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18/10/2015

Le Parti de Solférino au bord du naufrage ...

Le PS français aura-t-il le même destin que son homologue grec du PASOK ? Il en prend la voie, avec une direction et des personnalités qui n'ont plus que l'alternance démocratique comme seule orientation. Et l'alternance de 2017 pourrait bien leur être totalement fatale.

Le référendum organisé ce week-end par Jean-Christophe Cambadelis pour l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales est un cache-misère qui ne trompe personne. Des urnes baladeuses aux votes par messagerie électronique, ça transpire la vaste fumisterie pour simplement occuper le terrain médiatique. Un référendum sans débat et sans campagne, juste un mot d'ordre transmis à toute la famille de Solférino (par vagues de sms et par messages téléphoniques automatiques), et dont les conditions de son organisation vont finir d'achever le malade.

Et ce référendum lui laissant néanmoins quelques loisirs, le premier secrétaire du PS a glissé dans son agenda cette participation au congrès fondateur de l'Union des démocrates et des écologistes (UDE) à La Villette ce samedi après-midi.

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Entouré de J-L. Bennahmias, de J-V. Placé et de F. de Rugy, J-C. Cambadelis était là pour adouber la démarche de quelques parlementaires écologistes cherchant désespérément à survivre politiquement, et cela passe par une déclaration formelle de vassalisation politique. Est-ce cela qui empêchera que les écologistes aient un(e) candidat(e) à la présidentielle de 2017 ? Non !

Ici en région Languedoc-Roussillon, il y a longtemps que le PS n'est plus qu'une simple écurie politique, dénuée de toute idéologie, sans éthique et engluée dans les calculs politiciens. C'est certainement Georges Frêche qui aura déconstruit la formation dont il était issu, et qui aura irréversiblement établi les conditions de sa chute. Les négociations entre le PS et le PRG pour les prochaines régionales témoignent d'un fonctionnement qui n'a plus rien de démocratique. Quel(le) militant(e) du PS dans l'Hérault a été consulté pour choisir les candidats et les axes programmatiques de ces régionales ? Ah ! si, leur premier fédéral :=(

Le dernier coup du PS/PRG en région est le sondage que le groupe de presse de Jean-Michel Baylet (Président du PRG) a confié à l'IFOP. Dans ce sondage réalisé du 8 au 12 octobre, le patron du PRG et de toute la presse quotidienne régionale a intégré des listes de candidats qui ont très peu de chances de figurer au premier tour du scrutin. Ainsi, et alors qu'ils ne figuraient pas dans les précédents sondages, voilà qu'apparaissent les listes de Gilles Fabre (pour Nouvelle Donne) et de Christophe Cavard (pour l'UDE évoquée plus haut). Ces deux listes sont respectivement créditées de 2% et de 2,5% d'intentions de vote. Le seul but de sonder ces deux listes-là est de faire chuter le score du candidat Onesta ; il passe ainsi de 16% à 11%, et il permet aux amis de J-C. Cambadelis de justifier leur référendum. Le politologue Laurent Dubois décrypte bien sur son blog ce qu'il appelle "la face sombre des sondages". J'intitule cette note "Le parti de Solférino au bord du naufrage ...", mais J-C. Cambadelis se comporte comme ce chef d'orchestre qui continuait de faire jouer ses musiciens pendant que le Titanic sombrait.

Aux régionales de 2010, et pour empêcher Europe Ecologie Les Verts de passer la barre des 10% qui aurait alors permis à la gauche et aux écologistes de se présenter au second tour, Georges Frêche lança la candidature dissidente de l'ancien Monsieur Météo Patrice Drevet. Celui-ci obtenait 3,87% des suffrages, EELV ne franchissant pas la barre des 10% (9,12% des suffrages pour la liste conduite par Jean-Louis Roumégas), offrant ainsi un boulevard à G. Frêche.

Mais notre région n'est pas la seule à supporter ces tactiques, un article de Breizh-info.com décrit ce qui se passe en Bretagne, et rappelle comment Mitterrand lançait Génération Écologie contre Les Verts aux régionales de 1992, ou comment Chirac aida Bruno Mégret à torpiller Le Pen à la Présidentielle de 2002. Et tout ça contribue à dégoûter les citoyens d'aller voter !

Dans les échanges que j'ai localement, avec des citoyens non encartés comme avec des adhérents de formations politiques, ces manigances n'amusent personne. Il n'y a plus aucun temps consacré aux débats, aux rencontres et aux interpellations sur le terrain, les leaders politiques traditionnels se bardant de sondages et d'une abondante communication. J'estime honnêtement que le projet en commun conduit par Gérard Onesta a essayé de faire autrement, et qu'il tente de pérenniser cette nouvelle forme de démocratie contributive. Je mets du conditionnel, par sincérité, car « ce n'est qu'à la fin des vendanges que l'on compte les comportes » comme se plaît à le répéter le maire de Montpellier.

J'invite à parcourir le contenu du site du projet en commun où tant de contributions citoyennes ont été collectées et synthétisées (site Web du projet en commun), et désormais à participer à notre campagne sur le site officiel :

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