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25/10/2015

Elections régionales : certaines listes ne sont là que pour perturber le scrutin

Ne se présentent en principe aux élections que des candidats ou des listes qui veulent porter un message politique, et dans le meilleur des cas pour le mettre en œuvre pour la durée d'un mandat. C'est bien le cas pour ces élections régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP), avec d'un côté les listes qui dépasseront le seuil des 10% (et auront des élus à la Région), et de l'autre des listes que l'on retrouve à chaque élection malgré leur faible score ; c'est le cas de Lutte Ouvrière (LO) ou de Debout la France (DLF).

Et puis il y a des listes dont le message n'est pas très clair, et dont la finalité perturbe plus le scrutin qu'elle ne l'éclaire. Surtout qu'une campagne ça a un coût, et que de s'affranchir de propagande électorale est très étrange ... Dans notre région LRMP, les listes pourront dépenser jusqu'à 1,6 M€ pour leurs frais de campagne, et celles qui feront plus de 5% se verront rembourser jusqu'à 782 k€. Ca c'est pour les dépenses électorales comme les meetings, les réunions publiques, les tracts, la communication en général, des locaux de campagne, etc. Mais elles ne sont pas indispensables, et une liste peut faire une campagne « cheap » comme le dit Philippe Saurel.

Reste quand même la propagande officielle, c'est à dire les bulletins de vote (près de 9 millions), les professions de foi (un peu plus de 4,3 millions) et les affiches électorales (autour de 15000). Le coût estimé de cette propagande officielle est d'environ 700 k€, et il n'est remboursé qu'aux listes qui dépassent le seuil de 5% des suffrages exprimés. Ces budgets "à fonds perdus" n'empêchent pas certaines "petites listes" de faire campagne ; on retrouve ainsi très régulièrement Lutte Ouvrière afficher et tracter malgré cette lourde contrainte financière. Mais pour d'autres, c'est une campagne exclusivement sur Internet qui permet de s'affranchir de telles contraintes ; la campagne se fait sur les réseaux sociaux et ceux qui veulent voter pour une telle liste impriment le bulletin de vote.

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Autre contrainte pour déposer une liste, il faut trouver 184 candidats sur 13 départements. Pour les formations politiques, c'est un écueil qui est vite franchi. Pour les autres, le recrutement est plus délicat, surtout quand les états-majors politiques font peser des menaces sur des élus locaux qui voudraient transgresser l'ordre établi. C'est l'obstacle auquel Philippe Saurel a été confronté et qu'il a réussi à surmonter, essentiellement grâce aux divisions au sein du Parti Socialiste.

A gauche, ce sont deux listes qui sont apparues dans les deux derniers sondages. IFOP et BVA ont respectivement attribué 2% et 3% à Nouvelle Donne, mais aussi 2,5% et 3% à la liste du député du Gard Christophe Cavard. Quels messages portent ces listes ? En gros, elles ne sont pas très éloignées des autres listes de gauche, que ce soit celle de Philippe Saurel ou celle de Gérard Onesta, mais elles sont surtout la caisse de résonance pour un leader qui souhaite continuer à exister politiquement.  Le cas de Christophe Cavard est exemplaire ; le député du Gard veut être réélu en 2017, et il doit donner des gages aux socialistes pour que sa circonscription lui soit encore réservée. Alors il mouille la chemise pour que le score de la liste concurrente Nouveau Monde ne dépasse pas celui du PS. Triste spectacle que donne une classe politique accrochée à ses mandats, qui se sert avant de servir les autres ...

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Ces listes "périphériques" profitent du ras-le-bol des citoyens, de la forte abstention et d'un vote souvent contestataire pour récupérer quelques points, mais quelques points qui manqueront à des listes qui peuvent réellement changer la donne. Ça a été le cas en 2010 avec la liste de Patrice Drevet qui a empêché trois autres listes de gauche de figurer au second tour ; il avait fait le job. Mais le dernier sondage de l'institut BVA indique que 62% des personnes sondées se disent intéressées par ce scrutin régional en LRMP, et 53% se prononceront en fonction d'enjeux régionaux. C'est plutôt rassurant et ça incite à nourrir la campagne, à expliquer les orientations et à pointer les principales propositions ;

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