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29/10/2017

La République en marche (LREM) ambitionne de réseauter les territoires ...

Macron_Roi.jpgLe mouvement politique du Président de la République, la République en Marche ! (LREM), est une création encore récente, et il a surtout servi de label pour présenter des candidats aux élections législatives. A cette échelle, LREM déroule le programme d'Emmanuel Macron ; le gouvernement dépose des projets de loi qui réalisent le programme électoral, et les parlementaires les adoptent. Ce qui fait sens ici, et c'est aussi ce qui a mis en échec les anciens partis politiques, c'est que ce projet politique répond à une situation donnée et qu'il développe des propositions internationales, européennes et nationales ad hoc. Et dans cette logique-là, en 2022, Emmanuel Macron devrait présenter un nouveau projet replacé dans un contexte 2022-2026. C'est une forme de politique contractuelle avec les français ; nous sommes élus pour tel projet qui répond à tels besoins, et on se revoit dans cinq ans pour faire le bilan et pour présenter un nouveau contrat.

Ce schéma-là est aux antipodes des politiques de l'ancien monde où chaque formation campait sur un socle de valeurs, de principes et d'orientations, avec pour seul but de l'imposer à tous. Et tous les 5 ans un camp remporte l'élection présidentielle pour mettre en œuvre son projet, et l'autre camp qui vient au pouvoir détricote les lois des prédécesseurs pour mettre en œuvre son projet. Cette navigation au près, où chaque camp tire un bord chacun son tour, permet de faire avancer l'embarcation, mais celle-ci progresse néanmoins face au vent. Or, on ne choisit pas le sens du vent. Et cette navigation au près, c'est ce que Macron va faire pendant 5 ans, un coup à gauche et un coup à droite, une suppression de la taxe d'habitation pour sa gauche et une suppression de l'ISF pour sa droite, etc.

Macron_Partout.jpg

Alors comment, à partir de cette locomotive nationale, décliner le concept sur l'ensemble du territoire national dans la perspective des élections locales de 2020 ? Reproduire le concept à l'échelon local devrait conduire à présenter sur chaque territoire des projets qui répondent à des situations contextualisées, et ceci pour la durée du mandat local. Donc là aussi, c'est « à gauche et à droite en même temps » ; je caricature, mais ça pourrait ressembler à : « le matin au CCAS et l'après-midi avec la CCI ».

LREM a commencé à semer ses graines, et les réseaux sociaux témoignent d'appels à semer dans l'enthousiasme macronien. Évidemment, les nouveaux députés LREM sont à la manœuvre, car c'est aussi pour eux une façon de s'implanter localement. Non pas pour eux-mêmes, car ils savent bien que c'est l'élection présidentielle de 2022 qui décidera de leur avenir, mais justement pour leur patron ; il faut assurer le SAV pour fidéliser la clientèle. Mais les élections locales sont assez peu politisées, excepté dans les villes, et les citoyens votent d'abord pour des personnes qu'ils connaissent sur leur commune. Le drapeau LREM serait même repoussoir, comme l'ont été les étiquettes PS ou LR aux dernières élections nationales.

A gauche comme à droite, les élections locales de 2020 sont là aussi la prochaine escale électorale, et même l'escale du dernier espoir. Je serai taxé de parti pris, mais il me semble que ce sera plus simple pour la gauche, car Emmanuel Macron mère réellement des politiques de droite, libérales et ouvertes à une mondialisation sans tabou. Après Sarkozy et Hollande, il va planter l'estocade dans tous nos acquis sociaux pour livrer l’État et la République aux grandes entreprises internationales et aux élites financières. Autre avantage de la gauche sur la droite, c'est que les élections européennes de 2019 seront un premier round pour porter un autre projet plus humaniste, plus solidaire et plus sobre. Entre Macron et Le Pen, la droite de Wauquiez aura bien du mal, elle, à sortir la tête de l'eau.

Macron_Gagne.jpg

Finalement, le macronisme ne devrait pas avoir d'autre vocation à se généraliser qu'à véhiculer le message qu'il faut s'investir pour réussir, et y penser tout le temps ; mais ça ne vaut pas qu'en politique. Vouloir faire des petits LREM dans tous les territoires de France sur le même modèle que celui qui la conduit à Élysée serait une hérésie, Emmanuel Macron reviendrait alors aux pratiques politiques de l'ancien monde.

On va attendre que les graines commencent à germer pour voir à quoi ça ressemble ;-)

Commentaires

y a plus qu'à attendre....
sans appeler à la mobilisation... (tranquille : ça a fait plouf, on est pas encore assez malheureux)
moi, j'attends avec impatience l'autocritique des verts et de leur soutient à une pseudo gauche, certes, mais qui vous trouvait "si sympathiques" pour mieux vous affaiblir.
Quand j'entends cette petite femme si intelligente (a oui : Duflot) dire "Hollande m'aime bien" je me cogne la tête au plafond !
Quand est-ce que les verts comprendrons qu'ils ne trouveront aucun élan écologiste réel dans les "suppôts du grand capital" (j'adore l'expression) - (PS compris).
Pour être écologiste (vraiment), il faut avoir un réel souci du bien de tous, oublier sa carrière politique, et aussi être assez intelligent pour comprendre que nous dansons au dessous du volcan.

Écrit par : lucile chesnais | 30/10/2017

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PS : on sent une certaine admiration pour Macron dans votre article... vous n'allez pas glisser si bas tout de même ?

Écrit par : chesnais | 30/10/2017

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La façon dont il a bousculé l'ordre établi depuis plus d'un demi-siècle de 5ème République, sans parti politique et sans réseau d'élus locaux pour faire voter, oui ça force l'admiration. Mais ce qui était décrit il y a un an comme du culot, de l'audace ou encore un challenge ingagnable, révèle un "ça" freudien très inquiétant dans ce personnage ...
Quant aux Verts, ils ont le souci réel du bien de tous, mais avec des stratégies peu lisibles, je le confesse sans détour. Et puis nous avons fait preuve de naïveté dans les accords électoraux, pensant à chaque fois que nos partenaires étaient enfin convaincus du bien-fondé de nos revendications. Et c'est à l'épreuve du pouvoir que l'on se rend compte de l'imposture :=(

Écrit par : Laurent DUPONT | 31/10/2017

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