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28/08/2015

Le patronat français a 30 ans de retard

La question revient sans cesse, mais on sent quand même qu'au fil du temps les politiques sont de plus en plus perméables à cette complainte des organisations patronales : le code du travail français serait un obstacle à la création d'emplois et donc à la croissance économique. Et quelques-uns ont encore en mémoire ce sketch de François Bayrou dans l'émission " Des paroles et des actes ", comparant le maigre code du travail suisse, la Suisse n'ayant que 4 % de chômage (on parle alors de plein emploi), aux 3.000 pages du code français ; la France ayant elle un peu plus de 10% de chômage.

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Michel Onfray qualifiera cette prestation de François Bayrou de "geste obscène", car le code du travail protège les salariés ; le code du travail suisse est pour sa part beaucoup plus libéral. Mais François Bayrou aurait du se pencher sur le droit allemand. Outre-Rhin, où on parle aussi de plein emploi, le code du travail allemand n'a rien à nous envier !

arbeitsrecht.jpg

Alors notre code du travail serait-il cet épouvantail dépeint régulièrement par le patronat et par ses apôtres ? Et qu'en est-il alors des normes comptables françaises ? Un entrepreneur doit-il connaître par cœur le Plan Comptable Général (PGG), les règlements de l'Autorité des Normes Comptables (ANC), les recommandations du Comité de la Réglementation Comptable (CRC), les avis du Conseil National de la Comptabilité (CNC) et toute l'actualité qui régit la perception de la TVA et les contrats bancaires ? Non, le chef d'entreprise confie tout ça à un comptable. Soit il dispose d'un comptable dans son personnel pour le cas des grosses entreprises, soit il fait appel à un cabinet de comptables. Il y a là des milliers de pages très complexes, mais jamais je n'ai entendu le patronat, Pierre Gattaz ou ses complices, réclamer un cadre comptable de quelques dizaines de pages pour créer de l'emploi ...

Les cadeaux que tous les gouvernements font au MEDEF ne suffisent jamais, et le modèle anglo-saxon libéral des années 80 de Tatcher et de Reagan est encore leur rêve. Le marché doit être libre, et que les meilleurs gagnent.

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Bon, personne n'est allé titiller Monsieur Gattaz à l'université du MEDEF sur l'environnement, mais le réchauffement climatique doit lui passer au-dessus de la tête et la protection de la biodiversité, de la faune et de la flore est un nouveau marché à conquérir. Il y a déjà des entrepreneurs qui investissent des espaces naturels de dizaines d'hectares pour y vendre des zones de mesures compensatoires ...

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