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12/07/2017

Comment mon interco est perçue via la presse locale ?

Dans les discussions et dans les médias, les intercommunalités sont de plus en plus visibles et elles deviennent même des territoires revendiqués. Sur le Pic Saint-Loup, sur le Bassin de Thau ou encore sur le montpelliérain, l'échelon intercommunal est perçu comme un véritable levier de développement. Cela n'éclipse pas les communes et ça n'ôte rien au rôle des élus municipaux, ce que l'on appelle le « bloc communal » (communes + interco) s'appuie sur toutes ses ressources.

Sur le Clermontais, le service communication de l'EPCI transmet aux élus une revue de presse bimensuelle, et son contenu est donc le reflet de l'image perçue par les citoyens de leur intercommunalité. J'ai analysé les 129 articles de presse pointés par le service communication depuis l'automne 2016, et cela donne l'image suivante :

Camembert.jpg

C'est la culture (dont le théâtre le Sillon et la lecture publique) qui domine largement dans la presse quand un article parle de la Communauté de communes du Clermontais, avec un tiers de la couverture médiatique. Et ce constat quantitatif rejoint mon opinion sur le bloc communal, car les articles évoqués, pour le théâtre comme pour le livre, associent fortement les communes.

Il en est de même pour tout ce qui touche au tourisme et aux balades dans nos villages et sur nos sites naturels, 18% des articles recensés, le lien intercommunalité-commune est omniprésent. La Communauté de commune valorise le territoire d'une commune ou bien elle soutient les initiatives de son équipe municipale pour une action sur la nature.

Pour la jeunesse, la petite enfance et les activités de loisir, soit 21% des articles, les communes s'effacent derrière les services de la communauté de communes. Le CISPD et la médiation scolaire, le centre aquatique de Clermont l'Hérault, les opérations jeunesse ou encore les activités des structures de loisir attachées aux écoles s'appuient exclusivement sur les moyens de l'EPCI. A noter que je n'ai pas retenu dans mon décompte les actions portées par les communes seules ou par exemple par Hérault Sport, mais les revues de presse s'en font par ailleurs très peu l'écho.

L'institution communautaire arrive en 4ème position dans le classement, et cela recouvre autant les articles sur les séances de l'assemblée communautaire que les annonces légales de l'EPCI. Avec 12,4%, le Clermontais fait finalement très peu parler de lui-même. Personnellement, je trouve ça plutôt bien, parce que sinon nous aurions certainement un(e) président(e) de communauté de communes très médiatique, à l'instar d'un Philippe Saurel et des institutions qu'il préside.

Il y a par contre une thématique que j'estime très éloignée de l'image souhaitée, c'est sur tout ce qui touche à l'activité économique, aux commerces et à l'emploi. Sur 4 articles au total en 8 mois, il y en a quand même deux pour le prix de la TPE organisé par le Pays Cœur d'Hérault, un pour le rendez-vous de l'emploi organisé par Pôle Emploi et une publicité pour la Salamane. Le Clermontais apparaît là très en arrière-plan, presque en spectateur ...

Les actions de développement économique constituent la compétence obligatoire historique des EPCI ; en adhérant à un EPCI, les communes lui transfèrent la totalité des recettes fiscales issues des activités économiques (taxe professionnelle il y a quelques années, et CVAE, CFE, IFER, TASCOM, ... désormais). Cela signifie que les communes transfèrent à leur intercommunalité l'objectif d'accroître ces recettes fiscales, le parti pris étant que « l'union fait la force ». Est-ce donc paradoxal que la presse nous renvoie si peu d'échos de cette compétence majeure pour le Clermontais ? Malheureusement non, car cela fait 5 ans que la Communauté de communes a mis tous ses œufs dans le même panier, ... la Salamane :=(

Le tourisme n'est toujours abordé que sous l'angle bucolique, alors qu'il y a des retombées économiques à mieux accompagner. L'agriculture est totalement absente de cette communication média, mais je témoigne qu'elle est tout aussi absente des débats ou travaux entre élus communautaires. L'artisanat est lui aussi le grand oublié, alors que toutes nos communes ont des artisans qui ne cracheraient pas sur des politiques publiques qui nourrissent leurs carnets de commandes.

Je ne revendique pas que notre institution intercommunale ou que les projets économiques de son président ressemblent peu ou prou à ce que la presse renvoie de la métropole de Montpellier, mais nous avons sur le Clermontais des spécificités et une histoire qui ne s'opposent en rien à un développement économique harmonieux et redistributif. Je réitère qu'autour du tourisme, de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce nous avons là un potentiel de développement trop mal exploité ; sur chacune de ces filières, la Communauté de communes devrait rencontrer les structures professionnelles pour leur apporter les leviers politiques pour se développer. Car même le Syndicat de développement du Pays Cœur d'Hérault fait défaut.

En conclusion, c'est sympa d'être perçu comme un territoire culturel, jeune et aux paysages naturels très attractifs, mais pour pouvoir continuer à valoriser ces thèmes-là il faut faire rentrer de l'argent dans les caisses. Ce n'est pas de l’État dont il faut attendre un soutien financier, alors le Clermontais doit s'organiser pour accroître ses recettes économiques, non pas en augmentant les taux mais bien les bases, et donc en ayant dans notre écosystème économique un plus grand nombre d'entreprises en bonne santé.

21:10 Publié dans CCC | Lien permanent | Commentaires (0)

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