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08/11/2015

Ne parlons plus jamais de la gauche ...

Daniel Cohn-Bendit était l'invité de la matinale de France Inter jeudi dernier. Et face à Patrick Cohen, l'ex député européen écologiste a affirmé que « le grand clivage, c'est plus gauche/droite, oui il existe un clivage gauche/droite un peu sur le social, le grand clivage c'est souverainisme ou ouverture au monde et ouverture à l'Europe, c'est ça le grand clivage politique aujourd'hui ».

DCB_France_Inter.jpg

Alors il faut remettre cette phrase dans son contexte, car tout le débat avait porté sur les réfugiés et sur la position d'intellectuels de gauche sur cette question. Cette ouverture au monde qu'appelle DCB de ses vœux est surtout un appel à ne pas se refermer sur nous-mêmes, à rester fermes sur nos valeurs héritées des Lumières qui fondent la République.

Néanmoins, il a tort sur le clivage politique dans notre pays. Oui, il n'y a plus de clivage gauche/droite. Et d'ailleurs quand on distribue des tracts sur un marché en présentant une liste Nouveau Monde comme étant de gauche et écologiste, il nous est très souvent rétorqué ... quelle gauche ? Et les mêmes frontières sont tombées à droite.

Non, le vrai clivage aujourd'hui en France, en Europe mais aussi dans le monde, c'est un clivage entre d'un côté des populations désabusées et désorientées, et de l'autre une classe dirigeante qui ne pense qu'à ses intérêts. On ne s'étonne plus qu'un tel clivage existe dans une majorité de pays de la planète, en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient où c'est malheureusement une situation historique, mais pour la France et de nombreux pays d'Europe, c'est une régression idéologique.

Pourquoi le souverainisme s'affirme en France sur tout le spectre de l'échiquier politique ? Parce qu'à gauche comme à droite des responsables politiques veulent défendre les intérêts du plus grand nombre. Et d'autres responsables politiques de gauche comme de droite, de Hollande à Sarkozy, ont fait le choix d'inscrire la France dans la compétition mondiale pour satisfaire quelques lobbies. Quel point commun existe-t-il entre le pacifiste et humaniste Jean Jaurès et le chef de guerre marchand d'armes qu'est François Hollande ?

La France reste encore sur un clivage caduc car la situation économique et sociale n'a pas suscité de révolte. Rien à voir avec nos voisins du sud où la crise économique a été comme un électrochoc social, et qui a vu naître Syriza en Grèce, Podemos en Espagne ou encore le mouvement 5 étoiles en Italie (M5S). Nous sommes en France comme dans d'autres pays européens et britanniques où l'exaspération s'exprime dans un vote nationaliste, la Nation prenant le pas sur l’État. Les élections générales en Grande-Bretagne le 7 mai dernier ont montré la percée du Parti Nationaliste Écossais qui a remporté la quasi-totalité des sièges de l’Écosse (56 sur 59), éclipsant presque totalement les politiques de gauche comme de droite.

Alors pour éviter ce terme de « gauche » qui ne signifie plus rien, nous employons « citoyen ». Et la liste Nouveau Monde pour les régionales n'est plus un rassemblement de partis de gauche et d'écologistes, mais un rassemblement citoyen et écologiste. Seul le Parti Communiste maintien dans cette campagne un crédo de gauche, mais en prenant le risque de toujours devoir se différencier de la gauche qui est aujourd'hui au gouvernement. Sarkozy l'a bien anticipé à droite en s'accaparant le terme « Républicain ».

J'espère qu'en 2016 la dynamique qui s'est constituée dans notre région se poursuivra. J'espère que le débat citoyen qui s'est formalisé au travers du projet en commun continuera. Il n'est plus possible de faire de la politique sur des schémas hérités du 20ème siècle et fondés sur une démocratie représentative qui ne représente plus du tout les citoyens. A suivre donc ...

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