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29/11/2015

Mardi 1er décembre à Clermont l'Hérault - Réunion publique

Les candidats de la liste Nouveau Monde tiennent une réunion publique ce mardi 1er décembre à 20h30 au Pavillon Léon Blum à Clermont l'Hérault. Nous sommes dans la dernière ligne droite avant le premier tour, et c'est une semaine de forte mobilisation pour que notre liste fasse le meilleur score possible pour incarner une vraie alternative écologiste et de gauche.

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Quelles instances politiques peuvent (et veulent) changer le climat en Coeur d'Hérault ?

Le diagnostic est désormais largement partagé : les activités humaines contribuent à dégrader notre environnement, notre air, notre eau, les écosystèmes, le climat, et il est urgent d'agir. Mais à partir de là, qui agit ?

Le Pays Cœur d'Hérault travaille actuellement sur deux programmes qui concourent à réduire notre empreinte carbone, c'est d'une part le Plan Climat Énergie Territoire (PCET), et d'autre part le Schéma de mobilité du Pays. Notre plan climat porte sur 6 axes stratégiques et sur un total de 41 actions concrètes. Et pour le schéma de mobilité, ce sont 6 objectifs qui se déclinent en 22 actions. Mais dans ces actions de mobilité, on trouve la réouverture de la voie ferrée de Paulhan à Montpellier ainsi que la création d'une entrée nord à Clermont l'Hérault sur l'A75. Et même sur une action du PCET comme le développement d'offres de compensation carbone, la question de la mise en œuvre concrète se pose avec circonspection. Enfin, inquiétude pour ceux qui considèrent ces enjeux comme urgents et qui ne se contentent pas de conférences ...

Mais à côté de ces réflexions autour des élus locaux, d'autres acteurs nous mettent au pied du mur. Il y a tout d'abord les aménageurs et les promoteurs fonciers dont nous subissons les projets. J'évoquais dans la précédente note l'aménagement commercial de la Salamane, et il s'impose à nous tous plus qu'il n'est le résultat d'une réflexion collective sur le développement de notre territoire en conformité avec nos engagements environnementaux.

82px-Free_EV_charge_station_sign_evinfra.svg.pngAutre exemple de projet non porté par les élus et par les citoyens, projet que j'ai évoque jeudi dernier en commission aménagement et environnement du Pays Cœur d'Hérault, c'est le projet d'infrastructures de recharge des véhicules électriques (IRVE) que Hérault Énergie soumet à 92 communes de l'Hérault. Hérault Énergie leur demande de délibérer d'ici le 31 décembre pour transférer cette compétence IRVE à Hérault Énergie qui pourra alors déployer un réseau de stations de rechargement électrique (dans 39 communes en 2016 et dans 53 communes supplémentaires en 2017). Il est ainsi prévu d'installer une centaine de bornes de rechargement accéléré et 7 bornes rapides à Ballaruc, à Bédarieux, à Béziers, à Clermont l'Hérault, à Lodève, à Lunel et à Pézenas.

Hérault Énergie impose aux communes un délai beaucoup trop court, mais Hérault Énergie occulte totalement les démarches déjà engagées par les intercommunalités en matière d'Agenda 21 local ou de schéma de mobilité. Le délai est trop court pour étudier les clauses d'un règlement non négociable. Ainsi, ces bornes de recharge seront raccordées au réseau électrique, et il n'est pas envisagé qu'elles recourent à des énergies renouvelables. Il n'est même pas avancé que ces stations évolueront au gré des évolutions technologiques ; et je pense par exemple à la fourniture d'hydrogène pour des véhicules à pile à combustible. Et puis la carte des implantations s'impose à des intercommunalités qui peuvent avoir prévu par ailleurs des aires de covoiturage ou des points d'intermodalité.

Le voisin audois d'Hérault Énergie n'a pas attendu fin 2015 pour informer les communes de cette compétence qui pourrait être mutualisée (l'ADEME finance les bornes accélérées à hauteur de 50% et les bornes rapides à hauteur de 30% dans un appel à projets qui prend fin le 31 décembre). Le Syndicat Audois d’Énergies (SYADEN) est déjà très avancé sur ce projet, et avec des bornes à énergie positive comme à Alzonne où des panneaux photovoltaïques en assurent l'autonomie (cf. fiche ENTEC-SYADEN).

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Mais la recharge des véhicules électriques (VE) ne doit pas occulter le fait qu'un tel véhicule a encore aujourd'hui un bilan carbone supérieur à un véhicule à moteur thermique (en deçà de 50.000 kilomètres parcourus) ! C'est la fabrication des batteries, et l'extraction des métaux qui la composent qui plombent le bilan carbone de ces VE. Quant au lithium, principal composant des batteries, peu de pays en produisent (essentiellement en Amérique Latine), et cela se fait dans des conditions sanitaires et environnementales préoccupantes (cf. article de Reporterre du 24 juillet 2014 sur l'extraction industrielle de lithium en Argentine).

Alors comment les collectivités locales qui élaborent des plans et des schémas d'aménagement (PCET, PDU, SCOT, ...) peuvent-elles les mettre en œuvre efficacement ? Déjà en les mettant en œuvre à l'échelle intercommunale, et puis surtout en ne se faisant pas dicter des aménagements qui répondent surtout à des intérêts particuliers. Oui, « Gouverner, c'est choisir, si difficiles que soient les choix » disait Pierre Mendes-France

Salamane, la course au gigantisme commercial continue ...

Midi Libre s’en fait l’écho cette semaine et les conseillers communautaires auront à en débattre prochainement, la zone d’activité économique (ZAE) de la Salamane (au sud-est de du territoire communal de Clermont-l’Hérault) devrait voir sortir de terre un projet commercial avec un hôtel et des magasins (sport, chaussures, électro-ménager, matériaux, jardinerie, …).

La chambre de commerce et d’industrie (CCI) évalue qu’à l’horizon de 2025 l’augmentation de la population va générer une progression du potentiel de consommation, hors inflation et évolution du pouvoir d’achat, soit un potentiel de consommation de l’ordre de 465,6 M€. Et le tourisme génèrera 20 M€ d’apports supplémentaires. Les besoins commerciaux sur le Cœur d’Hérault vont nécessiter 18.000 m2 de grandes et moyennes surfaces (GMS) supplémentaires pour répondre aux besoins des habitants (toujours plus nombreux) et des touristes. Ces besoins commerciaux portent essentiellement sur l’alimentaire, l’habillement, les loisirs, l’automobile et les équipements de la personne et de la maison.

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Mais concentrer le maximum de cette offre commerciale autour du giratoire de l’A75 à Clermont l’Hérault est un choix d’aménagement territorial qui n’a jamais été soumis à la consultation des citoyens ; il n’est que l’affirmation d’une fuite en avant d’élus locaux sans vision à moyen et long terme. Dans cette logique-là, le maire de Brignac porte lui aussi un projet commercial sur la Salamane (de l’autre côté de la route départementale qui va à Canet). Mais le prix qu’il propose pour l’achat du foncier agricole est loin de ce que proposait la Communauté de communes du Clermontais aux agriculteurs de Clermont l’Hérault (10 € le m2), et il y a là des agriculteurs fermement opposés à l’artificialisation de leurs terres agricoles.

En 2009, la Salamane était présentée comme un projet créateur d’entreprises et d’emplois. Or, la plate-forme de Système U n’a pas créée les emplois attendus pour notre bassin d’emplois (la quasi-totalité des 120 emplois viennent de leur site de Vendargues), les entreprises SOCAH et Normand ont simplement déménagé des Tannes Basses (avec leurs employés) ; seul le Leclerc Drive a créé une dizaine d’emplois.

Or, nous aurions tellement plus besoin de voir s’implanter des artisans, des bureaux et des entreprises créateurs de richesses. Dans l'Hérault, et nous savons que les secteurs Agde-Pézenas comme le Cœur d'Hérault sont les lanternes rouges, le nombre de chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) a augmenté de +2,5% en un an. Et c'est +4,9% pour les catégories A, B et C, c'est à dire 120.000 personnes en octobre 2015 à la recherche active d'un travail (cf. Pôle Emploi) !

La fièvre consumériste est non seulement une maladie qui dégrade notre planète, et donc notre vie sur Terre à long terme, mais elle aggrave les fractures sociales. Il y avait ce week-end les collectes de la banque alimentaire, et les associations caritatives accueillent de plus en plus de personnes qui en dépendent pour nourrir leur famille ... pendant que d'autres consomment sans en avoir toujours réellement besoin.

Quels projets porte le Conseil communautaire du Clermontais (CCC) pour l'agriculture, pour les circuits courts, pour l'artisanat, pour le commerce de proximité, pour les services à la personne, pour les professionnels du tourisme, etc ? Aucun ! La seule priorité de la CCC pour ce mandat 2014-2020 est de remplir la Salamane, à l'image d'un rentier qui attend de tirer les fruits de son investissement, et là le rentier est aux abois.