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11/02/2017

Agriculture et tourisme, les deux axes à prioriser pour le développement économique du Coeur d'Hérault

Le Conseil syndical du Syndicat de développement (SYDEL) du Pays Cœur d'Hérault était réuni ce vendredi 9 février à Gignac ; à son ordre du jour le budget 2017, mais aussi quelques délibérations qui n'ont pas laissé les délégués indifférents sur les thématiques du tourisme et de l'agriculture. Sur un budget de 1,1 M€, sa déclinaison en un programme d'action conforme à la charte de développement du Cœur d'Hérault 2014-2025 manquait sensiblement d'ambition. En réalité, ce programme d'action 2017 est un saupoudrage qui porte sur de multiples axes (culture, tourisme, patrimoine, santé, développement économique, SCOT, mobilité, PCAET, charte forestière, ingénierie financière, programmes européens), mais sans jamais qu'un cap soit fixé pour le navire Cœur d'Hérault.

Et il y a une thématique qui manquait à ce programme d'action 2017, c'est l'agriculture, qui est pourtant le défi n°4 de la charte de Pays ... Louis Villaret m'a répondu qu'il ferait mettre le mot "agriculture" dans le texte, mais le moment peut-il se satisfaire d'une telle virtualité politique ? Nous avions une autre délibération ce vendredi pour obtenir des subventions (départementale et européenne), et engager des actions dans le cadre du label « Vignobles & découvertes » obtenu en décembre 2015.

Or, le Pays s'était engagé en 2013 dans les « Floréales du vin » ; il s'agissait de rapprocher les viticulteurs des restaurateurs, chacun pouvant valoriser le travail de l'autre (cf. Page Facebook Les Floréales du Vin et Site internet Les Floréales du Vin). Pour les deux premières éditions, entre 40 et 50 restaurateurs du Cœur d'Hérault ont été contactés, mais seulement 14 ont accepté de participer. Idem du côté des viticulteurs où ils n'ont été qu'une trentaine à y participer pour la petite centaine contactés. Il n'y a pas eu de bilan pour 2015 et 2016, et l'opération s'éloigne de plus en plus de ses ambitions initiales ... Alors les actions du label « Vignobles & découvertes » auront-elles plus de succès ?

Une autre composante de l'agriculture de notre territoire est oubliée, c'est l'élevage qui mériterait aussi des actions publiques plus ambitieuses. L'abattoir de Pézenas, dont les trois intercommunalités du Cœur d'Hérault siègent aux Syndicat mixte de la filière viande de l'Hérault, cherche à pérenniser cet outil au service d'un élevage de qualité, et j'ai donc proposé à l'assemblée du SYDEL que nous engagions pour l'élevage une démarche semblable à celle déployée pour la viticulture, et par exemple en rapprochant les éleveurs des restaurateurs.

Le Président Villaret m'a répondu qu'il n'avait pas les effectifs pour porter de telles politiques. Déjà, la baisse constante de la participation statutaire des trois EPCI qui composent le SYDEL du Pays Cœur d'Hérault oblige à réduire les moyens. Or, l'efficacité du SYDEL repose essentiellement sur ses chargés de mission ... Si le budget se contracte, alors la masse salariale est réduite et les actions en pâtissent inévitablement. Louis Villaret met systématiquement en avant que le Pays est apporteur de 6 M€ d'aides européennes, et qu'il faut maintenant se remonter les manches pour que les acteurs locaux y accèdent. Je pense que nos trois intercommunalités ne perçoivent pas toutes le Pays comme un outil partagé de développement économique ; beaucoup d'élus intercommunaux n'y voient encore qu'une charge annuelle de participation statutaire ...

Denis Mallet (vice-président à la Culture de la CC du Clermontais et du SYDEL) a pointé la frilosité du Pays sur ces questions majeures pour notre développement économique. Il a souligné que le Languedoc, premier vignoble mondial, ne capte que quelques centaines de milliers de visiteurs en oenotourisme, quand l'Alsace et la Bourgogne en captent chacune 1,5 millions, et qu'il y en a 5 millions en Californie (qui a elle aussi sa Route des vins). Chaque année en France, il y a 12 millions de visites de caves et 7,5 millions de touristes qui séjournent dans les vignobles de l'hexagone. Or, nous avons en Cœur d'Hérault trois grands sites, des vins de meilleure qualité qu'auparavant et un climat attractif ; alors pourquoi ce potentiel ne nous donne-t-il pas des ailes ?

soloma_vignoble.jpg

Effectivement, comme le soulignait ma collègue [alsacienne] Yolande Belliol-Prulhière, l'Alsace a une longue histoire d'accueil viticole, avec sa route des vins et des caves particulières le long de routes qui serpentent sur 170 km du nord au sud de l'Alsace et dans 70 villages viticoles ; ne serait-ce que d'avoir des caveaux ouverts 7J/7, quand nos caves coopératives en Languedoc n'ont pas des horaires d'ouverture favorables à l'oenotourisme. Claude Carceller et Olivier Brun, maires de Montpeyroux et de Fontès, étaient plus optimistes, relevant que la profession viticole faisait de gros progrès depuis quelques années, mais que cela prendrait encore un peu de temps. Jean-Claude Lacroix (Pdt de la CC du Clermontais) et Jean-François Soto (maire de Gignac) ont insisté sur le futur SCOT, outil de territorialisation, et Jean-François Soto pointait en particulier l'offre d'hébergement, mais notre SCOT ne sera pas approuvé avant 2020 :=(

Vignobles_France.jpg

Je relate ces prises de position lors du Conseil syndical du 09 février, parce qu'il était palpable que les aspirations des élus se heurtaient à de fortes contraintes. Et en conclusion, il nous manque un(e) chargé(e) de mission qui puisse sensibiliser, mobiliser et associer les professionnels (viticulteurs, éleveurs, restaurateurs, ...) dans le cadre de politiques agro-touristiques à plus forte valeur ajoutée.

Le Ministère des Affaires Étrangères a lancé en 2016 un site Web  VisitFrenchWine, portail officiel de l'œnotourisme en France. Hérault Tourisme met aussi l'oenotourisme à l'honneur sur son site Web. Ces vitrines sur le Web, sur les réseaux sociaux et au travers d'applications pour Smartphones se multiplient, portées autant par des acteurs publics que privés. A notre échelle, celle d'élus du Cœur d'Hérault, le challenge n'est pas tant de promouvoir les offres des professionnels, mais bien de les coordonner et de les conforter afin qu'elles satisfassent une clientèle exigeante et confrontée à des offres plurielles. Par exemple, la maîtrise des langues étrangères par les personnels d'accueil est indispensable, de même qu'une connaissance large des atouts touristiques du territoire ; et là on part sur l'efficience de la formation professionnelle en France, et sur les difficultés des services de l’État et de la Région à s'entendre ...

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