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03/12/2016

Les dernières semaines du PS de Jaurès

En renonçant à se présenter à l'élection présidentielle, François Hollande a précipité la recomposition du paysage politique à gauche. Mais en même temps, il a aussi donné le coup de grâce au Parti Socialiste, car plus que deux gauches irréconciliables, ce sont deux courants irréconciliables qui scindent le PS. Sur sa gauche, les frondeurs (Ch. Paul, L. Baumel, B. Hamon, A. Montebourg, ...) incarnent un socialisme "fidèle à l'idéal", alors que sur sa droite Manuel Valls et d'autres défendent un socialisme qui dit "comprendre le réel". Mais Jean-Luc Mélenchon d'un côté et Emmanuel Macron de l'autre ont déjà préempté ces nouvelles terres politiques, ne laissant aux derniers leaders du PS que des seconds rôles. Des parlementaires socialistes et radicaux de gauche ont déjà affiché leur préférence pour Emmanuel Macron, préférant quitter le Titanic avant qu'il ne sombre. En juillet 2016, un article du Monde diplomatique décortiquait les arcanes de l'autodestruction du Parti socialiste ; l'actualité récente en est le prologue.

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Reconnaissant que le PS est au bout d’un cycle, le premier secrétaire prônait son « dépassement » autour de la Belle Alliance populaire, fédération de la « gauche de transformation » regroupant associatifs, syndicalistes, intellectuels et partenaires du PS, s’adressant au peuple de gauche « au-delà des appareils radicalisés contre le PS ».

De plus, notre vieux clivage gauche/droite est remplacé dans les discours et dans les chroniques politiques par un clivage entre progressistes et conservateurs. On classe dans la catégorie des progressistes tous ceux qui appellent au changement, qui ne craignent pas la mondialisation mais qui pensent pouvoir la réguler et en tirer des bénéfices. Ils sont souvent qualifiés de tenants du "modèle dominant" et de "représentants du système". A l'inverse, on classe dans le camps des conservateurs tous ceux qui auraient la nostalgie d'une France 5ème puissance économique mondiale, son modèle social exemplaire, son rayonnement culturel historique, sa laïcité , etc. Cette distinction permet par exemple de placer Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen dans le camps des conservateurs.

Mais tout cela masque mal la vacuité d'un idéal politique pour la France. Que nous propose par exemple François Fillon ? Il aligne un catalogue de réformes pour "remettre la France sur les rails", mais pour aller ou ? C'est d'ailleurs l'échec de François Hollande qui a toujours cru que la croissance viendrait sauver son quinquennat, mais sans avoir lui non plus de cap. Nous sommes depuis 30 ans un pays qui s'abandonne dans tous les "ismes" de la mondialisation (consumérisme, matérialisme, productivisme, ...), mais qui a abandonné tout ce qui faisait l'originalité et le rayonnement de la France dans le monde. Je pense à la francophonie, à la culture, à notre diplomatie ainsi qu'à nos réussites technologiques et industrielles : Ariane, Airbus, TGV, ... et même le nucléaire civil (sic).

Alors c'est moins retentissant qu'une vente de Rafale à l'Inde, mais l'écologie politique porte un projet de long terme, une vision sur le monde que nous devons laisser à nos enfants, sur les ressources naturelles que nous devons préserver et globalement sur les solidarités à tisser tout autour de la planète. Et tout cela ne constitue pas qu'une charge, quoique le coût du réchauffement climatique a déjà été mesuré par les compagnies d'assurance, mais cela révèle de nouvelles pistes de développement. Et en remplaçant "plus" par "mieux" ou "avoir" par "être", on fait déjà de gros progrès dans une autre perception du monde, d'un autre monde.

20:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Le meeting de la BAP ce samedi a Paris ressemblait à un clip de fin. Pas beaucoup de monde, les principaux candidats à la primaire étaient absents. Absents aussi Martine Aubry, Claude Bartolone, Anne Hidalgo, Ségolène Royal, ... Les militants du PS sont déboussolés, et Valls n'est pas l'héritier de Hollande ; ça va être dur de choisir le candidat qui représentera le PS à la présidentielle.

Écrit par : PS48 | 04/12/2016

Interrogé sur le plateau de France3 Sud vendredi soir, Christian Assaf n'a pas répondu à la question sur quel candidat il allait soutenir à la primaire. Anne-Yvonne Le Dain a répondu d'abord Macron, puis Valls s'il se présente. Tous les parlementaires sont désormais au pied du mur, l'écran Hollande ne permet plus la langue de bois

Écrit par : bruno | 04/12/2016

Excellente analyse de Serge Raffy dans l'Obs du 15 décembre 2016 :
http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/presidentielle-2017-primaire-gauche/20161214.OBS2649/le-suicide-des-baleines-du-ps.html

Écrit par : Laurent Dupont | 17/12/2016

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