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02/09/2017

Cave coopérative de Paulhan, la mairie doit revoir son projet ...

Au mandat précédent de Bernard Soto, le terrain de la cave coopérative était passé dans le PLU en zone UD suite à une enquête publique ; la cave et le terrain attenant pouvaient alors faire l'objet d'un aménagement, mais à condition que la station d'épuration fasse l'objet d'investissements pour que sa capacité nominale (de 3750 "équivalent-habitants") soit rehaussée, conformément aux besoins grandissants de la commune. Et c'est ainsi que le dernier budget annexe de l'assainissement voté en 2014 par la municipalité de Bernard Soto avait inscrit la construction d'un nouveau clarificateur pour 280 k€ ; cet équipement est le maillon faible de la filière boues de la STEP, avec une capacité de 2900 EH. Le remplacement des six lits de séchage des boues par une centrifugeuse à polymères avait soulagé la filière et pallié à la faible capacité du clarificateur, mais ce n'était pas suffisant.

Depuis l'élection de Claude Valéro en 2014, les investissements sur la STEP ont été gelés. Il était alors couru d'avance qu'aucun projet d'aménagement sur la cave coopérative ne pourrait alors jamais voir le jour. C'est une donnée que je n'ai jamais cessé de relayer en Conseil Municipal ; un autre élu, Thierry Jam, a porté le même message. Thierry Jam qui a par ailleurs obtenu que la cave coopérative de Paulhan soit enregistrée au patrimoine, ce qui rend tout aménagement encore plus contraignant puisque cela conduit à un périmètre classé tout autour de la cave.

Vue_generale.jpg

Le maire de Paulhan a néanmoins persévéré dans un projet d'achat et d'aménagement conjoint avec un lotisseur, M. Olivier Suffit et sa société AMEHA. Un compromis a été signé fin mars 2017 avec le propriétaire de la cave, la société coopérative Clochers & Terroirs : la mairie achetait la partie avant de la cave, cette partie qui est donc aujourd'hui enregistrée au patrimoine, pour 100 k€, le reste étant acquis par AMEHA pour 300 k€ ; la société Clochers & Terroirs conservant la jouissance du caveau pour la vente directe de ses vins. L'aménageur avait pour projet d'abattre la partie arrière de la cave afin d'étendre la surface aménageable et commercialiser ainsi 15 lots à construire.

Mais comme en témoigne l'arrêté signé par le maire de Paulhan le 22 août, et affiché en mairie, le permis d'aménager est refusé. La DDTM34 étaye son avis défavorable par la capacité insuffisante de la STEP. L'Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine ainsi que BRL émettent eux aussi des avis défavorables.

La cave coopérative étant désormais inscrite au patrimoine, nous pouvons déjà nous satisfaire qu'il ne pourra jamais s'y faire n'importe quoi. Pour ma part, je plaide pour que la mairie acquière la cave coopérative pour le montant total de 400 k€ (à négocier bien entendu) afin d'y établir ses futurs ateliers municipaux, comme cela s'est fait à Mèze par exemple. Car la mairie a prévu un budget de  578 k€ HT pour construire de nouveaux ateliers municipaux dans les vignes ; je pense qu'il est plus raisonnable de laisser les terrains agricoles à leur vocation première et de reconvertir un bâtiment industriel à un usage pour l'instant plus opportun.

Commentaires

ça serait dommage de ne pas bétonner une parcelle de terre cultivable, et d'utiliser plein de sable (qui manquera à nos plages) et de ciment, au lieu de retaper un bel ensemble patrimonial.
PS : votre site commence à faire un peu ringard. (moi ça ne me gêne pas, c'est le contenu qui compte). Encore quelques années et il sera aussi patrimonial ?

Écrit par : vieille | 06/09/2017

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Je sais que mes visiteurs s'intéressent plus au fond qu'à la forme, et donc ça ne me dérange pas de devenir en plus, d'ici quelques années, une source de curiosité du Web ;-)

Pour la cave coopérative, désormais inscrite au patrimoine, il n'est plus possible d'en faire n'importe quoi. Néanmoins, elle va vite devenir une charge significative pour son propriétaire actuel, Clochers & Terroirs, qui pourrait la vendre juste pour s'en débarrasser. Par ailleurs, de nombreuses communes ont racheté la cave coopérative locale, par souci de préserver ce patrimoine (économique et culturel), mais faute de moyens ces bâtiments deviennent vite des friches industrielles. Il y a 582 caves coopératives dans les 4 départements viticoles du Languedoc-Roussillon, et il faudrait peut-être que Madame Delga se penche sur la question ; il y a certainement des projets à généraliser pour tous ces bâtiments (ateliers municipaux, salle polyvalente, musée, ...), et avec des éléments de conception à réutiliser d'une commune à l'autre.

Écrit par : Laurent DUPONT | 06/09/2017

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