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19/04/2015

Régionales, le casting occulte encore le scénario ...

Nous sommes à 8 mois des élections régionales, elles se tiendront les 6 et 13 décembre 2015, et c'est principalement la constitution des listes de candidats qui occupe l'actualité. Le casting, toujours le casting ! Qui sera tête de liste pour l'UMP, pour le FN et pour le PS dans chacune des treize nouvelles régions ? C'est comme pour un film populaire, les comédiens en tête d'affiche sont plus « vendeurs » que le réalisateur ou que l'histoire ...

Alors arrêtons-nous [très] brièvement sur le casting de notre nouvelle région « Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées ». A gauche, le PS a été la première formation à présenter sa candidate, en l'occurrence la Haut-Garonnaise Carole Delga qui est actuellement secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire dans le gouvernement de Manuel Valls. Le PRG revendique lui aussi cette tête de liste avec une autre ministre, la Tarn-et-Garonnaise Sylvia Pinel qui a le ministère du Logement et de l’Égalité des territoires. Que ce soit l'une ou l'autre, la candidate PS/PRG sera estampillée « majorité gouvernementale » et cela accentuera les effets d'un éventuel vote sanction contre les politiques menées par Manuel Valls. Pour les écologistes, c'est le Tarnais Gérard Onesta qui conduira une liste autonome. Actuel vice-président du Conseil régional de Midi-Pyrénées et ancien vice-président du Parlement européen (où il a siégé 20 ans), Gérard Onesta est un homme de dossiers qui ne lâche rien, il trace son sillon et sait peser avec ses amis écolos au sein des exécutifs où il est sollicité. Du côté du Front de gauche, c'est la discrétion qui prédomine.

Candidats_Regionales_LRMP.jpg

A droite, c'est d'abord le Front National qui a présenté son candidat tête de liste, à savoir l'Ariégeois Louis Aliot ; le compagnon de Marine Le Pen est actuellement conseiller régional du Languedoc-Roussillon et député européen depuis l'été 2014. Pour la droite et le centre, c'est le 25 avril que sera désigné parmi 10 candidats celui qui conduira la liste régionale. A noter la candidature du politologie Dominique Reynié, le seul des 10 à ne détenir aucun mandat électif et qui pourrait être le joker de la droite pour contredire les sondages qui donnent la gauche gagnante. Il est intéressant de noter que le Sud-Ouest est propice à l'émergence de personnalités de la société civile dans la classe politique ; Dominique Reynié suit ici les traces de Dominique Baudis, de Jean-Marie Cavada ou encore de Robert Rochefort.

Mais venons en au contenu de la loi NOTRe (Nouvelle organisation du territoire de la République) qui a été adoptée en première lecture à l'Assemblée Nationale le 10 mars 2015 (par 308 voix contre 236), car cette loi va fortement influencer les programmes des diverses listes. Il faut bien évidemment attendre la promulgation de cette loi, à l'issue du parcours parlementaire et de l'avis du Conseil constitutionnel, car il reste encore quelques incertitudes sur la voirie, sur les expérimentations relatives au service public d’accompagnement vers l’emploi, sur le pouvoir réglementaire des régions ainsi que sur les compétences partagées avec les Départements, avec les Métropoles et avec le bloc communal.

C'est donc sur l'économie et l'emploi que les futures « Régions stratèges » sont attendues. Elles seront en charge de l'élaboration d’un schéma régional en matière de développement économique, d’innovation et d’internalisation (SRDEII), de la coordination de toutes les actions en faveur de l’économie et de l’animation des pôles de compétitivité. Elles se voient confier aussi la gestion des ports et des aéroports, infrastructures nécessaires au développement et à l’emploi, le tourisme étant une compétence partagée. Elles disposent de l’autorité de gestion des fonds européens depuis 2014 et elles sont pleinement responsables en matière de formation professionnelle depuis le 1er janvier 2015. Concernant l’emploi, les députés ont adopté un nouvel article prévoyant que « l’État peut confier aux régions, à leur demande et à titre expérimental, pour une durée de trois ans, le service public d’accompagnement vers l’emploi », sans toucher cependant aux prérogatives de Pôle emploi. Les régions expérimentatrices vont « co-élaborer avec l’État la stratégie régionale pour l’emploi après concertation au sein du comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle. Les régions expérimentatrices auront la qualité d’autorité organisatrice en matière d’accompagnement vers l’emploi ». L’Assemblée nationale a aussi voté un amendement du président (PS) de l’Association des régions de France (ARF), Alain Rousset, visant à renforcer dans la loi le pouvoir réglementaire de la région dans certains cas. « Sous réserve du pouvoir réglementaire du Premier ministre (…), la région est compétente pour adopter les mesures d’application des lois concernant l’exercice de ses compétences en cas de non-renvoi au pouvoir réglementaire de l’État ou en complément de celui-ci », prévoit l’amendement. « A défaut de réponse dans un délai de douze mois, le silence de l’État vaut acceptation » et « en cas de refus de ces propositions, le Premier ministre notifie aux régions concernées les motifs de ce refus dans un délai de six mois à compter de la réception de la demande de modification ou d’adaptation ».

Carte.jpg

Dans ce cadre-là, les formations politiques qui vont présenter leur programme pour les élections de décembre 2015 seront jugées sur leurs ambitions, sur la conformité de leurs propositions aux réalités sociales, économiques et environnementales du moment. Et pour les écologistes, le projet que nous porterons se déclinera sur des thématiques de transition énergétique, de mobilité durable, d'efficacité énergétique des constructions, de circuits courts, de qualité et d'indépendance alimentaire, d'arrêt de l'artificialisation des sols, d'économie sociale et solidaire, de préservation de notre environnement, etc.

Le programme des écologistes sera élaboré en concertation avec tous les citoyens qui désirent y contribuer, sur la base des valeurs et des principes qui fondent l'écologie politique. Car la séquence ne s'arrêtera pas en décembre 2015, et les cinq années du mandat verront se poursuivre ce travail de proximité citoyenne, de la participation au processus délibératif jusqu'à l'évaluation des politiques publiques mises en œuvre.

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