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16/12/2015

On a changé de siècle, mais nous avons encore l'offre politique du 20ème ...

Pourquoi un Français sur deux ne va plus voter ? En partie parce que cela fait trente ans que les partis de gouvernement appliquent les mêmes recettes, sans imagination, sans audace et d'un conformisme navrant, mais surtout sans succès ! De Mitterrand à Hollande, en passant par Chirac et Sarkozy, le monde de la finance  mène la danse sur fond de construction européenne libérale, et toujours au détriment d'une classe populaire abandonnée.

Et depuis que Manuel Valls est Premier ministre, l'évolution du schéma politique français illustre clairement cette bousculade pour représenter le modèle dominant, ou ce que d'autres nomment le système. Et qu'importe que le PS ou LR emporte une Région, ce sera de toutes façons la même politique qui sera mise en œuvre. Manuel Valls retire les listes socialistes dans deux régions, parce qu'il sait que ça va affaiblir le Parti Socialiste tout en légitimant cette nouvelle Troisième Force.

Cela fait trente ans que la classe politique nous joue la fable de l'alternance démocratique, mais ce n'était qu'un simulacre de démocratie ; en réalité, le PS et l'UMP (LR) se succédaient au gouvernement pour dérouler les mêmes politiques économiques, budgétaires et sociales. Alors quelle est la nouvelle carte politique française ? Il y a au centre du jeu ce gloubi-boulga de personnalités qui ne se distinguent même plus par leur programme, seule compte la compétition des égos pour occuper des places ... Et ils sont parfaitement interchangeables. 

Patchwork_Centre.jpg

  Aucun média ne s'attarde d'ailleurs sur ce que Laurent Wauquiez fera de différent de Jean-Jacques Queyrannes à la tête de la Région Rhône-Alpes-Auvergne, on sait juste que l'un a remplacé l'autre ... Et idem pour Valérie Pécresse à la place de Jean-Paul Huchon.

Les éléments de langage de ce bloc-là sont "marché européen", "compétitivité des entreprises", "austérité", "mondialisation", "liberté des échanges financiers et commerciaux", "charité sociale", "optimisation" ou encore que la première des libertés est notre sécurité. Et c'est une habile propagande médiatique que d'annoncer que nous serions rentrés dans l'ère du tripartisme, avec le Parti Socialiste, les Républicains et le Front National, car les deux premiers sont désormais semblables ...

En réalité, il n'y a plus ni gauche ni droite "historiques", il ne reste que des forces politiques qui résistent à cette concentration des pouvoirs.  Cette résistance prend deux formes.

Patchwork_Gauche.jpg

  A gauche, c'est une approche internationaliste, mais où les questions économiques, environnementales et économiques ne sont pas incompatibles avec la mondialisation, mais à condition de ne pas subir cette mondialisation. 

Patchwork_Droite.jpg

 

A droite, ce sont les souverainistes qui rêvent d'un retour à une France dominatrice, patriotique et fière des messages historiques qu'elle a adressés au monde entier.

Des divergences politiques entre Hollande, Juppé, Valls et Sarkozy ? Aucune, rien que des masques qui doivent enfin tomber ...  

Quatre_Rois.jpg

  Et qu'importe celui qui l'emportera en 2017, les puissances dominantes de l'argent et des grandes industries trouveront toujours auprès d'eux des partenaires dévoués.

Nos squatters des plateaux télé sont les multiples facettes d'un même jeu, mais leurs rivalités ne sont que des leurres. Désormais, et à chaque élection, les médias nous assènent qu'ils auraient des stratégies concurrentes, mais elles ne durent que le temps d'une campagne électorale.

Ci-dessous les réelles forces politiques qui présentent des orientations stratégiques significativement différentes :

1er_tour_national.jpg

Nous savons qu'au second tour de l'élection présidentielle de 2017, c'est le bloc central qui l'emportera ; mais est-ce important de savoir qui ?

01:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

La tête de liste PS/PRG aux régionales en LRMP est face à ce dilemme : s'associer sur sa gauche avec les 27 élus menés par Gérard Onesta qui revendiquent de nouvelles pratiques au sein de l'assemblée (désigner un bureau de l'assemblée qui coordonne les travaux des commissions indépendamment de l'exécutif), ou s'associer avec les 25 élus LR/UDI qui se satisferont de quelques vice-présidents. L'une ou l'autre de ces alliances lui donnera la majorité absolue. En tous cas, la seconde hypothèse ferait écho aux déclarations de Valls, de Raffarin et de quelques autres qui aspirent à l'affirmation d'un front républicain.

Écrit par : Laurent Dupont | 16/12/2015

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