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28/02/2017

Comme un manchot sur son iceberg regardant sombrer le Titanic ...

Je ne vais pas revenir sur ce qui vient de se passer depuis un mois, car c'est l'avenir qui doit nous préoccuper. Juste un rappel du passé que mes amis écologistes d'EELV oublient trop rapidement, c'est la motion qui a été adoptée très majoritairement à notre Congrès de Pantin en juin 2016 (télécharger la motion en version PDF). Nous avions là une orientation claire, ambitieuse et mobilisatrice ; certains d'entre nous sont enthousiastes des discours de Benoît Hamon et vont s'investir dans sa campagne aux côtés de Yannick Jadot, d'autres sont franchement hostiles à cet effacement politique.

Personnellement, et depuis les premiers jours de février, j'ai cessé de croire que Benoît Hamon allait poursuivre sur sa lancée de la primaire de la BAP avec les thématiques qui l'ont fait gagner ; le mois écoulé en témoigne. La concurrence entre Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon ne permettra à aucun des deux de figurer au second tour de la présidentielle ; je ne sais pas si le premier l'espérait encore, mais je suis certain que le second joue le leadership au PS et à gauche au-delà du 23 avril. Car même si Hamon emportait l'élection présidentielle, nous savons déjà qu'il hériterait d'un groupe socialiste à l'Assemblée dominé par les amis de Manuel Valls. Alors qu'est-ce que les écolos d'EELV vont faire dans cette galère ?

Actuellement, et contrairement à la période des différentes primaires, la campagne se focalise sur des postures, qu'elles soient individuelles ou collectives ; et les projets des candidats sont passés à la trappe. Pire encore pour nous, on parlera de moins en moins d'écologie avec l'avancement de la campagne. C'est le mot « recomposition » qui est dans toutes les bouches et suscite une inflation d'analyses et de projections. Fallait-il la faire si tôt ou attendre l'issue des scrutins ? Les positionnements des uns et des autres sont-ils sincères ou simplement motivés par la volonté d'être à la bonne place pour le coup d'après ? Pendant ce temps, il y en a une qui n'a pas besoin de se recomposer ou de se repositionner, c'est Marine Le Pen ; elle se renforce au fur et à mesure que ses concurrents s'affrontent pour une place au second tour.

Manchot_concert_titanic.jpg

Le PS, celui que nous connaissons depuis son congrès d'Épinay en 1971, ne survivra pas dans cette forme-là à cette séquence. Ce pronostic qui date de plusieurs mois, théorisé par « les deux gauches irréconciliables » de l'ex Premier ministre, semble se confirmer de jour en jour. L'appareil du PS ne fait pas campagne derrière Benoît Hamon (comme ce fut le cas pour Ségolène Royal en 2007), et la fronde des parlementaires a changé de camp. D'autres partis sociaux-démocrates en Europe ont été fatalement écartelés par des aspirations contradictoires, d'un côté soutenir les acteurs économiques dans une mondialisation dérégulée, et de l'autre de défendre un modèle social sans s'en donner les moyens. Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron incarnent ces deux orientations, et au sein du PS Benoît Hamon et Manuel Valls en sont les ambassadeurs.

Comment l'écologie politique en sortira-t-elle ? Elle aura été très audible jusqu'à présent, mais ni Benoît Hamon ni Jean-Luc Mélenchon ne seront aux affaires le 7 mai 2017 pour dérouler le contenu de leur programme. Or, c'est bien cela qui me préoccupe ! Qui demain pour arrêter le nucléaire ? Qui pour arrêter Notre-Dame-des-Landes, Bure et le Lyon-Turin ? Qui pour faire de l'impact des pollutions sur notre santé un enjeu prioritaire ? Etc.

La leçon de ce scrutin est que nous devons changer nos pratiques politiques ; l'affaire Fillon aura douché tout le monde tant le bonhomme passait pour un chevalier blanc de la probité, et puis les instructions judiciaires vont se poursuivre. En tous cas, cela aura jeté l'opprobre sur la classe politique dans son ensemble, aussi injuste que cela puisse être. Les formations politiques, et la mienne en premier lieu, doivent innover. Et paradoxalement, notre motion de Congrès de juin 2016 pourrait être d'une actualité prégnante en juin 2017. Le « hacking démocratique » que nous avons pratiqué pour décider du rassemblement avec Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon est à développer, mais de préférence avec des personnes physiques sur un territoire à taille humaine plutôt que via les réseaux sociaux. Et ce sont des « territoires politiques en transition » qu'il nous faut désormais explorer !

22:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Derrière Manuel Valls, l'aile social-libérale du PS se prépare à la future recomposition :
http://www.lejdd.fr/Politique/Valls-demande-a-ses-soutiens-de-se-preparer-a-la-recomposition-de-la-gauche-851114#xtor=CS1-4

N'y a-t-il plus que Jadot pour croire encore à une victoire de Hamon le 7 mai ? Dans le rôle de l'idiot utile ...

Écrit par : Laurent Dupont | 01/03/2017

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