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07/07/2017

Le macronisme fait le lit de l'extrémisme, à plus ou moins long terme ...

« Il faut que tout change pour que rien ne change », cette réplique d'Alain Delon (neveu du Prince de Salina) dans le Guépard de Visconti est véritablement un leitmotiv de notre vie politique ... et ça en est désespérant. Que lisons-nous et que voyons-nous depuis un mois ? Une hausse de la CSG, le retour du jour de carence pour les fonctionnaires, des vaccinations à la mode Bachelot, la rigueur pour être sous la barre des 3% de déficit public, la prolongation de l'état d'urgence, la poursuite de la folie EPR (à Flamanville avec une cuve défectueuse et à Hinkley Point où pointe la faillite financière), les lobbies de la chimie qui imposent leurs propres intérêts, une loi travail séditieuse, ... Qu'est-ce qui a finalement changé après Hollande, Sarkozy, Chirac et même Mitterrand ?

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On change le personnage sur la photo, mais derrière ce ne sont que des curseurs qui varient à la marge. Nulle rupture qui prendrait en compte la faillite évidente du modèle dominant ... peut-être que l'élite se sent à l'abri, qu'elle s'imagine très loin de ce que vivent la majorité des français. Louis XVI et l'aristocratie du 18ème siècle n'avaient pas vu non plus venir la révolution, même au plus fort des insurrections populaires.

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En France comme dans le reste de l'Europe, c'est l'échec de la sociale-démocratie qui est patent, l'échec à contrebalancer les dérives du capitalisme et les conséquences de la mondialisation par des mesures sociales protectrices. C'est ahurissant de constater notre incapacité politique à penser un autre modèle de société, comme s'il fallait inévitablement en arriver à des crises profondes pour réagir radicalement, au pied du mur.

Et le jour de carence pour les fonctionnaires en est symptomatique. Le rétablissement de ce jour de carence ne répond qu'à des critères budgétaires ; il s'exonère totalement d'une analyse sociale de l'absentéisme au travail, et ce rétablissement ne fera qu'éloigner nos dirigeants politiques des salariés, et entre autres des fonctionnaires. Déjà, je trouve totalement immoral que quelqu'un qui est malade subisse en plus la peine de ne pas être rémunéré pour son premier jour d'absence. La conséquence est connue ; des fonctionnaires vont renoncer à se soigner pour ne pas perdre une journée de salaire (pour une opération dentaire, pour des examens médicaux à l'hôpital, pour de petites opérations de chirurgie qui nécessitent quelques jours de repos, ...), d'autres viendront au boulot avec leur grippe pour ne pas perdre en rémunération, et pour ceux qui doivent vraiment prendre un arrêt maladie alors ils demanderont à leur médecin une convalescence plus longue que de besoin. Les données statistiques sur ce jour de carence en témoignent, sa mise en place réduit les absences de courte durée, mais les absences sont plus longues quand elles surviennent. Bien évidemment, le législateur ne se soucie pas de la santé des salariés (comme des fonctionnaires), ni de la sensibilisation des médecins généralistes qui donnent des arrêts maladie.

Étudiants, retraités, salariés, chômeurs, fonctionnaires, ... ne sont que des variables d'ajustement dans un édifice budgétaire qui doit favoriser la consommation, qui doit générer de la croissance et dont les profits ne vont toujours qu'aux mêmes. Je n'ai pas glissé dans cette note d'élément de lecture écologique, mais le diagnostic n'en serait que pire :=(

Sommes-nous fatalement destinés à subir cette rigueur libérale pendant 5 ans ? Ou ferons-nous vivre à Macron ce que son mentor a vécu il y a 50 ans, dans une très fidèle commémoration de mai 68 ?

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