Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/09/2015

Cambadelis essaie de détourner l'attention des citoyens sur son référendum ... Pathétique !

Ça y est, le premier secrétaire du Parti Socialiste a dévoilé les enjeux de son référendum sur l'union de la gauche aux prochaines régionales. Du 16 au 18 octobre, alors que toutes les formations politiques seront déjà en lice pour deux mois de campagne, les Français seront invités à répondre à la question suivante : « Face à la droite et à l’extrême droite souhaitez-vous l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ? ». Il y aura un bureau de vote dans chaque canton, et puis ce sera au bon vouloir des citoyens qui passent par là ...

Mais ce référendum ne serait pas qu'une démarche de Solférino, elle émanerait de plusieurs partis politiques de gauche. Le Parti de Gauche ? Le Parti Radical de Gauche ? Europe Écologie Les Verts ? Nouvelle Donne ? Non, seulement des partis vassalisés animés par des quarterons d'opportunistes :

elections régionales

elections régionales

Camba.jpg

elections régionales

elections régionales

Faut-il que le Parti Socialiste soit dans l'impasse pour nous ressortir cette tactique employée par François Mitterrand au début des années 90. A l'époque, Brice Lalonde créa Génération Écologie pour concurrencer Les Verts aux régionales de 1992 et siphonner des voix pour le Parti Socialiste. Ce type de formation créée ex nihilo n'est constituée que d'élus qui s'accrochent à leur mandat, qui font carrière. L'écologie n'est plus qu'un vernis.

Mais sur la question de Jean-Christophe Cambadelis, c'est le mot « gauche » qui sonne faux. C'est quoi la gauche aujourd'hui ? Quelles valeurs véhicule-t-elle encore ? Celles d'Emmanuel Macron qui multiplie les provocations libérales ? Celles de Manuel Valls dont il faut se rappeler les arguments lors de la primaire de 2011 ? Sincèrement, le Parti Socialiste n'est plus à gauche depuis longtemps, en tous cas loin de cette gauche du progrès social, de la solidarité, du temps libéré sur le travail et de la défense de l'intérêt général.

Ce référendum est évidemment une mascarade, car la seule échéance qui compte est le premier tour des régionales le 6 décembre. Que chaque liste rencontre les citoyens, qu'elle aille débattre de son projet dans les territoires et laissons les électeurs se prononcer en responsabilité.

13/09/2015

En cette année 2015, l'Europe nous montre son plus mauvais visage :=(

Au premier semestre 2015, c'est le feuilleton grec qui a mis en scène les principaux États membres de l'union européenne, et plus particulièrement ceux de la zone Euro. Alexis Tsipras, qui devenait Premier ministre de la Grèce en début d'année sur un programme volontariste contre les politiques d'austérité et pour une réévaluation de la dette publique, est devenu dès le début le mouton noir de l’Eurogroupe. Les 18 autres États membres de l'Eurogroupe sont tous gouvernés par des partis ou par des coalitions favorables au social-libéralisme ; certains s'affichent plus sociaux et d'autres plus libéraux, mais le résultat est le même. Dans ces conditions, la volonté politique d'Alexis Tsipras était vouée à l'échec, et même si le combat qu'il a mené pendant 6 mois avec son ami Yanis Varoufakis a ravivé chez les Européens, je parle du peuple, une volonté de rupture avec ce modèle dominant qui profite toujours à cette minorité possédante.

grèce,tsipras,eurogroupe,pablo iglésias,jeremy corbyn,schengen,victor orban,jacques delors,migrants

Une bataille a été perdue, mais pas encore la guerre. La prochaine bataille se déroulera en Espagne à la fin de l'année. C'est Pablo Iglésias et son mouvement Podemos qui tenteront de convertir leurs concitoyens à un autre projet socio-économique, et j'espère que les électeurs espagnols sauront leur faire confiance. L'autre évènement qui est survenu cette semaine à propos de la gouvernance économique de l'Europe, c'est l'élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique. Ce virage à gauche du Labour Party n'est pas une surprise, car partout en Europe les partis sociaux-démocrates sont en échec, échec parce qu'ils ne se distinguent plus de la droite quand ils sont au pouvoir. En France, plus personne ne sait dire ce que Sarkozy et Juppé feraient de différent de ce que font Valls et Marcron s'ils revenaient au pouvoir ... François Hollande étant déjà plus à droite que Sarkozy ne l'a été ...

Désormais, les élections dans les divers pays d'Europe voient s'affronter trois forces politiques : celles qui soutiennent le système, qu'elles soient de droite comme de gauche, les nationalistes qui s'appuient sur le patriotisme pour que le peuple rejette les élites, et enfin ceux qui veulent rompre avec le système dominant pour lui préférer les valeurs d'humanisme, de laïcité et de solidarité. Nous sommes très loin du vieux clivage gauche-droite.

L'autre mauvais visage que renvoie l'Europe, c'est son attitude vis à vis des réfugiés qui viennent de Syrie, d'Irak et des pays d'Afrique où la guerre et le djihadisme ne permettent plus aux populations de vivre en sécurité. Comme pour la crise grecque, ce sont souvent les pays de l'est de l'Europe, les derniers ayant rejoint l'Union qui refusent d'accueillir des réfugiés. La Slovaquie a même restreint aux seuls réfugiés chrétiens l'accès à son territoire, prétextant ne pas avoir de mosquée pour que les musulmans pratiquent leur religion, et le Premier ministre hongrois, Victor Orban, se fait le porte-parole d'un groupe de pays comme la Pologne, la Hongrie ou encore la République Tchèque pour voir dans cet afflux de migrants une menace pour « l'identité chrétienne de l'Europe ».

Mais je ne voudrai pas assimiler les peuples de ces pays de l'espace Schengen à leurs leaders les plus sombres, car l'Europe voit aussi se propager une vague nationaliste qu'il faut combattre.

Alors pouvons-nous encore construire une Europe solidaire, responsable et humaniste dans le contexte actuel ? La volonté acharnée de la droite et de la social-démocratie européenne à vouloir développer un marché économique le plus large possible, avec des règles de libre-échange et une monnaie unique qui favorisent les flux de capitaux et de travailleurs, ne s'est-elle pas affranchie des valeurs fondamentales de l'Europe des Lumières ?

Il est utile de relire le discours de Pierre Mendès-France contre le Traité de Rome en janvier 1957. S'il était convaincu de la nécessité de s'unir pour affronter les défis du XXe siècle, il était plus circonspect vis à vis des règles de libre-échange. Aujourd'hui, c'est Jacques Delors qui évoque son pessimisme sur l'avenir de l'Europe. Dans une interview au Journal du Dimanche, il estime que l'Europe n'a pas – pas encore – explosé. « Dans la situation actuelle, on a évité le pire. Mais l'Europe n'est pas une puissance morale, je dis morale au bon sens du terme. Il faut reconstituer cette puissance morale qui a fait la force de l'Europe en d'autres périodes, comme au moment de la chute du mur de Berlin », soutient-il.

Il est évident que l'Europe des 28 que nous connaissons aujourd'hui n'a plus d'avenir commun, en tous cas sur les règles de l'Union européenne issues des traités de Maastricht et de Lisbonne. Une autre Europe est à construire.

Crues et inondations récurrentes, les EPCI doivent relever le défi

Je l'ai déjà écrit sur ce blog, c'est au 1er janvier 2018 que les EPCI prendront la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (Gemapi). C'est une compétence majeure, et les crues et inondations qui surviennent de plus en plus souvent sur notre territoire illustrent les carences en matière d'aménagement et d'entretien des cours d'eau, ainsi que la détresse de nos concitoyens qui payent très cher les conséquences des inondations.

Nos voisins du Lodévois-Larzac n'ont pas attendu cette échéance pour s'occuper des milieux aquatiques et des inondations, et la Communauté de communes est déjà compétente pour travailler sur les cours d'eau de son territoire. Mais cet article de Midi Libre qui relate une réunion du Conseil communautaire en juin 2014 aborde clairement la question du transfert, ou de la délégation de cette compétence au syndicat mixte de gestion du bassin du fleuve Hérault.

Sur le Clermontais, les élus n'ont pas encore pris les décisions nécessaires pour que la compétence devienne une réalité. L'assemblée communautaire a bien pris une compétence « restauration et entretien des cours d'eau » en novembre 2013 (cf. délibération), ce qui concerne sur le territoire de la Communauté de Communes l'Hérault, la Lergue, la Boyne, la Dourbie et le Salagou (à l’exclusion du lac, de son plan d’eau et de ses berges), mais ça ne permet pas encore à la CCC d'être opérationnelle sur le terrain. La dernière délibération sur le sujet date de février 2014 pour une étude d’élaboration d’un plan de gestion d’aménagement de la « Lergue aval », sur une section allant de Ceyras à Canet. Or, les inondations constatées sur Brignac, et avec des dégâts matériels très lourds qui touchent les populations concernées, justifient de passer très rapidement à la vitesse supérieure !

Je renvoie à cet article de Midi Libre sur les dégâts occasionnés à Brignac le 28 août, et Brignac est régulièrement touché par les crues de la Lergue.

inondations-13-09-15-3-1024x576.jpg

Les élus sont souvent déstabilisés par les tergiversations de l’État qui légifère à hue et à dia, mais maintenant que le cadre législatif et réglementaire est fixé, il ne faut plus tortiller ; il y a urgence. La question de ces transferts de compétences, car il s'y ajoute aussi l'eau potable et l'assainissement qui seront transférées aux EPCI en 2020, a été évoquée en commission des affaires générales de la CCC cette semaine, Christian Bilhac ne souhaitant pas attendre la saint glinglin pour avancer. Le Président Lacroix nous a répondu que nous n'évoquerons pas ces sujets en 2015 et que nous aurons l'an prochain une réflexion politique sur cette question (certainement dans le cénacle à huis-clos de la conférence des maires). Nous n'avancerons donc pas "techniquement" sur ces questions d'eau avant ... 2017, juste avant de prendre la compétence :=(

Concernant la prévention des inondations, ma crainte est que les EPCI transfèrent (ou délèguent) cette responsabilité au syndicat mixte de gestion du bassin du fleuve Hérault. Mais cet EPTB intervient sur un territoire qui va de l'Aigoual jusqu'à Agde. Et si c'est cet EPTB qui décidera demain de la programmation des travaux sur le bassin versant de l'Hérault, alors les EPCI perdront toute maîtrise sur les priorités qui concernent leur territoire.

Sur la commune de Lodève, Nathalie Lopez et son mari, apiculteurs, ont vu le fruit de leur travail de ces six dernières années disparaître dans le ruisseau qui a traversé leur maison dans la soirée du samedi 12 septembre. La récolte de miel de cinq tonnes a été détruite. Interview sur le site de Midi Libre.

En attendant, des citoyens subissent inondation sur inondation, perdant leurs biens et leurs outils de travail. Les indemnisations tardent, laissant les personnes seules face à leurs banques, et les montants sont loin de couvrir tous les investissements à entreprendre pour relancer une activité agricole, artisanale ou commerciale. Les communes font face elles aussi à des dégâts coûteux, mais elles sont parfois à l'origine des décisions qui produisent ces dégâts ...

L'urbanisation est évidemment en cause. L'artificialisation des sols, la déforestation et le non respect des zones rouges sont des facteurs aggravants pour les inondations. Et là, le SCOT du Cœur d'Hérault qui est en cours d'élaboration devra fixer des règles contraignantes pour éviter que des aménagements urbains continuent de produire ces dégâts récurrents ; j'y serai vigilant !