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24/01/2018

La France n'arrive toujours pas à définir sa stratégie agricole pour le 21ème siècle

L’Europe envisage de réduire les zones agricoles défavorisées bénéficiant des aides communautaires, c'est à dire des communes où les conditions pour le maintien ou pour le développement d'exploitations agricoles sont jugées difficiles à cause de la configuration du territoire. Et cela fait déjà plusieurs années que l'Europe souhaite réviser la carte des zones agricoles défavorisées qui donnent droit à des indemnités compensatoires de handicaps naturels (ICHN) ; les communes classées en zone montagne ne sont pas dans le périmètre de cette révision. Pour les exploitations concernées, l'aide tourne autour de 10 000 € par an.

Zones_defavorisees.jpg

En Cœur d'Hérault par exemple, les communes du Lodévois-Larzac sont presque toutes classées en zone Montagne. Par contre, sur le Clermontais, des communes classées en zone défavorisée simple (ZDS) sont menacées de perdre ces aides européennes (Cabrières, Liausson, Lieuran-Cabrières, Mérifons, Mourèze, Péret, Salasc, Valmascle et Villeneuvette).

Sollicité par l'Union Européenne depuis 2016, c'est le gouvernement qui a publié en décembre dernier de nouvelles cartes de zonage qui ont aussitôt fait réagir les filières agricoles. La France doit rendre sa copie à Bruxelles d'ici mars 2018. Les agriculteurs de la région Occitanie, fortement mobilisés, ont organisé une manifestation ce mercredi 24 janvier à Montauban (autour d'un millier de participants). Pour l'Hérault, les nouvelles données de zonage ne semblent pas encore avoir été publiées.

Agriculteurs_Ocitanie_Montauban.jpg

Pour l'élevage, les exploitations doivent avoir au moins 3 hectares de surfaces fourragères ou céréales auto-consommées pour bénéficier de l'aide ICHN-animal. Autour du Salagou où de jeunes exploitants tentent de relancer le pastoralisme, ce serait un message bien négatif que le gouvernement leur adresserait en les retirant des zonages actuels. Idem pour l'ICHN-végétal quand nos collectivités locales promeuvent les circuits courts ...

Rappelons quand même que le gouvernement avait annoncé à l'été 2017 un transfert des aides européennes du 1er vers le 2nd pilier de la PAC. Le 1er pilier de la Pac, consacré notamment aux aides à l'hectare, est réservé presque exclusivement aux céréaliers. Le 2nd pilier est consacré aux petites exploitations de zones défavorisées, à l'installation des jeunes agriculteurs et au développement du bio. Or, la révision de la carte des zones défavorisées simples s'en prend au second pilier, et les messages successifs envoyés par le ministère de l'agriculture génèrent de l'incompréhension et de la colère.

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