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12/07/2016

CC du Clermontais, l'avenir est ailleurs ;-)

Ce soir en assemblée communautaire, deux délibérations portaient sur la ZAC de la Barthe à Paulhan, la première pour réduire le périmètre de la ZAC, et permettre ainsi à l'enseigne Carrefour de s'étendre sans être sous maîtrise d'ouvrage communautaire (et donc payer moins cher sa viabilisation), la seconde pour vendre une parcelle sur la Salamane à un artisan installé sur la Barthe. C'étaient deux délibérations au travers desquelles j'ai interrogé sur le soutien qu'apportait la Communauté de communes au développement économique sur Paulhan. J'ai développé moult arguments, mais la seule réponse que j'ai obtenue de la tribune de l'exécutif a été d'essayer de me salir.

Le premier a été Claude Revel, maire de Canet et vice-président délégué à la prospective territoriale, qui a dénoncé le fait que pendant le mandat précédent où j'étais maire-adjoint délégué à l'urbanisme j'aurai délivré des permis de construire sur la Barthe pour que se construisent des villas et des piscines, et donc que je n'aurai rien fait pour l'attractivité de cette zone d'activité artisanale, bien au contraire. Le second est Claude Valéro, maire de Paulhan et vice-président délégué à la jeunesse, ajoutant que j'étais élu à l'époque avec celui qui était président de la Communauté de communes, et que je devais donc balayer devant ma porte avant de critiquer ... Bien évidemment le Président Lacroix n'a pas souhaité arbitrer ce déballage et mes dénégations sont passés à la trappe.

Ce blog me permet de rétablir la vérité, publiquement, et surtout d'échapper à la petitesse des échanges que nous avons habituellement en conseil communautaire.

Pour répondre à Claude Valéro, je tiens à lui préciser que le Président de la communauté de communes à l'époque où j'étais maire-adjoint à Paulhan s'appelait Alain Cazorla, et que je n'entretenais pas avec lui des relations suffisamment privilégiées pour que nous fassions ensemble de la ZAC de la Barthe autre chose qu'un outil au service du développement économique local.

Pour réponde à Claude Revel, je tiens à lui préciser que pendant le mandat où j'étais adjoint délégué à l'urbanisme, j'ai signé 297 permis de construire. Et sur la ZAC de la Barthe, j'en ai signé 13 dont un a été retiré par la suite ; on tombe à 12. Parmi ceux-là, il y a un hangar et un local professionnel pour la société de terrassement Lavini (Lot n°11), une ouverture pour une porte de service sur le lot n°5 où sont implantés Ecologik Bureau et Chapus SARL, une ouverture en façade pour le bâtiment de la Communauté de communes où le centre de tri postal loue ses locaux, deux pour le même entrepôt rue du maréchal-ferrant (lot 18-4), un pour des travaux d'aménagement dans le bâtiment qui abrite La feuille d'érable, un pour le Carrefour contact, un pour le Point S, trois pour le même projet de transformation d'un garage en restaurant (la Table de Jenny), et enfin un pour un hangar qui n'a jamais vu le jour sur le lot A1, à l'angle des rues du bourrelier et du charron.

Car Claude Revel a insisté en Conseil communautaire qu'à l'époque il était vice-président en charge du développement économique, et qu'il a été témoin de cette urbanisation de la ZAC de la Barthe où il s'était fait n'importe quoi ... Et d'ajouter que cette ZAC était un gouffre financier pour l'intercommunalité. Quel rapport avec moi qui n'était pas encore élu quand cette ZAC a été créée ? Quel rapport avec moi qui n'ai jamais signé aucun de ces permis de construire qui selon lui dénaturent la vocation économique de cette ZAC ? Aucun. Aucun et aucun. Mais via des amalgames et des raccourcis historiques, depuis la tribune de l'exécutif, il est tellement simple de dénigrer son contradicteur.

Pour les élus présents ce soir en assemblée communautaire, les propos de ces deux membres éminents de l'exécutif intercommunal ne peuvent absolument pas être mis en doute ; ils savent nécessairement de quoi ils parlent, et pour ma part je ne suis que l'empêcheur de tourner en rond. L'emmerdeur ... Le paroxysme de cette arrogance élitiste a été atteint quand j'ai informé mes collègues que j'avais pris contact avec la société de Paulhan qui envisage de quitter la ZAC de la Barthe pour s'installer à la Salamane ; Claude Revel m'a carrément interpellé par un "de quoi il se mêle ..." ! Un artisan de ma commune envisage de la quitter pour s'installer à Clermont l'Hérault, et il me serait interdit de le contacter pour connaître ses motifs ???

ZAC_CCC.jpg

Nous sommes au 21ème siècle en République française, mais il existe encore des élus locaux qui administrent leur territoire depuis leurs tours d'ivoire (en position de domination), et en ne voyant les rapports aux uns et aux autres qu'au travers d'accords quasi féodaux. Ils sont ancrés dans une démocratie représentative qui ne laisse aucune place aux débats, à la participation citoyenne ou à la recherche d'innovations. Le conformisme est leur dogme, le statu quo est leur rempart et tout contradicteur est un parasite. Et ils ne demandent pas à leurs administrés de penser ou de réfléchir, mais simplement de les croire ...

Alors de tels cénacles sont-ils à fréquenter ? Oui, car cette aristocratie-là n'aurait plus de limite si l'opacité devenait la règle. Et puis il s'agit quand même de la souveraineté populaire qui ne leur est que déléguée, le temps d'un mandat, et dont ils doivent rendre compte. Ce soir dans le public, Wilfried Bonnet assistait à la séance ; il est le représentant de la société SPM6 qui porte de gros projets d'aménagement sur la Salamane. Et il fait désormais tellement partie du décor que sa présence au buffet ne dérangeait personne ; excepté moi qui y voit-là un lobbying décomplexé. Lors de la séance précédente, j'avais plaidé que pour nous conformer à la loi MAPTAM il faudrait nous doter d'un Conseil de développement, c'est à dire d'un espace de concertation avec les citoyens et avec tous les acteurs économiques et associatifs locaux. J'avais reçu un "oui on s'en occupe ...". Aussi, pour le reste de ce mandat, je m'abstiendrai d'intervenir en séance (pour guère plus de trente interlocuteurs), je vais m'économiser et ainsi avoir plus de temps pour débattre directement avec les citoyens.

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