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28/03/2015

Le danger aérien est une menace sérieuse pour le nucléaire civil

Le crash de l'A320 de la compagnie allemande Germanwings a fait 150 victimes ; l'avion s'est écrasé sur un flanc de montagne du massif des Trois-Évêchés dans les Alpes de Haute-Provence. Les circonstances de ce drame commencent à être dévoilées, et la thèse retenue par les enquêteurs est que le copilote aurait volontairement précipité son avion sur ce massif montagneux.

Mais la déraison d'un seul homme aux commandes d'un avion de ligne aurait pu conduire à un scénario encore plus dramatique. En effet, le secteur survolé par l'A320 ce jour-là compte quelques sites nucléaires, et on ne peut pas s'empêcher d'imaginer que le copilote aurait pu viser un autre endroit qu'une montagne pour réaliser son funeste dessein. Que se serait-il passé s'il avait choisi la centrale de Cruas ou celle du Tricastin comme cible ?

Centrales_Sud_Est.jpg

Sur la carte ci-dessus, figure le vol de l'A320 qui était parti de Barcelone à 10h. C'est au-dessus de Toulon, une demi-heure plus tard, que le copilote prend seul les commandes de l'appareil et décide de le mettre en descente. Mais si le pilote était sorti quelques minutes plus tôt, le copilote aurait plus s'orienter plus à l'ouest dans le couloir rhodanien, et atteindre très rapidement les sites de centrales nucléaires.

Mais dès que le contrôle aérien a perdu tout contact avec l'avion, un Mirage 2000 a décollé de la base aérienne d'Orange pour aller à sa rencontre. Dans le cas présent, l'avion de chasse est arrivé sur site juste après le crash. Mais que ce serait-il passé si l'avion de ligne s'était orienté vers un site de centrale nucléaire ? Déjà, le Mirage 2000 aurait été beaucoup plus tôt en contact avec l'A320. Mais aurait-il du l'abattre avant qu'il ne touche sa cible ?

En tous cas, si les attentats du 11 septembre 2001 avaient déjà conduit les autorités de sureté nucléaire à s'interroger sur la capacité des enceintes des réacteurs à résister à la chute d'un avion de ligne, cet évènement dramatique de mercredi dernier devra susciter des études plus poussées. En effet, il n'existe aucune étude sérieuse, aucun test réel qui puisse nous garantir que les installations sont sans danger face à un tel risque. Et c'est un risque nouveau que les concepteurs des centrales n'ont jamais pris en compte, ni au moment de leur construction, ni depuis ; seuls les risques naturels font l'objet de procédures particulières.

Sachant cela, et notre parc nucléaire n'allant pas se réduire à moyen terme, il serait temps que les autorités cessent d'être hypocrites. Qu'elles abordent de façon transparente tous les dangers auxquels peuvent être soumises nos centrales nucléaires, et qu'elles présentent en face de chaque cas les conséquences attendues et les mesures préventives mises en œuvre. Nous l'avons constaté récemment, le survol des sites nucléaires par des drones n'est pas là pour rassurer les populations riveraines, ni le reste de la France.

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