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17/02/2017

Hamon porté par un électorat déçu de François Fillon

Et si Benoît Hamon se retrouvait au soir du 23 avril face à Marine Le Pen pour le second tour ? Juste après l'euphorie qu'une telle perspective peut faire naître, me vient alors une inquiétude ... Et si tout l'électorat de droite à qui la victoire aura été volée, à la suite d'un complot politique disent certains, se retrouvait dans le vote Le Pen ? Benoît Hamon ne serait-il pas finalement le candidat idéal pour Marine Le Pen au second tour ?

Curieux de mesurer au mieux la perméabilité des électorats, j'ai regardé les sondages publiés depuis que Benoît Hamon est mesuré dans les études d'opinion. Et sur l'ensemble des sondages publiés, je me suis arrêté sur ceux de l'institut IFOP afin d'avoir des tendances valides. En effet, il faut pour cela ne regarder qu'un seul thermomètre, et donc un unique institut de sondage, et s'attacher aux évolutions plus qu'aux chiffres absolus.

Sondages_IFOP.jpg

Le tableau ci-dessus est assez étonnant. Bon, il ne faut pas s'attarder sur le sondage du 29 janvier au 1er février car il tombe en plein sur la victoire de Benoît Hamon à la primaire et qu'il prend alors des voix à tous ses concurrents sauf à Emmanuel Macron. Benoît Hamon gagne 12 points par rapport au début de l'année, et les baisses constatées chez ses concurrents sont 1 à l'extrême-gauche, 2.5 pour Jean-Luc Mélenchon, 1 pour Yannick Jadot, 2.5 pour François Bayrou, 3.5 pour François Fillon et même 1.5 à l'extrême-droite. Emmanuel Macron gagne 1 point dans cette même période. Bref, je mets ces transferts de voix sur l'effet médiatique de l'issue de la primaire.

Juste auparavant, entre les sondages de début décembre et de début janvier, Benoît Hamon gagne deux points qu'il semble prendre sur sa gauche. Mais cette volatilité à gauche en restera là pour la suite. Par contre, et avant même que n'éclate l'affaire Pénélope Fillon, le candidat LR perd près de 4 points en un mois qui profitent surtout à Marine Le Pen (Nicolas Dupont-Aignan reste à 2%) ainsi qu'à Emmanuel Macron.

Donc plus intéressant est la comparaison entre le premier sondage où Benoît Hamon est à 6% et le dernier à 14%. Ou prend-il ces 8 points ? Sur sa gauche, la perte est de 1,5 points ; il en manque encore 6,5. Emmanuel Macron gagne un demi-point sur cette période et l'extrême droite gagne 1 point. Mais c'est l'électorat de François Fillon qui semble alimenter le plus massivement ce nouvel électorat de Benoît Hamon. Que l'affaire Pénélope Fillon révélée par le Canard Enchaîné le 25 janvier fasse fuir cet électorat, ce n'est pas une surprise ; mais les 6 points qu'il perd entre début janvier et mi-février ne vont pas sur Emmanuel Macron ou sur François Bayrou, ils vont sur Benoît Hamon !

Cet électorat volatile ne s'est peut-être fixé sur Benoît Hamon que de façon provisoire, et il pourrait revenir sur François Fillon ou sur un(e) autre candidat(e) LR d'ici le 23 avril. Par ailleurs, qu'incarne Benoît Hamon pour devenir l'exutoire d'un électorat de droite désabusé ? S'agit-il d'une droite sociale gaulliste qui verrait en Benoît Hamon la seule alternative pour réparer la France, ses institutions et son pacte social ? Par contre, je ne suis pas certain que cet électorat resterait attaché à Benoît Hamon si un accord avec Jean-Luc Mélenchon devait se conclure.

Décidément, cette élection présidentielle est totalement irrationnelle.

 

13:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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