déconnecté du tissu urbain de Clermont-l'Hérault, qu'il n'était ni desservi par les transports en commun ni par des pistes cyclables, et donc qu'il contrevenait aux critères énoncés à l'article L. 752-6 du code du commerce (cf. avis de la CNAC en version PDF).

Salamane_Bus_et_Velo.jpg

Un nouveau projet de 6 704 m2 a été déposé auprès de la CDAC le 19 janvier 2017 ; il est porté par la S.C.C.V. Castellum Promotion et il ne subsiste du précédent projet que 10 cellules de grande et moyenne surface. Chacun aura constaté que la ZAE de la Salamane est largement desservie par les transports en commun et qu'une généreuse piste cyclable franchit l'A75 pour relier cette zone d'activité au tissu urbain de la ville, et il est donc logique que la CDAC contredise l'avis de la CNAC. Normalement, ce sont « les mêmes causes qui produisent les mêmes effets », mais là ...

La tension est à son comble à la Communauté de communes du Clermontais, car les commercialisations sur cette zone ne décollent pas ; rien de significatif ne s'est réalisé depuis Système U fin 2012. Or, il serait temps que cet investissement porte ses fruits ! Alors le Président Lacroix, en assemblée communautaire ce 1er février, a déjà commencé par blinder la composition de la CDAC (cf. avis de composition en PDF). En effet, Jean-Claude Lacroix siège dans cette CDAC au titre de Président de la Communauté de communes du Clermontais ainsi qu'au titre de représentant des intercommunalités au niveau départemental. Et comme il n'a le droit qu'à un seul vote, l'assemblée communautaire a désigné un suppléant pour le remplacer au titre de Président de la CCC.

Et puis Jean-Claude Lacroix a interpellé l'assemblée mercredi soir, en informant les conseillers communautaires que l'un(e) d'entre eux s'apprêterait à signer un recours contre le projet. Et plus qu'une information, il y avait de la menace dans l'air ... étant convenu qu'il serait irresponsable qu'un(e) conseiller(e) communautaire aille à l'encontre des intérêts de la Communauté. Sauf que Jean-Claude Lacroix n'est pas un maître d'école devant une classe béate, mais qu'il préside une assemblée dont les élus disposent de leur libre arbitre. S'il est vrai qu'un(e) élu(e) signe un recours, alors celui(celle)-ci s'en expliquera et, comme pour tous les élus de la République, il (elle) en rendra compte devant ses électeurs.

A entendre l'exécutif communautaire, les aménagements sur cette ZAE devraient tous aboutir cette année 2017. Car après cet ensemble commercial, sont attendus une aire de service, un hôtel et d'autres commerces. Mais la concurrence avec les autres ZAE du Cœur d'Hérault (Lodève, Saint-André-de-Sangonis, Gignac) incite certainement les entrepreneurs à négocier âprement, très loin du développement multi-polaires qu'évoque régulièrement le Président du Pays Cœur d'Hérault Louis Villaret. Ces zones ne sont pas assez spécialisées, en complémentarité, et leur aménagement généraliste les met en concurrence directe.

01/02/2017

Le Clermontais, un territoire en transition. Si, si ...

Nous sommes un certain nombre à considérer que le mouvement des territoires en transition constitue la meilleure façon de concevoir notre avenir commun. Et des documentaires comme Qu'est-ce qu'on attend ? (de Marie-Monique Robin), Demain (de Mélanie Laurent) et Nouveau Monde (de Yann Richet) l'ont récemment mis en lumière. Derrière ce concept de territoire en transition [écologique], on trouve des collectifs citoyens, des circuits courts, des monnaies locales, des coopératives, des marchés de producteurs locaux, de la permaculture, du partage, etc.

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Et bien nous vous l'avions caché, mais le Clermontais est lui aussi un territoire en transition ! Si, si ...

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Ce soir en assemblée communautaire, j'ai pointé que « territoire en transition » était une forme de label qui évoque une démarche citoyenne pour rendre son territoire plus résilient, et qu'il était assez culotté d'usurper ce concept ... Non, réprobation de mes collègues qui sont assez contents de leur communication :=(

Déjà, ce second point à l'ordre du jour portait sur le renouvellement de notre label Agenda 21 local. Mais pour les élus du Clermontais, l'Agenda 21 n'est pas à rattacher aux questions environnementales ; il s'agit surtout d'y formaliser un projet de territoire avec du développement économique et des solidarités, l'environnement étant une sorte de tâche de fond ...

Cf. Plan d'actions actualisé 2017-2020 (format PDF).

Je suis peut-être trop rigoureux dans mon approche des principes, mais pour moi l'Agenda 21 local fait référence au sommet de la Terre de Rio en juin 1992, où une charte signée par 173 chefs d’État suggérait que les élus à l'échelon local  s'engagent à faire changer les comportements de leurs concitoyens. Le climat, nos ressources naturelles, les écosystèmes, ... devaient faire l'objet de plans d'action, tout en incluant les dimensions sociales (logement, mobilités, santé, consommation, déchets, ...) et économiques (production, obsolescence, mondialisation, ...).

Or, et je l'expliquais ce soir à mes collègues, les dispositifs législatifs se révèlent bien plus efficaces que les démarches participatives engagées depuis 25 ans. En 2017, la loi impose par exemple l'abandon des pesticides par les collectivités locales pour l'entretien de leurs espaces verts ; la loi interdit aussi les sacs plastiques aux caisses des commerces. Actuellement, nous voyons que des vignettes Crit'Air permettent de réguler le trafic des véhicules dans les villes polluées. Prochainement, la règlementation thermique 2020 (RT2020) qui succède à la RT2012 imposera que toute construction soit à énergie positive.

Un autre facteur qui favorise le changement de comportement de nos concitoyens, ce sont tous les documents normatifs qui s'imposent aux collectivités locales : SRADDET, SCOT, PCAET, PLH, PDU, ... Il se constitue un emboîtement d'exigences territoriales qui impulsent des politiques vertueuses en matière environnementale. Les Communautés de communes de la Vallée de l'Hérault, du Lodévois-Larzac ou du Grand Pic Saint-Loup n'ont pas d'Agenda 21 local, mais cela ne les empêche pas d'avoir des politiques ambitieuses en la matière. La CC du Grand Pic Saint-Loup, dans le cadre de son SCOT et du volet Mobilité de celui-ci, vient de lancer un Rézo Pouce très ambitieux !

Le mouvement des collectivités locales pionnières au travers de leur Agenda 21 local est donc dépassé ; et c'est tant mieux si d'autres dispositifs sont plus efficaces, tout en demeurant aussi pédagogiques. Alors pourquoi persévérer sur le Clermontais ?

Cela se justifierait si une évaluation du précédent plan d'action Agenda 21 local s'était révélée positive. Le Clermontais produit-il plus ou moins de gaz à effet de serre qu'en 2010 ? Les déplacements en voiture ont-ils diminué ? Le nombre de panneaux photovoltaïques sur le toit des maisons répond-il aux objectifs initiaux ? Combien de chaufferies à bois depuis 6 ans ? La pratique du covoiturage augmente-t-elle ? La consommation électrique dans nos communes est-elle en baisse ? Voilà quelques indicateurs qui faisaient partie du diagnostic initial, mais qui depuis 6 ans n'ont plus jamais été évalués. Nous allons donc redéposer auprès du ministère de l'environnement un dossier de labellisation Agenda 21 local, sans que les impacts du précédent n'aient jamais été mesurés, sans que les objectifs réactualisés ne portent d'objectif chiffré, mais avec un nouvel intitulé "Le Clermontais, territoire en transition".

Ça s'appelle tout simplement de la tartufferie, et beaucoup de com' pour masquer du vide.

23:41 Publié dans CCC | Lien permanent | Commentaires (0)