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23/12/2015

Acheter de l'air canadien pour survivre ... Joyeuses fêtes !

Non, ce n'est pas du vent que vend cette société canadienne Vitality Air, mais tout simplement de l'air, et le marché est en train de croître contre toute attente. Les deux co-fondateurs Troy Paquette et Moses Lamde entrent désormais sur un marché plutôt lucratif, alors qu'ils avaient lancé leur affaire comme une plaisanterie, en 2014. Ils avaient mis aux enchères sur eBay des sacs en plastique remplis d'air. Enchère minimum : 50 centimes. C'est quand un sac a finalement été vendu 160 dollars que l'idée a germé.

Les Chinois commandent massivement ces bouteilles d'air comprimé qui sont commercialisées entre 13 € et 20 € en fonction du volume ; le format de 7,7 litres offre 150 bouffées d'air frais du lac Louise ou de la station balnéaire de Banff en Alberta.

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C'est le journal Les Échos qui nous révèle cet engouement des chinois pour l'air en bouteille, mais qui illustre surtout le degré d'urgence sanitaire que constitue la pollution de l'air dans les bassins industriels de Chine.

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C'est le volet moins séduisant de la mondialisation qui s'affiche ainsi ; l'air est pollué (et irrespirable) en Chine, mais dans d'autres endroits du Monde qui connaissent d'exceptionnelles croissances économiques, ce sont les eaux des rivières et des lacs, les terres cultivables, les poissons et les volailles qui constituent des atteintes graves pour la santé humaine.

Binationaux, une citoyenneté particulière ...

Depuis quelques années, la vie administrative des binationaux en France est devenue plus compliquée ; nombre d'entre eux ont déjà témoigné de leurs difficultés pour renouveler des papiers d'identité par exemple. Il leur faut prouver qu'ils sont Français. C'est par exemple le cas de ceux qui sont nés à l'étranger d'un seul parent Français. C'est aussi le cas de ceux qui sont nés en Algérie avant 1962 et qui vivent en France depuis. Il y a aussi le cas des réfugiés politiques, et de leurs enfants, que la France a accueilli sur son sol.

La binationalité est une tradition historique en France, mais elle a ses détracteurs. Souvenons-nous des attaques contre la candidate Franco-Norvégienne Eva Joly à l'élection présidentielle de 2012 ; à l'UMP et bien sur au FN, sa légitimité à se présenter était remise en cause. Or, la France est une terre historique d'immigration, et cela a irrigué notre culture, notre patrimoine ; c'est un enrichissement pour tous. Je ne sais pas si Kim Jong-suk (i.e. Fleur Pellerin) a déjà été confrontée à ces tracasseries administratives, mais notre ministre de la Culture et de la Communication, née en Corée du Sud et adoptée à l'age de 6 mois, est à mes yeux totalement Française, et aussi Française que moi.

Or, le projet de loi présenté ce matin en Conseil des ministres, Projet de loi constitutionnelle pour la protection de la Nation, rien de moins, fait une fois de plus des binationaux des citoyens particuliers. Ce projet de loi avait été transmis au Conseil d’État le 1er décembre, et une excellente note de Franck Johannès, journaliste au Monde, analyse l'avis de cette haute juridiction administrative en date du 11 décembre dernier. Mais chacun s'accorde à reconnaître que cette révision de la Constitution ne dissuadera en rien des terroristes de commettre des attentats en France ; leur parcours terroriste se finit par la mort, alors la déchéance de leur nationalité Française n'est nullement dissuasive.

Mais plus inquiétants sont les motifs de cette déchéance de nationalité, et à savoir les crimes et délits qualifiés d'atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation. Récemment, trois journalistes ont été condamnés à 3000 € avec sursis pour atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ; ils ont cité les noms d'agents de la DCRI dans leur livre "L'espion du Président" (Ed. Robert Laffont). C'est la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2) qui décrit ce délit, les journalistes ayant révélés l'identité de ces agents pour étayer les dérives constatées dans l'application de politiques sécuritaires (cf. source Web).

Comment le Code pénal justifie-t-il l'atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ?

Livre IV - Titre Ier : Des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation - Art. 410-1 : Les intérêts fondamentaux de la nation s'entendent au sens du présent titre de son indépendance, de l'intégrité de son territoire, de sa sécurité, de la forme républicaine de ses institutions, des moyens de sa défense et de sa diplomatie, de la sauvegarde de sa population en France et à l'étranger, de l'équilibre de son milieu naturel et de son environnement et des éléments essentiels de son potentiel scientifique et économique et de son patrimoine culturel.

Le binational Daniel Cohn-Bendit devra-t-il désormais modérer ses chroniques matinales sur l'antenne d'Europe 1 ? Né à Montauban de parents juifs immigrés, Dany Cohn-Bendit a obtenu récemment la nationalité Française. Quelques mauvaises langues y voyaient là une démarche pour se présenter à l'élection présidentielle ... encore un !

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Et il reste peut-être encore des franco-autrichiens qui revendiquent le retour de la monarchie en France ; faut-il les déchoir de leur nationalité française et les expulser pour atteinte à la forme républicaine des institutions de la Nation ? C'est vrai qu'il y a deux siècles ont leur coupait la tête, mais blague à part, les motifs qui pourraient désormais justifier de leur déchéance de nationalité française nos binationaux vont bien au delà de la seule lutte contre le terrorisme. J'avais déjà écrit une note sur ce point-là au moment du vote de la loi sur le renseignement ; ces fameux intérêts fondamentaux de la Nation ne mettent-ils pas eux-même la République en danger ?

Sur son compte twitter, le frontiste Florian Philippot ne cache pas sa satisfaction ... et il savoure cette aventure de Hollande sur les chemins balisés par le FN.   protection de la nation,intérêts fondamentaux de la nation

Le Parti Socialiste est aujourd'hui prisonnier de ses contradictions (cf. vidéo du sénateur David Assouline). Sous Sarkozy, le Président du groupe PS au Parlement, Jean-Marc Ayrault déclarait "la déchéance de nationalité est absurde et inefficace. Un crime est un crime. Un criminel est un criminel. Un Français est un Français". Et même Christiane Taubira savonne la planche du Président de la République en s'appuyant sur "le respect de la parole présidentielle", car cette parole est à géométrie variable ...

Enfin, comment peut-on comprendre que des personnes nées en France, qui sont allées à l'école de la République, qui votent, payent leurs impôts, travaillent et défendent les valeurs de la République puissent avoir un statut différent d'autres Français ? Juste parce que l'un de leurs parents n'est pas Français ou parce qu'ils ont été adoptés ?

En plus de l'inscription de l'état d'urgence dans la constitution, la déchéance de la nationalité constitue un aveu d'impuissance, de repli et d'absence totale d'intelligence républicaine pour lutter contre les menaces qui pèsent sur nos compatriotes, sur le sol national comme à l'étranger. L’État répond au terrorisme par des lois qui éteignent nos Lumières. En constatant que de jeunes Français se radicalisent au point de commettre des attentats meurtriers, n'y a-t-il pas d'autres réponses à apporter que ces lois sécuritaires qui stigmatisent une partie de la population déjà getthoisée ? Jusqu'où irons-nous dans l'escalade ? Demain peut-être la droite revenue au pouvoir réintroduira-t-elle la peine de mort ? Désormais, tout est possible sur cette trajectoire de régression humaniste :=(

16/12/2015

« Mon adversaire, c'est le monde de la finance » : Hollande pris en flagrant délit de complicité active !

Souvenons-nous bien des propos du candidat François Hollande lors de son discours du Bourget :

« Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des États.

Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l’affaiblir, l’a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédés sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les États, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n’avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle.... »

La nuit dernière à l'Assemblée nationale, le gouvernement a publiquement avoué sa complicité avec ce monde de la finance, avec cet empire qui contrôle tout. L'histoire remonte au début du mois de décembre, en première lecture du projet de loi de finance rectificatif pour l'année 2015, quand l'Assemblée nationale vote une mesure qui assure la transparence fiscale pour toutes les entreprises multinationales, des banques aux industries manufacturières (cf. Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires). Outre le discours du Bourget, ce vote est conforme aux déclarations du Président de la République en avril 2013 : « Les banques françaises devront rendre publique, chaque année, la liste de toutes leurs filiales, partout dans le monde, et pays par pays. Elles devront indiquer la nature de leurs activités. (…) L’ensemble de ces informations seront publiques et à la disposition de tous. Je veux que cette obligation soit également appliquée au niveau de l’Union européenne et, demain, étendue aux grandes entreprises ».

Vers minuit, les députés ont confirmé leur vote en scrutin public, par 28 voix contre 24, en faveur de l'amendement qui met en place cette transparence. Mais dans la nuit, le gouvernement a imposé un second vote, et il a envoyé les messages à ses députés pour les recadrer, et le projet a finalement été abandonné. Il est intéressant d'analyser ces deux votes (le premier vote à 28 pour et 24 contre, puis le second vote où 25 députés l'emportent sur 21). Cf. vidéo de la séance.

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A droite, les Républicains et l'UDI n'ont pas changé leur vote contre (x5). Idem pour le groupe écologiste qui n'a pas changé son vote pour (x7). Le député ex-PS Philippe Noguès, qui siège désormais dans le groupe des non inscrits, passera du pour au contre. Les députés PS Marie-Anne Chapdelaine, Jean Launay, Annie Le Houerou, Jacques Valax et Michel Vergnier ont du se laisser convaincre que l'heure était venue de rentrer chez eux, et ils n'ont pas participé au second vote. Le député PS de l'Hérault Sébastien Denaja a fait comme son ex-collègue Noguès en changeant son vote. Et puis les députés PS Jean-Louis Dumont et François Pupponi sont arrivés à la rescousse pour conforter ce vote contre. Les quarante minutes de la suspension de séance demandée par Christian Eckert ont suffit pour avoir des députés aux ordres :=(

La représentation nationale ne s'est pas honorée cette nuit en se pliant ainsi aux ordres du gouvernement. Et le gouvernement de François Hollande ne s'est pas honoré non plus en renonçant à des engagements forts pour plus de transparence financière et fiscale.

Dans sa dernière interview dans le journal le Monde, Cécile Duflot « tends la main à François Hollande, [pour] qu’il revienne à l’esprit de 2012 et rassemble enfin écologistes et communistes désireux de rejoindre un bloc majoritaire de transformation ». Elle l'exhorte à renoncer à « une coalition du prétendu "cercle de la raison" avec l’idée de conserver le système ; une vision qui obère l’avenir et valide la thèse de l’UMPS ». Mais ne serait-ce pas là le coup de pied de l'âne ?

Les organisations de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires, notamment le CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France, Peuples Solidaires ActionAid France mais aussi ONE France dénoncent avec la plus grande fermeté ce passage en force. Ces organisations appellent les députés mobilisés contre l’évasion fiscale à poursuivre leur bataille, notamment dans le cadre de la loi Transparence qui sera présentée par Monsieur Sapin en début d’année.

Ces organisations rappellent que cette mesure, défendue depuis une dizaine d’années par les organisations de la société civile, aurait obligé les entreprises françaises à rendre publiques des informations sur leurs activités et les impôts qu’elles paient dans tous les territoires où elles sont implantées. Elle aurait ainsi permis à la société civile dans son ensemble de savoir si les impôts payés par les entreprises correspondent à leur activité économique réelle. Sans cette mesure de transparence essentielle pour mettre fin à l’évasion fiscale, les entreprises continueront à construire des montages fiscaux artificiels dans le but d’échapper à l’impôt et donc de priver les pays des recettes fiscales nécessaires au financement de leurs services publics. C’est donc la pauvreté et les inégalités qui vont continuer à croître, notamment dans les pays en développement qui souffrent particulièrement des pratiques d’évasion fiscale des entreprises multinationales.

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