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10/05/2015

Qu'est devenue la France du 10 mai 1981 ?

Le 10 mai 1981 n'est pas que le second tour d'une élection présidentielle, le 10 mai 1981 est pour une majorité de Français une aspiration à plus de progrès sociaux, économiques et sociétaux, c'est une rupture avec la France conformiste et archaïque incarnée par Pompidou puis par Giscard. Libération titrait le lendemain « ENFIN L'AVENTURE », et la France avait fait la fête dans la soirée du 10 mai et il ne s'agissait pas que d'une simple alternance démocratique.

Je ne reviendrai pas ici sur les suites de l'aventure, les deux septennats de Tonton ont laissé une immense déception ; François Mitterrand a très opportunément présidé en monarche, lui qui avait tellement vilipendé le régime présidentiel instauré par le Général de Gaulle. Et toute une série d'épisodes sulfureux sont venus alimenter cette image de souverain absolu (René Bousquet, Mazarine, les écoutes de l’Élysée, la France-Afrique, le coup de pouce au Front National, ...), désespérant de plus en plus un peuple pourtant attaché aux valeurs de la République.

En ce 10 mai 2015, quel est l'héritage du 10 mai 1981 ? Que pourrions-nous fêter ? La peine de mort aurait été abrogée de toutes façons, depuis 34 ans, et François Mitterrand a simplement pris les devants. Et que reste-t-il par exemple de la libéralisation des fréquences radio ? Le terme de « radio libre » est un désuet souvenir d'une époque où la marchandisation n'était pas encore l'idéologie dominante. Comment expliquer aujourd'hui à des jeunes qu'il a pu exister à partir de 1981 un ministère du Temps libre ? La réduction du temps de travail, longtemps considérée comme un facteur de progrès social pour les populations ouvrières, est désormais assimilée à une externalité négative ...

En 1981, l'élan donné par l'élection présidentielle faisait écho au Front populaire, dont les projets et dont les promoteurs ont été stoppés par la guerre. Il y avait là un idéal interrompu que la gauche socialo-communiste rêvait de reconduire sous la Vème République.

Ce début de 21ème siècle en France recèle-t-il encore les mêmes aspirations idéologiques ? Pourrions-nous alors rêver d'une suite au 10 mai 1981 ? La réponse est malheureusement « Non ». Les Français boudent la politique, beaucoup trop incarnée et pas assez idéalisée, et ils fondent leurs espérances d'avenir sur des réflexes circonstanciés et à géométrie variable (le réflexe communautariste, le réflexe identitaire, le nationalisme, le consumérisme, le régionalisme, ...).

Or, une société faisant nation qui n'aurait plus un idéal partagé serait condamnée à la division, chacune de ses fractions aspirant à prendre le meilleur. Alors l'idéal consumériste peut-il répondre à l'urgence de notre époque ? Certains le croient, et jusqu'aux plus hauts sommets de l’État. Nous entendons ces appels à relancer la consommation, à doper la croissance, à faciliter les échanges commerciaux (cf. TAFTA), ... mais mon point de vue d'écologiste est que cet idéal-là n'a pas d'avenir. Notre planète ne suffira pas à satisfaire des milliards de consommateurs insatiables.

Le « mieux-vivre » a longtemps été mesuré et amélioré sur des critères relatifs au travail : l'aliénation à l'outil de travail, le temps de travail, les conditions de travail, la santé au travail, le code du travail, etc. A côté de ça, la qualité de vie était une variable d'ajustement, périphérique. Désormais, les Français veulent mieux vivre en bonne santé, dans un logement confortable, mieux formés et pourvoyant aux besoins du foyer. Car la France de 2015 et ses 66 millions de citoyens compte 43 millions de personnes en âge de travailler, au sein desquels seulement 25 millions ont un emploi. Cela signifie qu'environ 40 millions de Français vivent en dehors de la sphère « Travail », et que pour eux le « mieux-vivre » s'appréhende sur d'autres plans que ceux de la relation au travail. Il y a 12 millions d'enfants de moins de 15 ans pour qui ce « mieux-vivre » se situe à la maison et à l'école. Il y a 11 millions de retraités de plus de 65 ans pour qui le « mieux-vivre » porte sur des questions de santé, de mobilité, de logement et de loisirs. Il y a 13 millions de personnes en âge de travailler qui ont fait le choix de ne pas travailler ou qui ne sont pas aptes à travailler, le « mieux-vivre » revêt pour elles des considérations de vie au quotidien, du logement à l'alimentation en passant par la culture et les loisirs.

Le logiciel de l'ensemble de la classe politique est périmé, c'est un constat que l'on entend souvent de la bouche de responsables écologistes. Oui, il faut totalement revisiter notre idéal politique, et il faut aborder au premier plan ce qui intéresse les Français, pas ce qui profite uniquement à quelques élites.

Commentaires

Le gaullisme continue lui de porter un projet politique, et il ne manque pas de femmes et d'hommes pour se revendiquer des valeurs du gaullisme. Effectivement, le mitterrandisme n'aura été qu'un feu de paille ...

Écrit par : kissous | 12/05/2015

En effet vous avez raison de nous poser la question:
Qu'est devenue la France du 10 mai 1981 ?
Il s'agit de se retourner et de regarder la trahison des socialistes.De Paris à l'Hérault ,les socialistes ont trahis l'esprit de Jaurès,ils se sont trahis eux-même.Ils ont sacrifié une génération et développé le clientèlisme de masse.
Mais revenons au guide supreme Mitterand voici son pédigré: Mitterrand: acharnement thérapeuthique français. Personnage obscur de l'histoire mais dont on n'a pas encore le droit de parler...il est le grand communicateur de la pensée unique et universelle.
Aurait été vu la dernière fois, du côté de Solutré en Saône et Loire et une autre fois, bien plus loin à Jarnac, en Charentes...
Aurait aimé être le mythe errant.
N'a jamais pu réaliser son rêve: se nommer Charles De Gaulle.
On retiendra cependant de son règne les points importants suivants:
* financement occulte du PS
* sa décoration de la francisque par Pétain
* les irlandais de Vincennes
* les milliers d'écoutes téléphoniques
* ses enfants illégitimes
*ses maîtresses de tous bords parfois nommées à des postes importants
de la politique
* son copain Tapie
* les nombreuses morts par crises cardiaques ou par suicide de "ses amis"
* son faux attentat de l'observatoire
* ses mensonges sur sa santé
* ses amitiés particulières avec les nazillons (Bousquet)
* son absence de vision de l'histoire (se félicite de la réussite d'un coup d'état en URSS, non reception de Boris Eltsine alors membre de l'opposition en URSS etc...)
* le désir de tout faire pour créer une extrème droite puissante (désire le vote des étrangers à quelques jours de chaque nouvelle élection)
* le placement de toute sa famille à des postes clés
* des lois le protégeant sur les donations-partage à ses enfants
* sa vision de l'avenir qu'il trouvait en allant consulter régulièrement des astrologues
* la montée du chômage, de l'insécurité,
* les messages subliminaux lors de la campagne présidentielle de 1988 sur les télévisions publiques
* l'explosion du Rainbow Warrior
* le sang contaminé
* ses mensonges lors d'un face à face télévisé avec Chirac en 1988
* l'achat du terrain à Alésia; terrain où il aurait aimé être enterré puisqu'il semblait que ses successeurs ne désiraient pas le voir au Panthéon
* l'affaire de la Société Générale
etc etc...en un mot, un tout petit, tout petit bonhomme de la toute petite histoire

Mitterrand
Ce que vous ne savez pas...

FAMILLE, PATRIE
Le 26 octobre 1916, à Jarnac, en Charente, Yvonne Lorrain donne le jour à son deuxième enfant, François. Yvonne et son mari Joseph Mitterrand auront cinq enfants. Après la naissance du dernier, Joseph prendra sa retraite anticipée d'agent de la Compagnie des chemins de fer Paris-Orléans. Il va diriger la vinaigrerie de son beau-père et sera même rapidement président de la Fédération des syndicats de fabricants de vinaigre de France.
En Charente, dans la région de Jarnac, ce sont les cognacquiers qui tiennent le haut du pavé. Même si l'affaire de Joseph Mitterrand subvient aux besoins familiaux, François vit très mal la condescendance manifestée par la bourgeoisie des producteurs de cognac à l'égard des vinaigriers. Plus tard, il préférera " oublier " les activités commerçantes paternelles pour se dire " fils de cheminot ", origine plus conforme à son image d'homme de gauche.
Chez les Mitterrand, on est furieusement patriote, très catholique et l'on considère comme progressiste de rester malgré tout fidèle à M. Poincaré ou à M. Doumergue, ces présidents d'une République consommée avec modération.
Au collège Saint-Paul d'Angoulème, François devient membre de la JEC, structure étudiante de l'action catholique, suivant cette voie de droite qui, pour sa famille, n'est que le droit chemin.
Les Mitterrand évoluent dans un monde où ils font figure de modérés. Certains des amis du clan, comme le colonel Moreau, vilipendent la République, les politicards et tout ce qui contribue à affaiblir le sentiment national; d'autres, comme les Bouvyers, rêvent d'en découdre avec les socialistes, les bolcheviques, tous ces apatrides qui gangrènent la société française. Jean, ami de François, l'un des fils Bouvyers, adhéra très jeune à l'organistation d'extrême droite des Camelots du roi et participa en juin 1937 à l'assassinat des frères Rosselli, antifascistes installés en France, dont le comte Ciano, gendre de Mussolini, commandita l'exécution.
François Mitterrand était le chouchou des parents de ses amis. Souvent cité en exemple, il est l'image presque idéale, du >.
Lorsqu'il monte à Paris, François Mitterrand prend pension dans une des ces institutions religieuses qui sont la providence des provinciaux. Situé au 104 de la rue de Vaugirard, cet établissement, nommé Réunion des étudiants dispense un peu de nourriture spirituelle, complément d'études universitaires rigoureusement laïques.

CROIX DE BOIS, CROIX DE FEU
Arrivé à Paris dans le climat quasi insurrectionnel qui à suivi les émeutes du 6 février 1934, organisées par les groupes d'extrême droite, François Mitterrand se passionne pour le combat que mènent ces gens proches du milieu qu'il fréquentait dans sa chère province. Inscrit à la faculté de droit et à Sciences-po, l'étudiant modèle fréquente naturellement le Front national (regroupant les mouvements de droite). Toutefois, il apprécie assez peu les leaders dont la verve populacière fait délicieusement frissonner la bourgeoisie.
Le colonel de La Rocque et ses Croix-de-Feu sont infiniment plus convenables que les Camelots du roi, groupe factieux ayant juré d'en finir avec la République, la Gueuse. Le Colonel de La Rocque est le vrai héros de ceux qui pensent qu'on peut en finir avec l'anti-France, les socialistes et autres crypto-communistes, sans pour autant se lancer dans une guerre civile. Les Croix-de-feu font partie de cette extrême droite que l'on peut recevoir au salon sans faire sortir les dames. François Mitterrand adhère au mouvement de jeunes des Croix de Feu, il devient Volontaire national au 3ème secteur.
Si l'étudiant catholique estime qu'il est nécessaire de s'engager dans un groupement politique aux côtés des vieux briscards de la droite nationale, il n'en est pas moins sensible au charme féminin. Ce jeune homme est tombé sous le charme d'une jolie lycéenne, Marie-Louise Terrasse. Leur première rencontre eut lieu au bal de l'École normale supérieure.
Marie-Louise, qui a quinze ans, est au lycée en classe de 3ème. Son frère normalien l'a entraînée dans cette soirée où François Mitterrand avait également été invité. A peine arrivé, François remarque la superbe chevelure blonde de Marie-Louise, qui lui tourne le dos. Elle se retourne, il reste cloué sur place. L'amour l'a foudroyé, cette passion hantera ses jours. Marie-Louise Terrasse sera beaucoup plus connue des téléspectateurs français quelques années plus tard sous le pseudonyme de Catherine Langeais.

LA GRANDE ÉVASION
Lorsque la guerre éclate, il est sergent au 23ème régiment d'infanterie coloniale.
Revenu en France, s'étant " remplumé "chez des amis, les Lévy-Déplat, à Saint-Tropez, il reçoit un appel de Vichy, le siège du gouvernement du maréchal Pétain où il compte de nombreux contacts, pour la plupart des amis de la famille. C'est son milieu, son monde, que François Mitterrand retrouve à Vichy. Le colonel Cahier, beau-père de Robert Mitterrand, le frère de François, lui a trouvé un petit emploi à la documentation générale du directoire de la Légion des combattants et volontaires de la Révolution nationale.
C'est Xavier Vallat, ancien député radical, reconverti dans l'extrême droite et l'antisémitisme, qui fonda la Légion pour rassembler la droite nationale autour du maréchal Pétain. Vallat, nommé commissaire aux questions juives en 1941, cédera la place à François Valentin à la tête de la légion, forte d'un million cinq cent mille anciens combattants.
Ancien député nationaliste, anti-Allemands comme la plupart des légionnaires, Valentin basculera dans la Résistance, alors que ses prédécesseurs à la légion, anciens Cagoulards (mouvement clandestin d'extrême droite, responsables de nombreux assassinats), s'enfonceront un peu plus dans la collaboration. François Mitterrand a fréquenté de nombreux Cagoulards, amis de ses amis où lointain parent, comme Eugène Deloncle, lui-même chef de ce mouvement, dont la femme Mercedes est la s¦ur de l'épouse de Robert Mitterrand.
En 1941, Deloncle et ses amis créent la LVF (Légion des Volontaires Français) qui se battra au côté des Allemands contre " l'hydre bolchevique ". En zone libre, Joseph Darnand (héros de la Grande guerre) fonde le Service d'Ordre légionnaire (SOL), troupe de choc chargée de traquer les adversaires de la révolution nationale (gaullistes, communistes, républicains...). En décembre, le SOL est intégré à la légion de François Valentin, un an plus tard, le SOL deviendra la sinistre Milice.

UNE RÉSISTANCE EXCEPTIONNELLE
C'est dans cette ambiance, où s'opposent nationalistes anti ou pro-Allemands que François Mitterrand prend ses modestes fonctions à la Légion. En avril 1942, Pétain rappelle Laval au pouvoir. François Valentin démissionne de son poste et François Mitterrand en fait autant, tout en demeurant farouchement pétainiste. Quelques semaines plus tard, on propose deux postes au jeune chômeur, l'un au Commissariat aux questions juives, l'autre au reclassement des prisonniers. François Mitterrand choisit la deuxième fonction. Il y occupe le poste de " chef de la section presse ".
A la fin du printemps 1943, François Mitterrand reçoit la Francisque, haute décoration maréchaliste.
Le 28 octobre 1944, François Mitterrand épouse Danielle Gouze-Rénal.
Roger Pelat est tombé fou amoureux, quelques mois plus tôt, de Madeleine Gouze-Rénal, la soeur de Danielle. Roger Pelat sera le compagnon de route discret et finalement encombrant de François Mitterrand, tout au long de son existence.
En juin 1946, quand Morland cherche une investiture pour se présenter aux élections législatives, Pelat se démène pour son ami, qui finit par se présenter sous l'étiquette du Rassemblement des gauches républicaines. Ce mouvement est dirigé par le radical Daladier, que François Mitterrand a toujours considéré comme l'un des grands responsables de la défaite de 194O, Daladier étant alors chef du gouvernement.
Le RGR est un de ces partis issus de la IIIème République et le mot gauche se trouve dans son sigle de manière tout à fait anecdotique. Ce parti se trouve à droite sur l'échiquier politique. Le jeune candidat du RGR dans le département de la Seine est largement battu. Il participera en novembre de la même année à un autre scrutin, cette fois dans le département de la Nièvre, avec le soutien d'un parti concurrent, le PRL (Parti Républicain de la Liberté) et le parrainage de l'ensemble des formations de droite. Il est élu dans un département dont il fera sa seconde patrie, bien qu'il n'ait jamais résidé qu'à l'hôtel, Le Vieux Morvan, à Château-Chinon.

L'AFFAIRE ALGERIENNE
Ministre de l'Intérieur de Pierre Mendès-France, de juin 1954 à février 1955, et Garde des Sceaux du socialiste Guy Mollet de février 1956 à mai 1957, il se trouve confronté à la guerre d'Algérie et choisit son camp.
On le lui reprochera longtemps et seuls ses ennemis de toujours ne feindront pas d'avoir oublié qu'il fut un défenseur de l'Algérie française, préconisant une répression féroce des mouvements insurrectionnels. En septembre 1953, il déclare: "Pour moi, le maintien de la présence française en Afrique du Nord, de Bizerte à Casablanca, est le premier impératif de toute politique".
Le 5 novembre 1954, à la tribune de l'Assemblée nationale, alors que les premiers conflits éclatent, il dira: "La rébellion algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale: la guerre".
La chute du gouvernement Guy Mollet et le retour au pouvoir du général de Gaulle mettent fin à la carrière ministérielle de François Mitterrand. Il a alors 41 ans. Il entamera une longue traversée du désert, où son antigaullisme lui tiendra lieu de viatique.
Les élections législatives de novembre 1958 sont très difficiles pour l'ancien ministre, qui doit assumer toutes ses contradictions. Son opposition à de Gaulle le prive d'une partie des voix de l'électorat qu'il avait su se concilier, et les communistes se lancent dans une violente campagne contre l'ancien ministre de l'Intérieur, ancien Garde des Sceaux, qui participa à la répression en Algérie.
Dans cette 3ème circonscription de la Nièvre, où il affronte un candidat Indépendant et paysan, un socialiste (SFIO), qui se maintiendra au deuxième tour, et un communiste, Mitterrand essaie de convaincre les électeurs de droite qu'il est un rempart contre le communisme: "Je puis affirmer, sous le contrôle des Nivernais, que je l'ai fait (le communisme) reculer dans ce département. Je lutterai sans faiblesse pour épargner à la France les horreurs d'une dictature collectiviste". François Mitterrand est battu, il ne lui reste plus que son mandat de conseiller général pour poursuivre une carrière politique.

LE FAUX ATTENTAT DE L'OBSERVATOIRE
La nuit du 15 au 16 octobre 1959 sera l'une de celles qui voilent le destin de François Mitterrand d'une lumière glauque. A minuit moins le quart, l'élu de la Nièvre sort de la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain. Il prend le volant de sa 403 pour regagner son appartement de la rue Guynemer. S'apercevant qu'il est suivi, il fait un détour par le jardin du Luxembourg, à la hauteur de l'avenue de l'Observatoire. Il arrête sa voiture, enjambe une haie et se jette à plat ventre dans le gazon. Un rafale de pistolet mitrailleur est alors tirée sur la voiture vide.
Le lendemain, l'affaire est la une de tous les journaux. L'Humanité demande la dissolution des "bandes fascistes", la SFIO est solidaire, Mitterrand est un héros. A quarante-trois ans, l'adversaire du gaullisme devient également victime des ultras de l'OAS, des activistes de l'Algérie française. Trois jours plus tard, un journal d'extrême droite, Rivarol, publie les révélations d'un des agresseurs de François Mitterrand, Robert Pesquet, qui affirme n'avoir eu d'autre commanditaire que Mitterrand lui-même, soucieux de faire remonter sa cote de popularité.
Cette affaire d'attentat bidon est catastrophique pour le sénateur de la Nièvre. Il semble qu'il ait été pris à son propre piège par des hommes exploitant, à l'encontre de leur commanditaire, les effets de cette détestable affaire. Poursuivi pour outrage à magistrat, après la levée de son immunité parlementaire, François Mitterrand bénificiera d'un non-lieu ainsi que ses "agresseurs", à la suite d'une loi d'amnistie en 1966.

PARTI PRIS
L'élection présidentielle, qui suit le départ du Général, consacrera la débâcle des socialistes. Mitterrand cherche un nouveau tremplin et ne sait où se tourner. Il frappe à la porte du PSU, que Michel Rocard, alors secrétaire général, lui claque au nez en raison de son "passé algérien". François Mitterrand ne pardonnera jamais cette attitude à Michel Rocard, qui fera désormais partie du cercle de ses ennemis les plus intimes. Finalement, François Mitterrand n'a plus d'horizon que la vieille SFIO, alors en pleine décomposition.
Guy Mollet, l'inamovible secrétaire général, essaie de ravaler cette façade lézardée en baptisant son mouvement Parti socialiste et cède la place à Alain Savary, qui représente la nouvelle gauche, celle qui ne s'est pas compromise dans l'affaire algérienne. En faisant cela, Guy Mollet a mécontenté Pierre Mauroy qui pensait être le jeune dauphin du vieil homme et Gaston Defferre qui y voit "une machination". Ce seront les deux premiers soutiens de François Mitterrand.
Pour prendre en tenailles le pouvoir du nouveau PS, Mitterrand fait également alliance avec l'aile gauche du parti, le CERES, dirigé par Jean-Pierre Chevènement. François Mitterrand devient l'architecte d'une sorte de conjuration qui, en un an, lui permet de devenir premier secrétaire d'un parti dont il n'a pas encore pris la carte.
Le congrès d'Epinay, en 1971, sacre de justesse un homme qui n'avait jamais vraiment envisagé d'entrer dans "une église socialiste". François Mitterrand apprendra néanmoins la langue et le rituel socialistes avec son aisance coutumière.
Les socialistes souffrent à cette époque de la prééminence électorale du Parti communiste. François Mitterrand a depuis longtemps compris qu'une coalition, où les communistes seraient majoritaires, n'a aucune chance de parvenir au pouvoir et que, d'autre part, il est également impossible d'y parvenir sans les communistes. Comment inverser le rapport de forces tout en se servant du PC comme marchepied pour se hisser au sommet, c'est toute l'équation que va s'attacher à résoudre le nouveau premier secrétaire avec une habileté, un talent exceptionnels.
Un an après le congrès d'Epinay, en 1972, François Mitterrand signe le programme commun avec le PC. En 1974, l'Union de la gauche et son candidat obtiendront 43,2 % au premier tour de l'élection présidentielle. Giscard d'Estaing bat François Mitterrand de quelques décimales seulement. Néanmoins, en 1977, l'Union de la gauche vole en éclats et, en 1978, la droite gagne largement les législatives. Rocard semble s'imposer comme candidat du P.S.

LE PRÉSIDENT
Une fois de plus, François Mitterrand remonte la pente et, en 1979, au congrès de Metz, il bat Michel Rocard. En 1981, à 64 ans, il se présente une nouvelle fois à la présidence de la République.
Les nationalisations seront effectuées et l'Etat acquiert 100 % des actions des entreprises concernées, alors que Jacques Delors et Michel Rocard souhaitent qu'il n'en contrôle que 51 %.
En 1982-1983, les révisions seront déchirantes et irréversibles. La réalité internationale a imposé ses lois et les gouvernements qui succéderont à celui de Pierre Mauroy reverront à la baisse les ambitions sociales des premiers mois de l'exercice du pouvoir. Les promesses formulées avant 1981 ne seront jamais rappelées, personne n'y songe, une sorte de pragmatisme consensuel s'établit. Les années de cohabitation symboliseront ce nouveau "réalisme".
Ce qui fonda l'idéologie de la gauche disparaît et François Mitterrand entérine ce changement de cap, l'inscrivant dans l'Histoire comme une fatalité. Le lien entre progrès technique et progrès social a été rompu définitivement, croissance ne rime plus avec emploi, et l'écart entre les revenus financiers et salariaux ne cesse de se creuser. François Mitterrand appose l'estampille socialiste à un libéralisme de fait et ôte peu à peu sa substance au mouvement qui l'a porté au pouvoir.

DIALOGUES AVEC LA POSTÉRITÉ
Les ministres des Finances socialistes ne cessent de donner des gages de bonne gestion aux adversaires de jadis et finissent par convaincre le monde des affaires de leur capacité à gérer un système qu'ils condamnaient et dont ils s'efforcent d'assurer la prospérité. Une partie du gouvernement socialiste fait sienne une certaine idéologie du "gagneur", dont le Tapisme est sûrement la caricature la plus évidente.
La société bougea et la classe politique n'accompagna que faiblement ce changement, n'en prenant pas la mesure, clopinant derrière l'évolution, feignant de la devancer. Ce décalage semble s'être inscrit durablement.
Si le mitterrandisme a su se concilier le monde des affaires, les "affaires", elles, mettent en lumière une dérive du pouvoir dont la gauche souffrit terriblement, ayant, pendant près d'un siècle, fait de la morale politique un de ses arguments les mieux compris. Les amis du Président deviennent les cibles de la justice, son entourage quitte la chronique politique pour passer en page faits divers.
François Mitterrand défend ses amis bec et ongles. Malgré l'incompréhension et l'intense émotion qui suivent la révélation de ses relations avec René Bousquet, l'un des organisateurs de la Rafle du Vel'd'hiv, il ne reniera pas ce lien éminemment suspect.

En 1981 voilà à quoi on a pas échappé.

Mais sa plus belle réussite sera sa créature.SOn aide occulte de la montée du FN.Non pas par conviction mais pour des calculs bassement éléctoralistes.LF c'est Mitterand et le PS...
En 2014,le parti socialiste qui avait supprimé la peine de mort a fait exécuter un jeune militant écologiste Rémi Fraisse.
Par là même le PS donne un message fort.Il faut tuer la jeunesse et l'avenir,l'Ecologie et simultanément Jean Jaurès une deuxième fois.Le PS a tenté de tuer l'écologie!!!
http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-b/091114/ils-ont-tue-remi-fraisse-jean-jaures-et-remi-fraisse
Qu'est devenue la France du 10 mai 1981 ?Simplement les obsèques du Ps et de sa force progressiste où Hollande le ravi de la crèche bancaire, fera office de croque-mort pour un avenir très sombre qui s'annonce pour bientôt!Nous avons les deux pieds dans un régime stalinien à en croire le passage en force de la sinistre de l'éducation dans le dossier des colllèges.Qu'est devenue la France du 10 mai 1981 ?La France a compris enfin le terme de trahison et exécution des écologistes de terrain de la part du PS!Les ennemis du PS ce ne sont pas les gens de droite,mais les écologistes.Voilà l'héritage funestel de a France du 10 mai 1981. Un jour peu-être quand les écologistes seront au pourvoir ils iront certainement fleurir la tombe au Panthéon de Rémi Fraisse 20 ans abattu lâchement dans le dos par un gendarme aux ordres dans une forêt de France...Vous qui aimez la forêt n'oublier jamais ce crime d'Etat fomenté par le PS.Hubert BORG

Écrit par : Hubert Borg | 21/05/2015

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