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31/07/2016

Pour une VIème République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Si, si c'est possible !

Depuis le Ve siècle après Jésus-Christ, et le baptême catholique de Clovis, roi des Francs, la France a exercé un fort prosélytisme dans toute l'Europe au nom de l'église romaine, se forgeant le titre de "fille aînée de l’Église". Toute la monarchie française s'est mise au fil des siècles au service du pape et de l'église catholique, plongeant en même temps le pays dans un obscurantisme d’État. Les progrès des sciences (la médecine, la physique, l'astronomie, l’anthropologie, ... ), mais aussi les auteurs du siècle des Lumières ont contribué à émanciper les consciences, jusqu'à l'avènement de la République au 18ème siècle. D'autres livres se sont substitués à l'Ancien et au Nouveau Testament, véhiculant des concepts humanistes détachés de toute spiritualité. La loi de 1905 est venue parachever ce processus avec la séparation des Églises et de l’État. Mais au 20ème siècle, deux guerres dévastatrices ont aussi favorisé le regain d'attractivité pour la République qui devenait garante de valeurs démocratiques pour mieux vivre ensemble. La religion n'a jamais été bannie, leurs pratiques et leurs représentants n'ont jamais été interdits ; les religions portaient une dimension morale qui facilitait le passage de l'enfance à l'âge adulte, avec toutes les règles communes du vivre ensemble. Personne ne niera que les Dix Commandements de l'église catholique constituent une pensée vertueuse, sans pour autant qu'elles ne fassent loi. Les périodes de jeûne observées dans diverses religions, permettant de renforcer la piété des pratiquants, ne contredit en rien les lois de la République, surtout que cette tradition héritée de l'antiquité au Moyen-Orient a traversé toutes les religions.

Alors que s'est-il passé pour que le religieux soit devenu aujourd'hui aussi présent dans l'actualité des médias, dans les discours des hommes et des femmes politiques et dans les livres et journaux ? En 1955, André Malraux portait les jugements suivants sur la religion (cf. article de Richard Lenoir). Répondant à une question envoyée par le journal danois Dagliga Nyhiter portant sur le fondement religieux de la morale, Malraux conclue ainsi sa réponse : « Depuis cinquante ans la psychologie réintègre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux ». En mars de la même année, la revue Preuves publie deux rééditions d’entretiens parus en 1945 et 1946 qu’elle complète par un questionnaire envoyé à l’auteur de la Condition humaine. A la fin de cet entretien, Malraux déclare : « Le problème capital de la fin du siècle sera le problème religieux – sous une forme aussi différente de celle que nous connaissons, que le christianisme le fut des religions antiques ».

Malraux l'agnostique ne prévoyait pas que les religions du 20ème siècle allaient se renforcer, voire lutter entre elles comme à l'époque des guerres de religions ou des croisades ; il évoque plutôt ici l'émergence de nouvelles religions reflétant de nouvelles spiritualités au visages de l'homme. La République, ses lois et ses institutions ne permettent pas de fixer des orientations sociétales à moyen et long terme. La République est un rempart érigé de valeurs et de principes, mais elle ne répond pas aux questions existentielles ; elle permet de vivre au quotidien (et ce n'est déjà pas rien), elle ne se substitue aucunement aux formes de spiritualité qui fondent les croyances. Pour certains, par exemple pour ceux qui ne se demandent pas ce qu'il y a après la mort, les valeurs de la République peuvent être aussi fortes qu'une religion. Et puis il y a tous ceux qui préfèrent penser que croire, qui préfèrent chercher plutôt que de prier. La laïcité permet de concilier toutes ces démarches, dans le respect des unes et des autres, mais sans que l'une ne s'impose aux autres.

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Alors pourquoi ce regain du religieux aujourd'hui ? Il y a 30 ans, les femmes et les hommes politiques, les médias parlaient très peu de religion. Ils le faisaient à l'occasion d'une visite papale, d'une révolution en Iran ou par exemple de la loi de Simone Veil qui autorisait l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Et il faudrait que chacun(e) relise les débats à l'Assemblée Nationale fin novembre 1974, Simone Veil y a défendu son projet avec un courage et une pugnacité exemplaires, face à une assemblée d'hommes qui n'avaient que mépris pour le droit des femmes. Cette digression me permet de rappeler que les femmes ont dans les écritures sacrées une place que l'humanisme conteste, et avec des progrès qui sont encore fragiles.

J'avoue qu'il y a 30 ans, nous vivions sous le charme des progrès technologiques : les conquêtes spatiales, la recherche médicale, l'informatique, la robotique et l'intelligence artificielle, les transports, les communications, les énergies, etc. Tout cela dessinait un futur optimiste, on nous parlait de "sociétés de la connaissance", de la fin de l'aliénation au travail, de plus de temps de loisirs et finalement le rêve est devenu cauchemar ! La technologie sans cesse adoubée promettait aussi qu'il n'y aurait plus de guerre comme celles qui ont dévasté le monde au 20ème siècle ; je me souviens encore des promesses de "guerre propre", avec des bombes à neutrons ou encore des armes à impulsion électromagnétique (EMP) capables de réduire à néant tous les équipements électroniques d'un ennemi sans générer de pertes humaines. Le cinéma a favorisé cet espoir de lendemains plus souriants, mais le cinéma a lui aussi perdu confiance dans de tels mirages. Ce sont les sociétés internationales qui tirent le meilleur parti de quelques progrès technologiques, mais il y a à côté de ça près de 7 milliards d'êtres humains qui s'en voient totalement exclus. Et le ratio entre les classes moyennes qui en bénéficient (plus les classes supérieures qui en tirent profit) et les milliards de démunis sur Terre ne cesse de croître. Les violences qui en résultent vont croître elles aussi. Les classes moyennes dans tous les pays du monde ont fait du consumérisme leur nouvelle religion : « je consomme donc j'existe ». Pour les classes dirigeantes du monde, c'est : « j'accumule des biens, et donc j'existe ». Le compte en banque des uns et le capital des autres témoignent de leur réussite existentielle ; mais les milliards de laissés pour compte ne s'y résignent pas ! Et c'est là où le religieux devient une alternative. L'émigration en est une autre.

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Pour beaucoup d'observateurs (certains se qualifient même d'intellectuels), un pays comme la France n'a pas d'autres issue que de faire comme tous les autres pays du monde, en essayant quand même de faire mieux que les autres. Personnellement, je pense que la France doit inventer de nouveaux modèles et qu'elle doit rompre avec les règles internationales du commerce qui font de la mondialisation un terreau d'inégalités croissantes. La France a longtemps été un modèle, dans plein de domaines, et il n'y a aucune arrogance de penser que cela peut continuer. Un seul exemple, pourquoi les États ne pourraient-ils pas produire dans des laboratoires publics tous les médicaments dont nous avons besoin ? Notre sécurité sociale est soumise aux laboratoires privés, et aux prix de leurs médicaments. Des patients doivent parfois faire appel à la générosité publique pour payer une opération ou un traitement vital ; ne serait-ce pas à l’État d'y pourvoir ? Il y a ainsi un tas de domaines où la puissance publique s'est retirée au profit de sociétés privées, rendant l'accès aux services publics de plus en plus inégalitaire. La santé, l'éducation, les transports, la sécurité, l'énergie, les communications, la culture, le sport, ... sont autant de domaines voués à la marchandisation ; la devise de la République est pourtant "Liberté, Égalité et Fraternité". N'attendons pas une nouvelle barbarie pour qu'un Conseil National de la Résistance n'établisse un programme de sortie de crise (dans sa première édition de mars 1944 il était intitulé « Les Jours Heureux par le CNR »), mais établissons sans attendre un tel programme. Ce pourrait d'ailleurs être le volet social d'une constitution pour une VIème République.

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30/07/2016

Liberté, Egalité et Fraternité ou Sécurité ; quelle République demain ?

Le terrorisme qui exporte en France et en Europe la guerre que mène l’État Islamique en Irak et en Syrie frappe de plus en plus souvent nos populations et nos institutions, mais ses "soldats" sont des personnes aux profils différents (ceux ayant été formés par les djihadistes, ceux s'étant radicalisés en prison, délinquants de droit commun ayant franchis le pas, jeunes auto-radicalisés, étrangers arrivés avec les réfugiés, ...). Il reste quand même des facteurs qui facilitent la préparation et l'organisation des attentats, c'est le contexte géopolitique et c'est la situation sociale dans les pays occidentaux ; je l'avais évoqué dans une précédente note.

Or, loin de considérer ces facteurs-là comme les clés à actionner en urgence pour ne plus subir ce climat de terreur, toute la classe politique allant du PS au FN prône une inflation sécuritaire. Pour les uns, il faudrait un Guantánamo à la Française pour tous les français soupçonnés de radicalité, et avec le risque évident que se créée un climat de suspicion et de peur vis à vis de tous nos compatriotes d'origine maghrébine. Le syndrome du "mauvais français" refait surface, et on se croirait revenir un siècle en arrière avec le scénario dramatique qui a ravagé l'Europe. Mais un consensus semble établi sur la nécessité de renforcer les moyens de sécurité ; le Président François Hollande propose la constitution d'une garde nationale composée de dizaine de milliers de réservistes de l'armée et de la gendarmerie, ainsi que de volontaires (à partir de 17 ans). Les membres de cette garde nationale seront formés pour intégrer les unités de la gendarmerie ou de l'armée, et ils porteront la même tenue que les gendarmes ou les militaires ; ils porteront aussi une arme dont ils auront été formés au maniement.

La France est-elle en train de ressembler à un pays comme Israël, où la sécurité impose des règles de vie au quotidien qui sont aux antipodes de celles que la France connait depuis deux siècles ; Eric Ciotti et d'autres parlementaires de droite ont pris ce pays pour modèle au lendemain de l'attentat de Nice le 14 juillet. Et qu'en dit la gauche ? Elle vote très majoritairement la prolongation de l'état d'urgence et elle ne sait plus dire ou penser autre chose que "sécurité" ...

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Il y a encore quelques années, un gouvernement de gauche aurait réfléchi aux mesures à mettre en place pour assurer plus de liens dans les villages et dans les quartiers. Cela passe par les moyens dont disposent les associations pour aider les personnes en souffrance, par le réseau d'assistant(e)s sociales(aux) qui aident les familles à faire face aux exigences administratives, par une véritable politique de la ville (*) et par des financements adaptés. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, est constituée en France la République des Jeunes ; elle est l'ancêtre des MJC et sa priorité dès octobre 1944 est de rebâtir, de recréer les liens sociaux et d’insuffler de nouvelles valeurs à un pays en proie au désarroi, notamment la jeunesse. Les Maisons des Jeunes et de la Culture (MJC) ont connu un essor remarquable dans les 30 à 40 années qui ont suivi, mais elles sont désormais les oubliées de toutes les politiques de la jeunesse. C'est ainsi qu'à Lunel en juin 2015, le maire divers-droite de cette ville que l'actualité a rebaptisée "djihad city" ferme la MJC pour lui substituer un service jeunesse ... Un éducateur de Lunel, Tahar Akermi, est le témoin inquiet de ce désengagement des pouvoirs publics (cf. film sur un blog de Médiapart).

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L'élection de François Hollande en 2012 a conforté le creusement des inégalités sociales, le chômage a continué d'augmenter et les jeunes français ont de plus en plus de raisons d'être pessimistes pour leur avenir. Nadia Remadna, présidente de l'association "La brigade des mères" à Sevran, indique que les 13-14 ans sont des bombes à retardement (cf. son interview sur Europe 1), et elle dénonce la place de plus en plus grande qui est donnée au religieux. Il y a un an, c'est le député Malek Bouthi qui remettait un rapport à Manuel Valls ; il décrivait « une jeunesse frustrée, prête à basculer » ; lire l'article du Figaro Djihadisme : le cri d'alarme de Malek Boutih. La réponse sociale face au terrorisme djihadiste ne rencontre guère d'écho dans la classe politique, et il ne manque pas de leaders politiques pour y voir de l'angélisme. Or, même si tous les terroristes ne sont pas passés à l'acte parce qu'ils ont souffert socialement, il y a néanmoins un terreau social qui favorise leurs actions.

J'avais adhéré il y a quelques mois au fait que le paysage politique français était composé de trois groupes : les conformistes à la mondialisation (PS, PRG, UDI, Modem, LR, ...), les nationalistes (FN, RPF, DLF, ...) et les alternatifs (NPA, FdG, EELV, ...), c'est à dire ceux qui veulent d'un autre monde, sans renoncer aux progrès technologiques, en promouvant les progrès sociaux et en prenant bien en compte que nous n'avons qu'une seule planète. Le terrorisme qui s'est installé et amplifié depuis janvier 2015 en France sera certainement au cœur de l'élection présidentielle de 2017, et les deux premiers groupes listés précédemment vont surenchérir les uns sur les autres ; le terrorisme est un avatar de la mondialisation décomplexée et il nourrit les peurs de l'autre. il est donc urgent d'en appeler aux consciences, et de faire de nos libertés un principe républicain intangible. « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux » - Benjamin Franklin.

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(*) Le ministère de la Ville a été successivement confié à Michel Delebarre, Bernard Tapie, Simone Veil, Claude Bartolone, Jean-Louis Borloo, Fadela Amara, Maurice Leroy ou encore Patrick Kanner. Ce ministère créé sous Mitterand en 1990 est l'exemple de ce qui se fait de mieux pour ne pas s'attaquer aux problèmes :=(

19/07/2016

Et si on écoutait la France au lieu de la terroriser ?

Au lendemain de l'attentat de Nice, l'institut IFOP a mené pour le Figaro une enquête d'opinion auprès d'un échantillon de 1000 personnes (cf. résultat de l'étude). Il en ressort des réponses attendues sur la perception de la menace terroriste et sur la capacité des institutions de la République à la combattre ; les forces de l'ordre bénéficient d'une confiance constante et élevée (autour de 85%) depuis les attentats de janvier 2015, quand le gouvernement passe de 51% à 33% de confiance pour faire face ou pour lutter contre le terrorisme.

Mais ce qui continue de m'inquiéter, c'est la propension de nos concitoyens prêts à accepter d'avantage de contrôles et une certaine limitation de leurs libertés pour garantir leur sécurité face à la menace terroriste actuelle ; ils sont 81% à y être favorables aujourd'hui, alors qu'ils étaient 84% à y être favorables au lendemain des attentats de Paris en novembre 2015, et qu'ils étaient encore 75% pour que la sécurité prime sur les libertés en mars 2016.

Ce mardi 19 juillet en séance publique à l'Assemblée nationale, nos députés surenchérissent eux aussi pour mettre en place un cadre législatif de plus en plus sécuritaire. Et des députés de droite, comme Christian Jacob ou Laurent Wauquiez, n'hésitent pas à réclamer des mesures d'exception, ce à quoi Manuel Valls refuse toute perspective d'une législation d'exception où tout un lot d'articles de loi nous ferait revenir à l'époque de Guy Mollet pendant la guerre d'Algérie.

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Néanmoins, l'analyse des dispositions de cette nouvelle loi mettant en œuvre un état d'urgence de 6 mois est un écran de fumée. N'oublions pas que le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas expliquait au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC le 13 juillet que nous allions sortir fin juillet de cet état d'urgence déclaré en novembre 2015, car l'arsenal législatif désormais proposé aux services de police et à la justice permettait de lutter contre le terrorisme. Le Président Hollande a répété la même chose le 14 juillet à l'occasion de son interview télévisée. Alors pourquoi voter cette semaine une nouvelle prolongation de cet état d'urgence ? Le premier ministre précise que cet état d'urgence a prouvé son efficacité, et que c'est pour cela qu'il faut le prolonger ... Il ne fait pas référence au drame du 14 juillet à Nice, mais à d'autres tentatives d'attentat qui auraient été déjouées grâce à l'état d'urgence.

Derrière cet état d'urgence, il y a la possibilité de procéder à des perquisitions administratives et à imposer des assignations à résidence. La loi qui est en débat cette semaine revient sur une disposition que le Conseil Constitutionnel avait censurée en février 2016, à savoir que la juridiction administrative pouvait se saisir de matériels et de données informatiques au détriment des libertés individuelles. Peut-être que cette fois-ci le Conseil Constitutionnel trouvera que la présence d'un officier de police judiciaire lors des perquisitions administratives constituera une garantie sur nos droits, mais les terroristes ne stockent plus leurs fichiers et leurs données informatiques sur le disque dur de leur ordinateur ; ils les partagent sur Google Drive, sur DropBox ou sur d'autres services en ligne de partage de fichiers. Comme pour Hadopi, le législateur a dans le domaine des nouvelles technologies une longueur de retard ...

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L'Europe dans les années 30 a déjà connu ces contextes où des politiques sécuritaires devaient faire obstacle au désordre et réprimer des vagues de violence. A cette époque, en Italie, en Espagne et en Allemagne, ce sont les revendications des communistes et des socialistes qui étaient diabolisées par les classes dirigeantes, et nous avons vu dans ces trois pays-là comment le sécuritarisme a été étatisé au point de dérouler le tapis à des régimes fascistes. Moins d'un siècle après, nous devons promouvoir d'autres réponses à ces situations où la République est fragilisée. Et je crois beaucoup plus au dialogue, à la pédagogie et à la participation citoyenne pour que les liens sociaux restent noués. Nous le constatons avec l'auteur du massacre de Nice le 14 juillet, ses proches qui ont constaté son changement d'attitude récente ne disposaient pas des moyens pour tirer le signal d'alarme.

Alors plutôt que de renouveler l'état d'urgence et de solliciter la réserve opérationnelle de la gendarmerie et de la police nationale, pourquoi ne pas faire appel au 36 000 maires de France pour mettre en place une large consultation nationale sur le vivre ensemble ? Nous avons besoin qu'une autre mobilisation vienne du local et qu'elle fasse remonter des exigences, des revendications et des orientations pour créer et pour maintenir du lien entre tous. Cela peut concerner la jeunesse, le tissu associatif, les pratiques religieuses, la construction européenne, etc. Je suis persuadé que ces sujets ne laissent pas indifférents nos concitoyens, qu'ils en parlent en famille ou avec des amis, mais que nos élites politiques sont suffisamment confites de certitudes pour s'exonérer d'un tel brassage d'idées. Pourquoi ce qui marche dans un village de quelques dizaines ou centaines d'habitants ne fonctionnerait pas à l'échelle d'une grande ville ou d'une métropole ? Que chaque maire de France érige un (ou des) arbre(s) à palabres pour rompre avec les replis individualistes qui dressent des murs de renoncement ... l'émancipation de l'esprit et l'humanisme doivent être des urgences pour mieux vivre ensemble !