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06/11/2016

Coopérer, voilà un joli verbe à cultiver !

J'ai glissé, hier en fin d'après-midi dans un agenda bien rempli actuellement, une visite au Sonambule à Gignac à la 3ème édition des rencontres « Nature et Culture » organisée par Demain la Terre.

Demain la Terre !, Sonanbule

Je suis passé samedi à 17h pour une table ronde «CoopérationS» : regards croisés sur culture et agriculture, avec la présentation d’exemples autour des valeurs partagées tels que gouvernances, modes de fonctionnement, structurations, etc. Y participaient des producteurs ancrés et engagés localement, dans une démarche  solidaire,  pour  la  culture  ou l’agriculture : Mathias Langlois et Dominique Soulier (Ô Champs), Florian Olivères (Le SILO), Stéphane Person (Terracoopa), Mathieu Siorat (OCVH) et Bernard Pallisé (Cave coopérative de Montpeyroux).

Ce qui m'a interpellé à l'occasion de cette table ronde, c'est le dynamisme très militant qui émane de ce territoire du Coeur d'Hérault, et particulièrement pour ce secteur autour de Gignac et d'Aniane. Coopérer est réellement le verbe qui convient aux formes d'entreprise qui se développent ici. Tout d'abord avec le Silo, cette structure qui n'a pas de forme juridique formelle mais qui se veut être un Réservoir coopératif où on donne le temps aux artistes et aux projets artistiques de se développer pour à la fois semer et récolter. Et c'est enthousiasmant de voir que cette structure agit en permaculture, c'est à dire au sein d'un écosystème coopératif et durable.

Demain la Terre !, Sonanbule

Terracoopa est une coopérative d'activités de l'agriculture biologique et des métiers de l'environnement, et son représentant présent samedi à Gignac a témoigné de la fragilité de leur mission. Sur Clapiers, Vias, Neffiès, Alignan du Vent, ... la coopérative dispose d'illustrations significatives de ses missions, et Stéphane Person a clairement décrit la période de trois années qui permet aux projets d'éclore. Au-delà, les agriculteurs de Terracoopa sont des entrepreneurs à part entière, hors statut d'entrepreneur-salarié de la coopérative. Mais ces derniers restent majoritairement associés de la coopérative et ils accompagnent à leur tour de nouveaux porteurs de projet.

Je connaissais déjà les boutiques paysannes, boutiques où les producteurs vendent eux-mêmes leurs produits sur Lodève (A travers champs), Clermont l'Hérault (La Boutique), La Boissière (Ô Champs) et bientôt à Gignac, mais les témoignages de Dominique Soulier et de Mathias Langlois décrivent cet engouement croissant pour une alimentation locale et de qualité, et où la convivialité l'emporte sur le consumérisme. Une idée venant de la salle m'a intéressée, c'est celle d'associer à la qualité des produits le savoir cuisiner. C'est un concept qui se concrétise dans les habitats partagés ou dans des quartiers (ou villages) solidaires, mais cela reste encore trop marginal. Nous pourrions imaginer que les communes mettent à la disposition de leurs habitants des lieux pour de la consommation collaborative et de la cuisine collective.

Enfin, j'ai été très emballé par le partenariat entre l'office culturel de la Vallée de l'Hérault (OCVH) et la cave coopérative de Montpeyroux. Les deux structures ont des projets à l'international et elles ont donc décidé de coopérer. Le Sonanbule est partenaire du festival international de la chanson de Grandby au Québec, et ses lauréats figurent dans sa programmation, et non pas dans sa salle gignacoise mais à la cave CastelBarry de Montpeyroux. Car cette cave coopérative exporte son vin, mais aussi sa convivialité et s'ouvre aux autres. Comme le disait hier soir Bernard Palilsé, le directeur de la cave, « Montpeyroux aurait pu se contenter d'une fête du rosé avec un spectacle de Paul Selmer ». Non, la cave artisanale CastelBarry de Montpeyroux organisait fin juillet 2015 le Music Festival CastelBarry, avec le Conservatoire de Musique de Sarasota en Floride et des musiciens internationaux.

demain la terre !,sonanbule

La chaîne ARTE a diffusé en octobre un remarquable documentaire, L'urgence de ralentir. Il ressort de tous les témoignages relevés à travers le Monde que ce sont des expériences locales qu'il faut réussir à relier pour peut-être réussir à promouvoir un autre monde. Nous vivons sous le dogme de deux concepts humains, à savoir le temps et l'argent, mais plus personne ne sait leur donner de valeur. Le système dominant n'a de cesse que d'accélérer le temps et d'accumuler de l'argent, mais sans faire le bonheur de personne. Là, avec ces expériences locales que nous pouvons accompagner sur le Cœur d'Hérault, nous touchons du doigt ce qui peut nous conduire à un territoire en transition dans une société "post-croissance", avec une économie relocalisée plus solide devenant ainsi plus résiliente. Dans ce documentaire, la coopération est omniprésente, avec cette coopérative alimentaire d'Ithaca (État de New-York) qui réunit un tiers de la population (près de 8000 personnes), les monnaies locales "La Mesure" à Romans-sur-Isère ou le "Bristol Pound" à Bristol, la Park Slope Food Coop à Broklyn (New-Yok City), etc.

demain la terre !,sonanbule

 

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