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31/08/2016

Sécurité des établissements scolaire - Tous les territoires ne sont pas égaux !

J'ai évoqué récemment dans une note les mesures sécuritaires que le gouvernement allait mettre en place dans les écoles, les collèges et les lycées, le gouvernement n'ayant dévoilé que le 24 août le détail de ces mesures. Mais ce que j'en retiens surtout, c'est que le gouvernement se défausse une fois de plus sur les collectivités territoriales pour assurer la sécurité des populations, alors qu'en même temps il réduit drastiquement leurs dotations de fonctionnement. Le pire, c'est que les élus locaux y répondent très favorablement, se voyant alors chargés d'une mission de la plus haute importance :=(

C'est la ville de Cannes qui a la première alimenté l'actualité de cette fin août en faisant visiter à la presse tous les équipements mis en œuvre : 37 caméras de vidéosurveillance aux abords des établissements scolaires, une présence policière renforcée avec 60 policiers municipaux affectés à la sécurité des établissement scolaires, des boutons d'alerte anti-intrusion installés dans toutes les écoles et crèches d'ici fin septembre, sécurisation des bâtiments et des enceintes des établissements scolaires, etc. Mais tout cela coûte très cher, et c'est ce dont témoigne à la veille de la rentrée scolaire l'adjoint à la sécurité de la ville de Nîmes, Richard Tibérino, dans les colonnes de Midi Libre ; 8% du budget de la ville est consacré à la sécurité, et un effort croissant est porté sur les abords des bâtiments scolaires. Toujours dans Midi Libre, c'est le maire de Montpellier Philippe Saurel qui tire le signal d'alarme, car les investissements recommandés par l’État dans les établissements scolaires de sa ville vont coûter 5 M€, plus 10 M€ par an pour les charges de fonctionnement de tout ce dispositif. Et Philippe Saurel de menacer d'augmenter les impôts locaux tout en pointant la responsabilité du gouvernement ; il estime que : « On ne peut pas confier l'avenir du pays à des amateurs. On demande encore aux maires de palier les manquements de l’État ».

Infographie_Securite_écoles.jpg

Mais comme dans bien d'autres domaines, il y a des collectivités qui ont les moyens et d'autres qui ont du mal à boucler leur budget annuel ou à mobiliser des moyens extraordinaires. A Paulhan, où nous avons une crèche, deux écoles et un collège, les directives imposées par le gouvernement seront difficiles à mettre en œuvre ; et il en est de même dans tous nos bourgs ruraux ! Quels personnels feront le contrôle visuel des sacs à l'entrée des établissements scolaires ? Le personnel de l’Éducation nationale en est déchargé et cela incombera donc aux municipalités ...

Alors des terroristes préfèreront-ils s'attaquer à une école ou à un collège dans une grande ville, où tous les moyens humains de sécurisation sont concentrés, ou bien dans une ville de moindre importance ? Nous l'avons vu avec l'assassinat du Père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray ; les terroristes auraient pu choisir une église plus symbolique que celle de cette ville d'un peu moins de 30 000 habitants en Seine-Maritime, à Chartres, Lourdes, au Sacré-cœur ou à Reims, ... une église plus symbolique.

Donc si oui la sécurité de nos enfants est une priorité, elle ne peut pas être à géométrie variable. Et là, l’État n'applique pas un principe constitutionnel d'égalité territoriale, car c'est à l’État d'assurer notre sécurité en tout endroit où nous nous trouvons sur le territoire national.

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