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27/07/2017

Sur la sécurité publique comme dans tant d'autres domaines, un territoire de France n'est pas qu'une variable d'ajustement du budget de l'État !

C'est un peu moins de 10 milliards d'euros que l’État a ponctionné au budget de fonctionnement des collectivités territoriales sous Hollande, et c'est 13 milliards d'euros que Macron s'apprête à ponctionner pendant son quinquennat dans un duel sauvage ; il ne baissera les dotations de fonctionnement que si les collectivités ne réussissent pas à faire elles-mêmes les efforts attendus ... En parallèle, la taxe d'habitation ne sera plus payée par les citoyens mais compensée par l’État dans les recettes des collectivités territoriales ; encore une sacrée usine à gaz :=(

Nous entendons tous ce message selon lequel la puissance publique, c'est à dire l’État et ses agences, les collectivités territoriales et leurs syndicats mixtes, l'hôpital et la santé publique, vivent sur une dette sans cesse croissante qui pèse sur les générations futures. Mieux investir et être plus efficient en matière de finance publique sont des messages tout à fait raisonnables, mais pourquoi ne pas avoir le courage de revoir tout cet édifice public, ses missions, ses financements et sa pertinence au service du mieux vivre ensemble ?

Et j'en veux pour preuve la sécurité publique, qui dans le contexte actuel s'impose lourdement. Les communes pallient de plus en plus les services de police et de gendarmerie nationales dans leurs missions de surveillance, de prévention et de coercition. A Paulhan, et jusqu'en 2014, la police municipale n'avait pour seule mission que de faire respecter les arrêtés du maire et d'assurer la sécurité sur la voirie aux sorties des écoles. A l'époque, deux policiers municipaux non armés y suffisaient ; ils assuraient aussi des missions de conformité des permis de construire, ils dressaient des procès-verbaux pour les incivilités (crottes de chiens, déchets sauvages, ...), et ils assuraient le recouvrement des droits de place pour occupation du domaine public.

police-radar.gif

Depuis 2014, ce sont des caméras de vidéo-surveillance qui ont fleuri dans le village ; et puis l'effectif est passé de 2 à 5 agents au poste de police municipale, ensuite les policiers municipaux ont été équipés d'armes à feu à l'été 2016, et ils vont désormais partager avec leurs collèges de Clermont-l'Hérault et de Lodève des jumelles Eurolaser SAGEM pour opérer des contrôles de vitesse sur le territoire de la commune (cf. protocole adopté au conseil municipal du 20 juillet). Et c'est vrai que nous voyons de moins en moins de contrôles effectués par les gendarmes, donc là encore la police municipale se voit confier une mission qui jusqu'à présent relevait des compétences régaliennes de l’État ... Mais alors est-ce que demain nos polices municipales devront aussi prévoir dans leurs locaux des cellules de dégrisement, un garage pour les véhicules confisqués à leur propriétaire délinquant ou des équipements de séquestre pour les objets liés à des délits constatés (drogue, armes, ...), etc ?

Ce désengagement de l’État [en matière de sécurité publique] sur les collectivités locales pose de nombreux problèmes. Le premier, c'est que ce sont les communes qui en ont les moyens qui peuvent y remédier ; les autres deviennent petit à petit des zones de non droit : personne pour constater des dépôts de déchets sauvages, pour constater une construction illégale, pour contrôler la vitesse des automobilistes dans la traversée du village, pour prévenir de désordres lors d'une fête votive, etc.

L'autre problème majeur est autant opérationnel que financier, mais il pose clairement la question des missions dévolues à l’État et aux collectivités territoriales. Aujourd'hui, le Pdt Macron se la joue "pépère la vertu" avec son respect unilatéral du diktat européen de passer sous le seuil de 3% d'endettement public, et il pointe du doigt ces maudites collectivités locales qui accroissent sans cesse leur budget de fonctionnement, leurs charges de personnel et seraient incapables d'investir efficacement. Mais plutôt que de subir cette ire Jupitérienne, les 77 communes du Cœur d'Hérault ne devraient-elles pas plutôt tenir assemblée pour enfin se prendre en main de façon responsable ?

jumelles.jpg

Les temps d'activité périscolaire (TAP), le contrat local de santé du Pays Cœur d'Hérault, le développement économique, la préservation de notre patrimoine, le défi posé par le pastoralisme face à la préservation d'espèces protégées comme le loup, ... nous sommes 77 communes tout à fait capables de proposer puis de dérouler un projet intercommunal ... « de transition ».

Cessons de nous faire tondre la laine sur le dos ! Nous avons environ 80 000 citoyens qui vivent sur un territoire remarquable, et nous sommes chacun(e) dans notre commune à nous lamenter que l’État se désengage ou qu'il nous impose des chartes ou des directives rédhibitoires ; je suis convaincu, et je ne suis pas seul, qu'il y a un projet de « territoire en transition à construire », à l'échelle de tout le Cœur d'Hérault, mais il faut passer du rôle de « figurant » à celui de « premier rôle » !

Nous savons par ailleurs pouvoir nous appuyer sur le Département ainsi que sur la Région, alors pourquoi continuer à subir ??? Et n'est-ce pas le Pdt Macron, à la tribune du Congrès à Versailles, qui appelait les territoires à conclure de « de vrais pactes girondins » ? Dans son livre « Décoloniser les provinces » (Les Éditions de l’Observatoire, 2017), l’essayiste Michel Onfray proposait ainsi « une révolution pacifique inspirée des Girondins de la Révolution française », qui consisterait à « redonner le pouvoir aux communautés, aux collectivités, aux régions ».

Je pense que nos voisins de Montpellier, du Bittérois et même du Pic-Saint-Loup sont déjà dans cette démarche-là, alors n'ayons pas le bonnet d'âne de la classe ...

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